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L’Amour au temps du choléra de Gabriel GARCIA MARQUEZ

L'amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez
L’amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez

 

J’avais démarré « Cent ans de solitude » plusieurs fois, mais j’avais à chaque fois abandonné, par contre cette fois en ouvrant « L’Amour au temps du choléra » je découvre un hymne à l’amour. l’amour avec un A Majuscule. Mais cet amour va se décliner sous toutes ses conjugaisons sur une temporalité de plus d’une cinquante d’années, une histoire d’amour et de solitude amoureuse de cinquante ans. Ce conte raconte une histoire de toute une vie, d’une façon poétique colorée, osée, crûment, mélangé de peines,  de luxure, de chaleur tropicale et d’humour.  Il est étroitement lié aux odeurs de roses, des fruits exotiques, et des épices et qu’aux remugles des marais, des morts, de l’urine.
J’ai particulièrement apprécié les moments de vie telle la perte de la virginité des deux héros. Pour Fermina, vierge au mariage, elle perdra sa virginité dans un bateau de luxe en route pour la France plusieurs jours après son mariage, « Que veux-tu, docteur. C’est la première fois que je dors avec un inconnu », terreur de Fermina, que Juvenal doit l’apprivoiser millimètre par millimètre, celle de Florentino se passe également sur un bateau remontant le fleuve, ou il est pratiquement violé par une mulâtresse qu’il cherchera après sans la retrouver. L’élément liquide a une importance tout au long du récit.
Si je peux mettre j’ai trouvé quelques longueurs, lorsque Florentino dépérit d’amour et Fermina erre dans les obligations de sa position, mais c’est peut-être un effet de style des plus remarquable de nous faire ressentir se désespoir par cet ennui momentané. Mais ce moment est passager peut être la symbolique de la vie d’un couple marié.
C’est dans les bras de mulâtresse ou de leur cuisses, de créatures de toute beauté, ou de veuves à consoler que l’érotisme torride  va se déchaîner, ou Florentino va patienter dans l’attente de Fermina. C’est chez ces femmes là que la vérité crue de l’Amour sera dévoilée et non chez celle de la haute bourgeoisie. « Quelque chose qui ressemblât à l’amour sans les problèmes de l’amour ».
Le temps va passer pour Florentino et Fermina et ils vont redécouvrir l’amour, qui semble incorrect  aux enfants de la veuve Fermina  « Qu’ils aillent se faire foutre, dit-elle. S’il y a un avantage d’être veuve c’est bien de n’avoir personne sur son dos ».
Une ode à l’amour immortel , il n’est pas l’apanage des jeunes. Un récit de plein d’entrain.

Thème : amour, solitude, religion, mort , solitude amoureuse, révolutions,

Personnages :

  • Florentino Ariza : l’amoureux
  • Juvenal Urbino : Docteur, dont le but est l’éradication du choléra
  • Fermina Daza : Sous l’emprise de son père, se marie par dépit
  • Lorenzo Daza: Père de fermina
  • Dona Blanca : Mère de Juvenal Urbino
  • Jeremiah de Saint-Amour : réfugié antillais, invalide de guerre, photographe d’enfants, adversaire aux échecs de Juenal Urbino
  • Lacides Olivella : médecin, disciple de Juvenal Urbino
  • Don Galileo Daconte : ouvre le premier cinéma
  • Transito Ariza : La mère de Florentino Ariza
  • Marco Aurelio : Médecin
  • Ofelia: Fille de Fermina Daza, mariée à un employé de banque de la nouvelle orléans à accouchée de trois filles
  • Escolastica: tante de Fermina Daza renvoyé par Lorenzo
  • Lotario Thugut : Télégraphiste allemand, musicien, apprendra le violon à  Florentino
  • Fermina sanchez
  • Hildebranda Sanchez : Cousine de Fermina
  • Cleofas Moscote : Riche héritier d’une fortune
  • Gala Placidia : Servante noire des Daza
  • Rafael Nufiez : Docteur, président de la république
  • Ausencia Santander : Maîtresse de Florentino, 50 ans « un homme habillé dans une maison porte malheur »
  • Sara Noriega : Une maîtresse de Florentino
  • Olimpia Zuleta : Une maîtresse de Florentino, assassiné par son mari jaloux
  • Prudencia Pitre :
  • America Vicuna : Jeune fille de 14 ans dont Florentino s’occupe à la fin de sa vie

Synoptique

1 Juvenal Urbino vient voir le corps de Jeremiah de Saint-Amour afin de signer le certificat de décès accompagné du commissaire . Il est mort des effets du cyanure d’or. Il prévoit l’enterrement et trouve ses dernières volontés. « C’est la troisième fois ue je manque la messe depuis que j’ai l’âge de raison, dit-il. Mais Dieu comprendra » p7. Il va prévenir les amis de Jeremiah de l’enterrement prochain.  Juvenal a 80 ans et l’esprit enjoué, une hygiène de vie stricte. Il se décrit comme un humaniste fataliste : »Chaque homme est maître de sa propre mort, et la seule chose que nous pouvons faire est de l’aider à mourir sans peur ni douleur ». p10 Il se rend chez sa maîtresse une mulâtresse. Ce jour est aussi les noces d’argent de Lacides Olivella ( un médecin qui est son disciple). Avant l’enterrement, il essaye d’attraper son perroquet, monte à une échelle, tombe et se tue. On voit alors que sa femme Fermina Daza prendre en main les obsèques, et la maison. Elle croise  Florentino Ariza qui lui renouvelle son serment de fidélité éternelle et son amour à jamais
2 Nous remontons dans le temps Florentino croise Fermina et tombe amoureux, il lui écrit des poèmes, des lettres , il tombe fou amoureux. Le père de Fermina,  Lorenzo Daza l’apprend rencontre Florentino Ariza et lui ordonne de s’écarter de leur route, Il a de grandes aspirations pour sa fille. « Ne m’obligez pas à tirer sur vous » , « Tirez, dit-il, la main sur le coeur. Il n’est de plus grande gloire que de mourir d’amour » , « Fils de-pu-te » p84. Il part avec sa fille pour un grand voyage de l’oubli. Florentino qui travaille aux télégraphes communique abc Fermina. Finalement Lorenzo Daza décide de rentrer. Florentino suit Fermina à son retour et la croise au marché, il  lui souffle que ce n’est pas un endroit convenable pour une déesse couronnée, elle le reconnait à un choc en le voyant et l’efface à jamais de sa vie : « Non, monsieur, c’est finit » . 
3 Juvenal Urbino, a 28 ans, il rentre de Paris .Il revient avec des notions modernes d’hygiène, propreté et essaye de combattre les dogmes, les habitudes . Son père meurt du choléra lorsqu’il est à Paris. Il rencontre Florentino Ariza lors d’une visite, ayant craint d’avoir le choléra. Lorenzo Ariza se prend d’amitié pour Juvenal Urbino, lui apprend les échecs . Juvenal Urbino tente de séduire  Florentino Ariza mais celle-ci ne répond pas à ses lettres,  La soeur Frabica de la Luz du collège qui l’avait fait expulsé ( à cause des lettes qu’elle écrivait à Florentino Ariza) lui demande de se plier à cet homme qu’elle considère comme un saint : « Je ne m’explique pas comment vous vous prêtez à une telle chose, dit-elle, si pour vous l’amour est un péché » 127 lui répond Fermina. Hildebranda, l soeur de Fermina  va envoyer un télégramme et rencontre Florentino Ariza) « Il est laid et triste, dit-elle à Fermina Daza, mais il est tout amour » p130. Fermina a 20 ans mais semble une vieille fille, puis un jour son père lui apprend qu’il est ruiné. Florentino en apprenant le rapprochement de Fermina avec le docteur est mortifié , sa mère le fait envoyer dans un poste télégraphie assez distant pour oublier, il se fait violer 🙂 , puis décide de retourner chez lui. Sa mère abrite la veuve Nazaret , et pendant 6 mois ont une relation des plus charnelles,  « Je t’adore parce que tu m’as rendue pute » 152. Deux ans après il continue a avoir un sentiment de libération sans bornes qui va s’effriter avec le temps
4 Il revoit alors Fermina enceinte et se décide de venir riche et de tuer ou remplacer Juvenal Urbino. Il va travailler à la compagnie fluviales des caraïbes mais son esprit est toujours absorbé par un amour inextinguible. Il devient écrivain publique pour les amoureux. « Au dessus de la taille amour du coeur, au dessous amour du corps » p 200
Il n’a pas le prix de la poésie, Il est à ce moment avec Sara Noriega. Ils jugent Fermina : « Grâce à un mariage d’argent avec un homme qu’elle n’aime pas, l’interrompit Sara Noriega. C’est la façon la plus basse d’être une pute » p200, elle n’a pas le prix (Sara) -> « Les femmes devinent tout » . Sa relation s’arrête avec Sara ( une des plus longue, mais est mis dehors -> humiliation) . Il souhaite la mort du docteur, car sait consoler les veuves, les faire revivre, redécouvrir l’amour. Par contre Fermina déteste sa vie, son mari. Olimpia Zuleta devient son amant, mais se fait assassiné par son mari jaloux. La mère de Florentino meurt à ce moment, Fermina  donne naissance à une fille Ofelia.
5 Lorenzo Daza meurt, il avait été banni, Florentino est heureux d’apprendre sa mort, mais il aurait aimé connaître la santé de Fermina : « Femme alitée, femme pour l’éternité » p236. Fermina quitte son mari pour près de deux ans. A l’initiative de cette séparation l’odorat de Fermina, qui déniche une supposée coucherie de son mari .. une odeur inhabituelle !!! (trop fière pour les surveiller mais jalouse ). Florentino  s’occupe de America Vicuna 14 ans, qui devient pour un temps sa maitresse. Puis la mort du docteur Juvenal Orbito lui donne l’occasion, l’espoir  de nouveau re reconquérir Fermina. Le premier échange de courrier est assez orageux. Il lit la lettre d’injures de Fermina , lui répond avec une lettre sténographié : une correspondance s’ensuit : méditation sur la vie . Un an après la mort et 132 lettres plus tard . Puis il vient chez elle, une colique soudaine le surprend et il bat en retraite demandant un autre rendez vous ( pitoyable ). Ils se redécouvrent font connaissance avec beaucoup de pudeur ( du à leur âge ? )
Puis elle apprend par le journal la vraie histoire de son père et les infidélités de son mari avec sa meilleur amie p325
America Vicuna se suicide ( de tristesse ?). Fermina part avec Florentino en croisière fluviale et font enfin l’amour

Citations

  • Ce fut elle qui attribua une sensualité différente aux lavements qu’il utilisait lors de ses crises de constipation et le persuada de les partager et de se les administrer l’un l’autre pendant leurs folles après-midi, lorsqu’ils essayaient d’inventer encore plus d’amour à l’intérieur de l’amour.
  • Non, lui dit-elle. J’aurais l’impression de coucher avec le fils que je n’ai jamais eu.
  • Puis, sur un ton plus humain, il demanda si l’on connaissait le mobile du suicide. Le docteur Urbino lui répondit par un mot correct qu’il crut inventer sur l’instant : gérontophobie.
  • « Le problème du mariage c’est qu’il meurt toutes les nuits après l’amour et qu’il faut le reconstruire tous les matins avant le petit déjeuner. »
  • Il lui avait appris que rien de ce qui se fait au lit n’est immoral s’il contribue à perpétuer l’amour. Et ce qui devait être dorénavant sa raison de vivre : il la convainquit que les coups que l’on tire sont comptés dès notre naissance et que ceux que l’on ne tire pas, quelle qu’en soit la raison, personnelle ou étrangère, volontaire ou forcée, sont à jamais perdus
  • Quelqu’un dit que le choléra faisait des ravages dans les bourgs de la grande Ciénaga. Tandis qu’il parlait, le docteur Urbino continuait de regarder avec la longue-vue. « Eh bien ! ce doit être une forme très particulière du choléra, dit-il, parce que chaque mort a reçu un coup de grâce dans la nuque.
  • « N’oublie jamais que, dans un bon couple, le plus important n’est pas le bonheur mais la stabilité. « 
  •  Il contribuait à la paix du ménage par un acte quotidien qui tenait plus de l’humiliation que de l’humilité : il essuyait avec du papier hygiénique les bords de la cuvette chaque fois qu’il s’en servait. Elle le savait mais ne disait jamais rien tant que les vapeurs ammoniacales n’étaient pas trop évidentes, ou le proclamait comme qui eût découvert un crime. « Ça pue la cage à lapins. » Au seuil de la vieillesse, ce même embarras du corps inspira au docteur Urbino la solution finale : il urinait assis, comme elle, ce qui laissait la cuvette propre et le laissait lui en état de grâce
  • Ausencia Santander avait presque cinquante ans et les paraissait, mais elle avait aussi un instinct si personnel de l’amour qu’il n’y avait de théorie artisanale ou scientifique capable de le freiner.
  • « Je suis heureuse, dit-elle, parce que je sais maintenant en toute sécurité où il est quand il n’est pas à la maison. » (Après la mort de son mari)
  •  En tout cas, ses libertinages dans l’hôtel de passe ne se limitèrent pas à la lecture et à la rédaction de lettres fébriles, mais l’initièrent aux secrets de l’amour sans amour.

Divers :

  • Ebook : 16.2 heures de lecture, 23 minutes  par session, 1390 pages tournées, 1.4 pages par minute
  • Gabriel García Márquez, né le 6 mars 1927 à Aracataca et mort le 17 avril 2014 à Mexico, est un écrivain colombien. Romancier, nouvelliste, mais également journaliste et activiste politique, il reçoit en 1982 le prix Nobel de littérature.
  • 1967 – Cent ans de solitude (Cien años de soledad)
  • L’Amour aux temps du choléra est l’adaptation en film par l’Américain Mike Newell en 2007.
  • Note : ***** (4,5/5)

 

 

Nagasaki d’Éric Faye

Nagasaki d'Eric Faye
Nagasaki d’Eric Faye

Quatrième de couverture :

Clandestine depuis un an Il s’étonnait de voir des aliments disparaître de sa cuisine : un quinquagénaire célibataire des quartiers sud a installé une caméra et constaté qu’une inconnue déambulait chez lui en son absence.

Thème : japon, société, solitude, exclusion, empathie, intégration

Critique

Je découvre tardivement ce court roman, Grand prix du roman de l’académie Française 2010, Nagasaki est une histoire courte, très courte.
La narration est effectuée par deux protagonistes, à travers leur improbable relation. l’histoire s’effectue tout d’abord du point de vue d’un cinquantenaire seul (célibataire), sans aspérité :  « l’homme des masses » qui habite une maison à Nagasaki. Il a une vie paisible, sans vague, mais une petite contrariété arrive. Il commence à avoir des soupçons : quelqu’un se sert dans sa cuisine ! Pourtant, il part tous les matins au travail en fermant sa porte à clé derrière lui. Il installe une webcam pour débusquer l’intrus.
Et ce qu’il découvrira va le déstabiliser, joie, étonnement, empathie, puis apparaît un soupçon de compassion sur cette inconnue.
Puis c’est l’histoire d’une chômeuse de longue durée, d’une durée si longue qu’elle était arrivée en  fin de droits, et qui avait du tout abandonner, pour se métamorphoser en petite souris.
Cette rencontre qui va avoir lieu entre ces deux personnages est la rencontre de deux solitudes, peut-être même de deux exclusions : une involontaire, une par dépit,  l’autre par une sorte d’évanouissement vis à vis de ses proches, par incompréhension envers ses collègues.
Cette histoire vraie,  ne laisse pas indifférent. Elle commence sur un ton humoristique, mais s’enfonce rapidement dans la réalité, un peu sordide d’une exclue de la société.  Le sujet est intéressant, l’histoire se passe à Nagasaki, mais pourrait se passer dans n’importe quelle autre métropole. J’aurais aimé connaître la suite de ces vies : celle de Shimura Kobo.

Citations

  • La peur de devoir soutenir le regard de ma clandestine. A moins que son absence n’ait accentué le sentiment d’incomplétude qui empoisonne mes jours.
  • Elle vivait chez vous depuis l’automne dernier. Et si, pendant longtemps, vous n’avez rien remarqué, c’est qu’elle avait élevé la discrétion au rang d’art de la survie.
  • Pauvre Tanabe ! Bientôt, tu seras accueilli au nirvana et  tout ira mieux, tu verras: ils ont installé à l’entrée un stand de gambas frites ou tu goinfreras à l’oeil et là, pas trop d’huile. (En parlant du régime du centenaire)
  • Non pas l’oubli de cette pauvre femme qui ne m’était rien. Mais celui de mon existence entière dont se dévoilaient tout d’un coup les dénuement et l’aridité. Aucune ambition n’y poussait plus depuis longtemps, aucune espérance non plus. Cette femme était à maudire. A cause d’elle, le brouillard s’était levé.
  • La femme d’aujourd’hui sait qu’il ne faut pas laisser les souvenirs rebondirs dans le palais des miroirs; ils deviendraient fous, comme une mouette qu’on enferme par mégarde dans une salle.

Lexique :

  • amphigouri : ‘comprenant l’amphigouri que je leur infligeais’ : Production intellectuelle confuse et incompréhensible; éloquence pompeuse et embrouillée.
  • esbigner : ‘la forme que j’avais entrevue s’était esbignée par une fenêtre’, se sauver
  • dextre : ‘comme s’il n’avait pas de dextre’ : le côté droit, par rapport au personnage qui est supposé le porter.
  • kami : Divinité, dans la religion shintoïste

Divers :

  • GRAND PRIX DU ROMAN DE L’ACADEMIE FRANCAISE 2010.
  • Cite Ranpo Edogawa : homme qui vit clandestinement à l’intérieur d’un canapé « La chambre rouge »
  • Ebook, Paru en 08/2010, 2 heures de lectures, 207 pages tournées, 1.7 pages par min environ
  • Note : *****

La déchéance d’un homme de Osamu Dazaï

La déchéance d'un homme

Quatrième de couverture

«Je suis devenu bouffon. C’était mon ultime demande adressée aux hommes. Extérieurement, le sourire ne me quittait pas ; intérieurement, en revanche, c’était le désespoir.» Ainsi se présente Yôzô, né dans une famille riche du nord du Japon, qui veut être peintre, abandonne ses études au lycée de Tôkyô pour travailler dans des ateliers, mais s’initie plus vite au saké et aux filles qu’au dessin et à la peinture. D’amours malheureuses en amours malheureuses, après n’avoir été qu’un médiocre caricaturiste de revues de second ordre, il échoue à vingt-sept ans, malade, tel un vieillard, dans une vieille chaumière, irréparable d’où il rédige l’histoire de sa vie, «vécue dans la honte», et alors qu’il ne connaît plus désormais ni le bonheur ni le malheur.

Les personnages

  • Se-tchan : jeune fille , voisine (premier carnet )
  • Takeichi : Camarade d’école (premier carnet )
  • Yô-tchan sa soeur soeur aînée, cadette de Se-tchan (premier carnet )
  • Horiki Masao élève des beaux-arts ( second carnet)
  • kinu san / Yôzô : narrateur ?
  • Tsuno-Ke: une amie, a de l’affection pour Yôzô , Affublé du nom de « Miséreuse pour pauvres »
  • Shibuta surnommé Hirame (La sole) doit le chercher au commissariat comme répondant , fut son correspondant pendant le lycée, il s’occupe de Yôzô pour essayé de le sauver plusieurs fois, de le détourner de ses penchants.

Second carnet :

Le narrateur mène une vie de débauche avec Horiki, se saoulant dans les bars, Tente de se suicider vc Tsuno-Ke en ce jetant dans la mer, mais seul en survit. Inculpé d’instigation au suicide

Troisième carnet, première partie :

Se retrouve avec Hirame, regrette son existence passé même celle avec Horiki. Hirame soihaite qu’il trouve un projet : se fixe, trouve un travail, reprenne ses études. mais il n’est intéresssé que par la peinture, aussi il se sauve de la maison de Hirame. Il se fait alors entretenir par Shizu-Ko secrétaire dans une maison d’édition, elle arrive a faire paraitre quelques caricatures. Il dessine uniquement pour son penchant à la boisson Saké fort bon marché. Puis tombe dans le pire, vend des vêtements de Shizu-Ko pour de la boisson. Il l’abandonne alors et part à Ginza. Une jeune fille Yoshi-tchan essaye elle aussi de l’aider

Troisième carnet, partie deux :

Il arrête de boire et se marie avec la jeune Yosho-tchan, Son addiction au saké  revient vite avec son ami Horiko pour l’accompagner. Sa femme se fait alors violer, il reste insipide, sans voix face a sa femme ne sachant si il doit lui pardonner ou non.  détruit et plonge plus profondément dans l’alcool. Il essaye de nouveau de se suicider avec des médicaments trouvés. Tentative de nouveau raté. Il crache du sang, se renseigne dans une pharmacie, la pharmacienne le prend en pitié et lui offre des médicaments dont de la morphine, il entre alors dans une spirale de morphine jusqu’à l’overdose. Il pense au suicide et à la mort. Il est de nouveau repris en main par Hirame, Hiroki et Yoshi-ko  qui l’emmène dans un hôpital psychiatrique.

Epilogue:

Le narrateur raconte l’histoire de ces carnets qui date de 1930/1932, il n’a pas connu le fou qui a écrit ses carnets. L’expéditeur du paquet contenant les carnets se nomme Yô-tchan.

Critique

Tout est dit dans le titre « Déchéance d’un homme », on suit la lente descente du narrateur « Yôzô », cette glissade progressive dans l’abime profond. Il se donne tout d’abord un rôle de bouffon pour être accepter au collège,  il arrive de cette façon à trouver une certaine fierté à devenir populaire grâce à ce stratagème. Cette stratégie réussi jusqu’à ce qu’un de ses camarades d’école le découvre : « c’est de la frime … »

On le retrouve après,  faible, sans volonté, sans aucun but dans la vie, se faisant facilement entrainé, il souffre d’un sentiment d’infériorité. Il est a tout moment rempli de pensées anxieuses, misérables, hypersensibilité de ses nerfs, d’ou une vie en groupe impossible , timidité ,trouble , crainte, … Il ne trouve refuge qu’auprès des femmes (des prostitués tout d’abord, puis des autres qui se laissent prendre par son côté faible) , et de l’alcool fort et du saké et au paroxysme de sa chute de la morphine.

Ce court roman est poignant, nous sommes témoin de la détresse de Yôzô, nous même inerte de cette inerte de cette descente aux enfers, peut-être pour une partie autobiographique … qui sait ?

Citations :

  • Extérieurement, le sourire ne me quittait pas : intérieurement, en revanche, c’était le désespoir. Pour ne pas révéler ce contraste, je devais garder, au prix de sueurs froides, un équilibre qui ne tenait qu’à un cheveu.
  • Je veux mourir; il faut que je meure. Ma vie engendre toujours plus de fautes. Je ressassais continuellement ces pensées en faisant la navette entre la maison et la pharmacie, à demi-fou.
  • Plus je réfléchis, moins je comprends. Moi seul diffère des autres.
  • alocépie : Chute ou absence des cheveux ou des poils
  • sarcopte : acarien parasite dont une espèce provoque la gale chez l’homme

4,2 heures de lecture, finit le 15/02/14