Archives du mot-clé sexualité

Call boy de Ira Ishida

Call boy de Ira Ishida
Call boy de Ira Ishida

Call-Boy est l’histoire d’un jeune Tokyoïte, il est étudiant et se prénomme Ryo. Il a une vie des plus banales et s’ennuie, travaille comme barman dans un petit bar et celà jusqu’à une rencontre inattendue. Dès les premières lignes nous sommes plongés au coeur de son tourment :

J’entends souvent résonner des bruits de pas dans mes rêves.

Ce sont toujours les mêmes. Avec le même rythme, le même écho et le même plancher qui grince. Ils hantent mon sommeil. Je les reconnais, car j’ai appris à les connaître. A force de les entendre, ils me sont devenus familiers.

Oui… j’y suis si tristement habitué que, depuis longtemps, la tournure de mes songes ne me surprend même plus. Je sais toujours de qui je rêve. Je sais à qui appartiennent ces pas. Je ne le sais que trop.

Je le sais, mais je ne peux rien faire d’autre que les laisser s’approcher. Je suis condamné, et comme pieds et poings liés, je reste simplement à attendre que ces maudits rêves se terminent, sans jamais pouvoir les changer. (…)

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La crucifixion en jaune, Tome 1 : Un été japonais de Romain Slocombe

La crucifixion en jaune, Tome 1 : Un été japonais
La crucifixion en jaune, Tome 1 : Un été japonais

 Woodbrooke Gilbert de nationalité anglaise, photographe, et fétichiste des beautés asiatiques en uniforme. Lors de son voyage à Tokyo, pour la promotion de ses photos dans une galerie underground, il va baigner dans le monde flottant des désirs plus ou moins fétichistes. il est d’ailleurs hébergé dans un magasin SM par un ami. 

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Contes libertins du Maghreb de Nora Aceval

Contes libertins du Maghreb de Nora Aceval
Contes libertins du Maghreb de Nora Aceval

Critique :

Livre pris au hasard de mes déambulations dans la bibliothèque du quartier, « Contes libertins du Maghreb ». J’ai démarré avec un peu de préjugés et beaucoup de curiosités, car il me semblait que l’adultère, fornication étaient puni de lapidation et d’autres maux désagréables. Mais l’on rencontre dans ces pages de sages imams qui viennent à sauver l’honneur des filles devant leurs parents « L’iman et la fille qui n’était pas vierge ».
Ces petits récits de quelques pages apparemment anodines sont pleins de finesses, et de délicatesse. Nous apprenons entre autres que les maris jaloux, avares et mesquins en ont toujours pour leur argent, et nous également que jeunes ou vieilles, les femmes arrivent toujours à leur fin.
On trouve également une fable qui pourrait appartenir au recueil de La Fontaine, ou il est question d’animaux. La morale de toutes ces histoires pourrait être « Le répertoire des ruses féminines est infini », un ouvrage simple et bien sympathique. D’une lecture facile, ces petits contres s’enchaînent rapidement, et on en redemanderait bien un peu plus.

Citations :

  • Mon cher époux ! Tu crois que c’est en m’enfermant que tu m’empêcheras de te tromper ? […] Sache, mon mari, que ta surveillance n’assure en rien ma fidélité. Si je le veux, je peux te tromper, à ta barbe  – Je demande à voir, dit le mari en ricanant (p.100)

« Un jour, un violent orage gonfla les eaux d’un oued et rendit sa traversée impossible. La crue de l’oued isola la nomade qui habitait sur la rive. Personne pour la secourir. Cette solitude providentielle enchanta la femme. Elle comptait bien en profiter. Un matin, alors qu’elle surveillait l’oued dont les eaux commençaient à baisser, elle aperçut un paysan de l’autre côté de la berge. Il était si chargé qu’il hésitait à traverser. De la main droite il tenait sa chèvre en portant une cruche de lait, de la main gauche, il tirait son âne en tenant un bâton. Cette soudaine apparition ravit la nomade qui espérait que l’homme traverserait et viendrait jusqu’à elle. Mais le paysan hésitait toujours. Elle sortit brusquement de sa tente en agitant les bras, et se mit à crier :

– O étranger ! Honte à toi ! Tu veux m’attaquer ! Je suis seule, personne pour me défendre. O homme misérable ! Le paysan leva la tête, vit la femme et comprit qu’elle s’adressait à lui. Il la rassura :- O femme, ne crains rien, je ne te veux pas de mal ! D’ailleurs je suis si encombré que je ne pourrais rien faire, même si je le voulais. Avec ma chèvre, ma cruche, mon âne, mon bâton et cette crue qui m’empêche de traverser… Comment veux-tu ?….

– Ce que tu dis me soulage. J’avais peur que tu entraves ton âne, que tu attaches ta chèvre au jujubier sous lequel tu aurais enfoui ta cruche de lait, et que tu réussisses à traverser, en mesurant le niveau de l’eau avec ton bâton. Tu sais que je suis seule et tu aurais abusé de moi.
Le paysan, l’oeil brillant, comprit et dit à la nomade d’un ton décidé :- Je te remercie, femme, de m’avoir si bien conseillé.
Il suivit à la lettre ce que la belle avait préconisé. Aucun oued en crue n’est plus puissant que le désir d’une femme !

La nomade et le paysan, (p31)

Divers : 

  • Editeur : Al Manar; Édition : originale (1 septembre 2008)
  • Prêt bibliothèque du KB, lu le 20/03/2014
  • Note : *****

Le faste des morts de Kenzaburo Oé

Le faste des morts de Kenzaburo Oé
Le faste des morts de Kenzaburo Oé

Thème : Sexualité, Adolescence,  Domination, Faiblesse, Extrême droite,

Trois nouvelles sont regroupés dans cette ouvrage « Le faste des morts » 1957, « Le ramier » 1958, « Seventeen »  1963.

Le faste des morts : Le narrateur, un étudiant en lettre trouve un travail temporaire à la faculté de médecine consistant à transporter des corps. Accompagné d’une étudiante enceinte et névrosée et d’un gardien, ils ont en charge le déplacement des cadavres d’une cuve à une autre « Baignant dans un liquide brunâtre, les corps se tenaient enlacés et leurs têtes se heurtaient.« . Le narrateur semble être en dehors de son corps. Il subit des remontrances du gardien pour ses maladresses, puis du professeur de médecine qui pensait qu’il faisait ce travail pour un intérêt académique . Le rapport étrange de chacun des protagonistes avec les morts, ou des corps : »des choses sans conscience ». Les pensées ou les échanges qu’il reçoit des cadavres : « Tu as violemment bandé, non ?« , lui dit l’esprit ou le corps d’une fille flottant dans la solution de formol. Une erreur du secrétariat, les vieux cadavres devaient être embarqués pour être incinéré dans le crématorium. Travail inutile, heures supplémentaires… Un univers kafkaïen pour cette nouvelle, ou les protagonistes sont victimes de l’administration dans un travail inutile et qui semble sans fin, une atmosphère étrange et collante comme leur gants de caoutchouc.

Le ramier : Une prison d’adolescent, proche d’une décharge publique et d’un cloaque. La vie, les rapports des force entre les détenus. L’homosexualité entre les prisonniers encadrés par des surveillants sans humanité. Leur distraction qui est de collectionner des cadavres d’animaux et de les accrocher comme des trophées à un des murs. La recherche d’une punition du narrateur pour un crime pardonné: il saute du mur, se blesse, escalade de nouveau le mur pour sauter de nouveau et enfin se briser les os. Il est libéré.

Seventeen : Un jeune, sa fête d’anniversaire a été oublié. il semble transparent ou sans valeur aux yeux de sa famille : un père armé de principes libéraux qui a déserté de ses obligations de père. Il ne reste que sa soeur avec qui  il essaye de discourir, mais rapidement à bout d’arguments, acculé et en larmes il la frappe violemment. Il s’adonne à la masturbation jour et nuit, il a la phobie de s’endormir, du néant qui accompagne le sommeil, il a peu de confiance en lui-même, une peur des autres qui se transforme en haine.

La honte qu’il éprouve de lui-même suinte de ses pores, il semble que tout le monde ne voit que ses dépravations. La compétition pour les universités qu’il n’assume pas. Un de ses copains, l’invite à venir faire la claque pour la « droite extrême :Action impériale ». Il va écouter le discours démagogue parmi une foule de journalier. Ce langage simpliste plein de haine va trouver un écho dans son âme : »La voix de la révélation m’a touché ». il va trouver sa place et être adopté dans ce groupe « Tu es un garçon élu » qui va le valoriser et lui permettre d’ assouvir ses fantasmes de violence, de pouvoir et de vengeance. Il bascule et trouve dans ce parti la joie ultime d’appartenir à un groupe, d’être apprécié, respecté,  et craint des autres : « Elle regarda mon uniforme à la lumière d’une ampoule nue embuée.Puis son visage se ferma, presque odieux, et elle baissa les yeux ». Un sentiment exaltant qui ne le lâchera plus « j’aurais un orgasme qui durerait la vie entière« , une sensation de pouvoir et de force qui ne tient aucunement à un engagement politique quelconque.

Trois nouvelles, que je trouve de niveau inégales mais qui finissent dans le paroxysme de seventeen. Elles mettent à nu les sentiments et les actions primaires de l’individu : comportement , sexualité, rapport humains chez des adolescents : « Tu as dix-sept ans. Tu ne veux pas saisir ta propre chair ? » .

Citations :

  • « défense d’entrer. Défense de fumer ». La cuve était bourrée de cadavres qui tantôt plongeaient, tantôt refaisaient surface. A force de m’attarder sur ce spectacle, je sentais les mots s’hypertrophier à l’intérieur de ma gorge et remonter.(18,le faste des morts )
  • Des patients de l’hôpital, en pyjama, chaussés d’épaisses pantoufles, arpentaient lentement le trottoir. On aurait dit des carpes nageant dans les eaux hostiles du début du printemps. (p30, Le faste des morts )
  • Quand on tombe enceinte, la vie quotidienne fourmille d’espoirs négatifs. Du moins mon existence est pleine, elle en même pesante. (p32, Le faste des morts )
  • Je passais mes journées à subir le contact du thermomètre froid et dur entre mes lèvres entrouvertes et l’insertion du clystère qui me prurit à la fois une humiliation enragée et un plaisir indécent et secret, à recevoir les baisers que me donnaient les infirmières avec leur langue râpeuse, en soufflant leur haleine, et à éjaculer dans le creux de leurs mains épaisses et molles; mais j’étais tourmenté par une profonde angoisse (le ramier, p85)
  • En me regardant, ils criaient avec des ricanements : « Nous savons tout sur toi. Tu es empoisonné par la conscience que tu as de toi même et par l’éveil du printemps, tu pourris de l’intérieur. Nous lisons à travers ton misérable bas-ventre humide ! Tu n’est qu’un gorille solitaire qui se masturbe en public ! »(Seventeen, p147)
  • La compagnie d’un ami pour lequel on n’a que du mépris et plus rassurante que la solitude, dans la mesure où l’orgueil n’est pas blessé. c’est comme s’enivrer d’un mauvais alcool pour fuir l’angoisse. » (p147, Seventeen)
  • L’uniforme de l’Action Impériale imitait celui des S.S. Lorsque je marchais dans la rue ainsi vêtu, j’éprouvais là aussi une vive sensation de bonheur. Hermétiquement enclos dans cette armure comme un scarabée, j’avais la certitude que les autres ne voyaient plus ce qu’il y avait en moi de mou, de faible, de vulnérable et de disgracieux et je me sentais au paradis. (Seventeen)

Divers :

  • Edition Gallimard nrf 2005, Bibliothèque du KB
  • Lecture le 17/03/2014
  • Note : *****
gibier d'élevage de Kenzaburo Oé
gibier d’élevage de Kenzaburo Oé

Svastika de Junichirô Tanizaki

Image

À l’image du svastika – une croix qui tourne – les quatre protagonistes de cette histoire tirent tour à tour les ficelles d’une véritable machination amoureuse et diabolique. Sonoko est follement éprise de Mitsuko, jeune bourgeoise ravissante, et entraîne dans cette passion son mari, Mister Husband, et Watanuki, pâle prétendant de Mitsuko. Sonoko rapporte ici tous les détails du complot à un grand écrivain, dans un immense monologue qui constitue le roman lui-même. Svastika, d’une extraordinaire perfection formelle, a paru pour la première fois au Japon en 1928.

Personnages :

  • M Kôtaro Kakiuchi : chercheur ou professeur , guère sociable (Mister Husband)
  • Mme Sonoko Kakiuchi (Epouse : suit des cours de Nihonga ( peinture), puis veuve , se fait appelé grande sœur, Sono par Mitsuko
  • Mlle Y : beauté qui pose comme modèle nue pour les cours de Nihonga.
  • Mitsuko Totkumitsu : publié dans les journaux (suit des cours de peinture occidental ), fille d’un grossiste en draps ( Mitsu, Claire)
  • Shunkô Tsutsui : Professeur de nihonga
  • Umé : la bonne de chez Mitsuko
  • Eijirô Watanuki : amant de Mitsuko ( surnommé  Gigolo-sans-aucun-risque )

Résumé :

1. Mme Kakiuchi raconte à son mari, ses cours de peinture. Son directeur qui remarque que le dessin de nu qui devait être celui de Mlle Y correspond à une autre personne, à Mitsuko en fait (élève d’un autre cours), qui semble encore plus belle.

2. Le directeur reproche encore à Kakiuchi que son dessin semble bizarrement éloigné du modèle. le directeur sohaite savoir sur qui s’est elle inspirée pour le visage qui est un canon de beauté, la disucssion mène à une dispute. Une rumeur apparait comme quoi elle aurait fait des avances homsexuelles à Mitsuko. Elles se rencontrent finalement et Mitsuko lui explique que c’est uun complot du directeur. Jaloux et cupide.

3. Elles se proposent d’assumer au grand jour leur intimité au grand jour en se rendant à Nara prochainement, mais pour terminer la journée elles vont au cinéma. Le mari vient comme d’habitude la raccompagner et la voit bien heureuse. Kakiuchi lui raconte sa journée,   la journée avec Mitsuko ainsi que les ragots qui les concernent. Son mari souhaite la rencontrer lors de leur déplacement à Nara. Le lendemain à l’école tout le monde est au courant de leur rendez-vous. Mitsuko remercie Kakiuchi, grâce à ces ragots elle échappe à un homme désagréable qui voulait l’épouser

4.La mère de Mitsuko a une conversation avec sa fille concernant des calomnies entendues.Elles passent la journée ensemble et dînent également, rentrent tard. Son mari semble triste d’être isolé.

5.Le portrait est achevé, et elle le montre à son mari, son mari propose de le faire encadrer puis d’inviter Mitsuko le voir. Elle en parle à Mitsuko qui est emballé, par contre elle souhaite que certaine parties du corps soient corrigés avant cela. Elle se propose de poser nue le lendemain chez elle. Elle découvre un corps magnifique, elle l’enlace et pleure : »ce que j’ai vu est si beau , que je pleure d’émotion« .

6.Elle perd le contrôle d’elle même, Mitsuko en prend peur, Sa beauté la rend folle, elle voudrait la tuer tellement son corps est beau, puis elles s’enlacent, s’embrassent, boivent leurs larmes. Son mari qui l’attendait au bureau l’appelle, elle lui raconte, il demande alors de retenir Mitsuko le temps de rentrer, afin de la voir. Mitsuko se propose de l’attendre, par contre elle devient maussade car sa journée merveilleuse va être profanée par un tiers. Mitsuko pouffe, elle elle est furieuse.

7. Elle montre les lettre qui ont été échangées avec Mitsuko et également celle qu’elle a pu récupérer. Les enveloppes sont de couleur criardes : Correspondance de deux femmes éprises l’une pour l’autre, elle raconte également sa dispute violente avec son mari.

8.Marié depuis peu, elle raconte avoir gardé l’innocence de l’enfance, naïve et timide. Aimé un homme en cachette de son mari aurait été mal, mais quelle importance lui semble t-elle l’amour entre deux femmes. Son mari commence a avoir des doutes, elle propose alors de se rencontrer chez Mitsuko. Elle par contre honte de son corps moins parfait. Un jour elles sont surprises par l’arrivée précoce de son mari, qui s’apercoit qu’elles ont aussi fait l’école buissonnière, ils prennent le thé, un malaise s’installe. Le doute essaye de faire place à  des explications qui deviennent orageuses : « tu t’es marié avec moi pour l’argent »

9.La dispute qu’elle a eu avec son mari renforce l’amour qu’elle porte a Mitsuko. Elles se voient sans crainte et partagent même leurs dîners avec son mari. Une soirée Mitsuko l’appelle de Osaka, elle s’est fait voler ses vêtements … incompréhension que faisait-elle là bas ?, Mitsuko lui demande de lui amener un kimono, un costume pour homme et un peu d’argents. Elle retrouve Umé sur le chemin et essaye de la faire parler.

10. Umé raconte les escapades de Mitsuko, ils arrivent enfin à l’hôtel, Eijirô l’amant lui raconte alors les faits. Il s’était engagé à se marier avec Mitsuko, mais promise à M, les ragots avaient permis de casser le mariage arrangé, et ils étaient resté amants. Mitsuko avait raconté son amour envers sa grande soeur.

11.Elle sert à tous les deux de xxxx  en téléphonant à leurs parents, les ramène en taxi à la gare et chez Mitsuko puis rentre chez elle avec une seule idée en tête : se venger. Plein de remords elle raconte la soirée à son mari se promettant de resté attaché à son mari jusqu’à la fin de ses jours.

12.Elle se retransforme en bonne ménagère, abandonne les cours. Plusieurs semaines passent, Un appel de l’hôpital concernant un ouvrage de contraception défendu prêté à Mme Nakagawa, via l’intermédiaire de Mitsuko, un accident grave a eu lieu, elle doit absolument se déplacer et allé rencontrer Mitsuko.

13.Mitsuko avoue alors que Mme Nakagawa n’existe pas , et que c’est elle qui est enceinte. Elle a essayé toutes les méthodes décrites dans son livre, et la prise d’une décoction lui a provoqué des hémorragies ..Les hôpitaux se refusent à l’opérer, sans un garant qui s’engage verbalement devant le directeur

14.Tout cela n’était qu’un stratagème de Mitsuko pour recommencer sa liaison. Elle tombe dans le panneau, ment à son mari et prend rdv avec Mitsuko le lendemain même.

15.Après s’être retrouvé, elle décide de retourner à Nara, puis à son retour se lance dans des explications les plus folles à son mari

16.Mitsuko semble se jouer d’elle, elle s’enfonce dans le gouffre des mensonges. Mitsuko arrange un rendez vous ou sera présent Watanuki, malaise entre elle et Watanuki.

17.Elle fait croire à une grossesse cachée à son mari pour voir Mitsuko, puis rencontre Watanuki, ils se sentent tous les deux joués il ne comprend pas pourquoi le mariage ne peut avoir lieu, Mitsuko est réellement enceinte mais le cache à grande soeur. Il y a une incompréhension autour des actions de Mitsuko

18. Comme la grossesse de Mitsuko l’aurait contraint au mariage, celle-ci le cache.Ils concluent que Mitsuko est orgueilleuse et qu’elle était triste si il n’y avait personne pour l’aimer, c’est pour cette raison qu’elle jouait entre grande soeur et Watanuki. Chacun se sent être le jouet de Mitsuko

19. L’amour  de la relation homosexuelle serait éternel, plus encore qu’un lien conjugal car contre nature . Ils se proposent de gommer la jalousie car l’amour homosexuelle est d’une nature différente. Ils se proposent de former un trio amoureux. Watanuki propose de sceller ce pacte via un serment écrit.

20. Somoko et Watanuki signent le serment avec leur sang. Mitsuko s’en aperçoit et des explications ont lieu avec Somoko. Mitsuko lui apprend qu’il est impuissant ( à cause des oreillons qu’il aurait attrapé dans sa jeunesse)

21.Watanuki est en quelque sorte asexué, il défend que le plus important est l’amour spirituel , il est fou d’amour pour Mitsuko, mais celle-ci ne veut pas se marier à cause de tout ce qui se dit à son sujet.

22. Watanuki continue avec ses arguments spécieux ( amour, suicide , désespoir, la presse de se marier, lui reproche son attente), il n’arrive qu’à éloigner Mitsuko. C’est à ce moment qu’arrive la proposition de mariage de la famille M. Mitsuko avait préféré à ce moment qu’elle est une réputation de lesbienne plutôt qu’amoureuse d’un « homme-femme ». Watanuki avait souhaité que Mitsuko rompe avec Somoko lors du vol des kimonos en apprenant sa liaison.

23, 24 .Watanuki lui reproche de lui avoir caché sa réconciliation avec Somoko via le subterfuge de la clinique. Mitsuko lui reproche d’avoir monté le vol des vêtements. La situation entre eux deux n’est que reproche. Somoko et Mitsuko se fond des confidences, et se sentent piéger par Watanuki

25.Kôtaro vient prendre des nouvelles de Mitsuko et de sa grossesse, sa femme qui est également présente ne sait que faire vue que Mitsuko n’est pas enceinte, elles cachent des serviettes pour faire croire à une grossesse d’environ 6 mois ..Or en rentrant Kôtaro demande des explications à sa femme, en effet Watanuki le rencontre et lui  parle du pacte signé, en lui demandant de tenir sa femme éloigné de Mitsuko pour ne  pas compliquer la demande de mariage.

26. Kôtaro explique alors tous les conversations qu’il a eu avec Watanuki, et le fait qu’il lui remette le serment. Watanuki lui demande de signer un reçu prouvant l’existence du document. Kôtaro demande à sa femme de lui remettre son serment.

27.Sonoko lui avoue tout, le serment, le fausse grossesse de Mitsaku, etc …Kôtaro souhaite expliquer la situation à la famille de Mitsaku mais Sonoko refuse en signifiant qu’elles se suicideront toutes les deux.

28.Sonoko est surveillé par son mari, il doit s’absenter pour son travail, Elle en profite pour appeler Mitsaku, celle-ci lui raconte le harcèlement de Watanuki, il exige un serment de sa part, mais Mitsaku refuse.

29.Sonoko et Mitsaku complotent de s’échapper

30,31. Le jour de la fuite arrive, elles prennent des somnifères en limitant la dose pour faire croire un suicide et simuler un coma.

32.Sauvé, Kotarô s’occupe de sauver déjà Mitsaku et sa famille du maître chanteur Watanuki, il arrange les affaires et rachète les preuves à Watanuki. Umé se fait licencier pour avoir caché ces histoires à ses patrons. Kotarô tombe amoureux de Mitsaku.

33.Sonoko, Mitsaku et Kotarô font couple à trois, Mitsaku leur donne des somnifères a tous les deux avant de dormir chaque soir, en augmentant la dose progressivement. « Il y avait dans l’esprit de Mitsuko  une tendance à mettre à l’épreuve les êtres pour vérifier jusqu’à quel point ils la vénéraient , et à en jouir ». Sonoko et Kotarô semblent à bout, livide , drogué. Des articles de journaux paraissent alors probablement de Watanuki pour se venger.  Umé est responsable de la parution dans les journaux de tous les détails de leur liaisons. Ils se suicident finalement Mitsuko et Kotarô meurent, il ne reste plus que la veuve Kakiuchi pour nous raconter l’histoire.

Critique :

Une relecture, je l’avais dévoré il y a bien longtemps, je le déguste maintenant. Je redécouvre une ou plusieurs histoires d’amour, de manipulations, de mensonges, d’homosexualité, de perversion, d’amour à trois, de masochisme, de beauté, de chair .
Le livres est découpé en petits chapitres, tel des petites scènettes mettant en scène des personnages avec leur amour, leur crainte, leur séduction, et leur désespoir.
L’écriture est fine, ambiguë, racontée par une des protagoniste Sonoko à la fois manipulatrice et victime consentante, qui nous transmet ses contradictions et ses envies. Sonoko en parle si bien, et avec tant de tendresse et de nostalgie.

Citations :

  • Sur mon tableau , le visage ressemblait au sien, mais le corps, évidemment était différent, puisque je m’étais inspirée de celui de Mlle Y., le modèle. D’ailleurs, en général les modèles de nihonga ont le visage plus beau que le corps : cette Mlle Y. n’avait pas un corps très attirant, elle avait une peau abîmé et olivâtre : un œil averti aurait mis entre sa peau et celle de Mitsuko autant de distance qu’entre l’encre et la neige
  • Même la glace de l’armoire clame qu’elle veut refléter ton image. Alors c’est sûr ? Demain, à midi, à l’heure de la récréation , je t’attendrais comme d’habitude.
  • Je me moquais moi-même de pusillanimité… Et puis, aimer un homme en cachette de mon mari aurait été mal, mais quelle importance qu’une femme s’éprenne d’une autre femme ? Un mari n’a pas le droit de critiquer l’intimité qui se développe entre deux femmes. C’est avec ce type d’arguments que je me berçais d’illusions…En réalité, mon amour pour Mitsuko était dix, vingt… cent, deux cents fois plus fort que celui que j’avais éprouvé pour cet autre homme.
  • -Je ne vois pas le rapport avec la notion de beauté. C’est plutôt une perversion sexuelle.

Lexique :

  • catogan : chignon bas sur la nuque
  • rets : filets
  • sororal : qui concerne les sœurs ( amour )
  • orchite : inflammation des testicules
  • moxa : instrument utilisé pour le traitement apparenté à l’acupuncture

Divers :

  • 6,7 heures de lecture / terminé le 18/02/2014

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