Archives du mot-clé Sexe

Monstrueux de Natsuo Kirino

Monstrueux de Natsuo Kirino

Après la lecture de ‘Out‘, j’ai poursuivi la lecture de cette romancière Natsuo Kirino pour en découvrir un peu plus. Je m’attendais avec Monstrueux à un thriller du même type. Mais il n’en est rien. Out semblait lisse tout en restant assez sanglant, Monstrueux est rugueux, et j’en sors perplexe et mal à l’aise. En effet Natsuo Kirino décrit à l’acide la société japonaise et ses travers : les couples mixtes, les Gaijins, l’immigration chinoise, les sectes, le système éducatif, les rapports enfants-parents, la prostitution….

Lire la suite Monstrueux de Natsuo Kirino

lala pipo de Hideo Okuda

lala pipo de Hideo Okuda
lala pipo de Hideo Okuda

Dernière parution d’un roman de Hideo Okuda, connu pour la série du docteur Irabu (Les Remèdes du docteur Irabu, Un yakuza chez le psy )

Lala pipo, est une immersion dans le milieu underground du sexe Japonais avec des narrateurs haut en couleur : un rabatteur amoureux de sa protégée, un journaliste en manque d’inspiration, une femme esseulée, un écrivain de livre érotiques …

Lire la suite lala pipo de Hideo Okuda

Une simple lettre d’amour de Yann Moix

Une simple lettre d'amour Yann Moix
Une simple lettre d’amour Yann Moix

Un court roman, plus d’une centaine de pages, un titre accrocheur. Une richesse stylistique, du vocabulaire et des connaissances à foison, mais une grosse déception à cette lecture. J’avais écouté une interview ou une critique de ce livre sur France Inter, et à ce moment-là j’étais tombé sous le charme. Mais là, non, grosse déception, poussif, décalé de la réalité (complètement à côté de la plaque). 

Lire la suite Une simple lettre d’amour de Yann Moix

La chambre rouge de EDOGAWA Ranpo

La chambre rouge de Ranpo Edogawa
La chambre rouge de Ranpo Edogawa

Thème : infirmité, amour, sexe, homme tronc, sadisme, domination,laideur

La chenille : (1929)

Le lieutenant Sunaga, héroïque, bel officier revient de la guerre mutilé ( de ses 4 membres) et défiguré, on peut le considérer comme une victime d’une prouesse médicale unique au monde. Il ne peut communiquer avec sa femme que par écrit un crayon dans le bouche. Sa femme découvre un plaisir à sa souffrance. Plaisir et dégoûts, vulgarité se mêlent. Ses deux seuls plaisirs restant à Sunaga : un appétit et instinct sexuel démesuré .

  • Lieutenant Sunaga : héroïque, bel officier
  • Tokiko : Femme du général
  • Général Washio

La chaise humaine: (1925)

Thème: perversion, laideur

Deux vies cachées : (1924)

  • Saito : Soldat défigurés : « estropié à vie mais connaît le réconfort de la gloire « 
  • Ihara : Le somnambule.
  • Kimura : Ancien camarade de collège.

Deux hommes font connaissance dans uns station thermale. Ils viennent soulager leurs douleurs et se raconter les évènements qui ont bouleversés leur vie.Ihara raconte sa santé fragile, sa vie d’étudiant. Il s’aperçoit qu’il est atteint de somnambulisme. Des crises interviennent de temps en temps, il ramène des objets volés. Un crime est commis, Ihara se présume coupable et se livre à la police. Son état de santé le fait acquitter. Depuis le remord le poursuit.

note :2/5

La chambre rouge (1925)

Sept amis se rencontrent une passion pour les sensations fortes les animent. Un nouveau venu T. raconte les meurtres qui l’ont divertis pendant un temps. Le premier : un chauffard renverse un homme, affolé il demande à T. une aide. Celui-ci l’envoie vers une clinique éloigné dirigé par un médecin incompétent. L’homme décède il sent une responsabilité même éloigné à son décès. Il découvre un espace inviolé ou le crime peut s’épanouir. A partir de ce moment là on comptera pas moins d’une centaine de crimes impunis et gratuits.

Note :3/5

La pièce de deux sen (1923):

Takeshi Matsumura et le narrateur sans le sou sont en admiration devant un vol par un soi disant journaliste dans une entreprise. Le voleur est retrouvé, mais pas l’argent. Une récompense est annoncé pour qui donnerait des informations. Takeshi se met à la recherche du magot.

Avis  :

Petit recueil de nouvelles ayant deux thèmes :la laideur, la perversion que l’on retrouve dans « la chenille », « La chaise humaine », Les autres nouvelles sont des enquêtes policières. Elles sont imprégnés du style de Sherlock Holmes et de Poe, et font intervenir le lecteur, par sa sensibilité, son empathie ?

Pour la perversion : Il faut écouter l’histoire de ce héros de guerre :Le lieutenant Sunaga dans « La chenille » qui me fait penser au soldat blessé du film « Johnny Got His Gun ». Sa femme qui prend soin de son mari jusqu’à la folie, il ne reste à Sunaga que deux plaisirs en ce bas monde: la nourriture et le sexe.

« Deux vies cachés » reprend aussi le thème du soldat défiguré et marqué par la guerre. « Estropié à vie mais connaît le réconfort de la gloire » est ce de l’antimilitarisme ou une abnégation de l’individu ?

Ces petites nouvelles appartiennent aux premières oeuvres de Ranpo Edogawa, un ouvrage « agréable » pour démarrer dans le monde ténébreux de Ranpo Edogwa.

Citations

  • Les mots estropiés ou invalide n’exprimaient pas la réalité de l’état de son mari : on lui avait rendu une masse de chair difforme qui n’avait plus rien d’humain. Elle sentait également que les plaisirs honteux qu’elle irait du monstre étaient liés à une sensualité débordante qui travaillait son corps de femme de trente ans.(La chenille)
  • Elle avait l’impression que son embonpoint la trahissait et que le vieil homme n’était pas insensible à l’odeur de ses formes rebondies.(La chenille, 11)
  • La masse de chair sous elle se tordit de douleur; avec la  force d’un animal à l’agonie, il réussit à la faire basculer en arrière. Elle vit deux traînées de sang dégoulinant sur son visage tuméfié, boursouflé comme un poulpe bouilli (La chenille, 23)
  • A chacune de nos réunions dans cette pièce, j’avais l’impression que nous étions enfermés dans le coeur frémissant d’un animal monstrueux dont les lentes pulsations , à l’échelle de sa taille gigantesque, résonnaient au plus profond de moi-même (Chambre rouge)

Divers:

La chenille a été repris dans un manga par Suehiro Maruo (Goût pour l’érotisme morbide)

Ranpo Edogawa la proie et l ombre La chambre rouge de Ranpo Edogawa le lézard noir de Ranpo Edogawa L'Île Panorama de Ranpo Edogawa Mirage de Ranpo Edogawa

Eroshima de Dany Laferrière

Eroshima de Dany Laferrière
Eroshima de Dany Laferrière

Thème : Sexe, Bombe, Hiroshima, Japon, Montréal, Humour

En route vers l’apocalypse: le premier cliché sur le Japon est l’érotisme.

Critique :

Le sexe et la mort, les deux plus vieux mythes du monde. Dès les premières pages de cette nouvelle courte écrite dans un style simple je ne décolle plus. Le roman est dédicacé :« À Rita Hayworth, la star des pin-up, une rousse si explosive que la première Bombe atomique fut baptisée de son nom. »

Un style d’écriture simple, la première partie est découpé en courtes observations, environ 150, puis la narration de l’auteur se fait à la première personne, pour revenir à des observations. Un sacré degré d’humour pour nous narrer les amours d’un Nègre avec une japonaise, puis d’une juive orthodoxe. Le tout plongé dans un compte à rebours : en route vers l’apocalypse … avec des obsessions de la bombe atomique et d’Hiroshima.

Ses obsessions ou thèmes sont les mêmes que celle décrites dans le premier volume de « l’autobiographie américaine » c’est à dire dans « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer ».

Citations :

  • J’ai découvert le Sexe (ou le Désir) à sept ans sous les traits de Rita Hayworth. Ah! qu’elle était jolie, la Mort! Je n’ai pas arrêté depuis et il m’a fallu vingt-cinq ans (et la mort de Rita) pour comprendre que c’était une bombe à retardement. Tu peux te cacher n’importe où sur cette satanée planète, il y aura toujours (comme le feu au cul) la menace de la Bombe. Et pour attendre cette saloperie de Bombe, rien de moins que le Sexe. Heureusement que nous sommes un peu plus que cinq milliards répartis un peu partout sur la planète. Alors, c’est quand tu veux, ma vieille.
  • La mort, là-bas ? Mishima, Kawabata, Dazai, Akutagawa. Ils n’ont qu’une façon de mourir, semble-t-il. Se suicider. Qu’est ce qui pousse à ça ? l’orgueil ? La forme ? La beauté ? Une trop haute idée de la vie ? Ne cherchez pas la réponse. (102)
  • Je ne me suis pas encore familiarisé avec cette idée, cette REALITE de respirer, de tousser, de bouger dans la même pièce qu’une juive orthodoxe. Vous vous imaginez l’effet que ça peut faire sur la libido d’un goy nègre.
  • J’entends frapper discrètement à la porte. Myriam Rosenberg entre, et je bascule, la tête la première, dans le trou noir des phantasmes les plus pervers auxquels aucun Nègre, à ce jour, n’a jamais osé rêver.
  • J’AI DECOUVERT LA BOMBE en même temps que le Sexe. J’avais fou de suite compris que les deux généraient la mort. La Bombe, c’est la mort collective, démocratique, égalitaire. Et puis le Sexe, c’est la mort individuelle, élitiste, aristocratique. La bombe, c’est la mort dans un éclair. Le Sexe, la mort à petit feu. L’orgasme est également bref. Le temps, affirme Borges, est une convention.
  • Hoki est née à Vancouver, B.C. Elle n’a pas de dieu, Ni Confucius, ni Bouddha. Elle fait l’amour comme Lao-Tseu se tient sur son buffle.
  • Keiko continue de se caresser les seins. J’attends beaucoup de ce moment pour l’avenir de l’humanité. Le sort de la civilisation judéo-chrétienne se joue, à l’instant, entre ce Nègre et cette japonaise née à Los Angeles.
  • Rita Hayworth, la star des pin-up, une rousse si explosive que la première bombe atomique fut baptisé de son nom.
  • L’appartement est un peu concave comme si je nichais dans une coupe à cognac.

Divers :

  • Paru en 1987, second roman après « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » (1985)
  • ebook , 1.8 heures de lecture, 203 pages tournées, 1.9 pages par min. env
  • L’auteur s’intéresse au mouvement du spiritisme  né à Haïti