Archives du mot-clé religion

Les Funérailles de la Grand-Mémé de Gabriel García Márquez

Bonjour, retour après un long moment de silence, disons ‘estivale’. Mais pour vous présenter un petit bijou.  Évident,  pour certains, car l’auteur est Gabriel García Márquez.  Mais je ne vous parlerais que de la première nouvelle, celle qui nous plonge dans l’univers de cet écrivain colombien. Une nouvelle écrite bien avant sa consécration.

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La sacré semaine qui changea la face du monde de Marc Augé

La sacré semaine qui changea la face du monde de Marc Augé
La sacré semaine qui changea la face du monde de Marc Augé

Dimanche de Pâques, 1er avril 2018. Le pape François, du haut de son balcon place Saint-Pierre à Rome, lance comme le veut la tradition catholique la bénédiction Urbi et Orbi : « Dieu n’est pas mort ! » … « Non, il n’est pas mort, car il n’a jamais existé. » … « Dieu n’existe pas. » .

« E Dio ,? », « Non esiste ! » Ces quelques mots du pape vont provoquer un cataclysme planétaire.

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La mer et le poison de Shusaku Endo

La mer et le poison de Shusaku Endo
La mer et le poison de Shusaku Endo

Ce roman est un récit à plusieurs voix. Tout d’abord celle d’un homme après guerre qui souffre d’un pneumothorax et doit se fait soigner par un médecin. Médecin qui se cache et tente de faire oublier les atrocités commises pendant la guerre …. Puis, le récit fait un retour sur les années de guerre dans l’hôpital universitaire de la ville côtière de Fukuoka sous commandement de l’armée de l’ouest. Lire la suite La mer et le poison de Shusaku Endo

Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud

Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud
Meursault, contre-enquête de Kamel Daoud

Il s’est passé une sorte de ‘chimiotactisme’, quand j’ai entendu parler de ce livre, il m’a attiré, j’ai voulu savoir. Mais je m’y suis préparé, j’ai relu l’étranger….

Mais tout d’abord en ouvrant les premières pages de ce livre, l’exégèse : cette petite phrase qui donne le ton. « l’heure du crime ne sonne pas en même temps pour tous les peuples. Ainsi s’explique la permanence de l’histoire » E.M. Cioran.

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Une éducation catholique de Catherine Cusset

Une éducation catholique de Catherine Cusset

 Suivre le parcours d’une fille narcissique, névrosé de la jeunesse à l’âge adulte. Qui toute jeune est plongée dans le catholicisme pour suivre les traces de son père, puis voleuse mais pas trop, qui possède une haine féroce de sa soeur,  puis l’arrivée des premiers désirs physiques, lesbien et caresses tout d’abord puis errance auprès des amants jetables. Plus attiré par le côté physique, plaisir plutôt narcissique, égoïste qu’un partage avec ses amants.`

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L’Amour au temps du choléra de Gabriel GARCIA MARQUEZ

L'amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez
L’amour au temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez

 

J’avais démarré « Cent ans de solitude » plusieurs fois, mais j’avais à chaque fois abandonné, par contre cette fois en ouvrant « L’Amour au temps du choléra » je découvre un hymne à l’amour. l’amour avec un A Majuscule. Mais cet amour va se décliner sous toutes ses conjugaisons sur une temporalité de plus d’une cinquante d’années, une histoire d’amour et de solitude amoureuse de cinquante ans. Ce conte raconte une histoire de toute une vie, d’une façon poétique colorée, osée, crûment, mélangé de peines,  de luxure, de chaleur tropicale et d’humour.  Il est étroitement lié aux odeurs de roses, des fruits exotiques, et des épices et qu’aux remugles des marais, des morts, de l’urine.
J’ai particulièrement apprécié les moments de vie telle la perte de la virginité des deux héros. Pour Fermina, vierge au mariage, elle perdra sa virginité dans un bateau de luxe en route pour la France plusieurs jours après son mariage, « Que veux-tu, docteur. C’est la première fois que je dors avec un inconnu », terreur de Fermina, que Juvenal doit l’apprivoiser millimètre par millimètre, celle de Florentino se passe également sur un bateau remontant le fleuve, ou il est pratiquement violé par une mulâtresse qu’il cherchera après sans la retrouver. L’élément liquide a une importance tout au long du récit.
Si je peux mettre j’ai trouvé quelques longueurs, lorsque Florentino dépérit d’amour et Fermina erre dans les obligations de sa position, mais c’est peut-être un effet de style des plus remarquable de nous faire ressentir se désespoir par cet ennui momentané. Mais ce moment est passager peut être la symbolique de la vie d’un couple marié.
C’est dans les bras de mulâtresse ou de leur cuisses, de créatures de toute beauté, ou de veuves à consoler que l’érotisme torride  va se déchaîner, ou Florentino va patienter dans l’attente de Fermina. C’est chez ces femmes là que la vérité crue de l’Amour sera dévoilée et non chez celle de la haute bourgeoisie. « Quelque chose qui ressemblât à l’amour sans les problèmes de l’amour ».
Le temps va passer pour Florentino et Fermina et ils vont redécouvrir l’amour, qui semble incorrect  aux enfants de la veuve Fermina  « Qu’ils aillent se faire foutre, dit-elle. S’il y a un avantage d’être veuve c’est bien de n’avoir personne sur son dos ».
Une ode à l’amour immortel , il n’est pas l’apanage des jeunes. Un récit de plein d’entrain.

Thème : amour, solitude, religion, mort , solitude amoureuse, révolutions,

Personnages :

  • Florentino Ariza : l’amoureux
  • Juvenal Urbino : Docteur, dont le but est l’éradication du choléra
  • Fermina Daza : Sous l’emprise de son père, se marie par dépit
  • Lorenzo Daza: Père de fermina
  • Dona Blanca : Mère de Juvenal Urbino
  • Jeremiah de Saint-Amour : réfugié antillais, invalide de guerre, photographe d’enfants, adversaire aux échecs de Juenal Urbino
  • Lacides Olivella : médecin, disciple de Juvenal Urbino
  • Don Galileo Daconte : ouvre le premier cinéma
  • Transito Ariza : La mère de Florentino Ariza
  • Marco Aurelio : Médecin
  • Ofelia: Fille de Fermina Daza, mariée à un employé de banque de la nouvelle orléans à accouchée de trois filles
  • Escolastica: tante de Fermina Daza renvoyé par Lorenzo
  • Lotario Thugut : Télégraphiste allemand, musicien, apprendra le violon à  Florentino
  • Fermina sanchez
  • Hildebranda Sanchez : Cousine de Fermina
  • Cleofas Moscote : Riche héritier d’une fortune
  • Gala Placidia : Servante noire des Daza
  • Rafael Nufiez : Docteur, président de la république
  • Ausencia Santander : Maîtresse de Florentino, 50 ans « un homme habillé dans une maison porte malheur »
  • Sara Noriega : Une maîtresse de Florentino
  • Olimpia Zuleta : Une maîtresse de Florentino, assassiné par son mari jaloux
  • Prudencia Pitre :
  • America Vicuna : Jeune fille de 14 ans dont Florentino s’occupe à la fin de sa vie

Synoptique

1 Juvenal Urbino vient voir le corps de Jeremiah de Saint-Amour afin de signer le certificat de décès accompagné du commissaire . Il est mort des effets du cyanure d’or. Il prévoit l’enterrement et trouve ses dernières volontés. « C’est la troisième fois ue je manque la messe depuis que j’ai l’âge de raison, dit-il. Mais Dieu comprendra » p7. Il va prévenir les amis de Jeremiah de l’enterrement prochain.  Juvenal a 80 ans et l’esprit enjoué, une hygiène de vie stricte. Il se décrit comme un humaniste fataliste : »Chaque homme est maître de sa propre mort, et la seule chose que nous pouvons faire est de l’aider à mourir sans peur ni douleur ». p10 Il se rend chez sa maîtresse une mulâtresse. Ce jour est aussi les noces d’argent de Lacides Olivella ( un médecin qui est son disciple). Avant l’enterrement, il essaye d’attraper son perroquet, monte à une échelle, tombe et se tue. On voit alors que sa femme Fermina Daza prendre en main les obsèques, et la maison. Elle croise  Florentino Ariza qui lui renouvelle son serment de fidélité éternelle et son amour à jamais
2 Nous remontons dans le temps Florentino croise Fermina et tombe amoureux, il lui écrit des poèmes, des lettres , il tombe fou amoureux. Le père de Fermina,  Lorenzo Daza l’apprend rencontre Florentino Ariza et lui ordonne de s’écarter de leur route, Il a de grandes aspirations pour sa fille. « Ne m’obligez pas à tirer sur vous » , « Tirez, dit-il, la main sur le coeur. Il n’est de plus grande gloire que de mourir d’amour » , « Fils de-pu-te » p84. Il part avec sa fille pour un grand voyage de l’oubli. Florentino qui travaille aux télégraphes communique abc Fermina. Finalement Lorenzo Daza décide de rentrer. Florentino suit Fermina à son retour et la croise au marché, il  lui souffle que ce n’est pas un endroit convenable pour une déesse couronnée, elle le reconnait à un choc en le voyant et l’efface à jamais de sa vie : « Non, monsieur, c’est finit » . 
3 Juvenal Urbino, a 28 ans, il rentre de Paris .Il revient avec des notions modernes d’hygiène, propreté et essaye de combattre les dogmes, les habitudes . Son père meurt du choléra lorsqu’il est à Paris. Il rencontre Florentino Ariza lors d’une visite, ayant craint d’avoir le choléra. Lorenzo Ariza se prend d’amitié pour Juvenal Urbino, lui apprend les échecs . Juvenal Urbino tente de séduire  Florentino Ariza mais celle-ci ne répond pas à ses lettres,  La soeur Frabica de la Luz du collège qui l’avait fait expulsé ( à cause des lettes qu’elle écrivait à Florentino Ariza) lui demande de se plier à cet homme qu’elle considère comme un saint : « Je ne m’explique pas comment vous vous prêtez à une telle chose, dit-elle, si pour vous l’amour est un péché » 127 lui répond Fermina. Hildebranda, l soeur de Fermina  va envoyer un télégramme et rencontre Florentino Ariza) « Il est laid et triste, dit-elle à Fermina Daza, mais il est tout amour » p130. Fermina a 20 ans mais semble une vieille fille, puis un jour son père lui apprend qu’il est ruiné. Florentino en apprenant le rapprochement de Fermina avec le docteur est mortifié , sa mère le fait envoyer dans un poste télégraphie assez distant pour oublier, il se fait violer 🙂 , puis décide de retourner chez lui. Sa mère abrite la veuve Nazaret , et pendant 6 mois ont une relation des plus charnelles,  « Je t’adore parce que tu m’as rendue pute » 152. Deux ans après il continue a avoir un sentiment de libération sans bornes qui va s’effriter avec le temps
4 Il revoit alors Fermina enceinte et se décide de venir riche et de tuer ou remplacer Juvenal Urbino. Il va travailler à la compagnie fluviales des caraïbes mais son esprit est toujours absorbé par un amour inextinguible. Il devient écrivain publique pour les amoureux. « Au dessus de la taille amour du coeur, au dessous amour du corps » p 200
Il n’a pas le prix de la poésie, Il est à ce moment avec Sara Noriega. Ils jugent Fermina : « Grâce à un mariage d’argent avec un homme qu’elle n’aime pas, l’interrompit Sara Noriega. C’est la façon la plus basse d’être une pute » p200, elle n’a pas le prix (Sara) -> « Les femmes devinent tout » . Sa relation s’arrête avec Sara ( une des plus longue, mais est mis dehors -> humiliation) . Il souhaite la mort du docteur, car sait consoler les veuves, les faire revivre, redécouvrir l’amour. Par contre Fermina déteste sa vie, son mari. Olimpia Zuleta devient son amant, mais se fait assassiné par son mari jaloux. La mère de Florentino meurt à ce moment, Fermina  donne naissance à une fille Ofelia.
5 Lorenzo Daza meurt, il avait été banni, Florentino est heureux d’apprendre sa mort, mais il aurait aimé connaître la santé de Fermina : « Femme alitée, femme pour l’éternité » p236. Fermina quitte son mari pour près de deux ans. A l’initiative de cette séparation l’odorat de Fermina, qui déniche une supposée coucherie de son mari .. une odeur inhabituelle !!! (trop fière pour les surveiller mais jalouse ). Florentino  s’occupe de America Vicuna 14 ans, qui devient pour un temps sa maitresse. Puis la mort du docteur Juvenal Orbito lui donne l’occasion, l’espoir  de nouveau re reconquérir Fermina. Le premier échange de courrier est assez orageux. Il lit la lettre d’injures de Fermina , lui répond avec une lettre sténographié : une correspondance s’ensuit : méditation sur la vie . Un an après la mort et 132 lettres plus tard . Puis il vient chez elle, une colique soudaine le surprend et il bat en retraite demandant un autre rendez vous ( pitoyable ). Ils se redécouvrent font connaissance avec beaucoup de pudeur ( du à leur âge ? )
Puis elle apprend par le journal la vraie histoire de son père et les infidélités de son mari avec sa meilleur amie p325
America Vicuna se suicide ( de tristesse ?). Fermina part avec Florentino en croisière fluviale et font enfin l’amour

Citations

  • Ce fut elle qui attribua une sensualité différente aux lavements qu’il utilisait lors de ses crises de constipation et le persuada de les partager et de se les administrer l’un l’autre pendant leurs folles après-midi, lorsqu’ils essayaient d’inventer encore plus d’amour à l’intérieur de l’amour.
  • Non, lui dit-elle. J’aurais l’impression de coucher avec le fils que je n’ai jamais eu.
  • Puis, sur un ton plus humain, il demanda si l’on connaissait le mobile du suicide. Le docteur Urbino lui répondit par un mot correct qu’il crut inventer sur l’instant : gérontophobie.
  • « Le problème du mariage c’est qu’il meurt toutes les nuits après l’amour et qu’il faut le reconstruire tous les matins avant le petit déjeuner. »
  • Il lui avait appris que rien de ce qui se fait au lit n’est immoral s’il contribue à perpétuer l’amour. Et ce qui devait être dorénavant sa raison de vivre : il la convainquit que les coups que l’on tire sont comptés dès notre naissance et que ceux que l’on ne tire pas, quelle qu’en soit la raison, personnelle ou étrangère, volontaire ou forcée, sont à jamais perdus
  • Quelqu’un dit que le choléra faisait des ravages dans les bourgs de la grande Ciénaga. Tandis qu’il parlait, le docteur Urbino continuait de regarder avec la longue-vue. « Eh bien ! ce doit être une forme très particulière du choléra, dit-il, parce que chaque mort a reçu un coup de grâce dans la nuque.
  • « N’oublie jamais que, dans un bon couple, le plus important n’est pas le bonheur mais la stabilité. « 
  •  Il contribuait à la paix du ménage par un acte quotidien qui tenait plus de l’humiliation que de l’humilité : il essuyait avec du papier hygiénique les bords de la cuvette chaque fois qu’il s’en servait. Elle le savait mais ne disait jamais rien tant que les vapeurs ammoniacales n’étaient pas trop évidentes, ou le proclamait comme qui eût découvert un crime. « Ça pue la cage à lapins. » Au seuil de la vieillesse, ce même embarras du corps inspira au docteur Urbino la solution finale : il urinait assis, comme elle, ce qui laissait la cuvette propre et le laissait lui en état de grâce
  • Ausencia Santander avait presque cinquante ans et les paraissait, mais elle avait aussi un instinct si personnel de l’amour qu’il n’y avait de théorie artisanale ou scientifique capable de le freiner.
  • « Je suis heureuse, dit-elle, parce que je sais maintenant en toute sécurité où il est quand il n’est pas à la maison. » (Après la mort de son mari)
  •  En tout cas, ses libertinages dans l’hôtel de passe ne se limitèrent pas à la lecture et à la rédaction de lettres fébriles, mais l’initièrent aux secrets de l’amour sans amour.

Divers :

  • Ebook : 16.2 heures de lecture, 23 minutes  par session, 1390 pages tournées, 1.4 pages par minute
  • Gabriel García Márquez, né le 6 mars 1927 à Aracataca et mort le 17 avril 2014 à Mexico, est un écrivain colombien. Romancier, nouvelliste, mais également journaliste et activiste politique, il reçoit en 1982 le prix Nobel de littérature.
  • 1967 – Cent ans de solitude (Cien años de soledad)
  • L’Amour aux temps du choléra est l’adaptation en film par l’Américain Mike Newell en 2007.
  • Note : ***** (4,5/5)

 

 

Le Dernier souper et autres nouvelles de Shûsaku ENDÔ

Le Dernier souper et autres nouvelles de Shûsaku ENDÔ
Le Dernier souper et autres nouvelles de Shûsaku ENDÔ

 

Shūsaku Endō (遠藤 周作 Endō Shūsaku, né le 27 mars 1923 à Tokyo (Japon) et y décédé le 29 septembre 1996, était un écrivain japonais, connu pour avoir écrit avec le point de vue de sa foi catholique. Endō est catégorisé comme un « écrivain de la troisième génération », le troisième groupe d’écrivains majeur apparu après la Seconde Guerre mondiale.Après une enfance passée à Dalian en Mandchourie, il reçoit le baptême à 11 ans, avec sa mère qui se convertit au catholicisme à son retour à Kōbe en 1934 et lui donne une éducation catholique. Il étudie la littérature française à l’université Keio de Tōkyō puis à l’université de Lyon de 1950 à 1953, où il se passionne pour la littérature catholique, avant de revenir au Japon et tenter sa chance comme écrivain. En 1955, il est lauréat du prix Akutagawa, le prix littéraire le plus prestigieux du Japon, pour son roman Shiroi Hito (L’Homme blanc). La plupart de ses livres sont traduits en français, et beaucoup ont été adaptés au cinéma. Ses livres sont inspirés de ses expériences d’enfance: le stigmate d’être un étranger, la vie d’un patient hospitalisé, et la lutte contre la tuberculose. Ils reflètent beaucoup de ses questionnements spirituels touchant les relations entre sa foi catholique , qui apparaît dans tous ses livres et en est souvent un élément central, et les traditions culturelles et religieuses japonaises. La plupart de ses personnages sont en proie à de complexes dilemmes moraux, et de leurs choix résultent souvent des résultats mitigés, voire tragiques. En cela, ses travaux sont souvent comparés à ceux de Graham Greene . En fait, Greene lui-même a désigné Endō comme étant l’un des meilleurs écrivains du XXème siècle. (cf. Wikipedia)

 

Commentaires :

Ce recueil de trois nouvelles traite d’un sujet peu commun dans la littérature et la culture japonaise, en effet ces nouvelles parlent de religion et de catholicisme. La première nouvelle « les ombres » semble beaucoup plus intimiste. Elle narre la rencontre fortuite de l’écrivain ( roman autobiographique), avec un prêtre. Elle traite du sentiment de trahison qu’éprouve un fidèle lorsque ce prêtre qui à toujours suivi sa famille rompt ses vœux. La nouvelle est rédigée sous la forme d’une lettre de ce fidèle au prêtre. Elle se veut sans colère, malgré la trahison qui est subit. Nous sommes un peu en face de l’idole déchue.

« Le dernier souper » est la dernière nouvelle, dans un restaurant, Tsukada un  alcoolique invétéré, interpelle le narrateur, un médecin psychiatre, pour lui demander les raisons de ses douleurs. Le médecin décèle une cirrhose du foie et l’invite à venir à l’hôpital pour consulter. Le médecin essaiera de percer le lourd secret de Tskukada : « C’est comme s’il voulait s’enivrer pour oublier quelque chose de douloureux en lui ». L’histoire de cet homme est bouleversante. Un bénévole de l’hôpital ayant une part de sacré en lui viendra l’aider à partager sa douleur.

Nous retrouvons dans chacune de ces nouvelles des questions relative à la religion catholique. La première traite du sentiment de trahison : ‘La vie’ , la seconde du deuil ‘La Mort’  puis la dernière de la recherche du pardon, de la rédemption ‘La survie’.

J’ai préféré cette dernière nouvelle, dont le thème pourrait être comment survivre à la culpabilité. Le titre est assez cocasse somme toute.

thème ‘le dernier souper’: remords, guerre, survie, anthropophage , oubli , rédemption

 

Citations:

  • Quel drôle de type ! pourquoi veut-il absolument être bénévole dans un hôpital japonais ? Pensez-vous qu’il s’agisse de la graine de prêtre en quête de bonne action ? (le souper, 85)  
  • Le plancher, constellé de traces de sang, ressemblait à une mappemonde usagée. (Le Souper, 101)
  • Vous m’accusiez de faiblesse, même quand j’agissais sans penser à mal. Vous vouliez me forger et me modeler pour ta mère  sans penser que le marteau pourrait m’écraser. (les ombres, 26)
  • Vous avez dit à ma mère et à ma tante que les enfants en Occident étaient davantage punis et que la discipline était nécessaire pour les enflants paresseux. (les ombres,24)
  • Un homme doit être fort et essayer de se dépasser toujours davantage. Il maîtrise sa vie et ce en quoi il croit. (les ombres,25)
  • Il est vrai que je n’avais pas les capacités physiques pour appliquer les principes idéaux que vous vous étiez donnés. Je ne cherche pas d’excuse. Mais votre stoïcisme, qui réussissait avec des sujets forts, était cruel envers les faibles, et au lieu de donner de bons résultats leur infligeait des blessures inutiles. (les ombres,29)
  • Tous ces souvenirs, déposés un par un comme les sédiments fondamentaux dans le fleuve de mon existence, sont les empreintes qu’un être laisse sur un autre. Nous ne savons pas quelle marque nous laissons sur autrui, ni quelle direction nous lui faisons prendre. (…) Vous et ma mère, plus que tout autre, vous m’avez aiguillé vers la voie dans laquelle je me suis engagé. Et puis vous avez disparu (les ombres,50)
  • Vous ne vous êtes pas rendu compte que votre compassion de prêtre et votre amour d’homme se sont mélangés petit à petit. (les ombres,51)

Divers :

  • Lecture 8.04.14 , prêt bibliothèque du KB
  • Note:  ***** (3/5)