Archives du mot-clé Racisme

Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee

Ne tirez pas sur l'oiseau moqueur de Harper Lee
Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee

Alabama, dans les années 1930.  On ressent l’état sudiste profond.  un essai sur un balbutiement de la politique anti ségrégationniste mené par une poignée d’hommes.  Une population qui semble se diviser en trois classes nantis avec les riches propriétaires, les anciens esclaves et les blancs pauvres.

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Le cantique des innocents de Donna Leon

Le cantique des innocents de Donna Leon
Le cantique des innocents de Donna Leon

Ça y est, j’ai lu un Donna Leon, j’ai découvert enfin le commissaire Guido Brunetti. Chaudement recommandée par une amie italophile.

On est plongé dans une ambiance est 100 % italienne, et plus précisément dans le charme de Venise : les rues, les places, les habitants : on s’y croit. On se prendrait au jeu, pour aller chercher un dictionnaire Français-Italien et la carte de Venise pour suivre les pérégrinations de Brunetti, les raccourcis pour se déplacer dans le labyrinthe de Venise.

Le commissaire est un bon vivant : les bons vins, les bons plats accompagnés de Grappa, on sent l’arôme de chacun des cafés que va partager Brunetti.
Il est également cultivé, il lit des écrivains russes du XVII ème. D’ailleurs il ne quitte pas une librairie sans un livre en main, mais ne comprend rien à un ordinateur.

L’histoire : le commissaire Brunetti apprend qu’une descente musclée à l’initiative des carabiniers a eu lieu en pleine nuit au domicile du couple Pedrolli, afin de mettre fin à un trafic d’enfants. Brunetti n’étant pas au courant des agissements des carabiniers va prendre la défense de ce Vénitien. L’affaire sombre plusieurs fois dans les oubliettes, le drapeau de l’extrême droit qui est agité via la ligue du nord (Lega Doge), mais que faire face aux puissants de ce monde ??
Des pharmaciens qui font la justice divine via le piratage des dossiers médicaux, des fraudes à l’assurance-maladie ULSS …

Le commissaire va faire ce qu’il peut pour défendre le docteur Pedrolli, jusqu’à lui glisser le nom des proches qui l’ont dénoncé ‘anonymement’ aux carabiniers ( courage et Éthique).

De grosses ficelles pour faire fonctionner cette intrigue policière. De grandes questions philosophiques pour émouvoir dans les chaumières. C’est quoi être père, le devoir, l’adoption, la vente des enfants, les mère porteuses, la baisse de natalité dans les pays du nord. Brunetti est déchiré entre la loi et sa morale.

Je trouve Brunetti bien absent des enquêtes, il est tellement bien secondé son fidèle adjoint l’inspecteur Lorenzo Vianello, et la signorina Elettra qui lui mâchent tout le travail.

Le cantique des innocents se lit bien, rapidement, mais n’est pas transcendent. Il faut peut-être se tourner vers la série TV ?. Sinon il y a surement des ouvrages plus percutant dans la série qui ont fait la renommée du commissaire Brunetti.

Thème : Adoption illégale, Infertilité, Racisme, escroquerie à la sécurité sociale

Divers:

  • Ebook: 8 heures de lecture, 23 minutes par session, 469 Pages
  • Note : ***** (2.5/5)

Gibier d’élevage de ôé Kenzaburô

gibier d'élevage de kenzaburo oe
gibier d’élevage de kenzaburo oe

Résumé :

En pleine guerre, un avion américain s’écrase dans les montagnes japonaises. Le rescapé est aussitôt fait prisonnier par les villageois. Or il est noir…Son père va à la ville pour savoir que faire du prisonnier, mais l’employé de la mairie n’en a aucune idée. Il faudra attendre la réponse de la préfecture. Le prisonnier est donc gardé par les villageois dans une cave. Le gamin escorté par son père a le privilège d’aller le nourrir, puis avec l’aide de Bec-De-Lièvre de vider ses déjections (qu’ils prennent d’ailleurs un soin méticuleux à inspecter). Les villageois se lassent d’attendre les ordres de la préfecture retournent à leurs occupations. Le prisonnier devenant la seule occupation des enfants. Bec-de-Lièvre devient le chef des gamins qui s’occupent du prisonnier. Ils le détachent, puis le promènent, le lavent, s’amusent avec lui.
Un jour Gratte-papier revient au village en annonçant que le prisonnier devait être escorté par les villageois à la ville. C’est la stupéfaction parmi les enfants. Le petit essaye de prévenir le prisonnier, mais il le prend en otage et le séquestre dans la cave. Les villageois défoncent la porte et tue le prisonnier tout en blessant l’enfant.

La vie continue, les enfants arrachent une partie de la queue de l’avion pour en faire un traineau. l’enfant se remet progressivement de sa blessure, il grandit.

Mon avis :

Nous voilà plongé dans un village d’une île Japonaise entre paradis (nature, liberté ) et misère qui se côtoient (misère, saleté, hygiène). Cet îlot qui semble isolé de la guerre, jusqu’à l’apparition d’un rescapé d’un avion ennemi : un ennemi Noir, un nègre, est-ce un humain ?. Un fossé immense entre deux cultures, couleur de peau, langage. Il est enfermé dans une cave tel une bête, un animal domestique, les enfants l’observent, le jauge, semblent l’apprivoiser, puis jouent avec lui, comme si le nègre était un animal de compagnie. Ils lui apportent même une chèvre pour se satisfaire (..) .

Le récit n’est pas sordide, on retrouve de la tendresse, de la vérité, presque de la compassion, l’on parle de ses besoins primaires : manger, transpirer, chier, pisser, dormir mais tout ça dans un style simple poétique.

La fin dramatique, nous rattrape de façon inéluctable. Malgré tout la vie continue, que ce soit pour les villageois ou pour l’enfant qui s’est transformé pendant cette période ou la guerre et la folie des hommes l’a rattrapé.

Personnages

  • Narrateur  l’enfant, puis son frère, son père chasseur, vend des peaux de bêtes
  • Bec-de-Lièvre : ami de l’enfant ( plus âgé )
  • Gratte-papier : unijambiste de la ville, apporte les nouvelles

Citations :

  • Est ce qu’un nègre peut-être considéré comme un ennemi ? (57)
  • A force de considérer le frémissement de l’épaisse encolure du Noir penché sur la marmite, la tension soudaine et le relâchement de ses muscles, je finissais par voir en lui, étant donné sa docilité, une espèce d’animal gentil et paisible. (59)
  • Le soldat noir était comme un animal domestique – la douceur même.
  • Ses grosses lèvres gonflées comme le ventre gravide d’un poisson d’eau douce étaient mollement ouvertes; de la salive blanche apparaissait entre ses gencives.
  • C’était comme si, pendant que j’étais resté alité, tous s’étaient complètement métamorphosés en être monstrueux n’ayant plus rien d’humain.(97)
  • L’homme, comme un animal abruti, le regard continuellement embué par les larmes ou quelque mucosité – on ne savait au juste -, les bras autour des genoux, restait continuellement accroupi sur le sol de la cave, sans jamais dire un mot : quel mal pourrait il nous faire quand nous lui retirions ses fers ? Ce n’était rien d’autre qu’une « bête nègre »
  • Les clameurs inaudibles poussées par le cadavre et qui, comme dans un cauchemar tournoyaient autour de nos personnes , se propageant à l’infini dans une sorte de bousculade au-dessus de nos têtes, voilà ce dont le monde était rempli jusqu’au bord.(97)

Lexique

  • marri : contrit, fâché
  • châlit : cadre de lit
  • épigastre : creux de l’estomac
  • desmodie : herbacée exotique

Divers :

  • Reçoit le prix Akutagawa, la plus haute récompense littéraire japonaise, à l’âge de 23 ans, pour « Gibier d’élevage »
  • Note : *****