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Des os de corail, des yeux de perle de IKEZAWA Natsuki

Des os de corail, des yeux de perle de IKEZAWA Natsuki
Des os de corail, des yeux de perle de IKEZAWA Natsuki

 

« Des os de corail, des yeux de perle », est un recueil de trois courtes nouvelles, celle qui porte le titre de l’ouvrage puis « Espérance » et « Voyage vers le Nord ».

« Des os de corail, des yeux de perle », a pour thème la mort. L’épouse recueille les cendres de son mari incinéré. Le narrateur de ce récit est le mort. On trouve de la beauté dans les actes de l’épouse, elle récupère les ossements tel un cuisinier qui dresse les mets sur un plat. Son mari avait accepté sa mort, le rituel est sacralisé. Son mari avait demandé plusieurs choses à son épouse après sa mort. Un vœu plutôt qu’une obligation : de broyer ses os puis de les disperser lors d’une plongée, de l’oublier.

J’ai tout de suite ressenti une similitude avec la nouvelle « La jeune fille suppliciée sur une étagère » d’Akira YOSHIMURA : l’incinération du corps puis les ossements et l’âme mêlés qui regardent, ressentent, nous imprègnent. La vision d’Ikezawa est moins triste, sordide que celle d’Yoshimura. Les cendres sont accompagnées, touchés pour être dispersées. L’amour les accompagne.

« Espérance » : une jeune fille écrit à son frère Kazuhiko pour l’informer que sa femme Tomoko ainsi que son fils Kyota ont quitté l’île où elle vivait avec sa belle-famille. Elle lui écrit une longue lettre pour lui expliquer les derniers évènements, elle cherche une explication, elle parle de son incompréhension devant la disparition de sa belle-sœur. Tomoko vivait à Tokyo avant de venir sur l’île, elle se sentait ‘yosomono’ (étrangère) au début puis semblait s’intégrer dans l’île au sein de la famille. Sa sœur ressent une culpabilité, car elle idéalisait le bonheur de l’union de Tomoko avec son frère. La nouvelle se finit sur une touche d’espoir mélangé d’optimisme.

« Voyage vers le nord » est le récit d’un voyage initiatique. Le narrateur quitte un abri qu’il avait habité pendant un an. Il est seul, on suppose qu’il a survécu à la fin du monde : une catastrophe biologique. Mais une fin du monde douce, que chacun a accepté. Le narrateur part, va affronter son destin seul en partant pour le nord.

Un style un peu différent de mes lectures habituelles, qui laisse un goût étrange en tournant la dernière page de ce livre. Peut-être de la nostalgie.

 

Thème : éloignement, mort, nostalgie, amour

Citations :

  • Dorénavant, la notion de propriété n’existe plus. D’une certaine manière, les biens du monde entier lui appartiennent. Mais il n’arrive pas à s’en sentir propriétaire. (« Voyage vers le nord »)
  • Ceux qui créent ne font en réalité que tirer un tout petit peu d’eau du grand puits de l’humanité. Lorsque la source s’en épuise, s’épuise avec elle le sens de tout ce à quoi travaillent les hommes.(« Voyage vers le nord »)
  • Si rien ne subsistait, cela me conviendrait assez, je pense. Mais le mort que je suis ne pense pas. Il n’a pas de pensées. Je ne suis plus là. Je te vois seulement. (« Des os de corail, des yeux de perle »)
  • De quel lieu et pour quelle raison est-ce que je te regarde ainsi, moi qui suis mort ? A quoi puis-je bien penser ? Mais je ne pense pas : je n’existe pas.(« Des os de corail, des yeux de perle »)
  • Plaisantant à moitié, je t’ai dit que je trouvais la vie si passionnante, si belle et si gaie, que je ne pouvais pas croire à l’éternité d’une telle merveille : ce serait trop beau pour être vrai. Et toutes les choses à prendre, je les avais déjà prises.  (« Des os de corail, des yeux de perle »)

Divers:

  • Editions Philippe Picquier, Collection : Picquier poche. 112 pages
  • Traduction : Véronique Brindeau , Corinne Quentin
  • Note : ***** (3,5/5)

L’arc-en-ciel blanc de Akira Yoshimura

L'arc-en-ciel blanc de Akira Yoshimura
L’arc-en-ciel blanc de Akira Yoshimura

Avis :

“L’arc-en-ciel blanc”, est un ensemble de quatre récits écrits entre 1953 et 1964. Il est paru en 2012 chez Actes Sud. La quatrième de couverture résume les quatre nouvelles et dévoile à mi-mot les finalités. Ce qui un peu nuisible à la lecture.

Toutes ces nouvelles ont un point de convergence qui est la mort. Les causes de ces morts sont déclinées de différentes façon : un traumatisme causé par un viol, la mort d’un fils surprotégé, par attachement, et le dernier celui de la fatalité. Mais ce sont également des histoires d’amour cruelles qui amèneront au désespoir.

Une de mes nouvelles préférée est celle appelée « Étoiles et funérailles ». L’histoire de Jirô fasciné par le rite des funérailles. Elle nous conte poétiquement entre autres le commerce avec les étoiles, une représentation métaphorique de la mort. Cette nouvelle fait un lien avec “Voyages vers les étoiles”.

“Il se rappela que dans son enfance sa grand-mère lui racontait que les morts montaient au ciel et se transformaient en constellations. Elle disait que les étoiles dispersées sur la voûte céleste étaient toutes des incarnations de personnes disparues et que leur lumière s’amplifiait à l’infini en suivant l’augmentation du nombre de morts.”

YOSHIMURA Akira nous invite dans les nouvelles que composent “l’arc-en-ciel blanc” à revisiter certains de ses thèmes de prédilection : mort, suicide, pauvreté. Les temporalités tournent autour  des périodes d’après-guerre, et de celle du grand tremblement de terre du Kantô.

Mais on retrouve aussi le thème particulier des ossements que l’on retrouve dans d’autres oeuvre : “Un spécimen transparent” et l’excellent “La jeune fille suppliciée sur une étagère”.

Pour conclure ce n’est pas, je pense par cet ouvrage qu’il faut découvrir Yoshimura, mais il permettra d’affirmer les thèmes et de faire des liaisons avec ses autres œuvres. Des nouvelles de qualité un peu inégale, peut-être due à la compilation de nouvelles écrites sur une période de dix ans.

 

L’arc-en-ciel blanc (1953)

Toshisuke se souvient de la résistance inattendue de sa jeune épouse : une sorte d’aversion à être touché. Toshisuke est désorienté, Ayako frissonne, blême. Ayako se dit troublée par la mort de sa mère il y a de cela deux ans, sa mère qui avait perdu une jambe pendant la guerre. Elle se réveille la nuit pour vomir, un doute vient à l’esprit de Toshisuke.

thème : viol, grossesse, infanticide, amour, traumatisme.

Un été en vêtement de deuil (1958)

Kiyoshi, un enfant qui doit avoir dans les 10 ans, vit avec sa grand mère malade, un peu déficiente et une domestique. La grand-mère est préoccupé par le poulailler et les oeufs. Chaque jour elle les gobe. Un jour des poussins naissent, dans le groupe il y en a un malade. Kiyoshi s’en occupe, très affaibli il lui tord le cou. Il l’enterre dans une petite boîte “Tombe du poussin” dans un cimetière secret. Sa grand-mère l’appelle à ce moment là, il se sent pris en faute et craint le pire. Mais sa grand-mère lui donne un registre noire. Il se rend jusqu’à une remise et trouve une petite fille maigre et une femme d’une trentaine d’année. La femme peint des masques.

Thème : vieillesse, pauvreté, tremblement de terre du Kantô en 1923, mort

Etoiles et Funérailles (1960)

Un cortège funéraire se dirige vers un temple, soudain une pluie violente. Les gens courent s’abriter, seul un enfant Jirô suit le cortège. Les gens se sentent honteux, humiliés par leur comportement en face du calme et du respect porté par Jirô. Jirô apprécie les funérailles, il fait partie de tous les cortèges. Il avait été très impressionné par l’enterrement de son père. Lors d’un incident, les funérailles tournent presque au drame. Que faire des ossements d’une défunte partiellement enterré Jirô intervient,  donne les indications pour que le rituel soit respecté.  Il reçoit des remerciements : une enveloppe. Jirô va se prendre d’amitié pour Tokiko, une petite fille pauvre qui porte un bébé dans son dos.

Thèmes : funéraille, mort, ossements, cérémonies et rituels, amour, suicide, étoiles

Le mur de briques (1964)

Deux jeunes enfants Kiyota et sa petite sœur Hisae se faufilent la nuit dans une écurie. Ils sont dans un laboratoire d’un centre de recherche. Kiyota harnache un cheval et avec sa sœur ils partent.

Thèmes : amour, mort, fatalité
 

Citations:

  • Toshisuke en vint à avoir une nouvelle opinion concernant son épouse. Les hallucinations auditives en pleine nuit, tout comme son odorat qui reconnaissait l’odeur de la peau des poissons, recelaient quelque chose d’inhabituel. Cette sensibilité exacerbée lui paraissait maladive. (p16)
  • Quelque chose de blanc recouvrait déjà le fond du bol, dégageant un peu de vapeur. Au-dessus Ayako, pressant énergiquement ses seins, tirait son lait. Toshisuke, soulagé, regardait à ses pieds le liquide blanc gicler comme des fils de soie à chaque gémissement de sa femme.
  • Vous savez bien qu’il faut poser les os sur le cercueil avant de l’enterrer, dit-il en désignant le crâne. Ils se réjouissent de la venue du mort. C’est pour cela qu’il faut les poser sur le cercueil, enfin!
  • Le cercueil fut descendu dans la tombe. Il y eut un bruit d’eau, comme celui d’un poisson qui saute, quand le cercueil plongea (p101)

 

Divers:

  • L’Arc-en-ciel blanc (白い虹) – Actes Sud, 2012, 17€, 182 pages
  • Bibliothèque du KB 05/05/2014

Voyage vers les étoiles de Akira Yoshimura

voyage vers les étoiles de akira Yoshimura

« Voyage vers les étoiles » a été écrit juste avant « Le convoi de l’eau » 2009, c’est un recueil de deux nouvelles : « Un spécimen transparent », suivi de « Voyage vers les étoiles ».  On retrouve un style sombre, précis ‘écrit au scalpel’ dans ces nouvelles.
« Un spécimen transparent » nous conte l’histoire d’un homme solitaire d’une soixante d’années qui est employé dans un hôpital universitaire, son travail consiste à faire des désarticulations sur des cadavres afin de conserver les os. Fonctionnaire dans cet hôpital il souhaiterait réaliser une oeuvre :’rendre les os transparent comme du cristal’. Cet lubie exaspère son directeur et les chercheurs. Cet homme solitaire va sembler s’humaniser par un mariage arrangé, un apprenti auquel il se rapprochera petit à petit, et une belle-fille qui lui servira peut-être à sublimer son oeuvre.
L’autre nouvelle « Voyage vers les étoiles », nous raconte l’histoire d’un adolescent isolé, délaissé par leur familles. Sans but dans la vie, il lâche les études à cause du stress généré . Il rencontre un groupe qui a les mêmes aspirations que lui. Ils regardent les heures s’égrener et attendent patiemment. Chacun des membres du groupe à des aspiration nihiliste, Une veut changer de visage, un autre rêve d’opium et de briser des coffres fort. Un autre veut devenir leader d’un groupe religieux. Puis Mochizuki l’un des jeune propose alors de partir en voyage : afin de mourir. L’idée du suicide se transforme du tragique en passion. Ils prennent un camion et partent vers la mort. On voit leur crainte, leurs hésitations mais ne peuvent pas paraître lâche devant les autres, c’est peut-être la seule chose qui leur reste: un courage qui les réunit.
La première nouvelle rappelle « La jeune fille suppliciée sur une étagère », ces deux nouvelles sont très proches au niveau de leur thématique. Mais cette fois-ci la vision de la mort ne provient du corps mais du fonctionnaire de la morgue. Au delà de la thématique proche de la mort, du devenir du corps dans l’après vie, le lecteur pourra chercher de nombreuses autres pistes et points communs entre ces deux nouvelles : la pneumonie aigüe par exemple. L’autre « Voyage vers les étoiles » est une critique de la société japonaise, de l’isolement des jeunes, du manque d’intégration, d’amour, une vision d’un future morbide qui brillerait dans une constellation d’étoiles.

Un spécimen Transparent

Thèmes = mort, obsession, squelette, os

Synoptique :

  1. Kenshuro, a 60 ans. Il travaille dans un laboratoire de recherche. Un apprenti du nom de Kamo lui est confié comme assistant. Il veut tout d’abord le tester et il éviscère devant lui un cadavre. Kenshiro est gêné car il aime travailler en solitaire et Kamo supporte le travail. Il craint également pour son poste. Son travail : Retirer les chairs des cadavres pour les réduire à l’état de squelette. Puis les os sont conservés dans des jarres pendant une dizaine de mois afin de nettoyer les os. Son travail finit il se rend aux bains publics pour éliminer l’odeur persistante des cadavres.
  2. Il se souvient, jeune il vivait solitaire. Son beau père et lui sont arrêtés. Il vole les fémurs des cadavres pour les sculpter et les vendre (Période du tremblement de terre du kantô). Un poste se libère dans un hôpital universitaire et l’accepte. Il passe du couteau du ciseleur au scalpel. Son métier l’empêche de trouver une femme, le remugle des corps les fait fuir. Une entremetteuse lui présente une femme d’une quarantaine d’année qui accepte ( elle n’a pas de ressources). L’accord comprend un mariage avec Tokiko et une aide financière à Yukiko sa fille. Il accepte mais se sent duper car Tokiko possède une maladie de coeur qui l’empêche d’avoir des rapports et l’oblige à resté aliter. Kenshuro fait des recherches à son domicile afin d’obtenir des spécimens osseux transparents.
  3. Il est reconnu pour son travail sur les os. Il aspire à faire des os transparents comme du cristal. Il souhaite connaître les aspirations de Kamo : La beauté des os, ou la recherche des côtes qu’il perdu ? Kenshuro demande à son directeur un cadavre frais pour ses expériences, et lui propose son corps en échange à sa mort. Le directeur est gêné et feint d’accepter.
  4. Kenshuro veut ‘profiter’ de sa femme mais celle-ci a une crise. Il montre un des prototype d’os qu’il a réalisé dans son laboratoire à son directeur et redemande un corps. Le directeur semble exaspérer par ses demandes. Un corps arrive à la morgue il veut le récupérer mais on lui refuse. Il sent sa condition et son travail inférieur à celui des chercheurs de l’hôpital. Yuriko et Kamo se rapprochent. Kamo cache son métier ainsi que celui de Kenshuro. Une amitié se créé avec Kamo.
  5. Yuriko est malade, mais ne veut pas l’aide de son  beau père. Kamo passe la voir, s’affole de son état et va chercher un médecin. Yuriko à une pneumonie aiguë et meurt. Une idée et un espoir vient à l’esprit, il donne le corps à l’hôpital afin de pouvoir utiliser les os de sa fille ?

Personnages :

  • Kenshiro Mitsuoka :
  • Mitsuoka : Le beau père de Kenshiro, a pour métier ciseleur (pipe en os et scènes érotiques)
  • Tokiko : Sa femme, 47 ans pauvre, mais possède une beauté Yuriko
  • Yuriko : La fille de Tokiko
  • Kamo : Apprenti de Kenshiro à l’hôpital

 

Netsuke érotique
Netsuke érotique

Citations

  • Et cependant, l’os devenu transparent était aussi beau qu’il l’avait imaginé. Les endroits minces étaient devenus transparents au point qu’ils permettaient de distinguer vaguement les choses au travers, et là où il était épais l’os luisait avec de jolis reflets jaunes comme le ventre d’un poisson d’eau douce regorgeant d’œufs.
  • Demandant à Kamo de se tenir près de lui, il avait brandi son scalpel pour ouvrir en grand le ventre d’un cadavre bien avancé. Puis il avait empoigné les viscères pourrissants pour les sortir et les lâcher dans une odeur infecte au-dessus d’un baquet posé à ses pieds.
  • Mais la couleur des os sous les chairs horribles avait été à la hauteur de ses espérances. Cela lui permit même de comprendre d’où venait l’enthousiasme de son beau-père à les sculpter.
  • Il aimait se retrouver seul pour cette tâche ignoble, et il éprouvait même une certaine assurance à se vautrer dans le mépris des autres qu’il ressentait.
  • Sur son profil qui recevait à travers la vitre le soleil hivernal flottait l’expression du pêcheur qui regarde le poisson dans son panier.
  • La lame, tournoyant à une vitesse étonnante autour du corps libéra en un clin d’œil le crâne, les membres, les côtes et les os du bassin. Tous ces os furent fixés à l’extrémité de près d’une dizaine de gros fils de fer qui pendaient du plafond. On se serait cru à l’intérieur d’un magasin de pièces détachées pour bicyclettes. Le collier d’os de l’épine dorsale enfilés sur l’un des fils ressemblait à une chaîne de vélo.
  • Il avait déjà fabriqué plus de quatre cents squelettes d’étude. De plus, il avait pratiquement tout fait tout seul, de la désarticulation jusqu’aux finitions, et près de la moitié avait été prêtée à d’autres universités. Lorsque les os désarticulés étaient sortis des jarres après leur séjour d’un an dans l’eau, il fallait enlever à la brosse ou à la pince les chairs décomposées qui y adhéraient encore. Puis les plonger dans de la soude caustique, et après les y avoir fait mijoter de longues heures à feu doux, les rincer soigneusement plusieurs fois à l’eau claire. Ensuite on les blanchissait en les trempant dans de l’eau oxygénée, et après un long polissage à la brosse, on les reliait entre eux avec un fil de cuivre pour reconstituer le squelette. C’était un travail long et minutieux, qui usait les nerfs.
  • Dans la salle d’anatomie en béton, six cuves à cadavres s’alignaient comme des bassins d’élevage de poissons, tandis que les inégalités du ciment ressortaient sur le sol lavé à grande eau. Il traversa la salle, entra dans la petite pièce attenante.

Voyage vers les étoiles

Thèmes : jeunesse abandonnée, solitude, suicide, adolescence

  1. Un homme dans un camion fait signe au chauffeur de s’arrêter, il fait nuit, descend et se dirige vers la voie ferrée. On suppose qu’il s’allonge et se suicide sous le train. Le camion les avaient pris à Tokyo
  2. Trois mois plus tôt Keichi avait fait la connaissance de Miyake. Il fait connaissance du groupe, qui ne fait rien, contemple les heures passer.Keichi se sent seul dans sa famille, il se passionne pour les insectes lui pour les maquettes. Il abandonne pour les études qui lui génèrent un certain stress. La rencontre avec le groupe le rassure dans sa solitude, aspiration de nihilisme, Makiko ne pense qu’a se refaire le visage pour devenir une autre. Mochizuki voit l’avenir dans l’opium et briser les coffres forts. Miyake lui pense devenir leader d’un groupe d’instigation religieux par exemple. Puis Mochizuki propose de partir en voyage : de mourir. L’idée se transforme du tragique en passion. Ils prennent un camion et partent
  3. Ils arrivent à un village en bord de mer. Se baignent, hésitent sur leur détermination. Ils voient alors des stèles et des stupas dressés près du village.
  4. Ils dinent et prévoient de se jeter d’une falaise dans la mer encordé et lesté de pierres. Keichi est indécis. Il hésite mais les suit, peur de paraître lâche ?

Citations

  • Il se rappela que dans son enfance sa grand-mère lui racontait que les morts montaient au ciel et se transformaient en constellations. Elle disait que les étoiles dispersées sur la voûte céleste étaient toutes des incarnations de personnes disparues et que leur lumière s’amplifiait à l’infini en suivant l’augmentation du nombre de morts.
  • La guerre était certainement une destruction grandiose, mais si l’on pensait que cette destruction était justement la force motrice qui permettait le progrès des groupes humains, il se sentait digne de prendre l’initiative de participer à cet acte de destruction…
  • Dans cette vie atone, la rencontre avec Miyake et son groupe avait constitué pour lui une planche de salut. Tout d’abord, il fut rassuré de savoir qu’il n’était pas le seul à ne pas supporter tout ce temps devant lui. Et puis, ne pas être complice de l’ennui de Miyake et des autres lui apportait une légère lueur d’espoir. Surtout lorsqu’il apprit que dans le passé ils avaient tenté d’une manière assez radicale de chasser leur sentiment d’impuissance qui avait fait son nid dans leur corps. Ils avaient essayé toutes sortes de choses, organisant des soirées pyjama, allant même jusqu’à louer une maison pour essayer de vivre en communauté, cherchant à leur manière de l’excitation.

Personnages :

  • Miyake : étudiant dans un atelier de dessin.
  • Keichi : étudiant à l’école  préparatoire.
  • Mochizuki  : étudiant dans des cours du soir.
  • Makiko : étudiante dans un institut d’esthéticiennes (trois tentatives de suicide)
  • Arikawa : étudiant à l’école  préparatoire.
  • Deux jeunes femmes en robe blanche, une de 16, 17 ans et l’autre la vingtaine.

Divers :

Ebook, 
Voyage vers les étoiles (星への旅?), Actes Sud, 2006,
Livre lu la dernière fois: 2014-04-28 02:39:27
3 heures de lecture, 29 minutes par session, 231 pages tournées , 1.3 page par minute

 

 

La jeune fille suppliciée sur une étagère de Akira YOSHIMURA

 

la jeune fille suppliciée sur une étagère de Akira Yoshimura
la jeune fille suppliciée sur une étagère de Akira Yoshimura

Akira Yoshimura (吉村 昭Yoshimura Akira) est un auteur japonais, né en 1927 à Tokyo. Ses romans s’inspirent de légendes japonaises (Naufrages) ou bien encore de faits divers souvent liés à la seconde guerre mondiale  (La guerre des jours lointains). Son style d’écriture souvent assez sombre est d’une remarquable précision, presque chirurgicale. Il est décédé le 31 juillet 2006. A reçu de très nombreux prix littéraires. Le roman Liberté conditionnelle a servi de base au film L’anguille de Imamura.

Avis :

Premier livre de Akira Yoshimura que je lit et là … une grande découverte. Deux nouvelles, la première est la plus troublante, fascinante. J’ai eu du mal à lâcher le premier des ces deux récits, je me suis senti comme en apnée, ne prenant ma respiration qu’aux derniers mouvements de Mieko.    L’histoire de Mieko Mizuse d’une jeune fille de 16 ans qui vient de rendre son dernier souffle. Ses sens sont accrus « Son ouïe est pure et pénétrante ». Le ton est léger au dessus des actes de dissections, tel l’âme de Mieko, mais la plume est aussi acéré que les scalpels utilisés.

La mère de Mieko a vendu le corps de la jeune fille à un hôpital universitaire. La vie est rythmée des dissections, éviscérations, entourés d’un professeur en admiration devant un squelette. des employés qui ne peuvent se défaire de l’odeur des cadavres et que leur femme quittent. Le manque d’humanité de la mère est étonnant : n’appellera le médecin qu’à la dernière extrémité,  fait travailler sa fille comme strip-teaseuse (Un métier qui rapporte plus)…

On se prend au jeu, et une dose d’empathie envahit, la douleur qui devrait s’en suivre n’existe pas, elle est non ressentie, sauf par le lecteur. Sa plus grande douleur : le rejet et le déni de ses proches.

Quels qualificatifs : Remarquable, Addictif , Envoutant,  pour cette nouvelle. Je ressors troublé de ce premier roman de Yoshimura, Cette lecture m’a donné envie de découvrir d’autres romans de cet auteur. J’attaque le prochain que l’on m’a recommandé : « Le convoi de l’eau », afin d’approfondir cette première rencontre avec Yoshimura.

Thème : Mort, âme, Stérilité, Suicide

Synoptique:

  • Les infirmiers se dépêchent de livrer le corps avant la rigidité cadavérique. Le corps sera incinéré puis rendu dans deux mois.
  • Le jour suivant, le corps abandonné des viscères poursuit sa « vie », on lui retire le cerveau pour le transvaser dans un récipient cylindrique rempli de formol. Puis son corps est plongé dans un grande cuve avec d’autres corps. Son corps commence à prendre une couleur marron. Il est extirpé et mis sur une table en béton. Le médecin avait voulu son corps est présent entouré d’étudiant. une étudiante également ce qui lui provoque un sentiment de honte : »vanité féminine ».
  • On amène une petite boîte, mais son corps tient dedans, on va l’incinérer puis rendre les cendres aux parents. Elle regarde fascinée la couleur des flammes, « L’intérieur du vase était tiède et confortable. Certains os émettaient encore un bruit léger semblable au cri du ver de terre ». l’urne est mise dans une voiture, passe près de chez Tomio. Sa mère ne veut pas l’urne, se plaint de ne pas avoir reçu assez d’argent de l’hôpital, que déposer l’urne dans un temple lui couterait trop cher. Son urne est déposé dans une petite chapelle ou se trouvent les corps non réclamés. Un calme profond règne : Etait ce la tranquillité de la mort ? Soudain un bruit, un insecte ? les vieux os se décomposaient, une succession ininterrompue, « Mes cendres se blottirent au sein de ces résonances effrayantes ».

Citation:

  • A partir du moment où ma respiration s’est arrêtée, j’ai soudain été enveloppée d’air pur, comme si la brume épaisse qui flottait alentour venait de se dissiper pour un temps. Je me sentais aussi fraîche que si l’on m’avait baigné le corps tout entier dans une eau limpide et pure.

Le sourire des pierres:

  1. Eichi étudiant retrouve Sone, ils se souvient de leur enfance. Ils habitent entre le cimetière et la voie ferrée. Il jouent habituellement dans le cimetière. Des rapports à la mort , une femme pendue dans le cimetière, (Le père de Sone et la jeune domestique entretenaient une liaison se sont jetés sous un train en contrebas du cimetière) . Il raconte à sa soeur sa rencontre.
  2. Sone se rend chez Eichi, celui-ci est absent il laisse un mot lui proposant un travail. Mais sans possibilité de refuser, leur voyage a pour but de voler des pierres tombales: « pierres bouddhiques » , Jizos. Ils se font arrêté par la police, Sone avait fait une tentative de suicide avec une femme mais s’en était sortit. Au retour Sone demande à Eichi si il lui louerait une chambre.
  3.  Sone emménage, il vend les Jizos à des antiquaires. Une fille vient le voir Mineko, puis sa mère qui craint un suicide. La soeur de Eichi est stérile et a été renvoyée par sa belle famille.Obsédée elle fabrique des vêtements pour les donner à un orphelinat.

 

Personnages :

  • Eichi Kitaoka: Etudiant, narrateur
  • Sone Kusuo: Effacé

Divers:

  • La jeune fille suppliciée sur une étagère (少女架刑?), 1959. Actes Sud, 2002, ISBN 978-2-7427-3955-4
  • Babel 773
  • Bibliothèque du KB, 29/03/2014
  • Note : ***** (5/5)