Archives du mot-clé nature

La péninsule aux 24 saisons de INABA Mayumi

 

La péninsule aux 24 saisons de Mayumi Inaba

La narratrice quitte Tokyo pour vivre un an sur la presqu’île de Shima, près de Nagoya.  Elle va vivre dans une sorte de sphère symbiotique avec la nature environnante et son chat. Elle apprend la nature, la découvre avec les voisins qui l’entourent , elle tentera même de dompter la nature pendant cette année de vingt-quatre mois. La narratrice parait s’échapper de quelqu’un de quelque chose ….

Je voulais fuir, n’importe où, mais fuir. C’est à ce moment-là que j’ai fait la rencontre des falaises, ces blocs de matière indéfinissable, qui ne portent pas la moindre odeur humaine.
Je regarde autour de moi, tout n’est que falaises. En plus, à force d’être exposées au vent de la mer, elles sont pour la plupart déchiquetées, comme en lambeaux. Comme elles sont vides de désirs, comme elles sont sans aménité ! C’est cela qui m’a fascinée. Ces falaises que personne ne regardait m’ont apporté le calme.

Lire la suite La péninsule aux 24 saisons de INABA Mayumi

Publicités

La femme ailée de Izumi Kyôka

La femme ailée de Izumi Kyôka
La femme ailée de Izumi Kyôka

Cet ouvrage regroupe deux nouvelles : « La femme ailée » et « le camphrier » d’un auteur pour moi peu connu. 

Dans « La femme ailée », le narrateur : Ren est un enfant qui vit dans une guérite  près d’un pont avec sa mère. Sa mère gagne sa vie en faisant payer les gens qui traversent le pont. Elle lui apprend la valeur des choses et du monde qui les entoure, des passants et des animaux. Ren est ouvert au monde, à son écoute. Il est troublé par les leçons de morale de sa maîtresse qui ne correspondent pas à celle de sa mère.

On rencontre beaucoup de compassions dans la nouvelle de « la femme ailée », mais aussi une approche de la nature qui porte à la rêverie. Une part de moraliste également dans cette nouvelle ou le jeune garçon argumente contre sa maîtresse qui leur parle de morale : « l’homme , de tout l’univers, était l’être le plus respectable ».

Il y a de nombreuses descriptions qui agrémentent la nouvelle « Le camphrier » :  « Le crissement des insectes et le va-et-vient grouillant des vers à bois sur le pont ». Yokichi le fils apprenti bucheron et son père mourant, il est inquiet pour sa santé. La vendeuse de Tôfu de la boutique lui dit que les plantes peuvent souffrir tout comme les humains « Les feuilles de saule aussi souffrent, quand on les arrache avec les dents….« 

Une appréhension du future transparait aussi délicatement sur la nature sans que cela soit catastrophique « Que cet univers-là puisse être détruit ne signifie pas pour autant que le village lui-même soit en train de disparaître. Ni même de s’affaiblir »

Une lecture agréable et très poétique, un récit sur des gens simples, j’attendais malgré tout un peu plus de fantastique comme indiqué dans la quatrième de couverture. Mais l’édition Picquier nous offre dans ce volume de nombreux documents permettant de cerner l’oeuvre de Izumi Kyôka : préface, chronologie, et de nombreuses notes.

Citations :

  • « Tu sais, Maman ?… J’ai dit à la maîtresse : ‘Mais, maîtresse, les fleurs sont plus jolies que vous !‘ Je venais juste de voir que les chrysanthèmes étaient en fleurs dans le jardin, et c’est ce que je pensais sincèrement…’A ces mots, la maîtresse qui, avec son chignon vite fait et son teint sombre, est en plus de ça une femme de petite taille, trapue et boulotte, était devenue tout rouge. Et vu le ton sec et saccadé sur lequel, tout à coup, elle s’était mise à bredouiller… on peut bien penser, oui, que c’était là la raison de sa fureur… » p44
  • « Ah, madame! Comme j’aimerais devenir un animal ! Il faut croire qu’ils son tous des bêtes et que ce singe est l’un des leurs! Ils lui ont donné à manger, tandis qu’à moi, humain, ils n’ont pas prêté la moindre attention ! » avait-il dit en jetant un ragrd courroucé autour de lui. Nul doute que ce vieil homme, lui, comprenait… Non ! Il ne s’agissait pas pour lui de comprendre, il savait, sans avoir à le dire, que les hommes sont des animaux, m’expliquait ma mère. p58
  • Le paysage alentour est si mélancolique, si maussade, que ceux qui l’habitent n’osent pas élever la voix ; ils marchent les pieds rentrés, la tête baissée le plus souvent, tandis que le marchand de tôfu comme l’épicier parcourent les rues en silence. Aucune fantaisie dans les mœurs, aucun éclat dans la mise des femmes, peu d’ornements de couleur rouge dans leurs coiffures : chacun, sans y prêter attention, porte le deuil, d’un commun accord avec l’univers qui l’entoure. p94
  • Yokichi regarde ici et là. Soudain, à la vue de la sciure qui, répandue sur ses épaules, sa poitrine, au-dessus de ses genoux et entre ses jambes repliés à même le sol, s’est accumulée et amoncelée, un doute s’empare de lui : cette sciure ne serait-elle pas le sang de l’arbre ? Un frisson parcourt son corps… p117

A  propos de l’auteur :

Kyōka Izumi (dans l’ordre japonais Izumi Kyōka 泉 鏡花, né le 4 novembre 1873, mort le 7 septembre 1939) est un romancier, dramaturge et poète japonais. Il est l’un des principaux écrivains japonais du début du vingtième siècle.

Divers:

  • titre : Kechô ; Sanjakkaku
  • Titre : La femme ailée
  • Traduction Dominique Danesin-Komiyama
  • Edition Picquier poche, 2003.
  • Acheté sur betterWorlBooks 07/2014