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Le grand chambard de Mo Yan

Mo Yan le grand chambard
Mo Yan le grand chambard

L’incipit de ce court roman démarre étrangement « Logiquement, je devrais commencer par écrire sur ce qui s’est passé après 1979, mais voilà, mes pensées toujours remontent bien au-delà de cette date, à cet après-midi d’un jour radieux de l’automne 1969, alors que les chrysanthèmes avaient pris leur teinte dorée et que les oies sauvages s’envolaient vers le sud. »  Mo, fils de paysan moyen pauvre. Un enfant solitaire renvoyé de l’école, malchanceux. Mais il persévère et entouré de droitier « professeurs remisés à la campagne » pour travailler des les écoles et les champs .

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La joie de Mo Yan

 

la joie de Mo Yan
la joie de Mo Yan

Quatrième de couverture  :

Yongle, « Joie éternelle », fils de paysan du nord-est de la Chine, rêve d’intégrer l’université pour fuir la misère et cette campagne qu’il exècre. Malgré son flirt avec la jolie Dounia, ses échecs répétés à l’examen le poussent peu à peu au désespoir. Dans ce récit bruissant d’éclats d’eau, de lumière et de nuit, la poésie jaillit des odeurs chaudes, de la terre sans renier la trivialité la plus crue ».

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Le chantier de Mo Yan

Le chantier de Mo Yan
Le chantier de Mo Yan

 

Un livre qui se lit très rapidement. Les petites histoires de tous les jours qui nous sont narrés par Mo Yan prennent toujours la forme d’une grande aventure épique. Certains s’offusqueront peut-être de la cruauté envers les animaux, mais rien de bien spécial dans l’empire céleste, pas de sadisme uniquement du savoir vivre et de la survie. Nous avons d’ailleurs une part de magie poétique lorsque  nous avons la transcription du dialogue entre un chien et son bourreau, mais tout en utilisant un langage de tous les jours des plus imagés :

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Le veau suivi de Le coureur de fond de Mo Yan

le veau le coureur de fond de Mo Yan

Un recueil de deux nouvelles de Mo Yan, et ce sont deux récits truculents. J’avais découvert Mo Yan à travers Le maître a de plus en plus d’humour, critique du capitalisme à la chinoise dans les villes. Ici, nous nous retrouvons dans des zones rurales, qui semble bien éloigné des cités (certains n’ont jamais vu de camions), on retrouve la rusticité des personnages mélangés aux droitiers en rééducation.

La castration des trois veaux du village est le point de départ de la première nouvelle, le narrateur de cette nouvelle est un jeune turbulent en pleine croissance. Un des veaux desquels les paysans doivent prendre soin, et l’un tombe malade. Cela va provoquer des catastrophes en cascade…. Il leur faudra suivre les ordres des cadres, essayer de biaiser, de les contourner avec habilités : Comment survivre dans un village d’une province rurale en Chine.  Une véritable fable des temps modernes, nous aurons même le veau « Double échine » qui viendra chuchoter à l’oreille de l’adolescent pour lui commenter ses souffrances. Lire la suite Le veau suivi de Le coureur de fond de Mo Yan

Le maître a de plus en plus d’humour de Mo Yan

 

Le maître a de plus en plus d'humour de Mo Yan
Le maître a de plus en plus d’humour de Mo Yan

Mo yan nous livre une histoire très courte, qui tient de la nouvelle, ou même d’un conte de la modernité. Lao Ding, 60 ans se retrouve licencié quelques  jours avant d’être à la retraite et après 29 ans de dur labeur. Il a pourtant passé toute sa vie dans cette usine, lui dévouant corps et âmes : jusqu’à arriver ouvrier du septième échelon. Mais l’usine ferme, maintenant  « L’usine était morte, une usine sans ouvriers, c’est purement et simplement un tombeau ». Cette situation douloureuse auquel Lao Ding va être confronté va l’entraîner malgré quelques remords à se lancer dans le petit commerce.Son apprenti bien plus débrouillard et pratique que son maître va le tirer d’affaire, et lui faire taire toutes ses craintes « Vous ne souffrez pas encore de la faim, mais le jour où vous serez affamé, vous saurez que si l’on met dans la balance sa face et son ventre, c’est toujours le ventre qui l’emporte »

Mo Yan exploite cette situation cocasse pour critiquer une société cynique, un capitalisme naissant et une société libérale. Mais il a une vison des fonctionnaires (mairie, police). Mo Yan nous dépeint une civilisation qui change tant au niveau du libéralisme économique et que des mœurs de la société chinoise contemporaine.  Cette nouvelle est parue en 2006, auteur de nombreux ouvrages récompensés, c’est en 2012 Mo Yan obtiendra le prix nobel de littérature.

Un petit roman à découvrir, car ce livre nous offre un condensé des qualités de Mo Yan. On y retrouve des personnages attachants. une écriture fluide qui nous entraîne rapidement dans les aventures de maître Lao Ding.

 Citations :

  • Maître, je vais vous dire quelque chose de moche : vous ne souffrez pas encore de la faim, mais le jour où vous serez affamé, vous saurez que si l’on met dans la balance sa face et son ventre, c’est toujours le ventre qui l’emporte !
  • Un homme qui ne peut pas gagner d’argent pour sa famille, c’est comme une femme qui ne peut pas avoir d’enfants, impossible de garder la tête haute devant les autres !
    – Vous avez bien raison, maître.
    – Donc je vais entreprendre quelque chose.
  • Il soupira en pensant à ces amoureux, c’était fatal qu’il en soit ainsi pour ce genre de couple; c’était un amour classique, très triste, comme les concombres plongés dans le pot de saumure : pas de trace de sucre, ils n’ont que le goût du sel.
  • L’usine était morte, une usine sans ouvriers, c’est purement et simplement un tombeau.
  • Le maître et l’apprenti se placèrent côte à côte devant les urinoirs, sans se regarder, les yeux fixés sur les boulettes désodorisantes qui roulaient sans fin. Dans le fracas de l’eau, il demanda doucement : « Pourquoi faut-il payer pour aller aux toilettes ?
    – Maître, on dirait que vous débarquez de la planète Mars, vous croyez que de nos jours il y a encore des choses gratuites ? dit l’apprenti en haussant les épaules. Mais payer a aussi son avantage. Si c’était gratuit, même en rêve, des petites gens comme nous n’iraient pas dans des W.C. luxueux comme ceux-ci ! ».
    L’apprenti le guida pour se laver les mains et les passer sous le sèche-mains, puis ils sortirent des toilettes. Assis dans le triporteur, frottant ses mains rugueuses adoucies par le séchage, il dit en soupirant : « Xiaohu, on s’est fait une pisse de luxe tous les deux.
    – Vous ne manquez pas d’humour, maître !
    – Je te dois un yuan, je te le rendrai demain !
    – Vous avez de plus en plus d’humour, maître ! »

Personnages

  • Lao Ding : Le maître
  • Lu Xiaohu : apprenti de Lao Ding
  • Wang Dalan : Ancienne magasinière de l’usine. A perdu un bras
  • Ding Shikou
  • Ma : Maire adjoint
  • Wu : Directeur adjoint du bureau de la mairie
  • Lao Qin : Gardien de l’usine

Divers:

Edition : Points N° 1455
Parution : 2006
Collection : Points
Note : ***** (4.3/5)