Archives du mot-clé meurtre

Les assassins de la 5eB de Kanae Minato

Les assassins de la 5eB de Kanae Minato

Ce roman démarre avec le discours de Mme Moriguchi professeur principal de la classe 5B à ses élèves. Discours un peu amère, sur son parcours, sur la profession, sur ceux qui en font un sacerdoce. En effet, c’est le dernier jour de classes, mais cela sera aussi son dernier jour dans l’enseignement. Et, dans son long discours à ses élèves, elle est amère mixant sa vie et les difficultés rencontrées par le corps professoral.

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Out de Natsuo Kirino

Out de Natsuo Kirino

Une auteure majeure de la littérature policière japonaise dont je n’ai pas encore parlé sur mon blog : Natsuo Kirino.

Quatre femmes plutôt quelconques : ménagères travaillant dans une usine de préparation de bento (panier repas) la nuit, afin de pouvoir survivre, et de boucler les fins de mois. Elles sont toutes différentes, mais ont en commun une vie familiale ardue :  maris violents ou partis avec les économies du ménage, une belle-mère grabataire, des ados difficiles et leurs soucis d’argent.

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Une voix soudaine de Taeko Kôno

Une voix soudaine de Taeko Kôno
Une voix soudaine de Taeko Kôno

L’incipit du roman commence par « De temps en temps, Ukiko revoit son père mort. Il obéit toujours à ses appels et vient même parfois de son propre chef pour passer avec elle des moments intimes et mystérieux. » On semble plonger dans un récit fantastique, mais on revient bien vite à la réalité et à la vie d’Ukiko. Sa jeunesse auprès d’un père froid et colérique, puis sa vie de couple qui lui permet d’abandonner le domicile familial afin d’espérer vivre plus sereinement. Mais on découvre un mari alcoolique, Ukiko qui tient son rôle de femme au foyer seule avec l’image de son père qui l’accompagne et la hante.

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Tristes revanches de Yoko Ogawa

Tristes revanches de Yoko Ogawa
Tristes revanches de Yoko Ogawa

 

La spécificité de ce recueil de nouvelles, est qu’elles sont interconnectées, puzzle d’atmosphères, étranges et captivantes ; leur point commun : étrangeté et mystère, les femmes se vengent des maris ivrognes, des amants menteurs, de clientes réfractaires à leur art. Tous ces moments de vie sont racontés sont comme des lignes droites qui se coupent .Il y a toujours une présence morbide qui les entoure lors de leur intersection. Ces interconnections pourraient être un fraisier à la crème, une romancière, un train qui prend du retard, une carotte ou une photo, des tâches de sauce tomate   … Ces points communs sont propres à chacun, a sa sensibilité de lecteur.

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Rendez-vous dans le noir de Otsuichi

Rendez-vous dans le noir  de Otsuichi
Rendez-vous dans le noir de Otsuichi

Michiru, une jeune femme qui perd en quelques jours la vue suite à un accident. Elle vit enfermé dans une maison (proche de la gare). C’est une jeune fille effacée, qui a un caractère solitaire. Sa cécité la pousse à se refermer encore plus « comme dans un œuf de ténèbres ». Un jour, un policier vient la questionner afin de savoir si elle a « vu » quelque chose d’inhabituel car un meurtre vient d’être commis à la gare toute proche.

Peu de temps après, la jeune fille sent une présence dans la maison et comprend qu’un intrus s’est introduit chez elle. 

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Le Convoi de l’eau de Akira YOSHIMURA

Le Convoi de l'eau de Akira YOSHIMURA
Le Convoi de l’eau de Akira YOSHIMURA
Le convoi de l’eau est l’histoire de deux mondes parallèles séparés par une frontière abstraite, des villageois (une communauté du passé) qui semblent ignorer le travail de destruction de leur hameau, et de l’autre les ouvriers qui préparent le barrage.
Cette frontière est représentée comme le choc de deux civilisations, celle cachée depuis de nombreuses années (innombrables stèles) du hameau et en face celui de la technologie qui va les écraser sans remords telle une vague. Symboliquement, on fera disparaître le hameau sous un lac artificiel. On ne comprend guère le mode de fonctionnement des villageois, on les observe par les yeux des ouvriers en s’interrogeant et une angoisse indicible les entoure,
Le narrateur est le rouage entre ces deux mondes (meurtrier de sa femme qui l’avait trompé, il fait plusieurs années de prison.) il possède une cruauté intrinsèque étant enfant qu’il raconte. Cette sérénité qu’il va ressentir avoir après avoir tué se retrouvera symboliquement dans ce village. Il revivra ses actions dans ce hameau, tel un spectateur. Le village condamnera une femme qui se fera violer par un ouvrier. Elle expiera sa honte en se pendant. Le corps restera exhibé pendant plusieurs jours pourrissant. C’est le narrateur qui viendra enterrer le corps en décomposition, peut-être celui de la mémoire de se femme.
On retrouve des thèmes communs à d’autres oeuvres de Yoshimura, sur la sacralisation des morts, des stèles (« Le sourire des pierres ») et l’esprit des morts sur les vivants, l’intemporalité
J’avais été sous le charme de « La Jeune Fille suppliciée sur une étagère », et ici de nouveau la magie à opérée, cette écriture laisse des traces et me ravit
Thème : meurtre, adultère, mort, intemporalité, guerre, stèle, eau

Synoptique

  1. Après 5 jours de marche, le narrateur arrive dans une vallée avec un petit hameau et une grande étendue de pierres tombales. Ce hameau isolé est découvert à la fin de la guerre, une unité étant partie à la recherche d’un bombardier américain écrasé. La vallée est idéale pour faire une retenue d’eau pour un barrage. Une première équipe de treize ingénieurs et de 60 ouvriers s’y rend afin de faire des analyses de terrain. Les techniciens campent près du village, ils ressentent une angoisse indicible vis à vis des habitants.
  2. les équipes sont divisés en arpentage et sondage, le narrateur s’occupe du sondage avec Nogami. Ils doivent faire exploser de la dynamite, l’explosion est si forte que tous les habitants du hameau sortent. le souffle provoque des crevasses sur les toitures. Puis les jours suivants les habitants se résignent partent dans la forêt, fabriquent des échafaudages et réparent leurs toits. Le forage se poursuit jusqu’au fond de la vallée puis l’autre versant. L’explosion re détruit les toitures, ils se remettent au travail sans découragement ni révolte. Les ouvriers témoins s’agacent du labeur des villageois
  3. Après vérification des données, les travaux continuent. Des baraquements sont construits pour les prochaines équipes.Ils trouvent une source d’eau chaude et viennent alors tous s’y baigner au détriment des villageois. 200 ouvriers devraient arrivés en support. Des hommes sont présent pour l’indemnisation des 300 habitants, mais les stèles posent problèmes. Une délégation vient voir les ouvriers dont une femme honteuse qui désigne Tamura, 50 ans. Les autres jaloux éprouvent un sentiment de haine envers lui. Le lendemain une forme humaine vêtue de blanc pendait à une branche de paulownia. Suicide ou a t-elle été forcée à se tuer par les gens du hameau p91. Le lendemain le corps est toujours pendu mais Tamura a disparu. Il est retrouvé mort, On conclu une mort accidentelle afin d’éviter une enquête. La nouvelle équipe arrive et le corps reste pendu
  4. De nouvelles équipes arrivent encore plus nombreuses, Des villageois partent,   ne sait ou, équipés d’un ballot. Le narrateur se souvient de ses deux filles ( qui maintenant doivent avoir 10 et 15 ans). Ils pensent aux habitants qui vont recevoir des compensations mais ne sauront pas les utiliser, déracinés de leur terre, car ils n’ont pas de contact avec l’extérieur / la civilisation. Les habitants acceptent les propositions sans négociés. Le corps de la fille est toujours pendu il prend une couleur verte. Les villageois retirent les stèles puis creusent la terre. Le narrateur se souvient avoir ouvert la tombe de sa femme, les villageois se mettent à construire de petites boîtes en bois pour y mettre les ossements puis les déplacer vers un temple.  Il se promène vers le village et va voir le corps de la jeune fille pourrissant, un garçon est à côté son frère peut-être « La posture de la fille disait bien qu’elle expiait sa faute. Couverte de moisissures, elle l’avait gardée, continuant à implorer le pardon » 139. Il prend une pelle et va inhumer le corps, les villageois sont présents avec de la colère.Un jeune garçon lui offre un faisan. Les ouvriers pensent qu’il a fait cela pour racheter la faute de Tamura. Les villageois retournent déterrer le cadavre et le mettent dans un cercueil, une cérémonie bouddhique a lieu.
  5. Le jour du départ pour les habitants est arrivé, ils mettent le feu au hameau. Nogami s’affole et essaye d’éteindre l’incendie, des chauves-souris s’envolent les ailes en feu. Le hameau part en fumée.

Personnages

Tamura : Ouvrier qui viole une villageoise
Nogami : Chef d’équipe, surnommé Wagonnet à cause d’un accident au barrage K4.
Le Maire : Un gamin de 16/17 ans pâle à l’air maladif.
Chizuko : Femme du narrateur
Yodono : L’amant de sa femme, chef comptable de l’entreprise d’enseigne au néon.

Citations

  • Je me demande pourquoi, dans ce genre d’affaire, au lieu de tuer l’amant, le mari s’en prend à sa femme ? p88
  • J’avais repoussé violemment les pierres pour creuser, et en découvrant les os de ses jambes qui sortaient de terre, je n’avais pas pu contenir la colère qui montait en moi, je les avais frappés à grands coups de pioche. Les os s’étaient brisés. Mais en même temps, par contrecoup l’extrémité de ses pieds était sortie de terre. En apercevant ces choses qui ressemblaient à des champignons blancs pointant hors de la terre, j’y avais vu ma femme encore vivante.122
  • La montagne, enveloppée de feuillage rouge vif, présentait un contraste remarquable avec la blancheur des os 123
  • La posture de la fille disait bien qu’elle expiait sa faute. Couverte de moisissures, elle l’avait gardée, continuant à implorer le pardon » 139

Divers:

  • Le convoi de l’eau  (水の葬列Mizu no sōretsu?) – Actes Sud, 2009
  • Note : ***** (4,6/5)
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