Archives du mot-clé Junichiro Tanizaki

Junichiro Tanizaki

Eloge de l’ombre de Junichirô Tanizaki


eloge de l ombre cd audio

Eloge de l ombre

Je remercie vivement Babelio Masse critique et les éditions Naive, collection « L’oreille des mots » pour m’avoir permis de découvrir ce livre audio, son interprète et son auteur. 

Un amateur de littérature, qui de nos jours veut lire un essai sur l’esthétique Japonais  se prépare à plein de déboire avec le livre audio…. (Aurait surement dit un célèbre écrivain japonais). 

Lire la suite Eloge de l’ombre de Junichirô Tanizaki

Le goût des orties de Junichiro Tanizaki

Le goût des orties de Tanizaki
Le goût des orties de Tanizaki

Dès l’incipit du roman, le ton est donné, Misako demande à son mari « Quelles sont vos intentions ? Irez-vous quand même ? » sans en obtenir une réponse tant soit peu précise. Misako et Kaname ne s’aiment plus, ils souhaitent divorcer, mais le courage manque à Kaname, il a un caractère inerte et passif. Il ne veut faire de la peine ni à son fils (qui se doute de quelque chose) ni à son épouse. Cette situation lui convenant, il se laisse flotter au gré du courant acceptant la liaison de sa femme avec son amant Aso. L’arrivée de son cousin Takanatsu va peut-être l’aider à avancer dans cette séparation, car il a déjà l’expérience du divorce. Lire la suite Le goût des orties de Junichiro Tanizaki

Deux amours cruelles de Junichiro Tanizaki

Deux amours cruelles de Junichiro Tanizaki
Deux amours cruelles de Junichiro Tanizaki

Quatrième de couverture :

Ce recueil comprend deux nouvelles, deux histoires d’amour atteignant des profondeurs de tendresse et de cruauté rarement abordées par la littérature occidentale.
 » L’histoire de Shunkin  » relate la vie de Koto Mozuya, dite Shunkin, fille d’une riche famille d’apothicaires d’Osaka, et son histoire d’amour avec Sasuke, qui fut son serviteur, son élève et son amant durant toute sa vie.
« Ashikari  » est l’histoire de Oyu, jeune veuve ayant l’interdiction de se remarier afin d’élever son fils, et de Serizawa, épris l’un de l’autre mais contraints de ne partager qu’un amour platonique. Oyu persuade sa jeune sœur Oshizu d’épouser Serizawa, qu’elle aura au moins comme frère, et, devinant ses sentiments, celle-ci accepte volontiers pour rendre sa sœur heureuse.

Thème : amour, domination, infirmité, aveugle, jalousie

L’histoire nous est contée par une personne qui se rend dans un cimetière à la recherche de la tombe de Koto Mozuya, elle ne se trouve pas avec les autres stèles de la famille Mozuya. Et pour cause : ce narrateur va nous raconter l’histoire de Koto et de Sasuke: Une histoire d’amour cruelle.

A neuf ans, suite à une maladie Shunkin (Koto)  perd la vue. Elle abandonne la danse pour se consacrer aux instruments à corde. Fille préférée de ses parents, elle est particulièrement doué au Shamisen. Un jeune apprenti Sasuke devient son guide attitré. Il deviendra bien plus que son guide. Une relation multiple va s’initier entre ses deux personnes : Domestique/Maître, Elève/Professeur, Amants…. Sasuke supportera toutes les caprices de sa maîtresse par amour.

La seconde nouvelle est « Ashikari : une coupe dans les roseaux », qui se trouve également sous le nom « Le coupeur de roseaux, le traducteur est Daniel Struve, et dans la première édition Kikou Yamata. Ce qui nous donne deux traductions complètement différentes.

C’est en plus avec un grand plaisir que l’on peut lire une préface de Henry Miller qui a un faible pour la littérature japonaise. Je le cite : » Nous suivons ces récits tragiques avec notre coeur, plus qu’avec nos entrailles, car par la conduite des amants elles atteignent à des profondeurs de tendresse et de cruauté que la littérature occidentale n’a presque jamais atteintes ».

  • L’étrange spiritualité de Shunkin aveugle charme Sasuke, un apprenti. Il devient à 14 ans il devient son guide attitré. Plus que son guide : il se plie à une servitude amoureuse.
  • Sasuke est en apprentissage chez les Mozuya, à l’écoute des leçons de Koto ou de Shamisen il se prend à aimer la musique . Il apprend secrètement le shamisen dans un placard (dans l’obscurité pareil à Shunkin).
  • Shinge entend un soir d’hiver le bruit du shamisen, mais ne sait qu’y joue. Sasuke (15 ans)  est finalement découvert et doit jouer devant la famille Mozuya. Shunkin (11 ans) se propose de lui donner des cours contre l’avis de son père. L’apprentissage de Sasuke était sur le commerce et non sur le Shamisen. Des mois puis des années passent. Shunkin qui se montre d’une grande sévérité envers son élève y prend de la satisfaction (un plaisir inavoué).
  • Gratitude, dette de reconnaissance , il supporte la sévérité de Shunkin.
  • Les parents sont témoin de la méchanceté de Shunkin. Elle a maintenant 17 ans, et ils envisagent de la marier à Sasuke ( à cause de sa cécité). Elle refuse tout d’abord puis …. elle tombe enceinte mais ne dévoile pas le nom du père. On interroge Sasuke qui ne sait rien (mais les parents ont des doutes). Ils re questionnent de nouveau Shunkin : »Votre compassion me touche, je n’accepte pas l’humiliation de prendre pour mari un homme de basse condition ».  Shunkin accouche, l’enfant ressemble à Sasuke mais tout le monde nie. Les parents veulent faire adopter l’enfant .
  • Le bébé est adopté. La relation équivoque se poursuit serviteur/maîtresse, condisciple, amants.  Son professeur de musique meurt, elle ouvre alors son école accompagné par son serviteur Sasuke.
  • On insiste sur la propreté, le gout du luxe, de la beauté. Elle ne présente ni honte ni pudeur devant Sasuke qui pourvoit à ses soins.
  • Shinkun le traite comme un esclave , elle a une passion pour les oiseaux, un rossignol. Elle dépense sans compter pour ses plaisirs.
  • Shunkin pu vivre avec abondance grâce à l’affection et l’argent que lui donnait ses parents, mais ceux-ci viennent à mourir. On la trouve plutôt sadique, elle perd ses élèves. ceux qui restent sont surtout là pour sa beauté.
  • Elle se met alors un élève à dos, Ritaro. Etant de nature orgueilleuse et arrogante, elle finit par s’attirer des problèmes.
  • Elle se fait ébouillanter par un voleur, puis Sasuke devient aveugle suite à une cataracte. Maintenant défigurée, elle souhaite que plus personne ne puisse voir sa beauté disparut, même Sasuke.

Personnages :

  • Shunkin : Koto Mozuya, fille d’un apothicaire d’Osaka. Décédée le 14 Octobre 1887 à 58 ans, très belle, très doué dans les arts de la danse
  • Shinyo Kindai Shinshi, Nukui Sasuke dit Kindai décédé le 14 Octobre 1887 à 83 ans. Musicien aveugle
  • Vieille femme de Haginochaya : se rend sur la tombe de Shunkin 1 à 2 fois dans l’année
  • Yasuzaemon : chef de la famille Shunkin, père de Shunkin
  • Shigé sa mère eut 2 fils et 4 filles; Shunkin est la cadette
  • Shunsho : le professeur de musique, meurt l’orsque Shunkin à vingt ans
  • Ritaro : fils d’un marchand, libertin

Citations :

  • En plus de leurs rapports de maîtresse à serviteur, se nouèrent les liens qui unissent l’élève à son professeur.(42)
  • Autrefois, pour former les jeunes artistes, les professeurs se montraient d’une sévérité inimaginable, allant jusqu’au châtiments corporels.
  • « Notre maîtresse prétend que les alouettes et les rossignols lui sont plus dévoués que nous, disaient-ils. Ce n’est pas étonnant : ne les traite-t-elle pas mieux que nous ? « 
  • On assure même que sa méchanceté était intentionnelle et tendait à décourager ceux qui ne songeaient pas à travailler vraiment et que seul poussait chez elle le désir qu’elle leur inspirait… Les coups de la belle aveugle leur procuraient sans doute une étrange volupté ; il devait y avoir du Jean-Jacques Rousseau chez certains….

Divers :

Publié en 1933. Edition Stock, préface de Henry Miller

Mes livres sur Babelio.com

Le meurtre d’O-Tsuya de Junichorô Tanizaki

Le meurtre d'O-Tsuya de Junichorô Tanizaki
Le meurtre d’O-Tsuya de Junichorô Tanizaki

Thème : amour, manipulation, perfidie féminine

Résumé :

  1. L’histoire débute dans la maison d’un prêteur sur gage, Shinsuke tient la maison alors que les patrons sont absents. Il est amoureux de leur fille, mais  la différence de milieux rend la liaison ou un mariage impossible. O-Tsuya le charme, lui propose de fuir ensemble. Shinsuke tente de résister, sachant qu’il doit tout à la famille de O-Tsu. Seiji ami de la famille d’O-Tsuya, qui côtoie les quartiers des plaisirs connaît la très grande beauté O-Tsu, il découvre leur amour et leur propose de jouer l’entremetteur. Le couple se réfugie alors chez Senji  qui leur promet de veiller sur eux jusqu’à ce que leurs familles respectives acceptent de consentir à leur mariage.
  2. Hébergé chez Seiji, Les jours passent bientôt une année, rien ne se passe concernant les prémisses des négociations en vue d’un mariage. O-tsu change auprès des geishas qu’elle côtoie, elle se plait dans ce milieu. Seiji annonce un entretien entre Shin et son père, O-Tsu veut être présente, mais Santa refuse ne voulant pas désobéir aux ordres Seiji. Santa et Sshinsu arrivent en retard au rendez vous. Seiji le saoule puis s’en va prétextant un rendez vous. En rentrant Santa tente de le tuer sur ordre de Seiji, mais il se fait occire par Shinsuke.  Il part à la recherche de O-Tsu, mais il ne trouve que la maîtresse de Seiji, tente d’obtenir des informations, mais celle-ci se moque. Il l’étrangle.
  3. Kinzo héberge Shin celui-ci lui narre ses péripéties, il promet de se livrer aux autorités une fois qu’il aura retrouvé et sauvé O-Tsu.Kinzo fait recherché O-tsu, il la retrouve, elle se fait appeler  Somekichi et travaille comme geisha. Shin parvient à la rencontrer, ils se racontent leurs mésaventures : kidnappé par Seiji, qui la courtise sans succès, puis racheté par Tokubei elle devient Geisha. Shin lui explique qu’il a tué deux personnes. Il souhaite expier ses crimes et que O-Tsu rentre auprès de sa famille, voir son père souffrant. O-Tsu ne désire pas quitter sa vie actuelle, ils se donnent trois jours ensemble avant de se quitter, puis O-Tsu embrouille Shin avec un rendez vous qu’elle doit honorer.
  4. O-Tsu et Tobukei font prévoient d’extorquer une personnalité de haut rang, Shin doit les retrouver déguisé. Il a encore des remords. Le plan ne fonctionne pas, Shin arrive à les sauver. On s’aperçoit alors de la vraie nature de O-Tsu.
  5. Scène finale : Kinzo vient rappeler sa promesse à Shin, Seiji se rapproche de O-Tsu …

Critique

J’ai lu avec plaisir ce petit roman de Tanizaki, qui traîne du désir, de l’amour et de la perfidie féminine. Cet amour porté par le jeune  Shinsuke le mène à commettre les pire méfaits afin de se rapprocher de l’être aimé O-Tsu. Ici l’amour rend bien aveugle, et fait oublier à Shinsuke toutes ses promesses, ses principes, ses valeurs. Naïf et aveuglé par son amour pour celle-ci. Shinsuke multiplie les méfaits, le rythme s’accélère au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture : « Il ne pouvait plus regarder le visage de quelqu’un sans imaginer immédiatement une scène où ce corps ne serait plus qu’un atroce cadavre ».

je m’interrogeais pour savoir jusqu’à quelle ruse peut aller la nature de O-Tsu pour sauvegarder ses intérêts, et manipuler Shinsuke… Bref une histoire d’amour tragique, de trahison et de jalousie, la fin évidemment n’a pas énormément de suspens.

Personnages

  • Harugorô : poissonier
  • Suruga-ya : prêteur sur gage à Tachibana
    • O-Tsuya : (O-Tsu) fille de la maison, très jolie, capricieuse
    • Shinsuke : (Shin) Garçon en apprentissage,
    • O-tami : servante
    • Shôta : commis, s’occupe des clients du magasin

    Seiji : chef d’une entreprise de batellerie, adepte du quartier des plaisirs

    • Santa : homme de main de Seiji (second couteau)
    • O-Ichi : sa troisième femme
  • Tokubei : Tenancier d’un établissement de Geisha
  • Kinzô : Relation du père de Shin, joueur professionnel
  • Serizawa : Guerrier de haut-rang
  • Sunamura : Relation de Tokubei

Citation :

  • Le corps de Santa, qui, à peine quelques instants plus tôt, riait, se fâchait, se démenait, était bizarrement silencieux, échoué là comme un débris de bois, et quand il se mit à tâter le bout des orteils, ce fut à la fois effrayant et ridicule. Ainsi, se dit-il, ce qu’on appelle un être humain peut être aussi pensé comme une ingénieuse machine aux curieux ressorts.
  • Non, il n’y avait rien qui surpassât l’état de geisha! Quoi de plus rafraichissant que de mener en bateau quelque jobard qui se laissaient plumer ! (77)
  • Shinsuke ne pouvait plus regarder le visage de quelqu’un sans imaginer immédiatement une scène où ce corps ne serait plus qu’un atroce cadavre.(112)

Le pont flottant des songes de Junichirô Tanizaki

Tanizaki
Tanizaki

Résumé

Le Pont flottant des songes est le cinquante-quatrième et dernier livre du Genji Monogatari. Le début de ce court roman raconte avec de nombreuses xxx à la poésie la vie calme de la maison. Le narrateur raconte sa petite enfance qui se superpose entre sa première mère, sa nourrice et sa seconde mère ( vers l’âge de huit ans), et jusqu’à l’âge de 12 ou 13 ans dort avec sa femme.La bonne retourne chez elle, elle apprend à Tadasu l’histoire controversée de sa mère. A l’âge de vingt-ans il aura un petit frère. Tadasu l’accepte mais sa mère n’est pas ’emballé’ d’avoir un enfant. Les parents font adopter Takeshi par le Shizu.ichino . Il apprend que son père est gravement malade, (tuberculose des reins), ce qui ne lui laisse que peu de temps à vivre. Tadasu comprend alors pourquoi Takeshi a été placé à sa naissance. Son père souhaite que Tadasu prenne un soin particulier au bien être de sa mère et se marie avec O-Sawa  (Sawako) (fille de Kajikawa, jardinier de la famille). il reste une condition à ce mariage est la suivante : si un enfant nait il devra également être placé. Le jour de la cérémonie avant mariage les membres de la famille semblent étrangement distant, froids et partent presque immédiatement. L’ancienne nourrice de Tadasu vient lui raconter les rumeurs : une liaison probable  de Tadasu avec Tsuneko, la possibilité que Takeshi soit le fils de Tadasu et de Tsuneko ( sachant que le mari était malade), que le mariage avec était arrangé et rendait service à tous car Sawako était née sous un signe néfaste. Le mariage a néanmoins lieu, Tsuneko décède après la piqûre d’un scolopendre (…) quelques années plus tard Tadasu divorce, déménage. Il reprend avec lui Takeshi et sa vieille bonne.

Critique: 

Pour moi, un ouvrage magnifique. Tanizaki est un écrivain qui traite sans détours le problème du désir sexuel. Dans le « Pont flottant des songes » en particulier on retrouve  les relations mère/fils et marâtre/ »fils » décrites de façon ambiguës, et je pense notamment à la scène dans laquelle Tadasu, jeune homme, tête les seins de sa marâtre. Ainsi que le rôle du père peut-être énigmatique. Mais tout est décrit de façon poétique, ou n’apparaît aucun signe qui pourrait paraître malsain, on ressent l’innocence de ce jeune adolescent, de sa culpabilité à un moment mais bien faible par rapport aux rumeurs qui l’entoure. Il s’en défend mais gardera quand même quelques doutes sur des agissements possible de la marâtre.

Personnages

La Maisonnée est composée :

  • Des parents (la mère « Chinu » meurt à l’âge de 22 ans, deux ans plus tard son père se remarie à Tsuneko, mais son père souhaite qu’elle prenne le nom de  Chinu)
  • Takeshi : petit frère, fils de Tsuneko.
  • le narrateur Tadasu ( âgé environ de 4 ans au début de l’histoire)
  • De la Nourrice : O-Kane
  • Trois bonnes

Citations/Extraits

  • Le milan plane, le poisson plonge.
  • Le parfum de ses cheveux, qu’elle nouait en chignon, effleurait mes narines. Je cherchais de mes lèvres le bout de son sein le prenait dans la bouche, le roulait sous ma langue. Sans rien dire, maman me laissait téter aussi longtemps que je voulais. (…). Tout en jouant sur son mamelon de la pointe de la langue, je tétais de mon mieux, et alors, ô bonheur ! j’en tirais du lait. Des effluves où cette odeur lactée se mêlait au parfum de sa chevelure
  • Je prenais ses tétons dans ma bouche, passant de l’un à l’autre, et j’essayais de les téter d’une langue appliquée, mais malgré cela, le lait ne venait toujours pas (47)
  • Graduellement, l’image de « maman d’avant » se confondit avec celle de « maman de maintenant ».(49)
  • Est ce que tu sais encore téter ? si tu crois que oui, tu peux essayer (70)

Lexique

  • fusuma :Porte à glissière de la maison japonaise traditionnelle, en papier opaque tendu sur un châssis de bois
  • scolopendre : Animal arthropode (Myriapodes chilopodes), au corps formé de 21 anneaux portant chacun une paire de pattes, plus couramment appelé mille-pattes.
  • ingambe: Qui se meut avec agilité.
Mes livres sur Babelio.com