Archives du mot-clé Frontière

Sept histoires qui reviennent de loin de Jean-Christophe RUFIN

 

Sept histoires qui reviennent de loin de Jean-Christophe Rufin
Sept histoires qui reviennent de loin de Jean-Christophe Rufin

 

L’auteur :

Jean-Christophe Rufin, médecin, voyageur, écrivain, a publié aux Éditions Gallimard L’Abyssin, prix Goncourt du premier roman et prix Méditerranée , Sauver Ispahan, Asmara ou Les causes perdues, prix Interallié, Rouge Brésil, prix Goncourt 2001, Globalia, La salamandre, Un léopard sur le garrot, Le parfum d’Adam, Katiba, et Sept histoires qui reviennent de loin. Il est membre de l’Académie française depuis 2008.

 

Sentiment :

Pour un écrivain que je découvre, « Sept histoires qui reviennent de loin », n’est surement pas le premier roman pour faire connaissance avec cet auteur. Les sept petites histoires qui le composent sont assez inégales. Elle ne sont pas transcendantes pour la plupart, et la chute se devine pour certaines. L’écriture n’est pas désagréable, j’aurais souhaité que sa carrière dans l’humanitaire ressorte un peu plus au fil des lectures. Seul la nouvelle « Garde-Robe » effleure le sujet des ONG, racisme, antisémitisme. Le thème de l’identité est par contre plusieurs fois présents dans les autres nouvelles. Je suppose que la découverte des oeuvres de Jean-Christophe Rufin doit plutôt se faire par ses essais ou ses romans. Ce recueil de nouvelles semble secondaire dans sa carrière littéraire.

  • Passion francophone
  • Les naufragés
  • Le refuge Del Petrio
  • Les fiancés de Lourenço Marques
  • Garde-Robe : Colombo
  • Train de vie : TGV

Divers :

  • Ebook, 2.8 heures de lecture
  • Edition Gallimard, 2011
  • Note : ****** (3/5)
Publicités

Je suis un écrivain japonais de Danny Laferrière

Je suis un écrivain japonais de dany Laferière
Je suis un écrivain japonais de Danny Laferrière

La première question que je me suis posé en lisant le titre : Est ce un roman autobiographique ?  ou quelle est la part autobiographique de ce roman. En effet le narrateur n’écrit jamais sur autre chose que sur lui-même. Crise identitaire : « Dehors, il est québécois. Chez lui, il est japonais. On dit partout qu’il est Haïtien ».

Le narrateur (est ce autobiographique ?) vend à son éditeur un nouveau roman, en fait juste un titre « Je suis un écrivain japonais », car pas une seule ligne n’a été écrite. En effet il faut se fier à l’adage : « Si on a un bon titre le reste suit ».  Ainsi pour débuter l’écriture de ce roman, le narrateur lit les voyages de Basho et chercher à rencontrer des japonaises. Ce titre fait des remous au consulat du Japon à Montréal, il rencontre alors Mishima (mais ce n’est pas l’écrivain, juste le vice consul du Japon) et son assistant Tanizaki (mais ce n’est pas l’écrivain, juste l’assistant du vice consul du Japon)…

Une ode à la liberté, afin de sortir d’une crise identitaire : Haïtien émigré au Québec qui lit du Mishima et du Basho. Afin de se libérer des carcans réducteurs, des étiquettes, des nationalismes culturels,  le narrateur se déclare alors écrivain japonais. Japonais pour faire exploser les frontières des nationalités, les tabous, et les dogmes.

« Car, pour moi, Mishima était mon voisin. Je rapatriais, sans y prendre garde, tous les écrivains que je lisais à l’époque. Tous. Flaubert, Goethe, Whitman, Shakespeare, Lope de Vega, Cervantès, Kipling, Senghor, Césaire, Roumain, Amado, Diderot, tous vivaient dans le même village que moi. Sinon que faisaient-ils dans ma chambre ? Quand, des années plus tard, je suis devenu moi-même écrivain et qu’on me fit la question : « Etes-vous un écrivain haïtien, caribéen ou francophone ? » je répondis que je prenais la nationalité de mon lecteur. Ce qui veut dire que quand un Japonais me lit, je deviens immédiatement un écrivain japonais. »

Thème : Frontière, Liberté, Ecrivain,

Lexique :

La télé : petite boîte qui ne fait qu’absorber les énergies humaines pour recracher du vent.

Citation

  • On sait bien que les Nègres sont paresseux. Voilà un cliché. Et quand un Blanc travaille trop, il dit qu’il travaille comme un Nègre.
  • Je savais que la littérature comptait pour du beurre dans le nouvel ordre mondial. Il n’y a que les dictateurs du Tiers-Monde qui prennent les écrivains au sérieux en les faisant régulièrement emprisonner, ou fusiller même » (page 111).
  • Quel drôle de zigoto tout de même, ce Mishima ! Intéressant, mais un peu cinglé sur les bords. Hara-kiri, ça fait manga.
  • Du trottoir, un touriste japonais en train de mitrailler notre cuisinier grec. Toujours la même question : que voit-il ? Pour le savoir, il faut devenir japonais.
  • Un essaim de voyelles et de consonnes survoltées me sautent au visage. Cela faisait un moment qu’elles attendaient de la visite. (Le Marin rejeté par la mer)
  • La foule de Mishima n’était pas au rendez-vous ce jour-là. Lui qui espérait voir sa mort exalter la jeunesse. Cette jeunesse debout entonnant le chant pur du peuple. La foule de Mishima était assise devant la télé. Une foule assise. Les « assis » qui avaient tant dégoûté Rimbaud. Mishima n’admettait pas les nouvelles valeurs du Japon depuis l’affaire d’Hiroshima
  •  Je déteste les gens de peu de mots. Ils n’ont simplement rien dans la tête.
  • Né dans la Caraïbe, je deviens automatiquement un écrivain caribéen. La librairie, la bibliothèque et l’université se sont dépêchées de m’épingler ainsi. Etre un écrivain et un Caribéen ne fait pas de moi forcément un écrivain caribéen. Pourquoi veut-on toujours mélanger les choses ? En fait, je ne me sens pas plus caribéen qu’un Proust qui a passé sa vie couché.
  • Dans la vie on prend toujours le mauvais chemin au bon moment (154)

Divers:

Ebook, 4.7 heures de lecture, 17 minutes par session, 580 pages, 2 pages par minutes