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Ranpo EdoGawa :
Edogawa Ranpo, pseudonyme de Tarō Hirai, est un écrivain et critique japonais. Il a écrit de nombreux romans policiers dont le détective se nomme Kogoro Akechi.
Naissance : 21 octobre 1894, Nabari, Préfecture de Mie, Japon
Date de décès : 28 juillet 1965

Le lézard noir de Ranpo Edogawa

le lezard noir de Ranpo Edogawa
le lezard noir de Ranpo Edogawa

 

Le lézard noir et son gang commettent de nombreux méfaits dans le Japon des années 1920. Cette mystérieuse voleuse qui a de multiples identités et se fait appeler l’ange noir, entreprend d’enlever la fille d’un grand joaillier d’Osaka. Prix de la rançon: le plus gros diamant du Japon : l’étoile Egyptienne. Un inspecteur de police, le célèbre  Akechi kogoro, un fin limier fera tout son possible pour l’empêcher de commettre tous ces méfaits. 

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La chambre rouge de EDOGAWA Ranpo

La chambre rouge de Ranpo Edogawa
La chambre rouge de Ranpo Edogawa

Thème : infirmité, amour, sexe, homme tronc, sadisme, domination,laideur

La chenille : (1929)

Le lieutenant Sunaga, héroïque, bel officier revient de la guerre mutilé ( de ses 4 membres) et défiguré, on peut le considérer comme une victime d’une prouesse médicale unique au monde. Il ne peut communiquer avec sa femme que par écrit un crayon dans le bouche. Sa femme découvre un plaisir à sa souffrance. Plaisir et dégoûts, vulgarité se mêlent. Ses deux seuls plaisirs restant à Sunaga : un appétit et instinct sexuel démesuré .

  • Lieutenant Sunaga : héroïque, bel officier
  • Tokiko : Femme du général
  • Général Washio

La chaise humaine: (1925)

Thème: perversion, laideur

Deux vies cachées : (1924)

  • Saito : Soldat défigurés : « estropié à vie mais connaît le réconfort de la gloire « 
  • Ihara : Le somnambule.
  • Kimura : Ancien camarade de collège.

Deux hommes font connaissance dans uns station thermale. Ils viennent soulager leurs douleurs et se raconter les évènements qui ont bouleversés leur vie.Ihara raconte sa santé fragile, sa vie d’étudiant. Il s’aperçoit qu’il est atteint de somnambulisme. Des crises interviennent de temps en temps, il ramène des objets volés. Un crime est commis, Ihara se présume coupable et se livre à la police. Son état de santé le fait acquitter. Depuis le remord le poursuit.

note :2/5

La chambre rouge (1925)

Sept amis se rencontrent une passion pour les sensations fortes les animent. Un nouveau venu T. raconte les meurtres qui l’ont divertis pendant un temps. Le premier : un chauffard renverse un homme, affolé il demande à T. une aide. Celui-ci l’envoie vers une clinique éloigné dirigé par un médecin incompétent. L’homme décède il sent une responsabilité même éloigné à son décès. Il découvre un espace inviolé ou le crime peut s’épanouir. A partir de ce moment là on comptera pas moins d’une centaine de crimes impunis et gratuits.

Note :3/5

La pièce de deux sen (1923):

Takeshi Matsumura et le narrateur sans le sou sont en admiration devant un vol par un soi disant journaliste dans une entreprise. Le voleur est retrouvé, mais pas l’argent. Une récompense est annoncé pour qui donnerait des informations. Takeshi se met à la recherche du magot.

Avis  :

Petit recueil de nouvelles ayant deux thèmes :la laideur, la perversion que l’on retrouve dans « la chenille », « La chaise humaine », Les autres nouvelles sont des enquêtes policières. Elles sont imprégnés du style de Sherlock Holmes et de Poe, et font intervenir le lecteur, par sa sensibilité, son empathie ?

Pour la perversion : Il faut écouter l’histoire de ce héros de guerre :Le lieutenant Sunaga dans « La chenille » qui me fait penser au soldat blessé du film « Johnny Got His Gun ». Sa femme qui prend soin de son mari jusqu’à la folie, il ne reste à Sunaga que deux plaisirs en ce bas monde: la nourriture et le sexe.

« Deux vies cachés » reprend aussi le thème du soldat défiguré et marqué par la guerre. « Estropié à vie mais connaît le réconfort de la gloire » est ce de l’antimilitarisme ou une abnégation de l’individu ?

Ces petites nouvelles appartiennent aux premières oeuvres de Ranpo Edogawa, un ouvrage « agréable » pour démarrer dans le monde ténébreux de Ranpo Edogwa.

Citations

  • Les mots estropiés ou invalide n’exprimaient pas la réalité de l’état de son mari : on lui avait rendu une masse de chair difforme qui n’avait plus rien d’humain. Elle sentait également que les plaisirs honteux qu’elle irait du monstre étaient liés à une sensualité débordante qui travaillait son corps de femme de trente ans.(La chenille)
  • Elle avait l’impression que son embonpoint la trahissait et que le vieil homme n’était pas insensible à l’odeur de ses formes rebondies.(La chenille, 11)
  • La masse de chair sous elle se tordit de douleur; avec la  force d’un animal à l’agonie, il réussit à la faire basculer en arrière. Elle vit deux traînées de sang dégoulinant sur son visage tuméfié, boursouflé comme un poulpe bouilli (La chenille, 23)
  • A chacune de nos réunions dans cette pièce, j’avais l’impression que nous étions enfermés dans le coeur frémissant d’un animal monstrueux dont les lentes pulsations , à l’échelle de sa taille gigantesque, résonnaient au plus profond de moi-même (Chambre rouge)

Divers:

La chenille a été repris dans un manga par Suehiro Maruo (Goût pour l’érotisme morbide)

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La bête aveugle de Ranpo EdoGawa

Thème : polar, fantastique, amour, sensualité, humour macabre

Ranpo Edogawa
La bête aveugle  de Ranpo Edogawa

Le livre :

Tokyo, années 30. Ranko, célèbre artiste de music-hall pour ses numéros de danses suggestives, se rend à l’exposition de sculpture dont la pièce maîtresse est une statue la représentant nue. Mais voilà qu’elle aperçoit un homme, laid et aveugle, en train de caresser sa statue de façon obscène. Troublée, elle rentre chez elle, mais cet aveugle se met à la harceler afin de l’approcher : lui envoie des fleurs, se fait passer pour un masseur,  jusqu’à la kidnapper… Début d’une relation amoureuse, sensuelle et morbide, basée sur le sens du toucher (son étrange demeure), et qui mènera tout d’abord à une touche de perversité et de masochisme… »la souffrance lui était aussi source d’un profond plaisir », puis à sa perte.

En plein hiver l’aveugle fait un bonhomme de neige représentant une superbe femme, qui est remarqué par tous, Or en fondant un passant découvre une jambe de femme. Puis une autre jambe humaine accroché à vingt ou trente ballons lâché dans le ciel. Puis un ivrogne aide un aveugle ( le meurtrier) à retrouver son chemin. Il le tient par la main pour l’aider, l’aveugle s’éclipse lui laissant la main ‘dans la main’. Puis la tâte est retrouvé dans une fête foraine : la femme araignée. La police ne trouve pas l’assassin.

L’aveugle prend un emploi dans les bains. Il se lie à une cliente très belle : Mme Pearl, et lui communique un message via ses massages : « J » vous attends cette nuit, à une heure, derrière Mitsukoshi ». Finalement elle accepte finalement, elle finira comme Ranko.

Une audacieuse voleuse disparaît après s’être coupé un bras, puis le second, le reste est retrouvé sur une plage..

Critique

Le roman semble à première vue un polar, (kidnapping et meurtre) mais on n’y trouve ni enquête, ni policier. Tout le récit nous conte la vie de ce meurtrier aveugle. Le narrateur est soit une beauté éphémère soit un aveugle abjecte. Le récit se mélange entre des célébrations de la beauté puis des scènes dérangeante à la limite de l’écœurement.  Il me semble me trouver dans une sorte de récit d’un style surréaliste.

L’écrivain nous fournit une intrigue efficace, le lecteur en est déstabilisé, car il nous faut faire travailler notre imagination pour suivre ou se mettre à la place de cet aveugle psychopathe.  La plus grande partie nous conte l’histoire de Ranko, puis ensuite le rythme s’accélère avec Mme Pearl. On retrouve tout au long de ces pages un humour macabre mélangé à des plaisirs sensuels.  Le tout pour finalement aboutir à un chef d’œuvre tactile qui célèbre la beauté, mais dont cette esthétique ne peut-être perçue que par les aveugles.

La lecture m’a fait pensé à un autre roman qui met en avant un sens particulier  « Le Parfum«  de Patrick Süskin.

Personnages

    • Ranko Mizuki : jeune chanteuse 30 ans, maîtresse lesbienne
    • Kimiko Sawa : élève de Mizuki, âgée de 16 ans
    • Unzan Satomi : sculpteur
    • Shôichi Komura : Amant de Ranko (Shô-chan)
    • Mme Pearl : Seconde beauté
    • Mme Shimoda:
    • Les pêcheuses de perle

     

    Citations

     

    • Il y avait quelque chose de troublant à vous donner le frisson que de voir un homme ne disposant que du toucher admirer la statue nue de la femme qu’il aime. Ses cinq doigts, menaçants comme les pattes d’une araignée, rampaient à la surface du marbre poli. Les yeux… le nez… la bouche… L’homme s’attarda longtemps sur les lèvres semblables à des pétales de fleur. Puis les paumes caressèrent le reste du corps, la poitrine… Le ventre… les cuisses…(8)
    • Ranko fut prise d’une bien étrange hallucination. La statue de marbre et son propre corps s’étaient emmêlés de manière si inextricable qu’elle avait l’impression que l’horrible main de l’homme était en train de la toucher. C’était une sensation de démangeaison indescriptible, comme si un insecte lui rampait sur le corps. (8)
    • Les multiples seins qui boursouflaient les murs rougirent, se gonflèrent comme des ballons de baudruche, et firent jaillir sur les deux assaillants des cascades de lait tiède. Bientôt, Ranko finit par perdre connaissance, avant même d’avoir eu le temps de savoir si elle allait dériver sur cet océan de lait, ou si celui-ci allait l’engloutir. (40)
    • Pour elle qui avait oublié la vue pour ne vivre qu’avec le toucher, la laideur et l’infirmité de son mari ne revêtaient plus aucune signification. Elle se contentait de jouir de ses caresses (43)
    • La torture était telle qu’elle poussait des hurlements et se tordait de douleur. Mais cette souffrance lui était aussi source d’un profond plaisir. Elle désirait être blessée. Plus ces blessures étaient importantes, plus la douleur était violente, et plus elle était transportée de joie. (45)
    • En un instant, la tête, les bras et les jambes furent découpés. Chaque coupure laissait échapper du sang qui jaillissait avec force. Toute en malaxant ces extrémités avec les doigts, le monstre aveugle trépignait comme un enfant qui jouerait avec les couleurs de sa boîte de peinture (102)

La proie et l’ombre de Rampo Edogawa

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Quatrième de couverture

Dans ce roman, où il est le narrateur, il va « dénouer » les fils d’une intrigue bien complexe et bien pensée. Un auteur de thriller, comme lui, menace de mort son premier et seul amour, épouse d’un riche notable, qui, plusieurs années auparavant, se rendant compte qu’elle ne l’aimait pas, avait fui cet homme qui la harcelait. Edogawa Ranpo va donc accepter d’aider cette femme.

Critique :

Ce court roman est une petite merveille, Ranpo Edogawa nous berne subtilement avec sa narration fluide et détaillée via une enquête à rebondissements multiples, pour se permettre de remettre en cause les propres certitudes du lecteur. La fin du roman nous plonge dans une quête de la recherche de la vérité, d’une autre vérité, et dans la recherche de preuves tangibles qui nous libérerait d’un doute.

La mise en scène de fantasmes et d’obsessions : voyeurisme, sadisme, perversions sexuelles sado-masochiste font de ce petit roman un véritable bijou.  Retrouve-t-on une perversité typiquement japonaise, mais j’ai particulièrement apprécié comment la  belle et jeune veuve donne la cravache au narrateur pour alimenter leurs relations intimes …

Résumé :

1.Le narrateur rencontre au musée impériale de Ueno une magnifique jeune fille, la conversation s’engage maladroitement puis naturellement, elle est amatrice de roman policier. Une relation épistolaire suit alors, des courriers sont échangés ….

2. Le narrateur poursuit des relations pendant plusieurs mois secrètement, mais Shuzuko l’appelle une première fois, elle souhaiterait connaître l’adresse de l’écrivain Oe, puis une autre fois de façon plus pressante, elle court un danger et met dans le secret le narrateur, Ichiro Hirata un ancien ami / amant dont elle avait rompu est en fait Shudei Oe (nom de paille) et lui écrit une lettre de menaces lui parlant de la souffrance qu’il a subit d’être rejeté par Shuzuko et des vengeances qu’il prévoit.

3.Le narrateur se trouve en compétition avec Oe concernant les romans. Oé est marié, il déménage souvent et vit de la façon d’un ermite. Honda qui l’a rencontré le décrit comme un type énorme, bouffi, des yeux vitreux tel ceux d’un noyé. Il croit même l’avoir rencontré, habillé en clown distribuant des publicités, reconnu il s’est sauvé. Le narrateur décidé d’allé visiter le dernier quartier connu de Oe Sakuragi.

4.Le  narrateur visite le quartier, Oe a déménagé aucun des voisins n’a d’informations. Il demande à son ami Honda de rester en a. Shizuko l’appelle, quelque chose de grave est arrivé, elle souhaite que je passe car son mari est absent. Shizuko a reçu une nouvelle lettre de Oe. Une lettre de menace qui met Shizuko dans un état de paranoïa.

5. Shizuko semble avoir entendu un bruit, tel dans un roman de Oe « Le jeu du grenier », il monte vérifier et découvre qu’une personne était bien caché dans le grenier, il découvre également un bouton RK BROS CO. Quelques mesures sont prises Mais deux jous plus tard mourrait Rokuro Oyamada.

6.Le corps ou plutôt la tête est découverte flottante dans le trou d’eau des cabinets, puis il est remonté nu affublé d’une perruque. Une protection est mise en place par la police pour protéger Shizuko.

7.Durant les semaines suivantes, aucune trace de Oe, ni de nouvelles lettres de menace. Honda fait ses recherches et lance ses investigations sur des forains, le spectacle de l’homme sans tête, mais sans succès. Il fait également des recherches sur la perruque, il trouve l’artisan qui l’a fabriqué mais pour protéger la calvitie de Rokuro. Mais Shizuko ne l’avait jamais vu porté de perruque !! Mystère. Les relations du narrateur avec Shizuko se renforcent. Il découvre une cravache, Rokuro avait-il des relations SM avec Shizuko comme le prouve les zébrures qu’elle possède dans le dos ?

8.La cérémonie du premier mois de deuil à lieu, la première étreinte baiser a lieu avec Shizuko, après qu’elle ait sembl » aperçu quleque chose de suspect par la fenêtre. Mais le narrateur rentre quand même en taxi. Il se trouve que le chauffeur porte des gants dont un des boutons manque. Il s’agit du bouton retrouvé dans le grenier. Le chauffeur que c’est justement M Oyamada qui lui ai donné.

9.Le narrateur dénoue peu à peu les mystères, il se rend compte que  Rokuro est au courant des anciens amours de sa femme Shizuko, des parutions et des nouvelles de Oe, et tous les mystères se ramènent à la sombre machination de Rokuro

10.Le narrateur raconte son mémoire des faits à Shuzuko, puis ils tombent dans les bras l’un de l’autre : amant, Shuzuko apporte même la cravache pour être flagellé. Mais les preuves sont trop parfaites,  une différence de date apparaît entre la découverte du bouton du gant et du nettoyage du grenier.

11. et 12. Le narrateur parvient à dénouer le mystère …

Personnages

  • Shudei Oe : Auteur à succès de roman policier, histoires de crimes pervers , nom de plume
  • Ichiro Hirata : Amoureux malheureux de Shizuko, a pris pour nom d’emprunt Shudei Oe
  • Honda : ami du narrateur, travaille pour une émission d’édition, a rencontré Oe
  • Rokuro Oyamada : mort violente
  • Shizuko Oyamada : épouse de l’homme d’affaire, amatrice de roman policier
  • Itosaki : procureur, chargé de l’affaire
  • Hideko Hirayama : romancière spécialisée dans les polars, mais en fait un homme
  • Ranpo Edogawa : Le narrateur lui même

Citations

  •  Aussi incroyable que cela nous puisse paraitre , ce mélange d’apparente vertu et de vice secret dans le cœur d’un même homme n’est pas tellement exceptionnel . Ne dit-on pas d’ailleurs que c’est souvent chez l’homme de bien que le démon s’introduit le plus facilement
  • Je m’explique. Mon intention première était de t’ôter la vie à petit feu en te harcelant et en te terrorisant sans répit. Le spectacle de ton bonheur conjugal m’ donné envie de faire d’abord disparaitre, sous tes yeux, ce mari que tu chéris tant , et de m’occuper de toi qu’après t’avoir fait goûter cette rare douleur. L’efficacité de la démarche m’a séduit. Ma décision est prise.
    J’ai tout mon temps, je ne suis jamais pressé. Il serait dommage de mettre déjà en oeuvre l’opération suivante alors que cette lettre que tu tiens entre tes mains commence à peine à produire ses effets dévastateurs.