Archives du mot-clé Dictature

Le nid du serpent de Pedro Juan Gutiérrez

 

Le nid du serpent de Gutierrez
Le nid du serpent de Gutierrez

 

Baignée dans la mer des caraïbes, Cuba est la plus grande île des Antilles. Toute en longueur, ses côtes sont ponctuées de petites îles aux paysages paradisiaques. Cuba est une destination touchante et sensuelle où l’accueil est très chaleureux. Le sourire des Cubains et l’intensité de la vie sur l’île contrastent avec la pauvreté et les difficultés quotidiennes. Un voyage Cuba restera gravé à jamais dans votre mémoire.

Cette prose est celle que l’on trouve dans les agences de voyages, ici pour une escale à Cuba, âmes prudes passez votre chemin.

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Le neveu d’amérique de Luis Sepulveda

 

Le neveu d'amérique de Luis Sepulveda
Le neveu d’amérique de Luis Sepulveda

 

Le grand père, vieil anarchiste anticlérical exilé est une véritable icône : Il éduque son petit fils dans cet esprit libertaire et laïque. Nous retrouverons plusieurs fois le clergé malmené, de curés alcooliques avec plein d’humour tout au long de l’histoire de Luis.

« Le gag consistant à me remplir de limonade pour ensuite me faire pisser à la porte des églises, nous l’avions maintes fois répété depuis que j’avais commencé à marcher et le vieux avait fait de moi son compagnon d’aventures, le petit complice de ses mauvais coups d’anarchiste à la retraite. Que de portes d’églises j’avais arrosées ! »

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Nouilles froides à Pyongyang de Jean-Luc COATALEM

 

Nouilles froides a pyongyang Jean-Luc COATALEM
Nouilles froides a pyongyang Jean-Luc COATALEM

L’auteur endossant le rôle d’un voyagiste va nous faire découvrir ce merveilleux pays qu’est la RPDC : République populaire démocratique de Corée. Il est pour cela accompagné de son ami Clorinde, une personne plutôt casanière qui affectionne davantage la lecture que les voyages. Dès le départ ce tour opérateur va être encadré, balisé, contrôlé, surveillé, par trois guides qui se pré nomment  Kim. Kim 1 surveille Kim 2 et rapporte à Kim 3. « Le rôle de nos anges gardiens est double : nous montrer ce que nous devons voir, nous éviter d’approcher ce que nous ne devons pas voir. Tâche ardue puisqu’il y a plus d’interdits que d’autorisations« . Le voyage va nous sembler long car il n’y a rien à voir sur ces routes quasiment vides, les hôtels désertés, « draps douteux et néons épileptiques, où les toilettes sont bouchées et où le robinet, quand il a de l’eau, fuit. », les tables de restaurant à l’identique ou les assiettes sont remplacés par des accessoires de dinette. « Toi qui entres ici oublie le diamètre de l’assiette normale ! Mais aussi celui de l’assiette intermédiaire comme celle dite à dessert pour ne te souvenir que des plus petites, sous-tasses à café et soucoupes. Car c’est ainsi que tout, désormais, te sera servi : dans de la dînette. Avec peu à manger dessus. Et encore, tu es privilégié : le reste de la RPDC crève de faim. »

Seuls les statues et les mausolées à la gloire du « Fils de l’Humanité » alias l’« Etoile Polaire du Communisme » sont réelles et pourraient nous dérider.

Ces deux touristes au pays du matin calme vont se replier sur la lecture de Melville, car ils s’ennuient « Notre équipée surréaliste est aussi grotesque. Dix ou douze heures par jour, nous avons l’impression de jouer à un jeu de société (!) où l’essentiel serait invisible. Et le reste feint. »

Et moi, je reste sur ma faim, la lecture est édifiante, le goût des nouilles amer, les visites ennuyeuses, la dictature réaliste. Si vous avez déjà vu les quelques documentaires qui retracent la vie dans le pays des Kimjong-Land vous n’apprendrez rien de plus. Si l’on peut terminer sur une note optimiste : » Ainsi que le rappelle le proverbe chinois, même dans un trou de souris peut se glisser le rayon de soleil… »

Citations

  • Sous le glacis, cet autre « pays du matin calme » fait régner l’abomination. Silence, messieurs les Occidentaux, ici on casse les fortes têtes, lave les cerveaux, torture au fer rouge et à la baignoire, et on pend les irréductibles dans les goulags, des cailloux enfoncés dans la gorge afin qu’ils ne hurlent pas leur haine au dernier moment
  • Avant d’aller dîner (ou déjeuner ?) avec Clorinde, je m’accorde une heure de lecture – « le livre est un professeur silencieux et un compagnon de vie », n’a cessé de marteler Kim Il-sung, qui n’a jamais lu les bons auteurs.
  • Parler, c’est le début des ennuis avec le comité du Parti, les services de sécurité, le Bowibu et l’Anjeobu
  • On croirait une imitation besogneuse de l’Allemagne nazie. Or, rien n’a changé depuis. Pis, les images par satellite de 2011 ont montré que les camps avaient pris de l’ampleur. Le plus vaste ferait cinquante kilomètres de long sur quarante de large.
  • Au-delà de l’hommage, même feint, ce rituel est humiliant. A l’exemple des Nord-Coréens, les étrangers doivent aller se prosterner aux premières heures de leur séjour. Acheter ces fleurs fades que des mains récupèrent et revendent ensuite à d’autres pèlerins. Monter vers celui qu’on nomme sans ciller la « Lumière du genre humain » ou le « Sommet de la pensée ». Baisser la tête devant sa statue aussi écrasante que creuse. Répéter les formules de soumission…
  • Et puis toutes les dictatures se ressemblent, jusqu’à la rancune. Gare aux transfuges ! Leur famille, leurs proches, voire leurs amis, s’ils n’ont pas suivi, en font les frais. Dénoncer le canard boiteux est une sécurité en soi – si vous ne l’avez pas fait, c’est que vous êtes aussi coupable, on vous embarquera. Une manière d’amputer haut et court le membre gangrené.
  • Toi qui entres ici oublie le diamètre de l’assiette normale ! Mais aussi celui de l’assiette intermédiaire comme celle dite à dessert pour ne te souvenir que des plus petites, sous-tasses à café et soucoupes. Car c’est ainsi que tout, désormais, te sera servi : dans de la dînette. Avec peu à manger dessus. Et encore, tu es privilégié : le reste de la RPDC crève de faim.
  • Mais ceux qui partent en mission reviennent (presque) toujours. En cas contraire, leur famille et peut-être leurs voisins seraient arrêtés et déportés. Le régime a inventé ce concept de « culpabilité par association » qui, emprisonnant les proches.Quant à l’aide humanitaire des organismes internationaux (la FAO, le PAM, l’UNICEF), elle a été plus d’une fois détournée au profit des élites. Du coup, le principe de « Pas d’accès/Pas de nourriture » exigé en contrepartie, soit la vérification que les secours parvenaient aux populations vulnérables, en a enrayé les mécanismes – le pays ne tenait pas à une ingérence étrangère trop appuyée. En attendant, les ONG (dont deux françaises, actives depuis dix ans) font ce qu’elles peuvent sur le terrain lorsqu’elles y sont autorisées.
  • Chaque citoyen serait réparti dans l’une des trois classes (les « durs », les « hésitants », les « hostiles ») et, en fonction de sa fiabilité personnelle et familiale au Parti, sur une échelle de cinquante et un échelons. Si les premiers niveaux rassemblent les proches et les alliés du pouvoir, cœur du régime, avec le droit de vivre dans ou près de la capitale, les derniers sont des parias


Divers :

Ebook Livre lu la dernière fois: 2014-04-15 14:00:28
Note :  ***** (3/5)
5.3 heures de lecture, 26 minutes par session, 484 pages
16 janvier 2013


 

 

Comment conquérir l’Amérique en une nuit de Dany Laferrière

 

Comment conquérir l'Amérique en une nuit
Comment conquérir l’Amérique en une nuit

 

Ecrit sous forme d’un scénario, l’une partie se déroule à Port-au-Prince, l’autre à Montréal.  Gégé, jeune Haïtien, débarque à Montréal chez son vieil oncle Fanfan chauffeur de taxi, qu’il n’a pas vu depuis vingt ans. Gégé vient conquérir l’Amérique à travers une publicité d’une blonde pulpeuse . Fanfan lui a renoncé à toutes ses ambitions, il rêve de finir ses jours loin des hivers qui n’en finissent pas du Québec et revoir son pays Natal. « Il parait que les dieux vaudous ont peur du froid ». On retrouve de nombreuses dualité Nord/Sud, satire de l’Amérique, la désillusion d’un exil pour s’enfuir d’une dictature.

Ce n’est pas mon roman préféré de Laferière, mais ceci est du à l’écriture scénarisé. Le film ne doit pas manquer d’humour.

Au Québec, tu es Haïtien, mais dès que tu mettras le pied en Haïti, tu deviendras québécois….

Thème : Dictature, Immigration, Démocratie

Citations

  • Une fois, j’ai vu un type arriver près d’une marchande de friture installée au coin de la rue. Un homme s’est approché d’elle et s’est mis à manger son bout de pain en humant l’odeur du porc frit. Quand il a eu terminé son pain, il s’est levé pour partir, mais la dame l’a aussitôt arrêté : (Il mime la voix.) « Hé toi ! Tu pars sans payer ! » qu’elle lui a dit. « Sans payer quoi ? Lui a répondu l’homme. Je n’ai rien pris ! » Et la dame, avec son regard de fauve, l’a regardé droit dans les yeux et elle lui a dit : « tu as mangé ton pain avec l’odeur de mon porc frit. Il faut payer ! » Sans hésiter, l’homme a fouillé dans ses poches, a sorti une poignée de monnaie et a fait tinter les pièces près de l’oreille de la dame en lui disant : « Voilà, madame, je vous paie l’odeur de votre porc frit avec le son de mon argent ! »
  • On se demandait ce qui était pire, Duvalier qui nous a mis dans un trou, ou ces gens bien intentionnés qui étaient venus pleurer sur notre sort. (p70)
  • En fait, l’Amérique a inventé deux choses : la Blonde et le Nègre. Couple rare. Plus rare que le diamant pur. Ce sont les deux extrémités du spectre. La lumière et les ténèbres. (p113)

Divers :

ebook, 2 heures de lecture, 11 minutes par session, 649 pages tournées , 5 pages par min environ