Archives du mot-clé communisme

Au delà des illusions de Duong Thu Huong

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Au-delà des illusions peint le portrait de Linh, une enseignante, qui après des années d’amour quitte son mari, journaliste, qui s’est accommodé avec le régime totalitaire. Mari qui peu à peu renie ses idéaux révolutionnaires pour assurer son bien-être familial. Linh se sent trahi, et préfère liberté et vérité. Qu’il a tué l’idéal qu’elle voyait en lui.

La femme se demande : « Comment ai-je pu l’aimer à ce point ? »Elle le regarde dans la lueur verdâtre de l’aube. Il dort profondément. Il paraît doux, étranger. Un mannequin de cire. Le visage, la courbe du nez, le pli de l’oreille… C’est toujours le même homme, la même peau, la même chair. Il étincelait en elle, auréolé de lumière. Maintenant, il ne rayonne plus de la chaleur de l’amour, de la joie de vivre.

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Histoire d’amour racontée avant l’aube de Duong Thu Huong

Histoire d'amour racontée avant l'aube de Duong Thu Huong
Histoire d’amour racontée avant l’aube de Duong Thu Huong

Après le bonheur ressenti a la lecture de terre des oublis, je réitère avec cette auteure vietnamienne.

Mais tout d’abord le synopsis de cette ‘Histoire d’amour racontée avant l’aube’. Luu et Vu Sinh semblent s’apprécier lors des  réunions des jeunesses communistes, le camarade responsable les invite à se marier.  « L’organisation a toujours pensé qu’il est en son devoir de se soucier du bonheur de ses membres. L’union fait la force, tout se passera à merveille… »  

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Le livre du rire et de l’oubli de Milan Kundera

Le livre du rire et de l'oubli de Milan Kundera
Le livre du rire et de l’oubli de Milan Kundera

Kundera décrit ce livre comme un roman en forme de variations. Et les variations sont au nombre de sept. Elles se déroulent pendant l’après-guerre et après l’arrivée des chars russes dans l’ex Tchécoslovaquie.

Tout ce livre est un roman en forme de variations. Les différentes parties se suivent comme les différentes étapes d’un voyage qui conduit à l’intérieur d’un thème, à l’intérieur d’une pensée, à l’intérieur d’une seule et unique situation dont la compréhension se perd pour moi dans l’immensité.

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Le bateau usine de Kobayashi Takiji

Le bateau usine de Kobayashi

Contexte historique : on se retrouve quelques années après le conflit russo-japonais, avec le partage de l’île de Sakhaline. Le japon suit une industrialisation à marche forcée. Un bateau usine, ancien navire russe confisqué et ré affété pour la pêche aux crabes est aux mains d’armateurs sans scrupules. Une course vers le profit, système capitalisme à outrance ou les profits vont aux actionnaires et dont les travailleurs en sont les victimes.

La première phrase  donne le ton : « C’est parti ! En route pour l’enfer ! »

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Le nid du serpent de Pedro Juan Gutiérrez

 

Le nid du serpent de Gutierrez
Le nid du serpent de Gutierrez

 

Baignée dans la mer des caraïbes, Cuba est la plus grande île des Antilles. Toute en longueur, ses côtes sont ponctuées de petites îles aux paysages paradisiaques. Cuba est une destination touchante et sensuelle où l’accueil est très chaleureux. Le sourire des Cubains et l’intensité de la vie sur l’île contrastent avec la pauvreté et les difficultés quotidiennes. Un voyage Cuba restera gravé à jamais dans votre mémoire.

Cette prose est celle que l’on trouve dans les agences de voyages, ici pour une escale à Cuba, âmes prudes passez votre chemin.

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Le veau suivi de Le coureur de fond de Mo Yan

le veau le coureur de fond de Mo Yan

Un recueil de deux nouvelles de Mo Yan, et ce sont deux récits truculents. J’avais découvert Mo Yan à travers Le maître a de plus en plus d’humour, critique du capitalisme à la chinoise dans les villes. Ici, nous nous retrouvons dans des zones rurales, qui semble bien éloigné des cités (certains n’ont jamais vu de camions), on retrouve la rusticité des personnages mélangés aux droitiers en rééducation.

La castration des trois veaux du village est le point de départ de la première nouvelle, le narrateur de cette nouvelle est un jeune turbulent en pleine croissance. Un des veaux desquels les paysans doivent prendre soin, et l’un tombe malade. Cela va provoquer des catastrophes en cascade…. Il leur faudra suivre les ordres des cadres, essayer de biaiser, de les contourner avec habilités : Comment survivre dans un village d’une province rurale en Chine.  Une véritable fable des temps modernes, nous aurons même le veau « Double échine » qui viendra chuchoter à l’oreille de l’adolescent pour lui commenter ses souffrances. Lire la suite Le veau suivi de Le coureur de fond de Mo Yan

Nouilles froides à Pyongyang de Jean-Luc COATALEM

 

Nouilles froides a pyongyang Jean-Luc COATALEM
Nouilles froides a pyongyang Jean-Luc COATALEM

L’auteur endossant le rôle d’un voyagiste va nous faire découvrir ce merveilleux pays qu’est la RPDC : République populaire démocratique de Corée. Il est pour cela accompagné de son ami Clorinde, une personne plutôt casanière qui affectionne davantage la lecture que les voyages. Dès le départ ce tour opérateur va être encadré, balisé, contrôlé, surveillé, par trois guides qui se pré nomment  Kim. Kim 1 surveille Kim 2 et rapporte à Kim 3. « Le rôle de nos anges gardiens est double : nous montrer ce que nous devons voir, nous éviter d’approcher ce que nous ne devons pas voir. Tâche ardue puisqu’il y a plus d’interdits que d’autorisations« . Le voyage va nous sembler long car il n’y a rien à voir sur ces routes quasiment vides, les hôtels désertés, « draps douteux et néons épileptiques, où les toilettes sont bouchées et où le robinet, quand il a de l’eau, fuit. », les tables de restaurant à l’identique ou les assiettes sont remplacés par des accessoires de dinette. « Toi qui entres ici oublie le diamètre de l’assiette normale ! Mais aussi celui de l’assiette intermédiaire comme celle dite à dessert pour ne te souvenir que des plus petites, sous-tasses à café et soucoupes. Car c’est ainsi que tout, désormais, te sera servi : dans de la dînette. Avec peu à manger dessus. Et encore, tu es privilégié : le reste de la RPDC crève de faim. »

Seuls les statues et les mausolées à la gloire du « Fils de l’Humanité » alias l’« Etoile Polaire du Communisme » sont réelles et pourraient nous dérider.

Ces deux touristes au pays du matin calme vont se replier sur la lecture de Melville, car ils s’ennuient « Notre équipée surréaliste est aussi grotesque. Dix ou douze heures par jour, nous avons l’impression de jouer à un jeu de société (!) où l’essentiel serait invisible. Et le reste feint. »

Et moi, je reste sur ma faim, la lecture est édifiante, le goût des nouilles amer, les visites ennuyeuses, la dictature réaliste. Si vous avez déjà vu les quelques documentaires qui retracent la vie dans le pays des Kimjong-Land vous n’apprendrez rien de plus. Si l’on peut terminer sur une note optimiste : » Ainsi que le rappelle le proverbe chinois, même dans un trou de souris peut se glisser le rayon de soleil… »

Citations

  • Sous le glacis, cet autre « pays du matin calme » fait régner l’abomination. Silence, messieurs les Occidentaux, ici on casse les fortes têtes, lave les cerveaux, torture au fer rouge et à la baignoire, et on pend les irréductibles dans les goulags, des cailloux enfoncés dans la gorge afin qu’ils ne hurlent pas leur haine au dernier moment
  • Avant d’aller dîner (ou déjeuner ?) avec Clorinde, je m’accorde une heure de lecture – « le livre est un professeur silencieux et un compagnon de vie », n’a cessé de marteler Kim Il-sung, qui n’a jamais lu les bons auteurs.
  • Parler, c’est le début des ennuis avec le comité du Parti, les services de sécurité, le Bowibu et l’Anjeobu
  • On croirait une imitation besogneuse de l’Allemagne nazie. Or, rien n’a changé depuis. Pis, les images par satellite de 2011 ont montré que les camps avaient pris de l’ampleur. Le plus vaste ferait cinquante kilomètres de long sur quarante de large.
  • Au-delà de l’hommage, même feint, ce rituel est humiliant. A l’exemple des Nord-Coréens, les étrangers doivent aller se prosterner aux premières heures de leur séjour. Acheter ces fleurs fades que des mains récupèrent et revendent ensuite à d’autres pèlerins. Monter vers celui qu’on nomme sans ciller la « Lumière du genre humain » ou le « Sommet de la pensée ». Baisser la tête devant sa statue aussi écrasante que creuse. Répéter les formules de soumission…
  • Et puis toutes les dictatures se ressemblent, jusqu’à la rancune. Gare aux transfuges ! Leur famille, leurs proches, voire leurs amis, s’ils n’ont pas suivi, en font les frais. Dénoncer le canard boiteux est une sécurité en soi – si vous ne l’avez pas fait, c’est que vous êtes aussi coupable, on vous embarquera. Une manière d’amputer haut et court le membre gangrené.
  • Toi qui entres ici oublie le diamètre de l’assiette normale ! Mais aussi celui de l’assiette intermédiaire comme celle dite à dessert pour ne te souvenir que des plus petites, sous-tasses à café et soucoupes. Car c’est ainsi que tout, désormais, te sera servi : dans de la dînette. Avec peu à manger dessus. Et encore, tu es privilégié : le reste de la RPDC crève de faim.
  • Mais ceux qui partent en mission reviennent (presque) toujours. En cas contraire, leur famille et peut-être leurs voisins seraient arrêtés et déportés. Le régime a inventé ce concept de « culpabilité par association » qui, emprisonnant les proches.Quant à l’aide humanitaire des organismes internationaux (la FAO, le PAM, l’UNICEF), elle a été plus d’une fois détournée au profit des élites. Du coup, le principe de « Pas d’accès/Pas de nourriture » exigé en contrepartie, soit la vérification que les secours parvenaient aux populations vulnérables, en a enrayé les mécanismes – le pays ne tenait pas à une ingérence étrangère trop appuyée. En attendant, les ONG (dont deux françaises, actives depuis dix ans) font ce qu’elles peuvent sur le terrain lorsqu’elles y sont autorisées.
  • Chaque citoyen serait réparti dans l’une des trois classes (les « durs », les « hésitants », les « hostiles ») et, en fonction de sa fiabilité personnelle et familiale au Parti, sur une échelle de cinquante et un échelons. Si les premiers niveaux rassemblent les proches et les alliés du pouvoir, cœur du régime, avec le droit de vivre dans ou près de la capitale, les derniers sont des parias


Divers :

Ebook Livre lu la dernière fois: 2014-04-15 14:00:28
Note :  ***** (3/5)
5.3 heures de lecture, 26 minutes par session, 484 pages
16 janvier 2013