Archives du mot-clé adultère

Le goût des orties de Junichiro Tanizaki

Le goût des orties de Tanizaki
Le goût des orties de Tanizaki

Dès l’incipit du roman, le ton est donné, Misako demande à son mari « Quelles sont vos intentions ? Irez-vous quand même ? » sans en obtenir une réponse tant soit peu précise. Misako et Kaname ne s’aiment plus, ils souhaitent divorcer, mais le courage manque à Kaname, il a un caractère inerte et passif. Il ne veut faire de la peine ni à son fils (qui se doute de quelque chose) ni à son épouse. Cette situation lui convenant, il se laisse flotter au gré du courant acceptant la liaison de sa femme avec son amant Aso. L’arrivée de son cousin Takanatsu va peut-être l’aider à avancer dans cette séparation, car il a déjà l’expérience du divorce. Lire la suite Le goût des orties de Junichiro Tanizaki

Un café maison de Keigo Higashino

Un café maison de  KEIGO HIGASHINO
Un café maison de
KEIGO HIGASHINO


Dans une maison des beaux quartiers de Tokyo, Yoshitaka Mashiba annonce froidement à son épouse Ayané qu’il va la quitter car elle ne lui a pas donné d’enfant. Il a rencontré une autre femme et veut reprendre sa liberté. Elle décide alors de partir passer quelques jours chez ses parents à Sapporo.


Le surlendemain, on retrouve le cadavre de Yoshitaka gisant dans son salon à côté d’une tasse de café renversée. L’inspecteur Kusanagi et son équipe sont dépêchés sur les lieux, et la charmante veuve rentre de Sapporo. Il est rapidement établi que le café bu par Mashiba contenait de l’arsenic.
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Masque de femme de Fumiko Enchi

 

Masque de femme de Fumiko Enchi
Masque de femme de Fumiko Enchi

‘Masque de femme’ est un roman magnifique et subtil, il traite de la séduction et de l’infidélité au Japon. Fumiko Enchi nous entraîne dans les traces de ​​la force destructrice de la jalousie et du ressentiment féminin. Mieko Togano, une femme belle et cultivée dans la cinquantaine, manipule pour ses propres fins sa bru. Sa bru Yasuko est veuve, son mari est mort lors d’une escalade sur le mont Fuji. Une relation étrange transparait entre Yasuko et Mieko : homosexualité, dévouement, complicité. Une aura de mystère entoure cette relation, qui est soulignée par le spiritisme. Il semble que toutes deux doivent se venger à tout prix des hommes. Yasuko sera l’objet d’un plan machiavélique, se jouant des sentiments amoureux de Tsuneo : un mari consentant dans ses mains. Fumiko Enchi nous laisse à nos interrogations quant aux raisons multiples de la vengeance de ces deux femmes.
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les fidélités de Diane Brasseur

les fidelites de Diane Brasseur
les fidélités de Diane Brasseur

Diane Brasseur nous raconte les  ‘affres’ et les joies d’un cinquantenaire, plus exactement 54 ans marié depuis dix ans avec une fille et de sa maîtresse Alix, plus jeune de 23 ans. C’est la seule nommée, et en plus, il y a un X dans son prénom : un signe ? . Sa famille se trouve à Marseille, lui travaille à Paris et partage sa semaine avec Alix.

Nous avons une présentation dichotomique de sa vie : culpabilité, la paranoïa parfois et la joie le bonheur . La peur de blesser, de se trahir. Mais aussi la logistique à mettre en place afin de pouvoir profiter de ses deux vies. Lire la suite les fidélités de Diane Brasseur

Le jour ou j’ai quitté ma femme de Pierre Vavasseur

Le jour ou j'ai quitté ma femme de Pierre VAVASSEUR
Le jour ou j’ai quitté ma femme de Pierre VAVASSEUR

Avis

En fait, j’ai emprunté ce roman à la bibliothèque municipale par dépit car je voulais feuilleter le guide des « 100 romans incontournables ». Pierre Vavasseur est un spécialiste des guides, il en a plusieurs à son actif. Bon je n’ai pas pris beaucoup de risques, car c’est un petit roman court, très court, qui fait plutôt penser à une nouvelle. Pour résumé : Lui c’est Vincent quarante ans, marié depuis treize ans à Faustine. « Faustine n’a plus ces ardeurs de femelles », un nouveau souffle est retrouvé avec Gena. Il va ensuite faire des allers retours pendant une centaine de pages, des phrases courtes comme une respiration haletante d’un homme qui court de sa femme à sa maîtresse.

Je n’ai pas trouvé le côté incisif ni la justesse qui est décrite dans le quatrième de couverture, seul le côté bref et un peu d’humour, d’érotisme m’a sauvé de l’ennui. Mais ce qui m’a étonné c’est que ce roman a tout de même obtenu le prix Saint Valentin en 2004. 

 

Citations

Pendant l’amour, je souffle à son oreille tout ce que j’attends d’elle dans les heures qui suivent : ce que nous ferons dans la cage d’escalier de nos amis, comment je la caresserai sous la table, sous un porche. Mais ensuite, quand les corps et les sens se sont apaisés, ni elle ni moi n’osons mettre en pratique nos fantasmes. Nous sommes le plus classique des couples p44
Il n’y avait pas d’amour, seulement des preuves d’amour p62
Dans mon métier, quand on superpose deux images, on dit qu’on les floute. J’ai flouté Faustine pour Gena.
Je m’arrangeais pour la retrouver tard. Je grimpais quatre à quatre chez elle. Nous nous jetions l’un sur l’autre. Le sexe toujours, Le sexe, le sexe, le sexe. Gena dénichait mes fantasmes, les levait comme des lièvres. Il m’avait suffit de flâner sur elle pour mettre à jour les siens. J’étais son sourcier. Nous formions le corps de l’amour. J’étais son objet. Elle me pénétrait avec un bâton de rouge à lèvre, le manche d’un pinceau de maquillage, celui d’une cravache. J’ai fait avec elle tout ce qu’un homme ne fait pas avec sa femme. Mes testicules lui plaisaient : les raser, les sucer, les bichonner, les contempler.
-Tu vois, ils bougent, ils travaillent pour que tu me remplisses bien, que tu me refasses les peintures. p67
-Je voudrais que tu enlèves ton alliance.
La faiblesse est un mal acide et désespérant.
-Je vais y penser.
-Non, fais le tout de suite.
(…) J’ai glissé l’alliance dans la plus étroite poche de mon pantalon, près de la ceinture. Pendant quinze jours je l’ai ôtée puis remise, selon que j’étais avec Gena ou Faustine. J’en perdais l’équilibre. Comme un chat sans moustaches. Je me cognais aux portes, aux coins de tables. Faustine s’en étonnait de temps en temps. J’étais couvert de bleus p65

 

Divers

Edition Jean-Claude Lattes, 2003
Bibliothèque du KB 23/04/2014, une petite heure de lecture
Note ***** (2.5/5)
A reçu le prix Saint Valentin en 2004 :  Prix qui récompense « l’impertinence du discours, la pertinence du style et la modernité littéraire » au service du genre amoureux. Le prix est remis à l’occasion de la « Nuit du roman d’amour ». De 2004 à 2008 depuis à disparu ??

 

Le Convoi de l’eau de Akira YOSHIMURA

Le Convoi de l'eau de Akira YOSHIMURA
Le Convoi de l’eau de Akira YOSHIMURA
Le convoi de l’eau est l’histoire de deux mondes parallèles séparés par une frontière abstraite, des villageois (une communauté du passé) qui semblent ignorer le travail de destruction de leur hameau, et de l’autre les ouvriers qui préparent le barrage.
Cette frontière est représentée comme le choc de deux civilisations, celle cachée depuis de nombreuses années (innombrables stèles) du hameau et en face celui de la technologie qui va les écraser sans remords telle une vague. Symboliquement, on fera disparaître le hameau sous un lac artificiel. On ne comprend guère le mode de fonctionnement des villageois, on les observe par les yeux des ouvriers en s’interrogeant et une angoisse indicible les entoure,
Le narrateur est le rouage entre ces deux mondes (meurtrier de sa femme qui l’avait trompé, il fait plusieurs années de prison.) il possède une cruauté intrinsèque étant enfant qu’il raconte. Cette sérénité qu’il va ressentir avoir après avoir tué se retrouvera symboliquement dans ce village. Il revivra ses actions dans ce hameau, tel un spectateur. Le village condamnera une femme qui se fera violer par un ouvrier. Elle expiera sa honte en se pendant. Le corps restera exhibé pendant plusieurs jours pourrissant. C’est le narrateur qui viendra enterrer le corps en décomposition, peut-être celui de la mémoire de se femme.
On retrouve des thèmes communs à d’autres oeuvres de Yoshimura, sur la sacralisation des morts, des stèles (« Le sourire des pierres ») et l’esprit des morts sur les vivants, l’intemporalité
J’avais été sous le charme de « La Jeune Fille suppliciée sur une étagère », et ici de nouveau la magie à opérée, cette écriture laisse des traces et me ravit
Thème : meurtre, adultère, mort, intemporalité, guerre, stèle, eau

Synoptique

  1. Après 5 jours de marche, le narrateur arrive dans une vallée avec un petit hameau et une grande étendue de pierres tombales. Ce hameau isolé est découvert à la fin de la guerre, une unité étant partie à la recherche d’un bombardier américain écrasé. La vallée est idéale pour faire une retenue d’eau pour un barrage. Une première équipe de treize ingénieurs et de 60 ouvriers s’y rend afin de faire des analyses de terrain. Les techniciens campent près du village, ils ressentent une angoisse indicible vis à vis des habitants.
  2. les équipes sont divisés en arpentage et sondage, le narrateur s’occupe du sondage avec Nogami. Ils doivent faire exploser de la dynamite, l’explosion est si forte que tous les habitants du hameau sortent. le souffle provoque des crevasses sur les toitures. Puis les jours suivants les habitants se résignent partent dans la forêt, fabriquent des échafaudages et réparent leurs toits. Le forage se poursuit jusqu’au fond de la vallée puis l’autre versant. L’explosion re détruit les toitures, ils se remettent au travail sans découragement ni révolte. Les ouvriers témoins s’agacent du labeur des villageois
  3. Après vérification des données, les travaux continuent. Des baraquements sont construits pour les prochaines équipes.Ils trouvent une source d’eau chaude et viennent alors tous s’y baigner au détriment des villageois. 200 ouvriers devraient arrivés en support. Des hommes sont présent pour l’indemnisation des 300 habitants, mais les stèles posent problèmes. Une délégation vient voir les ouvriers dont une femme honteuse qui désigne Tamura, 50 ans. Les autres jaloux éprouvent un sentiment de haine envers lui. Le lendemain une forme humaine vêtue de blanc pendait à une branche de paulownia. Suicide ou a t-elle été forcée à se tuer par les gens du hameau p91. Le lendemain le corps est toujours pendu mais Tamura a disparu. Il est retrouvé mort, On conclu une mort accidentelle afin d’éviter une enquête. La nouvelle équipe arrive et le corps reste pendu
  4. De nouvelles équipes arrivent encore plus nombreuses, Des villageois partent,   ne sait ou, équipés d’un ballot. Le narrateur se souvient de ses deux filles ( qui maintenant doivent avoir 10 et 15 ans). Ils pensent aux habitants qui vont recevoir des compensations mais ne sauront pas les utiliser, déracinés de leur terre, car ils n’ont pas de contact avec l’extérieur / la civilisation. Les habitants acceptent les propositions sans négociés. Le corps de la fille est toujours pendu il prend une couleur verte. Les villageois retirent les stèles puis creusent la terre. Le narrateur se souvient avoir ouvert la tombe de sa femme, les villageois se mettent à construire de petites boîtes en bois pour y mettre les ossements puis les déplacer vers un temple.  Il se promène vers le village et va voir le corps de la jeune fille pourrissant, un garçon est à côté son frère peut-être « La posture de la fille disait bien qu’elle expiait sa faute. Couverte de moisissures, elle l’avait gardée, continuant à implorer le pardon » 139. Il prend une pelle et va inhumer le corps, les villageois sont présents avec de la colère.Un jeune garçon lui offre un faisan. Les ouvriers pensent qu’il a fait cela pour racheter la faute de Tamura. Les villageois retournent déterrer le cadavre et le mettent dans un cercueil, une cérémonie bouddhique a lieu.
  5. Le jour du départ pour les habitants est arrivé, ils mettent le feu au hameau. Nogami s’affole et essaye d’éteindre l’incendie, des chauves-souris s’envolent les ailes en feu. Le hameau part en fumée.

Personnages

Tamura : Ouvrier qui viole une villageoise
Nogami : Chef d’équipe, surnommé Wagonnet à cause d’un accident au barrage K4.
Le Maire : Un gamin de 16/17 ans pâle à l’air maladif.
Chizuko : Femme du narrateur
Yodono : L’amant de sa femme, chef comptable de l’entreprise d’enseigne au néon.

Citations

  • Je me demande pourquoi, dans ce genre d’affaire, au lieu de tuer l’amant, le mari s’en prend à sa femme ? p88
  • J’avais repoussé violemment les pierres pour creuser, et en découvrant les os de ses jambes qui sortaient de terre, je n’avais pas pu contenir la colère qui montait en moi, je les avais frappés à grands coups de pioche. Les os s’étaient brisés. Mais en même temps, par contrecoup l’extrémité de ses pieds était sortie de terre. En apercevant ces choses qui ressemblaient à des champignons blancs pointant hors de la terre, j’y avais vu ma femme encore vivante.122
  • La montagne, enveloppée de feuillage rouge vif, présentait un contraste remarquable avec la blancheur des os 123
  • La posture de la fille disait bien qu’elle expiait sa faute. Couverte de moisissures, elle l’avait gardée, continuant à implorer le pardon » 139

Divers:

  • Le convoi de l’eau  (水の葬列Mizu no sōretsu?) – Actes Sud, 2009
  • Note : ***** (4,6/5)
  • Bibliothèque du KB

Le fusil de chasse de Yasushi Inoué

le fusil de chasse de Yasushi Inoué
le fusil de chasse de Yasushi Inoué

Thème : Amour, adultère

Le poème « le fusil de chasse » n’est en fait qu’un fil déclencheur à la révélation d’une liaison. Un certain Josuke Misugi se reconnaît dans les traits du personnage du poème paru dans un journal de chasse. Il écrit une lettre à l’auteur  admirant sa perspicacité, et le sentiment d’orgueil d’être ainsi cité anonymement. Il lui propose également de lui envoyer trois lettres qu’il a reçu de différentes personnes qu’il associe aux vers suivants « Lit asséché du courant blanc et blême ».

L’ouvrage m’a laissé sans voix, il m’a dérangé. On a souvent des romans de liaison, d’adultères, ou de passions non comprise. Mais ici j’ai pu lire l’incompréhension et la souffrance, la haine froide et calculée, le désir et l’amour. Une relation amoureuse vu de trois prismes différents, de la fille de la maîtresse, de la femme trompée, puis de la maîtresse aimée. On arrive à ressentir une empathie pour chacun des personnages, pour finalement se demander si l’on peut sortir victorieux, sans blessure ? tout être abrite un serpent dans son corps comme le dit si bien Misugi

Personnages

  • Josuke Misugi : L’homme avec le fusil de chasse, le mari, L’amant
  • Midori : sa femme
  • Saiko : Sa maîtresse, et également cousine et amie de Midori
  • Kadota : Le mari divorcé de Saiko
  • Shoko : La fille de Saiko

Citations

  • En plus des trente couleurs au moins que contient une boîte de peinture, il en existe une, qui est propre à la tristesse et que l’œil humain peut fort bien percevoir.
  • Tantôt elle souffrait, tantôt elle était en extase, tantôt elle priait, tantôt elle sombrait dans le désespoir, tantôt elle décidait de se tuer… Oui, elle a souvent songé au suicide !
  • Pour un temps, notre maison là-bas sera fermée aux visiteurs mâles, car je suis écoeurée par les pièces qui gardent l’odeur des hommes.
  • Le mot « famille » est trop chargé de tendresse, d’humanité pour que j’en fasse usage. Il vaudrait mieux, et je pense que tu es d’accord, parler de « citadelle ». Autant que je me souvienne, depuis plus de dix ans, chacun de nous s’est retranché derrière les murs de sa citadelle ; tu m’as trompé et je t’ai trompé (mais c’est toi qui as eu l’initiative). Quel calcul affligeant peut bien faire un homme ! Notre existence s’est entièrement édifiée sur nos secrets respectifs.
  • Un jour tu m’as dit que tout être abritait un serpent dans son corps.
  • Aimer, être aimée ! Nos actes sont pathétiques.
  • Qu’est ce donc que ce serpent qui, dit-on habite chacun de nous ? Égoïsme, Jalousie, Destin ? Peut-être quelque chose d’analogue au « Karma »

Divers

  • Paru en 1949.
  • Yasushi Inoue (1907-1991) a reçu en 1950 pour «  »Le Fusil de chasse » le prix Akutagawa
  • Livre de proche, couverture édition 5/1992
  • Note : ***** (4.7/5)