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La piscine de Yôko Ogawa

la piscine de  Yôko Ogawa
la piscine de Yôko Ogawa

Critique :

Cette petite nouvelle de Yôko Ogawa, nous confronte à l’adolescence difficile d’une jeune fille. Ses parents dirigent l’orphelinat où elle va grandir. Elle se retrouver seule parmi une multitude d’enfants abandonnés. Cette dilution des relations familiales : les petits mangent tôt avec son père,  sa mère qui vit dans son monde va provoquer une perte de son innocence.  Isolée, elle est partagée entre l’amour qu’elle porte à Jun,  la cruauté qu’elle va porter envers une petite fille : Rie. Au début faire pleurer Rie lui suffit, puis il faut que les pleurs soient plus longs, plus forts. Elle sent un dégoût envers les petits : ‘les enfants en bas âge et les animaux exotiques me glaçaient’. Sa cruauté va atteindre son paroxysme lorsqu’elle donnera un gâteau avarié à Rie : « de petites tâches roses parsemaient ses joues, ses  mains et ses cuisses.C’était comme si le chou à la crème pourri avait corrompu ses viscères, donnant ainsi naissance à des moisissures roses ». Elle taira son forfait afin de goûter la cruauté jusqu’à satiété.

Thème : Adolescence, perversité

Citations:

  • C’était une grande jarre qui arrivait à la hauteur de la poitrine d’un adulte. Tout en frottant le dos de Rie dont la respiration était agitée, je me tenais devant la jarre. J’enlevais la planche de bois à moitié cassée qui lui servait de couvercle et laissai glisser doucement le corps de Rie à l’intérieur. Je voulais entendre encore des sanglots de bébé. Je voulais goûter toutes sortes de pleurs. Rie recroquevilla ses deux jambes comme si elle était prose de convulsions et s’accrocha désespérément à mon bras. Elle était terrorisée.
  • Ses hurlements n’en faisaient plus qu’un, qui s’écoulait avec souplesse à l’intérieur de moi comme du métal en fusion.
  • Ces nourritures d’aspect grotesque jetées dans les poubelles en plastique réveillèrent ma tendance à la cruauté. Si j’enfermais Rie dans la poubelle, hurlerait-elle encore de frayeur comme le dernière fois ? Allait-elle pleurer et pleurer encore jusqu’a être trempée de larmes, de transpiration et de morves et qu’au bout d’un moment ses cuisses veloutées se couvrent de moisi comme un duvet teint avec une poudre colorée ? (49)

Divers:

  • Actes Sud, 1995, lu le 18/03/2014, emprunt bibliothèque du KB
  • La Piscine (ダイヴィング・プール Daivingu puru, 8/1990; Actes Sud 1995; novella)
  • Note : *****

 

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Le faste des morts de Kenzaburo Oé

Le faste des morts de Kenzaburo Oé
Le faste des morts de Kenzaburo Oé

Thème : Sexualité, Adolescence,  Domination, Faiblesse, Extrême droite,

Trois nouvelles sont regroupés dans cette ouvrage « Le faste des morts » 1957, « Le ramier » 1958, « Seventeen »  1963.

Le faste des morts : Le narrateur, un étudiant en lettre trouve un travail temporaire à la faculté de médecine consistant à transporter des corps. Accompagné d’une étudiante enceinte et névrosée et d’un gardien, ils ont en charge le déplacement des cadavres d’une cuve à une autre « Baignant dans un liquide brunâtre, les corps se tenaient enlacés et leurs têtes se heurtaient.« . Le narrateur semble être en dehors de son corps. Il subit des remontrances du gardien pour ses maladresses, puis du professeur de médecine qui pensait qu’il faisait ce travail pour un intérêt académique . Le rapport étrange de chacun des protagonistes avec les morts, ou des corps : »des choses sans conscience ». Les pensées ou les échanges qu’il reçoit des cadavres : « Tu as violemment bandé, non ?« , lui dit l’esprit ou le corps d’une fille flottant dans la solution de formol. Une erreur du secrétariat, les vieux cadavres devaient être embarqués pour être incinéré dans le crématorium. Travail inutile, heures supplémentaires… Un univers kafkaïen pour cette nouvelle, ou les protagonistes sont victimes de l’administration dans un travail inutile et qui semble sans fin, une atmosphère étrange et collante comme leur gants de caoutchouc.

Le ramier : Une prison d’adolescent, proche d’une décharge publique et d’un cloaque. La vie, les rapports des force entre les détenus. L’homosexualité entre les prisonniers encadrés par des surveillants sans humanité. Leur distraction qui est de collectionner des cadavres d’animaux et de les accrocher comme des trophées à un des murs. La recherche d’une punition du narrateur pour un crime pardonné: il saute du mur, se blesse, escalade de nouveau le mur pour sauter de nouveau et enfin se briser les os. Il est libéré.

Seventeen : Un jeune, sa fête d’anniversaire a été oublié. il semble transparent ou sans valeur aux yeux de sa famille : un père armé de principes libéraux qui a déserté de ses obligations de père. Il ne reste que sa soeur avec qui  il essaye de discourir, mais rapidement à bout d’arguments, acculé et en larmes il la frappe violemment. Il s’adonne à la masturbation jour et nuit, il a la phobie de s’endormir, du néant qui accompagne le sommeil, il a peu de confiance en lui-même, une peur des autres qui se transforme en haine.

La honte qu’il éprouve de lui-même suinte de ses pores, il semble que tout le monde ne voit que ses dépravations. La compétition pour les universités qu’il n’assume pas. Un de ses copains, l’invite à venir faire la claque pour la « droite extrême :Action impériale ». Il va écouter le discours démagogue parmi une foule de journalier. Ce langage simpliste plein de haine va trouver un écho dans son âme : »La voix de la révélation m’a touché ». il va trouver sa place et être adopté dans ce groupe « Tu es un garçon élu » qui va le valoriser et lui permettre d’ assouvir ses fantasmes de violence, de pouvoir et de vengeance. Il bascule et trouve dans ce parti la joie ultime d’appartenir à un groupe, d’être apprécié, respecté,  et craint des autres : « Elle regarda mon uniforme à la lumière d’une ampoule nue embuée.Puis son visage se ferma, presque odieux, et elle baissa les yeux ». Un sentiment exaltant qui ne le lâchera plus « j’aurais un orgasme qui durerait la vie entière« , une sensation de pouvoir et de force qui ne tient aucunement à un engagement politique quelconque.

Trois nouvelles, que je trouve de niveau inégales mais qui finissent dans le paroxysme de seventeen. Elles mettent à nu les sentiments et les actions primaires de l’individu : comportement , sexualité, rapport humains chez des adolescents : « Tu as dix-sept ans. Tu ne veux pas saisir ta propre chair ? » .

Citations :

  • « défense d’entrer. Défense de fumer ». La cuve était bourrée de cadavres qui tantôt plongeaient, tantôt refaisaient surface. A force de m’attarder sur ce spectacle, je sentais les mots s’hypertrophier à l’intérieur de ma gorge et remonter.(18,le faste des morts )
  • Des patients de l’hôpital, en pyjama, chaussés d’épaisses pantoufles, arpentaient lentement le trottoir. On aurait dit des carpes nageant dans les eaux hostiles du début du printemps. (p30, Le faste des morts )
  • Quand on tombe enceinte, la vie quotidienne fourmille d’espoirs négatifs. Du moins mon existence est pleine, elle en même pesante. (p32, Le faste des morts )
  • Je passais mes journées à subir le contact du thermomètre froid et dur entre mes lèvres entrouvertes et l’insertion du clystère qui me prurit à la fois une humiliation enragée et un plaisir indécent et secret, à recevoir les baisers que me donnaient les infirmières avec leur langue râpeuse, en soufflant leur haleine, et à éjaculer dans le creux de leurs mains épaisses et molles; mais j’étais tourmenté par une profonde angoisse (le ramier, p85)
  • En me regardant, ils criaient avec des ricanements : « Nous savons tout sur toi. Tu es empoisonné par la conscience que tu as de toi même et par l’éveil du printemps, tu pourris de l’intérieur. Nous lisons à travers ton misérable bas-ventre humide ! Tu n’est qu’un gorille solitaire qui se masturbe en public ! »(Seventeen, p147)
  • La compagnie d’un ami pour lequel on n’a que du mépris et plus rassurante que la solitude, dans la mesure où l’orgueil n’est pas blessé. c’est comme s’enivrer d’un mauvais alcool pour fuir l’angoisse. » (p147, Seventeen)
  • L’uniforme de l’Action Impériale imitait celui des S.S. Lorsque je marchais dans la rue ainsi vêtu, j’éprouvais là aussi une vive sensation de bonheur. Hermétiquement enclos dans cette armure comme un scarabée, j’avais la certitude que les autres ne voyaient plus ce qu’il y avait en moi de mou, de faible, de vulnérable et de disgracieux et je me sentais au paradis. (Seventeen)

Divers :

  • Edition Gallimard nrf 2005, Bibliothèque du KB
  • Lecture le 17/03/2014
  • Note : *****
gibier d'élevage de Kenzaburo Oé
gibier d’élevage de Kenzaburo Oé

La vie en gris et rose de Kitano Takeshi

La vie en gris et rose de Kitano Takeshi
La vie en gris et rose de Kitano Takeshi

Kitano nous raconte une part de son enfance sans pudeur. Une famille pauvre : un père peintre, alcoolique , rustre, violent et peu instruit. Une mère colérique se battait en vain pour que son fils travaille en classe, et n’hésitait pas le motiver à coup de beigne. Les humiliations et les joies à l’école, ou avec sa bande copain. Il y a des histoires touchantes : par exemple celle qui raconte son désir son désir d’avoir un train électrique, et qui va se terminer par une beigne de son père…

Je connaissais surtout Kitano en acteur et en réalisateur. Mais c’est ici une nouvelle facette que je découvre. Un récit autobiographique plein de sensibilité et de réalisme : « Je voudrais préserver indéfiniment ma sensibilité d’enfant. Aussi mature, aussi riche que je devienne, je veux rester intègre, fidèle à moi-même, à ma vérité ».  On pourrait facilement faire un parallèle à un « petit Nicolas » japonais, dans sa version petit Nicolas des cités … Un récit découpé en petits chapitres,  des anecdotes marquantes qui retrace sa jeunesse tout en HUMOUR, très rapide à lire.

Thème : Enfance, Adolescence,

Citations :

  • Là, les larmes me sont montés aux yeux. Je n’étais pas habitué à recevoir des compliments et , bizarrement, j’en ai conçu de l’amertume. (19)
  • Curieusement, allez savoir pourquoi, les étrangers m’impressionnaient. Et mon vieux, lui, avec ses courbettes excessives, montrait à quel point il manquait d’amour propre. D’autres auraient pu s’étonner de cette humilité, mais moi, elle me semblait normale. Rien de plus normale. Puisque le type était un dieu, tu comprends….(22)
  • La piscine : On mettait la tête sous l’eau, on nageait, on faisait la brasse papillon. Un jour, au milieu de toute cette agitation, il y en a un qui a fait caca. -C’est dégoûtant ! a crié un habitué. Hé ! Quelqu’un a fait caca !Le surveillant est arrivé avec une sorte de seau, mais il n’a récupéré que ce qui flottait à la surface. « Voilà c’st propre. Ca va maintenant », et il a remué l’eau. Tout le monde a fait comme si de rien n’était. Les clients sont retournés dans le bain, l’air fataliste: « Bah c’est pas si grave. » Un vieux bonhomme a rincé son dentier. Beurk, les bains publics vraiment dégueulasses.
  • Il n’y avait pas plus timoré que lui: il était incapable de dire ou de faire quoi que ce soit sans l’aide de l’alcool. Et, à longueur de temps, il sa faisait incendier par ma mère. Qu’est ce que tu veux foutre avec un paternel pareil !(80)
Beigoma
Beigoma :Traditional Games

Divers:

  • Edition Picquier poche, 2008, Bibliothèque du KB
  • Lecture le 16/03/2014
  • Note : *****

Le marin rejeté par la mère de Mishima

Le marin rejeté par la mer de Mishima
Le marin rejeté par la mer de Mishima

Quatrième de couverture :

Noboru Kuroda, 13 ans vit seul avec sa mère dans la banlieue de Yokohama. Il découvre un soir que sa mère a une aventure avec un officier de la marine marchande, Tsukazaki Ryûji. Pour le jeune garçon, qui subit l’influence du chef de sa bande d’amis, le marin représente l’aventure et plus largement les valeurs masculines traditionnelles. Alors qu’il l’idéalise et projette sur lui l’image d’un surhomme, le marin se révèle un brave homme, aspirant à la tranquillité et à la sédentarité. Déçu, Noboru décide, avec ses amis de le punir.

Thème : adolescence, amour, mort, torture,

Critique :

Noburo, un garçon de 13 ans, surprend avec délectation les relations amoureuses de sa mère veuve avec un marin. Il fait de ce marin son héros car il symbolise pour lui un vrai homme qui affronte et combat quotidiennement les éléments sur son navire.  Pour Noburo c’est un être exceptionnel sans faiblesse, dur, viril. Il se vante à sa bande de copains d’avoir trouver un héros. Un cas d’étude pour les autres enfants de la bande et du chef qui n’ont que des pères lâches, serviles. Mais l’image du héros de Noburo va vaciller, il se rend compte que son héros n’est pas aussi exceptionnel qu’il aurait pu se l’imaginer. Noburo le met à l’épreuve, mais le marin est amoureux, doux, respectueux, il n’est pas à sa place dans le rôle d’un père. Il se fait ridiculiser par le chef de la bande et de ses copains.  Le chef leur fait partager sa haine du système : « Les pères !… Parlons-en. Des êtres à vomir! Ils sont le mal en personne. Ils sont chargés de tout ce qu’il y a de laid dans l’humanité. Il n’existe pas de père correct. C’est parce que le rôle de père est mauvais. Les pères stricts, les pères doux, les pères modérés, sont tous aussi mauvais les uns que les autres. Ils nous barrent la route dans l’existence en se déchargeant sur nous de leur complexe d’infériorité… ». La douceur leur fait honte et n’est pour la bande qu’un synonyme de lâcheté, et va les entraîner à  des actes d’une violence inouïe.  Le chef va canaliser cette haine sur le groupe d’adolescent psychopathe. Noburo va offrir une offrande au chef pour expier sa faute : l’idole déchu du marin.   Et c’est sous la forme d’un rituel préparé et testé sur un chaton que ce rite initiatique va être testé sur le marin pour leur permettre de passer au monde adulte.

Un récit sobre, des images poétiques. Une lecture qui ne laisse pas indifférent et qui dérange mais indiscutablement à lire.

Synoptique :

Première Partie : L’été

Chapitre 1 : Il découvre un trou dans le mur qui donne sur la chambre de sa mère, et il l’épie les jours ou celle-ci est en colère. Rencontre avec Tsukazaki.

Chapitre 2 : On découvre Tsukazaki, qui rêve de gloire, a peu de lien avec ses camarades, taciturne ?

Chapitre 3 : La mère dirige un magasin ‘Rex’.  On revient sur la première rencontre avec Ryûji : lors d’une visite du cargo Noboru s’extasie devant le bateau, pose de nombreuses questions.

Chapitre 4: Ryûji a un degré de fierté, de vanité d’image de lui-même qui l’éloigne un peu de la réalité Il frémit devant la douceur infinie de Fusako,

Chapitre 5: Ryûji rencontre Noboru en se rendant chez sa maîtresse, cela met Noburo mal à l’aise ( Il n’est pas allé aux bains comme promis à sa mère, il a traîné avec sa bande copains). Il est sous l’autorité du N°1, raconte la nuit de sa mère avec son amant.  On voit en lui la passion de la mer, ou il rentre en confrontation avec N°1, Chez le chef, le chef ordonne à Noburo de tuer un chaton : »il se sentait un géant », puis le chef découpe le chat au scalpel.

Chapitre 6: Noboru est gêné de la présence de Ryûju, (peur d’être couvert de sang, de ne pouvoir présenter Ryûju comme un héros car il ne porte pas son uniforme), il le trouve ridicule. Puis Noboru une fois chez lui le harcèle de questions, le rêve réapparait dans ses yeux, il redevient un enfant.

Chapitre 7:Fusako recherche avant tout la stabilité, d’une garantie de sécurité, tendresse, paix physique. Un amour XXX. Noboru apprend qua sa mère ne rentrera pas dormir. Il enrage d’échapper à leur ébats. La gouvernante l’enferme également dans sa chambre. Liste des charges relevés contre  Ryûji consigné sur son cahier.

Chapitre 8 :Le cargo part pour le Brésil

Deuxième partie : L’hiver

Chapitre 1 : 30 décembre, Fusako attend sur la jetée, er retrouve Ryûji. Elle l’amène à la maison. Noboru lui rend un accueil des plus mitigés, il est fiévreux. il essaye de combattre ses sentiments, le cadeau ramené par Ryûji. Il lui demande la date de son départ.

Chapitre 2: Ryûku et Noboru font les préparatifs du jour de l’an. Le lendemain matin à l’aube Ryûji et Fusako sortent voir le levé du jour. Il lui demande sa main.

Chapitre 3: Le Rakuyo lève l’ancre le 5 Janvier sans Ryûji à son bord. Fusako reprend le travail chez Rex. Elle rencontre Yoriko et déjeune avec elle. Elle lui confie ses projets avec Ryûji. Yoriko est convaincu mais lui propose de faire une enquête sur Ryûji. Yoriko raconte quelques uns de ses déboires et la met en garde. Fusako commande une enquête qui s’avère être sans tâche pour Ryûji. Ryûji démarre son apprentissage aux magasins Rex

Chapitre 4:Le collège ouvre ses portes le 11 janvier, la bande se reconstitue. Ils ne s’étaient pas vu pendant toutes les vacances. Le chef le relance sur le héros revenu. Il est le seul sans père, sa position est envié par les autres.

Chapitre 5: Sa mère annonce à Noboru qu’elle va se marier le mois prochain, et qu’il devra appeler Ryûji papa. Noboru cherche à devenir dur. Il se remet dans le placard pour observer les ébats du couple. Mais cette fois ci, dans l’obscurité Fusako se rend compte que son fils le regarde. Elle rentre dans une colère folle. Ryûji arrive, Fusako lui demande de lui donner une leçon, mais Ryûji mal à l’aise dans le rôle de père ne lui donne qu’une leçon de moralité. Pour l’adolescent,  douceur signifie faiblesse écœurante.

Chapitre 6: Noboru raconte à la bande les chefs d’accusation evers Ryûji, Le chef prévoit de le sacrifier, afin d’obéir au commandement suprême de la liberté humaine pour remplir le vide du monde.  Ils ne sont pas légalement coupables, ils ont tous moins de 14 ans, l’exécution est prévue pour le lendemain.

 

Les personnages :

  • Noboru Kuroda : 13 ans, le N° 3 de la bande
  • Fusako Kuroda : La mère 33 ans
  • Tsukazaki Ryûji : l’officier en second de marine marchande navire Rakuyo
  • Shibuya : Directeur du magasin rex
  • Kasuga Yoriko : Actrice de cinéma, cliente chez Rex
  • M Honda : Le réalisateur de film

Citations

  • La vulgarité du monde apparaissait dans les endroits éclairés et dans ceux où régnait une ombre douce (16)
  • Il ne pleurait jamais, même en rêve, car la dureté du coeur était chez lui un point d’orgueil. (17)
  • Les doigts de Ryûji touchèrent les bouts des sens sur la robe de coton bleu. Elle tourna légèrement la tête, ses cheveux lui chatouillèrent le nez. Comme toujours, il eut la sensation d’être venu de très loin, de l’autre bout de la terre pour arriver à un point délicatement sensible, un frisson au bout de ses doigts près d’une fenêtre un matin d’été. (29)
  • Tu as bien travaillé. Je crois que tu peux dire que ceci a fait de toi un homme véritable. Quoi qu’il en soit, de voir ce sang doit te donner la sensation d’être brave. (67 le chaton)
  • La douceur de ses lèvres, sa bouche si rouge qu’il pouvait la voir dans l’obscurité avec les yeux fermés, infiniment humide, une tiède mer de corail, sa langue s’agitait sans repos comme une algue: dans toute cette extase il y avait quelque chose qui se rattachait directement à la mort.(83)
  • Cette fois je vais vous parler de moi. dans ce voyage de Janvier, du matin au soir je ne pouvais faire un pas sans me heurter à mon vieux, ou à ma vieille. Les pères !… Parlons-en. Des êtres à vomir! Ils sont le mal en personne. Ils sont chargés de tout ce qu’il y a de laid dans l’humanité. Il n’existe pas de père correct. C’est parce que le rôle de père est mauvais. Les pères stricts, les pères doux, les pères modérés, sont tous aussi mauvais les uns que les autres. Ils nous barrent la route dans l’existence en se déchargeant sur nous de leur complexe d’infériorité, de leurs aspirations bons réalisés, de leurs ressentiments, de leurs idéaux, de leurs faiblesses qu’ils n’ont jamais avouées à personne, de leurs fautes, de leurs rêves suaves et des maximes auxquelles ils n’ont jamais eu le courage de se conformer; ceux qui sont le plus indifférents, comme mon père, ne font pas exception à la règle.
  • Toujours plongé dans son rêve il but d’un trait le thé tiède. Après l’avoir bu, il lui trouva un goût terriblement amer. Comme chacun sait, la gloire est amère.

Divers:

  • Commandé en occasion sur Amazon, publié en 1963, édité en 1979. Sent le vieux bouquin 🙂 qui a bourlingué. Recommandé par Andman.
  • Note : ***** (4,5/5)
Mes livres sur Babelio.com

Le diable au corps de Raymond Radiguet

Le diable au corps: amour, érotisme et tragédie dans la bascule de la guerre en 1914
Le diable au corps: amour, érotisme et tragédie dans la bascule de la guerre en 1914

Critique :

C’est ma première lecture de ce roman, j’avais pensé l’avoir lu étant jeune : mais non aucun souvenir à part le film de Claude Autant-Lara. Une merveille, un roman court qui se lit rapidement. On se retrouve tel un adolescent pendant la lecture, se remémorant les premiers amours, les espoirs les déchirures, mensonges et ruptures.
Ici un triangle amoureux intemporel à l’odeur de soufre car le mari est au front pendant les relations adultères, mais aussi la part manipulatrice, froide  du jeune adolescent.

Personnages

  • Marthe : la jeune mariée adultère
  • Mme Grangier : la mère de Marthe
  • Jacques : Le mari de Marthe, pour la plupart du temps absent au front !!

Citations :

  • Mais je ne veux pas causer le malheur de ta vie. Je pleure, parce que je suis trop vieille pour toi! Ce mot d’amour était sublime d’enfantillage. Et, quelles que soient les passions que j’éprouve dans suite, jamais ne sera plus possible l’émotion adorable de voir une fille de dix-neuf ans pleurer parce qu’elle se trouve trop vieille (25)
  • Son visage s’était transfiguré. Je m’étonnais même de ne pas pouvoir toucher l’auréole qui entourait sa figure, comme dans les tableaux religieux.(30)
  • Je devais à la guerre mon bonheur naissant; j’en attendais l’apothéose. J’espérais qu’elle servirait ma haine comme un anonyme comment le crime à notre place (30/Jalousie)
  • Rien n’absorbe plus que l’amour. On n’est pas paresseux, parce que, étant amoureux, on paresse. L’amour sent confusément que son seul dérivatif réel est le travail. Aussi le considère-t-il comme un rival. Et il n’en supporte aucun
  • N’ayant jamais pensé que je pouvais devenir responsable de quoi que ce fût, je l’étais du pire.

Lexique :

  • barbon : Homme d’un âge avancé
  • pensum: Tâche ennuyeuse

Divers :

e-book, 3,8 heures de lecture, 20/02/2014