La piscine de Yôko Ogawa

la piscine de  Yôko Ogawa
la piscine de Yôko Ogawa

Critique :

Cette petite nouvelle de Yôko Ogawa, nous confronte à l’adolescence difficile d’une jeune fille. Ses parents dirigent l’orphelinat où elle va grandir. Elle se retrouver seule parmi une multitude d’enfants abandonnés. Cette dilution des relations familiales : les petits mangent tôt avec son père,  sa mère qui vit dans son monde va provoquer une perte de son innocence.  Isolée, elle est partagée entre l’amour qu’elle porte à Jun,  la cruauté qu’elle va porter envers une petite fille : Rie. Au début faire pleurer Rie lui suffit, puis il faut que les pleurs soient plus longs, plus forts. Elle sent un dégoût envers les petits : ‘les enfants en bas âge et les animaux exotiques me glaçaient’. Sa cruauté va atteindre son paroxysme lorsqu’elle donnera un gâteau avarié à Rie : « de petites tâches roses parsemaient ses joues, ses  mains et ses cuisses.C’était comme si le chou à la crème pourri avait corrompu ses viscères, donnant ainsi naissance à des moisissures roses ». Elle taira son forfait afin de goûter la cruauté jusqu’à satiété.

Thème : Adolescence, perversité

Citations:

  • C’était une grande jarre qui arrivait à la hauteur de la poitrine d’un adulte. Tout en frottant le dos de Rie dont la respiration était agitée, je me tenais devant la jarre. J’enlevais la planche de bois à moitié cassée qui lui servait de couvercle et laissai glisser doucement le corps de Rie à l’intérieur. Je voulais entendre encore des sanglots de bébé. Je voulais goûter toutes sortes de pleurs. Rie recroquevilla ses deux jambes comme si elle était prose de convulsions et s’accrocha désespérément à mon bras. Elle était terrorisée.
  • Ses hurlements n’en faisaient plus qu’un, qui s’écoulait avec souplesse à l’intérieur de moi comme du métal en fusion.
  • Ces nourritures d’aspect grotesque jetées dans les poubelles en plastique réveillèrent ma tendance à la cruauté. Si j’enfermais Rie dans la poubelle, hurlerait-elle encore de frayeur comme le dernière fois ? Allait-elle pleurer et pleurer encore jusqu’a être trempée de larmes, de transpiration et de morves et qu’au bout d’un moment ses cuisses veloutées se couvrent de moisi comme un duvet teint avec une poudre colorée ? (49)

Divers:

  • Actes Sud, 1995, lu le 18/03/2014, emprunt bibliothèque du KB
  • La Piscine (ダイヴィング・プール Daivingu puru, 8/1990; Actes Sud 1995; novella)
  • Note : *****

 

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Le faste des morts de Kenzaburo Oé

Le faste des morts de Kenzaburo Oé
Le faste des morts de Kenzaburo Oé

Thème : Sexualité, Adolescence,  Domination, Faiblesse, Extrême droite,

Trois nouvelles sont regroupés dans cette ouvrage « Le faste des morts » 1957, « Le ramier » 1958, « Seventeen »  1963.

Le faste des morts : Le narrateur, un étudiant en lettre trouve un travail temporaire à la faculté de médecine consistant à transporter des corps. Accompagné d’une étudiante enceinte et névrosée et d’un gardien, ils ont en charge le déplacement des cadavres d’une cuve à une autre « Baignant dans un liquide brunâtre, les corps se tenaient enlacés et leurs têtes se heurtaient.« . Le narrateur semble être en dehors de son corps. Il subit des remontrances du gardien pour ses maladresses, puis du professeur de médecine qui pensait qu’il faisait ce travail pour un intérêt académique . Le rapport étrange de chacun des protagonistes avec les morts, ou des corps : »des choses sans conscience ». Les pensées ou les échanges qu’il reçoit des cadavres : « Tu as violemment bandé, non ?« , lui dit l’esprit ou le corps d’une fille flottant dans la solution de formol. Une erreur du secrétariat, les vieux cadavres devaient être embarqués pour être incinéré dans le crématorium. Travail inutile, heures supplémentaires… Un univers kafkaïen pour cette nouvelle, ou les protagonistes sont victimes de l’administration dans un travail inutile et qui semble sans fin, une atmosphère étrange et collante comme leur gants de caoutchouc.

Le ramier : Une prison d’adolescent, proche d’une décharge publique et d’un cloaque. La vie, les rapports des force entre les détenus. L’homosexualité entre les prisonniers encadrés par des surveillants sans humanité. Leur distraction qui est de collectionner des cadavres d’animaux et de les accrocher comme des trophées à un des murs. La recherche d’une punition du narrateur pour un crime pardonné: il saute du mur, se blesse, escalade de nouveau le mur pour sauter de nouveau et enfin se briser les os. Il est libéré.

Seventeen : Un jeune, sa fête d’anniversaire a été oublié. il semble transparent ou sans valeur aux yeux de sa famille : un père armé de principes libéraux qui a déserté de ses obligations de père. Il ne reste que sa soeur avec qui  il essaye de discourir, mais rapidement à bout d’arguments, acculé et en larmes il la frappe violemment. Il s’adonne à la masturbation jour et nuit, il a la phobie de s’endormir, du néant qui accompagne le sommeil, il a peu de confiance en lui-même, une peur des autres qui se transforme en haine.

La honte qu’il éprouve de lui-même suinte de ses pores, il semble que tout le monde ne voit que ses dépravations. La compétition pour les universités qu’il n’assume pas. Un de ses copains, l’invite à venir faire la claque pour la « droite extrême :Action impériale ». Il va écouter le discours démagogue parmi une foule de journalier. Ce langage simpliste plein de haine va trouver un écho dans son âme : »La voix de la révélation m’a touché ». il va trouver sa place et être adopté dans ce groupe « Tu es un garçon élu » qui va le valoriser et lui permettre d’ assouvir ses fantasmes de violence, de pouvoir et de vengeance. Il bascule et trouve dans ce parti la joie ultime d’appartenir à un groupe, d’être apprécié, respecté,  et craint des autres : « Elle regarda mon uniforme à la lumière d’une ampoule nue embuée.Puis son visage se ferma, presque odieux, et elle baissa les yeux ». Un sentiment exaltant qui ne le lâchera plus « j’aurais un orgasme qui durerait la vie entière« , une sensation de pouvoir et de force qui ne tient aucunement à un engagement politique quelconque.

Trois nouvelles, que je trouve de niveau inégales mais qui finissent dans le paroxysme de seventeen. Elles mettent à nu les sentiments et les actions primaires de l’individu : comportement , sexualité, rapport humains chez des adolescents : « Tu as dix-sept ans. Tu ne veux pas saisir ta propre chair ? » .

Citations :

  • « défense d’entrer. Défense de fumer ». La cuve était bourrée de cadavres qui tantôt plongeaient, tantôt refaisaient surface. A force de m’attarder sur ce spectacle, je sentais les mots s’hypertrophier à l’intérieur de ma gorge et remonter.(18,le faste des morts )
  • Des patients de l’hôpital, en pyjama, chaussés d’épaisses pantoufles, arpentaient lentement le trottoir. On aurait dit des carpes nageant dans les eaux hostiles du début du printemps. (p30, Le faste des morts )
  • Quand on tombe enceinte, la vie quotidienne fourmille d’espoirs négatifs. Du moins mon existence est pleine, elle en même pesante. (p32, Le faste des morts )
  • Je passais mes journées à subir le contact du thermomètre froid et dur entre mes lèvres entrouvertes et l’insertion du clystère qui me prurit à la fois une humiliation enragée et un plaisir indécent et secret, à recevoir les baisers que me donnaient les infirmières avec leur langue râpeuse, en soufflant leur haleine, et à éjaculer dans le creux de leurs mains épaisses et molles; mais j’étais tourmenté par une profonde angoisse (le ramier, p85)
  • En me regardant, ils criaient avec des ricanements : « Nous savons tout sur toi. Tu es empoisonné par la conscience que tu as de toi même et par l’éveil du printemps, tu pourris de l’intérieur. Nous lisons à travers ton misérable bas-ventre humide ! Tu n’est qu’un gorille solitaire qui se masturbe en public ! »(Seventeen, p147)
  • La compagnie d’un ami pour lequel on n’a que du mépris et plus rassurante que la solitude, dans la mesure où l’orgueil n’est pas blessé. c’est comme s’enivrer d’un mauvais alcool pour fuir l’angoisse. » (p147, Seventeen)
  • L’uniforme de l’Action Impériale imitait celui des S.S. Lorsque je marchais dans la rue ainsi vêtu, j’éprouvais là aussi une vive sensation de bonheur. Hermétiquement enclos dans cette armure comme un scarabée, j’avais la certitude que les autres ne voyaient plus ce qu’il y avait en moi de mou, de faible, de vulnérable et de disgracieux et je me sentais au paradis. (Seventeen)

Divers :

  • Edition Gallimard nrf 2005, Bibliothèque du KB
  • Lecture le 17/03/2014
  • Note : *****
gibier d'élevage de Kenzaburo Oé
gibier d’élevage de Kenzaburo Oé

La vie en gris et rose de Kitano Takeshi

La vie en gris et rose de Kitano Takeshi
La vie en gris et rose de Kitano Takeshi

Kitano nous raconte une part de son enfance sans pudeur. Une famille pauvre : un père peintre, alcoolique , rustre, violent et peu instruit. Une mère colérique se battait en vain pour que son fils travaille en classe, et n’hésitait pas le motiver à coup de beigne. Les humiliations et les joies à l’école, ou avec sa bande copain. Il y a des histoires touchantes : par exemple celle qui raconte son désir son désir d’avoir un train électrique, et qui va se terminer par une beigne de son père…

Je connaissais surtout Kitano en acteur et en réalisateur. Mais c’est ici une nouvelle facette que je découvre. Un récit autobiographique plein de sensibilité et de réalisme : « Je voudrais préserver indéfiniment ma sensibilité d’enfant. Aussi mature, aussi riche que je devienne, je veux rester intègre, fidèle à moi-même, à ma vérité ».  On pourrait facilement faire un parallèle à un « petit Nicolas » japonais, dans sa version petit Nicolas des cités … Un récit découpé en petits chapitres,  des anecdotes marquantes qui retrace sa jeunesse tout en HUMOUR, très rapide à lire.

Thème : Enfance, Adolescence,

Citations :

  • Là, les larmes me sont montés aux yeux. Je n’étais pas habitué à recevoir des compliments et , bizarrement, j’en ai conçu de l’amertume. (19)
  • Curieusement, allez savoir pourquoi, les étrangers m’impressionnaient. Et mon vieux, lui, avec ses courbettes excessives, montrait à quel point il manquait d’amour propre. D’autres auraient pu s’étonner de cette humilité, mais moi, elle me semblait normale. Rien de plus normale. Puisque le type était un dieu, tu comprends….(22)
  • La piscine : On mettait la tête sous l’eau, on nageait, on faisait la brasse papillon. Un jour, au milieu de toute cette agitation, il y en a un qui a fait caca. -C’est dégoûtant ! a crié un habitué. Hé ! Quelqu’un a fait caca !Le surveillant est arrivé avec une sorte de seau, mais il n’a récupéré que ce qui flottait à la surface. « Voilà c’st propre. Ca va maintenant », et il a remué l’eau. Tout le monde a fait comme si de rien n’était. Les clients sont retournés dans le bain, l’air fataliste: « Bah c’est pas si grave. » Un vieux bonhomme a rincé son dentier. Beurk, les bains publics vraiment dégueulasses.
  • Il n’y avait pas plus timoré que lui: il était incapable de dire ou de faire quoi que ce soit sans l’aide de l’alcool. Et, à longueur de temps, il sa faisait incendier par ma mère. Qu’est ce que tu veux foutre avec un paternel pareil !(80)
Beigoma
Beigoma :Traditional Games

Divers:

  • Edition Picquier poche, 2008, Bibliothèque du KB
  • Lecture le 16/03/2014
  • Note : *****

Les abeilles de Yôko Ogawa

Les abeilles de Yôko Ogawa
Les abeilles de Yôko Ogawa

Thèmes : Souvenir, Ennui, Solitude, Terreur, Mystère, infirmité, polar.

Critique :

C’est le deuxième ouvrage de Yôko Ogawa que j’ai en main, le premier « La petite pièce hexagonale », ne m’avait pas laissé un souvenir immémorial.

Là par contre dans les abeilles je découvre un petit diamant.

Une écriture poétique, et un mystère oppressant qui s’insinue chez le lecteur page après page, distillé au compte goutte par la jeune narratrice : son ennui d’abord, un bruit obsédant, une mélancolie. Puis l’appel d’un cousin qu’elle n’a pas vu depuis près de quinze ans, une vieille pension déserté et un directeur infirme qui subissent une décrépitude inéluctable, une disparition non élucidée. Des questions sans réponses…

Un sentiment de malaise indicible nous poursuit jusqu’à la fin de ce roman. Au final une nouvelle sublime, une écriture subtile écrite avec des mots simples qui intensifie la force de cette nouvelle.

 Synopsis :

la narratrice, une jeune femme fait un patchwork, elle est obsédée par un bruit dérangeant, l’ennui la mine.

Son cousin la rappelle après plus de 15 ans, il recherche un logement dans une résidence universitaire car il rentre à l’université ( La dernière fois qu’elle l’avait vu il avait 4 ans). Elle téléphone au directeur d’une résidence qu’elle avait fréquentée. Le directeur accepte l’inscription malgré un état de décrépitude de la résidence étudiante. Son cousin arrive, ils discutent de souvenir du passé. Le jour de la rentrée, quelques inquiétudes du cousin, rien n’a changé dans cette ancienne maison, la narratrice a des souvenirs qui émergent de sa période universitaire. Ils rencontrent le directeur handicapé ( Il a perdu une jambe et les deux bras !!). Le directeur les invite à prendre le thé : on assiste au cérémonial du thé effectué avec le menton et la clavicule. Le jour de la rentrée universitaire arrive, c’est la séparation : une nouvelle solitude. Elle passe rendre visite à son cousin, mais celui-ci cousin n’est pas encore rentré de l’université, elle prend un gouter avec le directeur, puis se lasse et rentre sans le voir. La pension semble toujours vide. Le directeur se lance dans un monologue un peu malsain décrivant les corps et les organes des jeunes, son cousin est encore à l’université. Une dizaine de jours plus tard elle retourne le voir mais un accident de voyageur dans le train le retarde.

Elle demande au directeur pour quoi si peu d’étudiant dans cette résidence : une rumeur a fait diminuer le nombre d’étudiant : Un étudiant a disparu. La police a enquêté et le directeur a été interrogé de nombreuses fois, mais l’enquête n’a rien donné, des rumeurs ont alors couru. Le directeur lui propose de visiter la chambre du disparu, il lui raconte l’attrait qu’il avait pour les mathématiques, qu’il était gaucher. Elle fait des recherches dans les journaux de l’époque pour se renseigner sur cette disparition, mais ne trouve rien. Une dizaine de jours plus tard elle retourne voir le directeur, il est alité. Son mari lui renvoie une lettre de Suède, il l’attend, partir rejoindre son mari en Suède l’inquiète. Elle se rend chaque jour voir le directeur dont la santé décline, elle ne rencontre jamais son cousin, aussi elle commence à se poser des questions :

Pourquoi les tulipes fleurissent-elles d’une couleur si étrange ? Pourquoi est ce que je n’arrive jamais à voir mon cousin ?  Pourquoi le directeur peut-il décrire aussi bien les muscles et les articulations et les omoplates de mon cousin ?

Le mystère s’épaissit …

Mes abeilles

Citations

  • Le bruit de la nuit qui s’écoule à l’intérieur de la paume, après le coup de téléphone de l’amant (p11)
  • La nature véritable du problème se cache tout au fond de la glande pinéale qui se trouve au coeur du cervelet, lui même au coeur du cerveau. (p18)
  • Les jours se succédaient, informes comme ramollis par l’humidité(19)
  • Peut-être que  vivre seul ressemble à ce que l’on éprouve quand on perd quelque chose (29)
  • L’abeille volait à nos pieds. De temps en temps, il lui prenait l’idée de s’élever et elle s’approchait alors  craintivement de nous, pour s’éloigner aussi tôt. (48)
  • Vous êtes vraiment sûr que ça ira ? Vous allez vous remettre rapidement ? insistais-je. « Bien au contraire, c’est inguérissable ». Le directeur avait laissé tomber ces mots d’une manière si cruelle et si définitive que sur le coup je n’en saisis pas la véritable signification.(57)
  • Si je restais immobile, le bruit des ailes s’infiltrait comme un liquide jusque dans les minuscules conduits de mon oreille interne.(61)
  • Ma poitrine toujours glacée vibrait encore comme les ailes des abeilles (63)

Divers : 

  • Actes Sud ,1995. Lu le 15/03/2014, Biliothèque du KB
  • Les Abeilles (ドミトリイ Domitorī, 2/1991; Actes Sud 1995; novella)
  • Note : *****
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Le Duel de Arnaldur Indridason

 Le Duel  -  Arnaldur INDRIDASON

Le Duel – Arnaldur INDRIDASON

Quatrième de couverture :

Pendant l’été 1972, Reykjavík est envahi par les touristes venus assister au championnat du monde d’échecs qui oppose l’Américain Fischer et le Russe Spassky. L’Américain se conduit comme un enfant capricieux et a de multiples exigences, le Russe est accueilli en triomphe par le parti communiste islandais, le tout sur fond de guerre froide.
Au même moment un jeune homme sans histoire est poignardé dans une salle de cinéma, le magnétophone dont il ne se séparait jamais a disparu. L’atmosphère de la ville est tendue, électrique. Le commissaire Marion Briem est chargé de l’enquête au cours de laquelle certains éléments vont faire ressurgir son enfance marquée par la tuberculose, les séjours en sanatorium et la violence de certains traitements de cette maladie, endémique à l’époque dans tout le pays. L’affaire tourne au roman d’espionnage et Marion, personnage complexe et ambigu, futur mentor d’Erlendur, est bien décidé à trouver le sens du duel entre la vie et la mort qui se joue là.
Un nouveau roman d’Indridason qu’il est difficile de lâcher tant l’ambiance, l’épaisseur des personnages, la qualité d’écriture et l’intrigue sont prenantes.

BELOMORKANAL

 

Cela n’est pas excessivement gênant, mais dans la série des enquêtes d’Erlendur, l’action de « Duel » se déroule en 1972, donc peut-être le premier du cycle Erlendur. L’enquête est menée par Marion Brem. Erlendur Sveinsson n’est alors qu’un jeune policier qui ne fait qu’une courte apparition.

Si vous pensez que l’enquête concerne le vainqueur du duel d’échec : Spassky contre Fischer, vous pouvez regarder le résultat sur Wikipédia. Ici nous avons une enquête sur un jeune garçon qui est froidement assassiné dans un cinéma, son passe temps était d’enregistrer la bande son des films. Mais nous sommes dans les années de la guerre froide, du pays de la pêche à la morue, … de la présence d’une base américaine en Islande.

Le récit est mélangé de nombreux flashback ou le passé de  Marion Brem nous est retranscrit, son enfance qui n’est pas des plus heureuse : c’est « l’enfant de la bonne »et du fils de famille qui ne la reconnait pas. Sa mère qui se noie lorsqu’elle a deux ans. Elle attrape la tuberculose et sa jeunesse se poursuit dans les sanatoriums du Danemark.

Ce n’est pas mon préféré dans ce cycle Erlendur que nous livre Indridason,  j’ai jusqu’à présent préféré  l’aspect torturé d’Erlendurk à celui de Marion.

Personnages :

  • Criminelle de Borgartun :
  • Marion Brem : femme policier, inspectrice ( sa famille possède un chauffeur et homme a tout faire Athanasius, puis deux autres domestiques dont une cuisinière. Elle est « l’enfant de la bonne », Mère danoise trois fils dont l’aîné est avocat (femme et deux filles-> père de Marion mais nie la relation, Dagmar sa mère d’origine Danoise est emportée par une vague quand Marion avait deux ans  )
    • Athanasius très ami avec avec Dagmar, s’occupe de Marion qui a attrapé la tuberculose.
    • Travaille à la bibliothèque municipale de Borgarboksafn
    • Dagny l’appelle : Papa et un pardon ?
  • Albert : Bras droit de Marion. Père de famille trentenaire, marié depuis presque 10 ans, Sa femme Gudny, et trois filles (Pala 8 ans, 5 ans, 2 ans ), et quatrième prévu l’an prochain. Passionné de musique.
  • Johannes : Chef de la criminelle (Géant proche de la retraite)
  • Hrolfur : collègue de Marion ( grandes ambitions, mais passe de nombreux jours en congés maladies)
  • Thormar : Travail à la police scientifique
  • Josef : Ancien de la criminelle en retraite. La première enquête de Marion fut celle de « la femme de la rue Unnarstigur »
  • Saemi Rokk : escorte de Bobby Fischer
  • Matthias : Ouvreur au cinéma HAFNARBIO
  • Kiddy : Caissière au cinéma HAFNARBIO
  • Rikki :délinquant mineur, alcoolique
  • Ragnar Einarsson, né en 1955, 17 ans/ A fait une hémorragie cérébrale à l’âge de 4ans  ont entraînés des lésions dans le cerveau, a passé 2 jours dans le coma.
  • Les parents : Einar le père, Klara la mère et deux soeurs (10 et 13 ans)
  • Youri Vigotski  ( N°3 dans les services secret, à la tête du réseau d’espionnage qui couvre l’Europe du Nord)

musique : Sylvia’s mother de Dr Hook en 1972, Jon Leifs, …

Citations:

  • Chaque être humain retenait son souffle dans l’attente du tournoi que tout le monde appelait le Duel du siècle, lequel devait opposer Bobby Fischer et Boris Spassky à Reykjavik. L’Islande n’avait pas connu une telle agitation depuis l’occupation par l’armée britannique pendant la seconde guerre mondiale.
  • Il est plus facile de croire en Dieu quand on sait qu’il n’existe pas.

divers :

  • ebook: 7,9 heures de lecture, 23 minutes par session, 968 pages tournées, 2 pages par minutes
  • Note : ***** (3/5)
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Eroshima de Dany Laferrière

Eroshima de Dany Laferrière
Eroshima de Dany Laferrière

Thème : Sexe, Bombe, Hiroshima, Japon, Montréal, Humour

En route vers l’apocalypse: le premier cliché sur le Japon est l’érotisme.

Critique :

Le sexe et la mort, les deux plus vieux mythes du monde. Dès les premières pages de cette nouvelle courte écrite dans un style simple je ne décolle plus. Le roman est dédicacé :« À Rita Hayworth, la star des pin-up, une rousse si explosive que la première Bombe atomique fut baptisée de son nom. »

Un style d’écriture simple, la première partie est découpé en courtes observations, environ 150, puis la narration de l’auteur se fait à la première personne, pour revenir à des observations. Un sacré degré d’humour pour nous narrer les amours d’un Nègre avec une japonaise, puis d’une juive orthodoxe. Le tout plongé dans un compte à rebours : en route vers l’apocalypse … avec des obsessions de la bombe atomique et d’Hiroshima.

Ses obsessions ou thèmes sont les mêmes que celle décrites dans le premier volume de « l’autobiographie américaine » c’est à dire dans « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer ».

Citations :

  • J’ai découvert le Sexe (ou le Désir) à sept ans sous les traits de Rita Hayworth. Ah! qu’elle était jolie, la Mort! Je n’ai pas arrêté depuis et il m’a fallu vingt-cinq ans (et la mort de Rita) pour comprendre que c’était une bombe à retardement. Tu peux te cacher n’importe où sur cette satanée planète, il y aura toujours (comme le feu au cul) la menace de la Bombe. Et pour attendre cette saloperie de Bombe, rien de moins que le Sexe. Heureusement que nous sommes un peu plus que cinq milliards répartis un peu partout sur la planète. Alors, c’est quand tu veux, ma vieille.
  • La mort, là-bas ? Mishima, Kawabata, Dazai, Akutagawa. Ils n’ont qu’une façon de mourir, semble-t-il. Se suicider. Qu’est ce qui pousse à ça ? l’orgueil ? La forme ? La beauté ? Une trop haute idée de la vie ? Ne cherchez pas la réponse. (102)
  • Je ne me suis pas encore familiarisé avec cette idée, cette REALITE de respirer, de tousser, de bouger dans la même pièce qu’une juive orthodoxe. Vous vous imaginez l’effet que ça peut faire sur la libido d’un goy nègre.
  • J’entends frapper discrètement à la porte. Myriam Rosenberg entre, et je bascule, la tête la première, dans le trou noir des phantasmes les plus pervers auxquels aucun Nègre, à ce jour, n’a jamais osé rêver.
  • J’AI DECOUVERT LA BOMBE en même temps que le Sexe. J’avais fou de suite compris que les deux généraient la mort. La Bombe, c’est la mort collective, démocratique, égalitaire. Et puis le Sexe, c’est la mort individuelle, élitiste, aristocratique. La bombe, c’est la mort dans un éclair. Le Sexe, la mort à petit feu. L’orgasme est également bref. Le temps, affirme Borges, est une convention.
  • Hoki est née à Vancouver, B.C. Elle n’a pas de dieu, Ni Confucius, ni Bouddha. Elle fait l’amour comme Lao-Tseu se tient sur son buffle.
  • Keiko continue de se caresser les seins. J’attends beaucoup de ce moment pour l’avenir de l’humanité. Le sort de la civilisation judéo-chrétienne se joue, à l’instant, entre ce Nègre et cette japonaise née à Los Angeles.
  • Rita Hayworth, la star des pin-up, une rousse si explosive que la première bombe atomique fut baptisé de son nom.
  • L’appartement est un peu concave comme si je nichais dans une coupe à cognac.

Divers :

  • Paru en 1987, second roman après « Comment faire l’amour avec un nègre sans se fatiguer » (1985)
  • ebook , 1.8 heures de lecture, 203 pages tournées, 1.9 pages par min. env
  • L’auteur s’intéresse au mouvement du spiritisme  né à Haïti

Lectures épicuriennes