Nagasaki d’Éric Faye

Nagasaki d'Eric Faye
Nagasaki d’Eric Faye

Quatrième de couverture :

Clandestine depuis un an Il s’étonnait de voir des aliments disparaître de sa cuisine : un quinquagénaire célibataire des quartiers sud a installé une caméra et constaté qu’une inconnue déambulait chez lui en son absence.

Thème : japon, société, solitude, exclusion, empathie, intégration

Critique

Je découvre tardivement ce court roman, Grand prix du roman de l’académie Française 2010, Nagasaki est une histoire courte, très courte.
La narration est effectuée par deux protagonistes, à travers leur improbable relation. l’histoire s’effectue tout d’abord du point de vue d’un cinquantenaire seul (célibataire), sans aspérité :  « l’homme des masses » qui habite une maison à Nagasaki. Il a une vie paisible, sans vague, mais une petite contrariété arrive. Il commence à avoir des soupçons : quelqu’un se sert dans sa cuisine ! Pourtant, il part tous les matins au travail en fermant sa porte à clé derrière lui. Il installe une webcam pour débusquer l’intrus.
Et ce qu’il découvrira va le déstabiliser, joie, étonnement, empathie, puis apparaît un soupçon de compassion sur cette inconnue.
Puis c’est l’histoire d’une chômeuse de longue durée, d’une durée si longue qu’elle était arrivée en  fin de droits, et qui avait du tout abandonner, pour se métamorphoser en petite souris.
Cette rencontre qui va avoir lieu entre ces deux personnages est la rencontre de deux solitudes, peut-être même de deux exclusions : une involontaire, une par dépit,  l’autre par une sorte d’évanouissement vis à vis de ses proches, par incompréhension envers ses collègues.
Cette histoire vraie,  ne laisse pas indifférent. Elle commence sur un ton humoristique, mais s’enfonce rapidement dans la réalité, un peu sordide d’une exclue de la société.  Le sujet est intéressant, l’histoire se passe à Nagasaki, mais pourrait se passer dans n’importe quelle autre métropole. J’aurais aimé connaître la suite de ces vies : celle de Shimura Kobo.

Citations

  • La peur de devoir soutenir le regard de ma clandestine. A moins que son absence n’ait accentué le sentiment d’incomplétude qui empoisonne mes jours.
  • Elle vivait chez vous depuis l’automne dernier. Et si, pendant longtemps, vous n’avez rien remarqué, c’est qu’elle avait élevé la discrétion au rang d’art de la survie.
  • Pauvre Tanabe ! Bientôt, tu seras accueilli au nirvana et  tout ira mieux, tu verras: ils ont installé à l’entrée un stand de gambas frites ou tu goinfreras à l’oeil et là, pas trop d’huile. (En parlant du régime du centenaire)
  • Non pas l’oubli de cette pauvre femme qui ne m’était rien. Mais celui de mon existence entière dont se dévoilaient tout d’un coup les dénuement et l’aridité. Aucune ambition n’y poussait plus depuis longtemps, aucune espérance non plus. Cette femme était à maudire. A cause d’elle, le brouillard s’était levé.
  • La femme d’aujourd’hui sait qu’il ne faut pas laisser les souvenirs rebondirs dans le palais des miroirs; ils deviendraient fous, comme une mouette qu’on enferme par mégarde dans une salle.

Lexique :

  • amphigouri : ‘comprenant l’amphigouri que je leur infligeais’ : Production intellectuelle confuse et incompréhensible; éloquence pompeuse et embrouillée.
  • esbigner : ‘la forme que j’avais entrevue s’était esbignée par une fenêtre’, se sauver
  • dextre : ‘comme s’il n’avait pas de dextre’ : le côté droit, par rapport au personnage qui est supposé le porter.
  • kami : Divinité, dans la religion shintoïste

Divers :

  • GRAND PRIX DU ROMAN DE L’ACADEMIE FRANCAISE 2010.
  • Cite Ranpo Edogawa : homme qui vit clandestinement à l’intérieur d’un canapé « La chambre rouge »
  • Ebook, Paru en 08/2010, 2 heures de lectures, 207 pages tournées, 1.7 pages par min environ
  • Note : *****
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Dur, dur de Banana Yoshimoto

dur dur de Yashimoto Banana
dur dur de Yashimoto Banana

Thème : surnaturel, mort, forces occultes, amour, souvenirs,

Deux nouvelles « Peau dur » et « Coup dur ».

La première nouvelle nous plonge rapidement dans le thème du surnaturel, des force occultes, de la mort. Tout ce cheminement dans cette obscurité est causé par le ressenti de la perte d’une amie proche. La narratrice lors d’une randonnée s’approchera d’un sanctuaire d’ou émane des souffrances, d’une rencontre avec un fantôme dans un hôtel. Elle même semble  appartenir plus au monde des ténèbres que celui des vivants, tant elle est emprunt de vision de l’au delà, entouré de fantôme du passé.  Plusieurs incendies à priori sans relation la suivent également.

L’écriture est emprunt de poésie, on retrouve de la tendresse, de la douceur, compassion  dans cette deuxième nouvelle. La fin de vie, du ressenti des proches, et du vide qui va être causé par la mort d’un être proche. On retrouve la symbolique de l’automne qui accompagne cette disparition.

Synoptique :

  1. Le petit sanctuaire: la narratrice fait une randonnée, ses pas s’alourdissent. Elle se s’en retenue par des forces occultes. Elle se remémore sa liaison avec une femme.
  2. L’hôtel:
  3. Le rêve: C’est plutôt une suite de cauchemars concernant Chizuru
  4. La visiteuse : Elle ouvre à une inconnue qui est sortie de sa chambre, après une dispute avec son amant. Lui raconte ses déboires: Sa vie avec Chizuro, qui  est hypersensible, manique, ne dort pas, chuchote aux revenants. Cela déteint. Une fois quitté l’appartement, elle apprend par une amie qu’un incendie à eu lieu et que Chizuru est décédée, elle lui semblait pourtant l’avoir eu au téléphone . L’autre lui parle de suicide raté, elle prend peur et se rend à la réception demander la clé. Elle est la seule cliente de l’hôtel, on lui annonce qu’il y a effectivement eu un double suicide mais elle n’a vu que la femme décédée, l’amant s’en est sorti.
  5. La pièce aux tatamis : elle semble déclencher des incendies partout où elle passe. Elle semble entouré de fantômes . La femme de la réception lui raconte les évènements, puis lui propose de partager un futon de sa chambre. Elle s’endort.
  6. Encore un rêve: Elle se retrouve dans l’appartement de Chizuru, du brouillard…
  7. La lumière du matin: Elle retourne dans sa chambre prendre ses affaires, deux verres sur la table, paye puis se dirige vers la gare.

Champ lexical : ensorcelé, étouffé, triste, chagrin, morne tristesse, larme, noir des ténèbres, froid, crasseux, remords, pleurer, exorcisme, état lamentable, yeux rouges tout gonflés,  teint diaphane…

Coup dur :

  1. A propos de Novembre :La soeur est dans le coma, suite à une hémorragie cérébrale.
  2. Les étoiles : On va débrancher sa soeur, elle va chercher les affaires de sa soeur dans son entreprise.
  3. La musique :On a débranché la machine de sa soeur, accompagné au crématorium, le vide apporté après la disparition de sa soeur. elle est sous le charme de Sakai ( qui aurait été le frère de son beau-frère)
  4. Raconte les quelques jours avant son hémorragie, son coma, son mariage annulé, de l’amour . les souvenirs qui les accompagnent pendant son coma (nostalgie d’un passé heureux et insouciant )

Citations :

  • Mais ce sont les vivants qui me font le plus peur. Comparés à eux, les lieux, même les plus redoutables, ne sont que des lieux, les fantômes, même les plus effrayants, ne sont que des morts. J’ai toujours pensé que, pour inventer le pire, l’homme n’avait pas son égal. (p17)
  • Et puis, quand je vois des gens normaux, ça m’angoisse : j’ai l’impression que c’est moi qui suis un peu fêlée.(49)
  • Dehors s’étendait un brouillard presque palpable, aussi épais que du lait (50)
  • « Tu sais on va bientôt débrancher l’assistance respiratoire », a-t-il dit, à peu près du même ton qu’il m’avait annoncé autrefois: « Pochi est mort ». Pochi était son chien préféré, on l’avait eu à la maison pendant des années. Ca montrait bien la profondeur de sa tristesse (114)
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Le marin rejeté par la mère de Mishima

Le marin rejeté par la mer de Mishima
Le marin rejeté par la mer de Mishima

Quatrième de couverture :

Noboru Kuroda, 13 ans vit seul avec sa mère dans la banlieue de Yokohama. Il découvre un soir que sa mère a une aventure avec un officier de la marine marchande, Tsukazaki Ryûji. Pour le jeune garçon, qui subit l’influence du chef de sa bande d’amis, le marin représente l’aventure et plus largement les valeurs masculines traditionnelles. Alors qu’il l’idéalise et projette sur lui l’image d’un surhomme, le marin se révèle un brave homme, aspirant à la tranquillité et à la sédentarité. Déçu, Noboru décide, avec ses amis de le punir.

Thème : adolescence, amour, mort, torture,

Critique :

Noburo, un garçon de 13 ans, surprend avec délectation les relations amoureuses de sa mère veuve avec un marin. Il fait de ce marin son héros car il symbolise pour lui un vrai homme qui affronte et combat quotidiennement les éléments sur son navire.  Pour Noburo c’est un être exceptionnel sans faiblesse, dur, viril. Il se vante à sa bande de copains d’avoir trouver un héros. Un cas d’étude pour les autres enfants de la bande et du chef qui n’ont que des pères lâches, serviles. Mais l’image du héros de Noburo va vaciller, il se rend compte que son héros n’est pas aussi exceptionnel qu’il aurait pu se l’imaginer. Noburo le met à l’épreuve, mais le marin est amoureux, doux, respectueux, il n’est pas à sa place dans le rôle d’un père. Il se fait ridiculiser par le chef de la bande et de ses copains.  Le chef leur fait partager sa haine du système : « Les pères !… Parlons-en. Des êtres à vomir! Ils sont le mal en personne. Ils sont chargés de tout ce qu’il y a de laid dans l’humanité. Il n’existe pas de père correct. C’est parce que le rôle de père est mauvais. Les pères stricts, les pères doux, les pères modérés, sont tous aussi mauvais les uns que les autres. Ils nous barrent la route dans l’existence en se déchargeant sur nous de leur complexe d’infériorité… ». La douceur leur fait honte et n’est pour la bande qu’un synonyme de lâcheté, et va les entraîner à  des actes d’une violence inouïe.  Le chef va canaliser cette haine sur le groupe d’adolescent psychopathe. Noburo va offrir une offrande au chef pour expier sa faute : l’idole déchu du marin.   Et c’est sous la forme d’un rituel préparé et testé sur un chaton que ce rite initiatique va être testé sur le marin pour leur permettre de passer au monde adulte.

Un récit sobre, des images poétiques. Une lecture qui ne laisse pas indifférent et qui dérange mais indiscutablement à lire.

Synoptique :

Première Partie : L’été

Chapitre 1 : Il découvre un trou dans le mur qui donne sur la chambre de sa mère, et il l’épie les jours ou celle-ci est en colère. Rencontre avec Tsukazaki.

Chapitre 2 : On découvre Tsukazaki, qui rêve de gloire, a peu de lien avec ses camarades, taciturne ?

Chapitre 3 : La mère dirige un magasin ‘Rex’.  On revient sur la première rencontre avec Ryûji : lors d’une visite du cargo Noboru s’extasie devant le bateau, pose de nombreuses questions.

Chapitre 4: Ryûji a un degré de fierté, de vanité d’image de lui-même qui l’éloigne un peu de la réalité Il frémit devant la douceur infinie de Fusako,

Chapitre 5: Ryûji rencontre Noboru en se rendant chez sa maîtresse, cela met Noburo mal à l’aise ( Il n’est pas allé aux bains comme promis à sa mère, il a traîné avec sa bande copains). Il est sous l’autorité du N°1, raconte la nuit de sa mère avec son amant.  On voit en lui la passion de la mer, ou il rentre en confrontation avec N°1, Chez le chef, le chef ordonne à Noburo de tuer un chaton : »il se sentait un géant », puis le chef découpe le chat au scalpel.

Chapitre 6: Noboru est gêné de la présence de Ryûju, (peur d’être couvert de sang, de ne pouvoir présenter Ryûju comme un héros car il ne porte pas son uniforme), il le trouve ridicule. Puis Noboru une fois chez lui le harcèle de questions, le rêve réapparait dans ses yeux, il redevient un enfant.

Chapitre 7:Fusako recherche avant tout la stabilité, d’une garantie de sécurité, tendresse, paix physique. Un amour XXX. Noboru apprend qua sa mère ne rentrera pas dormir. Il enrage d’échapper à leur ébats. La gouvernante l’enferme également dans sa chambre. Liste des charges relevés contre  Ryûji consigné sur son cahier.

Chapitre 8 :Le cargo part pour le Brésil

Deuxième partie : L’hiver

Chapitre 1 : 30 décembre, Fusako attend sur la jetée, er retrouve Ryûji. Elle l’amène à la maison. Noboru lui rend un accueil des plus mitigés, il est fiévreux. il essaye de combattre ses sentiments, le cadeau ramené par Ryûji. Il lui demande la date de son départ.

Chapitre 2: Ryûku et Noboru font les préparatifs du jour de l’an. Le lendemain matin à l’aube Ryûji et Fusako sortent voir le levé du jour. Il lui demande sa main.

Chapitre 3: Le Rakuyo lève l’ancre le 5 Janvier sans Ryûji à son bord. Fusako reprend le travail chez Rex. Elle rencontre Yoriko et déjeune avec elle. Elle lui confie ses projets avec Ryûji. Yoriko est convaincu mais lui propose de faire une enquête sur Ryûji. Yoriko raconte quelques uns de ses déboires et la met en garde. Fusako commande une enquête qui s’avère être sans tâche pour Ryûji. Ryûji démarre son apprentissage aux magasins Rex

Chapitre 4:Le collège ouvre ses portes le 11 janvier, la bande se reconstitue. Ils ne s’étaient pas vu pendant toutes les vacances. Le chef le relance sur le héros revenu. Il est le seul sans père, sa position est envié par les autres.

Chapitre 5: Sa mère annonce à Noboru qu’elle va se marier le mois prochain, et qu’il devra appeler Ryûji papa. Noboru cherche à devenir dur. Il se remet dans le placard pour observer les ébats du couple. Mais cette fois ci, dans l’obscurité Fusako se rend compte que son fils le regarde. Elle rentre dans une colère folle. Ryûji arrive, Fusako lui demande de lui donner une leçon, mais Ryûji mal à l’aise dans le rôle de père ne lui donne qu’une leçon de moralité. Pour l’adolescent,  douceur signifie faiblesse écœurante.

Chapitre 6: Noboru raconte à la bande les chefs d’accusation evers Ryûji, Le chef prévoit de le sacrifier, afin d’obéir au commandement suprême de la liberté humaine pour remplir le vide du monde.  Ils ne sont pas légalement coupables, ils ont tous moins de 14 ans, l’exécution est prévue pour le lendemain.

 

Les personnages :

  • Noboru Kuroda : 13 ans, le N° 3 de la bande
  • Fusako Kuroda : La mère 33 ans
  • Tsukazaki Ryûji : l’officier en second de marine marchande navire Rakuyo
  • Shibuya : Directeur du magasin rex
  • Kasuga Yoriko : Actrice de cinéma, cliente chez Rex
  • M Honda : Le réalisateur de film

Citations

  • La vulgarité du monde apparaissait dans les endroits éclairés et dans ceux où régnait une ombre douce (16)
  • Il ne pleurait jamais, même en rêve, car la dureté du coeur était chez lui un point d’orgueil. (17)
  • Les doigts de Ryûji touchèrent les bouts des sens sur la robe de coton bleu. Elle tourna légèrement la tête, ses cheveux lui chatouillèrent le nez. Comme toujours, il eut la sensation d’être venu de très loin, de l’autre bout de la terre pour arriver à un point délicatement sensible, un frisson au bout de ses doigts près d’une fenêtre un matin d’été. (29)
  • Tu as bien travaillé. Je crois que tu peux dire que ceci a fait de toi un homme véritable. Quoi qu’il en soit, de voir ce sang doit te donner la sensation d’être brave. (67 le chaton)
  • La douceur de ses lèvres, sa bouche si rouge qu’il pouvait la voir dans l’obscurité avec les yeux fermés, infiniment humide, une tiède mer de corail, sa langue s’agitait sans repos comme une algue: dans toute cette extase il y avait quelque chose qui se rattachait directement à la mort.(83)
  • Cette fois je vais vous parler de moi. dans ce voyage de Janvier, du matin au soir je ne pouvais faire un pas sans me heurter à mon vieux, ou à ma vieille. Les pères !… Parlons-en. Des êtres à vomir! Ils sont le mal en personne. Ils sont chargés de tout ce qu’il y a de laid dans l’humanité. Il n’existe pas de père correct. C’est parce que le rôle de père est mauvais. Les pères stricts, les pères doux, les pères modérés, sont tous aussi mauvais les uns que les autres. Ils nous barrent la route dans l’existence en se déchargeant sur nous de leur complexe d’infériorité, de leurs aspirations bons réalisés, de leurs ressentiments, de leurs idéaux, de leurs faiblesses qu’ils n’ont jamais avouées à personne, de leurs fautes, de leurs rêves suaves et des maximes auxquelles ils n’ont jamais eu le courage de se conformer; ceux qui sont le plus indifférents, comme mon père, ne font pas exception à la règle.
  • Toujours plongé dans son rêve il but d’un trait le thé tiède. Après l’avoir bu, il lui trouva un goût terriblement amer. Comme chacun sait, la gloire est amère.

Divers:

  • Commandé en occasion sur Amazon, publié en 1963, édité en 1979. Sent le vieux bouquin 🙂 qui a bourlingué. Recommandé par Andman.
  • Note : ***** (4,5/5)
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La course au mouton sauvage de Haruki Murakami

La course au mouton sauvage de Haruki Murakami
La course au mouton sauvage de Haruki Murakami

Quatrième de couverture

A Tokyo, un jeune cadre publicitaire mène une existence tranquille. Il est amoureux d’une jeune fille par fascination pour ses oreilles, est l’ami d’un correspondant qui refuse de lui donner son adresse pour de confuses raisons…, jusqu’au jour où cette routine confortable se brise.Pour avoir utilisé une photographie apparemment banale où figure un mouton, sa vie bascule. Menacé par une organisation d’extrême droite, il va se mettre en quête de cet animal particulier, censé confèrer des pouvoirs supra-naturels…

L’écriture de Murakami, à mi-chemin entre réalisme et fantastique,  par son inventivité et son humour, place ce roman dans un univers qui paraîtne rien devoir aux classiques japonais. Son auteur est sans aucun doute l’un des représentants les plus originaux de la littérature nippone contemporaine.

Thème : amour, désoeuvrement, errements, poésie, folie, imaginaire

Critique :

Murakami n’a de cesse d’immerger le lecteur que je suis, dans un univers mêlant poésie, fantastique et onirisme, à travers ces histoires étranges, fantastiques. On est plongé dans du quotidien, bercé de poésie surréaliste : « de la libération des oreilles », « d’une neige qui ressemble à la cervelle des gens », de rêve emprunt de symbolisme (« vache et la tenaille »).

Nous sommes souvent plongé entre deux mondes : celui du réel mêlant errements et désœuvrements puis des moments de folies poétique. On se demande si l’écriture n’est pas faites sous substances hallucinogènes ? Pour le réel, on est tout au long de ce récit guidé musicalement par les musiques américaines : Rolling Stones et les Beach boys, puis le Jazz. Musique que l’on se doit d’écouter en lisant afin de rythmer cette course harassante au mouton.

Le narrateur lit les nouvelles aventures de Sherlock Holmes, peut-être  un guide de lecture pour le lecteur dans  cette enquête au mouton. Un mouton spécial, d’une race inconnue : «  Un mouton d’un blanc pur, avec sur le dos une touffe de poils bruns décrivant la forme d’une étoile “, plutôt une race qui n’existe pas, un genre de mouton extra-terrestre qui …. Je vous laisse découvrir.

Dès Lors que j’eu finit la dernière page de « La course au mouton sauvage », il m’a semblé tomber dans un état de « manque-mouton », j’ai regardé par la fenêtre et « Le ciel était d’une pureté à vous donner mal au coeur », on m’a alors demandé : « -Tu peux me résumer ? », « -Si je résume, ça n’aurait plus aucun sens. ».

Bon, je vous laisse je vais allé nourrir ma « Sardine », et écouter un disque de Bill Withers par exemple.

Quelques repères de lecture

  • Chapitre 1 : 25/11/1970
  • Chapitre 2 : Juillet 1978
    • De 16 pas en avant :Le narrateur rentre de l’enterrement d’une fille morte dans un accident de voiture, elle a eu plus de 13 fractures, il est ivre. Il conclut son divorce
    • 2. De la libération des oreilles
  • Chapitre 3 : Septembre 1978
  • Chapitre 4 : La course du mouton sauvage
    • Le pénis : Il raconte sa vie en 9’20 » à la fille aux belles oreilles, une liaison démarre
  • Un inconnu rentre dans les bureaux : « il devait avoir entre trente-cinq et quarante ans, un mètre soixante-quinze, et pas un gramme de chair superflu » (47), « un silence de plomb, comme si l’on venait d’assister à une énorme tuerie, prit possession de la nièce ». On est confronté à une atmosphère lourde, irréel. L’inconnu souhaite faire interrompre une campagne de publicité de la compagnie d’assurance P. Photo représentant un paysage de Hokkaido avec nuages, montages, moutons et prairies. Si le marché est conclu un dédommagement, sinon ils seraient « out ».
    • 3. Le « Maître »: Cette demande provient d’un membre de l’extrême droite
    • 4. Compter les moutons : J’étudie photo, compte les moutons et boit deux whiskies, rendez-vous à 4 heures, je sombre dans une sieste.
    • 5.La limousine et son chauffeur : Il discute avec le chauffeur et termine sa sieste en écoutant du Bach.
    • 6. De l’univers du lombric : Description de l’arrivée à la demeure du Maître
  • Chapitre 5 : Lettres du rat et nouvelles péripéties
    • 1. La première lettre du Rat, cacheté à la date du 21/12/1977:
    • 4. elle me raconte le bruit des vagues en buvant un salty dog : il rencontre le fille et lui donne une lettre, ainsi que lui a demandé le rat
  • Chapitre 6 : La course au mouton sauvage (2)
    • Un homme étrange au propos étranges : Il rencontre un disciple du maître et discute sur les compensations possibles, essaye d’avoir des informations sur la provenance de la photo, puis philosophent de la race du mouton
    • Un homme étrange au propos étranges (2) : L’inconnu lui raconte qu’il y a un vieux  (Le Maître) avec une tumeur du cerveau et qu’il est proche de mourir. La tumeur a été détectée par un contrôle médical effectué sur les criminels de guerre de classe A,  en automne 1946
    • 3. La limousine et son chauffer (2) :Le chauffeur qui est chrétien lui donne le téléphone de Dieu
    • 4. Fin de l’été, début de l’automne :
    • 5. 1 sur 5000 :  Il n’ a que 5 000 moutons à Hokkaido, allons-y…
    • Ils font leurs achats pour partir, la fille aux belles oreilles l’accompagne, il la prénomme ‘ma girlfriend’
    • 7.Un esprit étroit mais obstiné: Il donne à garder son chat à l’homme en noir du « maître » (humour) . Il téléphone à son ami pour lui raconter, lui laisser la direction de la compagnie, car il s’absente un temps indéterminé
    • 8.Naisance de sardine: Il donne le chat au chauffeur, celui-ci n’a pas de nom. Le chauffeur propose ‘sardine’ alors
  • Chapitre 7 : Aventure à l’hôtel du Dauphin
    • 1. Fin du parcours dans une salle de cinéma. En route vers l’hôtel du Dauphin.
    • 2. Le docteur es moutons entre en piste: Après plusieurs de journées infructueuses, ils discutent avec le directeur de l’hôtel, et … L’hôtel ou il se trouve appartenait à l’association ovine,
    • 3. Il mange et parle énormément, le Docteur es moutons:  Ils rencontrent le père, qui lui narre son histoire: il a communiquer spirituellement avec un mouton en
    • Ils ont finalement trouvé la maison qui se troue sur la photo, elle semble appartenir ou être habité par le Rat.
    • 5. Elle quitte la montage. Je suis assailli par la faim: Il est arrivé au moitié du délai et n’a encore rien trouvé.
    • 6. Découverte dans le garage. Méditation au milieu de la prairie
    • 7.L’homme-mouton entre en scène.
    • 8.L’itinéraire privilégié du vent. Moment de désœuvrement, isolé avec les premières neiges. Il pense à sa Girlfriend, son collaborateur … Il lui semble se faire manipuler.
    • 9. Le visible et l’invisible dans le miroir.
    • 10. Et le temps s’en fut: Le rat fait son apparition
    • 11. Les habitants des ténèbres :
    • 12. Le Rat remonte la pendule: But « Royaume fondé sur le concept d’une anarchie absolue », Est ce que le monde va devenir meilleur ? ,  Sa Girlfriend à le don d’attirer les choses à elle
    • 13. Fil vert, fil rouge et mouette gelée
    • 14. Nouvelle visite au virage de mauvais augure
    • 15. Le thé à Jûnitaki

Les repères musical :

On est comme toujours bercé par un peux de musique, ici les Rolling Stones ou les Beach boys , Bill Withers, Johnson Brothers, Maynard Ferguson, Nat King Cole ‘South of the Border’, Percy Faith Orchestra ‘Perfidia’ , Bing Crosby ‘White Christmas’, Benny Goodman ‘Airmail Special’,

Roman de Conrad, les vies parallèles de Plutarque, un recueil de tragédies grecques, les aventures de Sherlock Holmes, Généalogie du parasitisme,

lexique :

  • un ciel de seconde main
  • Le ciel était d’une pureté à vous donner mal au coeur.
  • salty dog : vodka + jus de pamplemousse
  • Classe A : crime contre la paix visait uniquement les hautes sphères du pouvoir et ceux qui avaient planifié et dirigé la guerre.

Citations

  • Quand on tient le noyau du monde de la pub et de la politique, plus rien n’est impossible (53)
  • On pourra penser que coucher avec les filles est une chose tout à fat essentielle, on pourra aussi bien se dire le contraire. S’il y a l’amour comme acte d’hygiène personnelle, il y a aussi l’amour pratiquée en dilettante.
  • « C’est difficile de bien parler des choses dont on a vraiment envie de parler, tu ne trouves pas ? – Je ne sais pas », lui dis-je.
  • Une tristesse comparable à l’agonie d’un âne mourant  de faim entre deux tas de foin identiques dont il ne saurait lequel manger en premier.
  • Une neige qui ressemble à la cervelle des gens. Et qui s’amoncelle sans relâche, comme la cervelle des gens (cette phrase ne veut rien dire).
  • Un écrivain russe disait que su le caractère pouvait s’altérer quelque peu, la médiocrité demeurait identique pour l’éternité. ils sont quelquefois très avisés, ces russes. C’est sans doute qu’ils ont tout l’hiver pour gamberger .
  • Cependant entre parler avec franchise et dire la vérité il y a un monde – comme la distance entre la proue et la poupe d’un bateau. La franchise apparaît d’abord, la vérité vient en dernier. L’écart temporel entre les deux est directement proportionnel à la dimension du navire.
  • De manière générale on peut diviser les humains en deux catégories : les médiocres au regard du réel, et les médiocres au regard de l’irréel.(95)
  • Certes, ses théories, sa vision du monde d’idéologue de l’extrême droite étaient infantiles.
  • J’entendais seulement un bruit comme si des centaines de nains balayent l’intérieur de ma tête. Le temps avait beau passer, ils ne lâchaient pas leur balai. Aucun d’eux n’avait cependant l’idée de se servir d’une pelle.
  • Pour ce qui concerne ma vie sexuelle, la thèse importante est bien: « Nous ne sommes pas des baleines ».
  • Elle regardait le fuselage ramassé du 747 en se mordillant les lèvres. Je fis de même. Le fuselage des 747 me rappelait toujours une grosse femme toute laide qui habitait autrefois dans mon quartier. Son énorme poitrine affaissée, ses jambes gonflées, son cou desséché. L’aéroport m’apparut comme le point de rassemblement de ces femmes-là.
  • C’était une grande pièce. Grande et silencieuse,avec une odeur de vieille grange. Une odeur que j’avais respirée dans mon enfance. Une odeur d’heures vieillies que seuls rendent les meubles vermoulus et les tapis mis au rancart. (211)
  • La lumière jaune de la lampe était suspendue dans le vide comme du pollen.(214)
  • Comme une coulée d’huile, les ténèbres  firent intrusion en moi par mes oreilles. (243)

Divers :

ebook, 10,5 heures de lecture et de bonheur, 703 pages tournées, 1.1 page par minute environ. finit le 6/03/14

Tonbo de Aki Shimazaki

tonbo de Aki Shimazaki
tonbo de Aki Shimazaki

Quatrième de couverture :

Nobu a fondé en 1981 un juku, établissement de cours privés spécialisé dans la préparation des examens. Six ans plus tard, avec la visite inattendue d’un homme qui réveille le souvenir du suicide de son père, il apprend une tout autre histoire que celle qui a assombri sa jeunesse. Professeur respecté, injustement accusé d’avoir provoqué la mort d’un élève rebelle, le père de Nobu avait vu son destin littéralement pris dans les mailles inextricables d’une rivalité d’étudiants. Mais le drame d’alors prend aujourd’hui une tournure imprévue. Après le remarquable succès public de son cycle Le Poids des secrets, récompensé au Canada par plusieurs prix littéraires, Aki Shimazaki construit un nouveau projet romanesque à multiples facettes : chaque titre de la série composée pour l’instant de Mitsuba, Zakuro et Tonbo peut se lire indépendamment, mais ensemble ils éclairent dans toute leur complexité des secrets familiaux imbriqués dans la cruelle réalité du monde professionnel et de l’Histoire japonaise. Dépouillée, aussi précise qu’économe, la plume d’Aki Shimazaki n’en est pas froide pour autant : son art de la litote suscite une empathie remarquable et crée un suspense psychologique tout à fait fascinant.

Thème : voyage psychologique, enseignement, culpabilité, suicide, déshonneur

Critique :

J’ai commencé Tonbo, en m’apercevant à mi-lecture que c’était le troisième volume de la série « Le poids des secrets »…. Bref, le principe de la série est une suite de livres donnant à chaque fois des points de vue différents à la même histoire. Donc j’espère ne pas m’être égaré.

L’histoire est celle d’une famille ordinaire, ni riche, ni pauvre, rien de spécial, Sauf un incident de parcours : le père de Nobu se suicide en 1972, il était professeur de biologie. Son père gifle un élève lors d’un cours et celui-ci meurt le lendemain. Cet élève avait un grave problème cérébral. La gifle et son décès n’était qu’une coincidence. Les médias déformèrent l’affaire : »un élève tué à coups de poings ». Son père démissionne puis est lentement poussé au suicide.

On a différents aspects des coutumes et de la vie japonaise, du rapport au travail :  « j‘ai refusé l’ordre de mutation à Sao Paulo« , « Perdre son travail, ce n’est pas seulement perdre de l’argent. C’est aussi perdre sa confiance en soi et son but dans la vie« , de l’importance de l’entreprise dans la vie d’un employé. jusqu’à celui du suicide. L’individu au Japon se définit par rapport à la relation à l’autre et non en terme d’individualisme. « Tu n’es pas responsable des actes de ton père. Oublie-les. C’est ta vie qui compte » est choquant et n’est pas coutume au Japon. Nobu insiste particulièrement sur l’identité la perte de la culture, les racines,

Je n’ai pas été convaincu par ce roman, comme il appartient à une pentalogie, il me reste à lire les autres volumes

Personnages:

  • Tsunoda Nobu  : le narrateur
  • Haruko : l’épouse ( Travaille à l’hopital ), 2 enfants ( un fils et une fille )
  • M Miwa : Propriétaire du batiment du Juku
  • Mme Wada : Employée  de bureau au Juku
  • Yûko : réceptionniste à la compagnie Goshima ( à une fille Mitsuba)
  • M Tsunoda (père de Nobu) :
    • Kazuo Yada : élève décédé ( Kazu)
    • Sawako (Akitsu) : délégué de classe
    • Jirô Tanaka: ou Kano, Tanaka est le nom de famille de sa femme, beau-fils adoptif Jirô Kano

Lexique :

  • kokugo : langue nationale
  • juku : établissement éducatif, centre culturel.

Citations :

  • Perdre son travail, ce n’est pas seulement perdre de l’argent. C’est aussi perdre sa confiance en soi et son but dans la vie
  • A notre troisième rendez-vous, j’ai demandé à Haruko de m’épouser. Elle a dit « Oui, avec une condition ». J’ai d’abord cru qu’elle voulait que je devienne chrétien. Cela me semblait compréhensible et j’y étais prêt. Je me trompas. Elle voulait simplement que j’arrête de fumer. Je m’étais mis à fumer après la mort de mon père, pour échapper au stress, surtout quand j’étais seul. J’ai accepté la condition de Haruko. Je ne fume plus.
  • Un enfant peut-être cruel, quel que soit son milieu familial.
  • Mon père s’est suicidé à la fin de la saison des cerisiers. Le temps était nuageux, anormalement froid pour cette période, c’était un jeudi matin.
  • Un thème récurrent de la littérature russe est la relation entre le tourmenteur et sa victime

Divers :

-Ebook / 2,7 heures de lectures / 2/3/2014

Née au japon. Aki Shimazaki vit a Montréal depuis 1991.

Appartient au cycle « Le poids des secrets », en cinq volumes :

  1. Tsubaki
  2. Hamaguri
  3. Tonbo
  4. Wasurenagusa
  5. Hotaru : prix de Gouverneur général en 2005
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Le meurtre d’O-Tsuya de Junichorô Tanizaki

Le meurtre d'O-Tsuya de Junichorô Tanizaki
Le meurtre d’O-Tsuya de Junichorô Tanizaki

Thème : amour, manipulation, perfidie féminine

Résumé :

  1. L’histoire débute dans la maison d’un prêteur sur gage, Shinsuke tient la maison alors que les patrons sont absents. Il est amoureux de leur fille, mais  la différence de milieux rend la liaison ou un mariage impossible. O-Tsuya le charme, lui propose de fuir ensemble. Shinsuke tente de résister, sachant qu’il doit tout à la famille de O-Tsu. Seiji ami de la famille d’O-Tsuya, qui côtoie les quartiers des plaisirs connaît la très grande beauté O-Tsu, il découvre leur amour et leur propose de jouer l’entremetteur. Le couple se réfugie alors chez Senji  qui leur promet de veiller sur eux jusqu’à ce que leurs familles respectives acceptent de consentir à leur mariage.
  2. Hébergé chez Seiji, Les jours passent bientôt une année, rien ne se passe concernant les prémisses des négociations en vue d’un mariage. O-tsu change auprès des geishas qu’elle côtoie, elle se plait dans ce milieu. Seiji annonce un entretien entre Shin et son père, O-Tsu veut être présente, mais Santa refuse ne voulant pas désobéir aux ordres Seiji. Santa et Sshinsu arrivent en retard au rendez vous. Seiji le saoule puis s’en va prétextant un rendez vous. En rentrant Santa tente de le tuer sur ordre de Seiji, mais il se fait occire par Shinsuke.  Il part à la recherche de O-Tsu, mais il ne trouve que la maîtresse de Seiji, tente d’obtenir des informations, mais celle-ci se moque. Il l’étrangle.
  3. Kinzo héberge Shin celui-ci lui narre ses péripéties, il promet de se livrer aux autorités une fois qu’il aura retrouvé et sauvé O-Tsu.Kinzo fait recherché O-tsu, il la retrouve, elle se fait appeler  Somekichi et travaille comme geisha. Shin parvient à la rencontrer, ils se racontent leurs mésaventures : kidnappé par Seiji, qui la courtise sans succès, puis racheté par Tokubei elle devient Geisha. Shin lui explique qu’il a tué deux personnes. Il souhaite expier ses crimes et que O-Tsu rentre auprès de sa famille, voir son père souffrant. O-Tsu ne désire pas quitter sa vie actuelle, ils se donnent trois jours ensemble avant de se quitter, puis O-Tsu embrouille Shin avec un rendez vous qu’elle doit honorer.
  4. O-Tsu et Tobukei font prévoient d’extorquer une personnalité de haut rang, Shin doit les retrouver déguisé. Il a encore des remords. Le plan ne fonctionne pas, Shin arrive à les sauver. On s’aperçoit alors de la vraie nature de O-Tsu.
  5. Scène finale : Kinzo vient rappeler sa promesse à Shin, Seiji se rapproche de O-Tsu …

Critique

J’ai lu avec plaisir ce petit roman de Tanizaki, qui traîne du désir, de l’amour et de la perfidie féminine. Cet amour porté par le jeune  Shinsuke le mène à commettre les pire méfaits afin de se rapprocher de l’être aimé O-Tsu. Ici l’amour rend bien aveugle, et fait oublier à Shinsuke toutes ses promesses, ses principes, ses valeurs. Naïf et aveuglé par son amour pour celle-ci. Shinsuke multiplie les méfaits, le rythme s’accélère au fur et à mesure que l’on avance dans la lecture : « Il ne pouvait plus regarder le visage de quelqu’un sans imaginer immédiatement une scène où ce corps ne serait plus qu’un atroce cadavre ».

je m’interrogeais pour savoir jusqu’à quelle ruse peut aller la nature de O-Tsu pour sauvegarder ses intérêts, et manipuler Shinsuke… Bref une histoire d’amour tragique, de trahison et de jalousie, la fin évidemment n’a pas énormément de suspens.

Personnages

  • Harugorô : poissonier
  • Suruga-ya : prêteur sur gage à Tachibana
    • O-Tsuya : (O-Tsu) fille de la maison, très jolie, capricieuse
    • Shinsuke : (Shin) Garçon en apprentissage,
    • O-tami : servante
    • Shôta : commis, s’occupe des clients du magasin

    Seiji : chef d’une entreprise de batellerie, adepte du quartier des plaisirs

    • Santa : homme de main de Seiji (second couteau)
    • O-Ichi : sa troisième femme
  • Tokubei : Tenancier d’un établissement de Geisha
  • Kinzô : Relation du père de Shin, joueur professionnel
  • Serizawa : Guerrier de haut-rang
  • Sunamura : Relation de Tokubei

Citation :

  • Le corps de Santa, qui, à peine quelques instants plus tôt, riait, se fâchait, se démenait, était bizarrement silencieux, échoué là comme un débris de bois, et quand il se mit à tâter le bout des orteils, ce fut à la fois effrayant et ridicule. Ainsi, se dit-il, ce qu’on appelle un être humain peut être aussi pensé comme une ingénieuse machine aux curieux ressorts.
  • Non, il n’y avait rien qui surpassât l’état de geisha! Quoi de plus rafraichissant que de mener en bateau quelque jobard qui se laissaient plumer ! (77)
  • Shinsuke ne pouvait plus regarder le visage de quelqu’un sans imaginer immédiatement une scène où ce corps ne serait plus qu’un atroce cadavre.(112)

Le fusil de chasse de Yasushi Inoué

le fusil de chasse de Yasushi Inoué
le fusil de chasse de Yasushi Inoué

Thème : Amour, adultère

Le poème « le fusil de chasse » n’est en fait qu’un fil déclencheur à la révélation d’une liaison. Un certain Josuke Misugi se reconnaît dans les traits du personnage du poème paru dans un journal de chasse. Il écrit une lettre à l’auteur  admirant sa perspicacité, et le sentiment d’orgueil d’être ainsi cité anonymement. Il lui propose également de lui envoyer trois lettres qu’il a reçu de différentes personnes qu’il associe aux vers suivants « Lit asséché du courant blanc et blême ».

L’ouvrage m’a laissé sans voix, il m’a dérangé. On a souvent des romans de liaison, d’adultères, ou de passions non comprise. Mais ici j’ai pu lire l’incompréhension et la souffrance, la haine froide et calculée, le désir et l’amour. Une relation amoureuse vu de trois prismes différents, de la fille de la maîtresse, de la femme trompée, puis de la maîtresse aimée. On arrive à ressentir une empathie pour chacun des personnages, pour finalement se demander si l’on peut sortir victorieux, sans blessure ? tout être abrite un serpent dans son corps comme le dit si bien Misugi

Personnages

  • Josuke Misugi : L’homme avec le fusil de chasse, le mari, L’amant
  • Midori : sa femme
  • Saiko : Sa maîtresse, et également cousine et amie de Midori
  • Kadota : Le mari divorcé de Saiko
  • Shoko : La fille de Saiko

Citations

  • En plus des trente couleurs au moins que contient une boîte de peinture, il en existe une, qui est propre à la tristesse et que l’œil humain peut fort bien percevoir.
  • Tantôt elle souffrait, tantôt elle était en extase, tantôt elle priait, tantôt elle sombrait dans le désespoir, tantôt elle décidait de se tuer… Oui, elle a souvent songé au suicide !
  • Pour un temps, notre maison là-bas sera fermée aux visiteurs mâles, car je suis écoeurée par les pièces qui gardent l’odeur des hommes.
  • Le mot « famille » est trop chargé de tendresse, d’humanité pour que j’en fasse usage. Il vaudrait mieux, et je pense que tu es d’accord, parler de « citadelle ». Autant que je me souvienne, depuis plus de dix ans, chacun de nous s’est retranché derrière les murs de sa citadelle ; tu m’as trompé et je t’ai trompé (mais c’est toi qui as eu l’initiative). Quel calcul affligeant peut bien faire un homme ! Notre existence s’est entièrement édifiée sur nos secrets respectifs.
  • Un jour tu m’as dit que tout être abritait un serpent dans son corps.
  • Aimer, être aimée ! Nos actes sont pathétiques.
  • Qu’est ce donc que ce serpent qui, dit-on habite chacun de nous ? Égoïsme, Jalousie, Destin ? Peut-être quelque chose d’analogue au « Karma »

Divers

  • Paru en 1949.
  • Yasushi Inoue (1907-1991) a reçu en 1950 pour «  »Le Fusil de chasse » le prix Akutagawa
  • Livre de proche, couverture édition 5/1992
  • Note : ***** (4.7/5)

Lectures épicuriennes