Archives pour la catégorie Policier/ Thriller / Polar/ Roman Noir

Les revenants de Laura Kasischke

Les revenants de Laura Kasischke
Les revenants de Laura Kasischke

Attention Danger : ce livre est addictif

Une première partie un peu confuse, qui m’a parfois perdu dans ce récit à plusieurs protagonistes. Car la temporalité n’est pas linéaire, l’épicentre de ce roman-polar est un accident de voiture décrit dans les premières pages : « La scène de l’accident était exempte de sang et empreinte d’une grande beauté ». Mais les articles paru dans la presse de l’accident ne relatent pas l’exactitude de ce qu’il s’est véritablement passé, de ce que Shelley a véritablement vu. Lire la suite Les revenants de Laura Kasischke

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Le cantique des innocents de Donna Leon

Le cantique des innocents de Donna Leon
Le cantique des innocents de Donna Leon

Ça y est, j’ai lu un Donna Leon, j’ai découvert enfin le commissaire Guido Brunetti. Chaudement recommandée par une amie italophile.

On est plongé dans une ambiance est 100 % italienne, et plus précisément dans le charme de Venise : les rues, les places, les habitants : on s’y croit. On se prendrait au jeu, pour aller chercher un dictionnaire Français-Italien et la carte de Venise pour suivre les pérégrinations de Brunetti, les raccourcis pour se déplacer dans le labyrinthe de Venise.

Le commissaire est un bon vivant : les bons vins, les bons plats accompagnés de Grappa, on sent l’arôme de chacun des cafés que va partager Brunetti.
Il est également cultivé, il lit des écrivains russes du XVII ème. D’ailleurs il ne quitte pas une librairie sans un livre en main, mais ne comprend rien à un ordinateur.

L’histoire : le commissaire Brunetti apprend qu’une descente musclée à l’initiative des carabiniers a eu lieu en pleine nuit au domicile du couple Pedrolli, afin de mettre fin à un trafic d’enfants. Brunetti n’étant pas au courant des agissements des carabiniers va prendre la défense de ce Vénitien. L’affaire sombre plusieurs fois dans les oubliettes, le drapeau de l’extrême droit qui est agité via la ligue du nord (Lega Doge), mais que faire face aux puissants de ce monde ??
Des pharmaciens qui font la justice divine via le piratage des dossiers médicaux, des fraudes à l’assurance-maladie ULSS …

Le commissaire va faire ce qu’il peut pour défendre le docteur Pedrolli, jusqu’à lui glisser le nom des proches qui l’ont dénoncé ‘anonymement’ aux carabiniers ( courage et Éthique).

De grosses ficelles pour faire fonctionner cette intrigue policière. De grandes questions philosophiques pour émouvoir dans les chaumières. C’est quoi être père, le devoir, l’adoption, la vente des enfants, les mère porteuses, la baisse de natalité dans les pays du nord. Brunetti est déchiré entre la loi et sa morale.

Je trouve Brunetti bien absent des enquêtes, il est tellement bien secondé son fidèle adjoint l’inspecteur Lorenzo Vianello, et la signorina Elettra qui lui mâchent tout le travail.

Le cantique des innocents se lit bien, rapidement, mais n’est pas transcendent. Il faut peut-être se tourner vers la série TV ?. Sinon il y a surement des ouvrages plus percutant dans la série qui ont fait la renommée du commissaire Brunetti.

Thème : Adoption illégale, Infertilité, Racisme, escroquerie à la sécurité sociale

Divers:

  • Ebook: 8 heures de lecture, 23 minutes par session, 469 Pages
  • Note : ***** (2.5/5)

L’équation de plein été de Keigo Higashino

L'équation de plein été de Keigo Higashino
L’équation de plein été de Keigo Higashino

 

 Avis :

Keigo Higashino reprend le même tandem inspecteur Kusanagi et professeur Yukawa, on retrouvait déjà cette équipe dans « Le dévouement du suspect X » et « Un café maison ».


Le professeur Manabu Yukawa est convié comme expert par la société DESMEC à une réunion concernant l’exploration des ressources sous-marines à Hari-plage. Hari-plage est une station balnéaire sur le déclin qui possède des richesses sous-marines. Le soir de son arrivée, un client de l’hôtel est porté disparu, puis retrouvé mort le lendemain.


Ce cadavre est Masatsugu Tsukahara, un retraité de la police de Tokyo en villégiature à Hari-plage. Tsukahara avait des disciples au sein de son unité, Kusanagi sera mis sur l’enquête aidé de son ami le professeur Yukawa.

Des objectifs et un soin différents vont apparaître selon que l’enquête soit menée par la police de la préfecture de Hari-plage, et celle de Tokyo.

On retrouve Yukawa avec ses grands dons d’observation des choses, mais également des personnes. Essentiellement cérébral, Yukawa est un peu froid dans ses relations. Pinailleur, secret, il ne parle pas à la légère : il rajoute du mystère, nous fait envisager d’autres solutions. Et en plus, il se prendra d’affection pour Kyohei, un enfant qui participera à ses expériences.

Ce n’est que dans les dernières pages que seront dévoilées les réponses à cette mort mystérieuse, « nul n’échappe à son destin » …. Mais Yukawa dévoilera une part d’humanité touchante.
Ce polar nous livre une trame complexe, l’aide du professeur Yukawa nous est vraiment indispensable pour rechercher la vérité. J’ai peut-être ressenti un peu moins d’empathie envers les personnages que dans « Le dévouement du suspect X » qui est mon préféré. La complexité de l’intrigue et les énigmes résolues de façon bluffante font apprécier cette enquête.

Merci aux éditions Actes Sud de nous livrer des polars de qualité, Dommage que le format ebook ne sorte pas en même temps que le format papier, mais je n’ai pas pu attendre un mois supplémentaire pour dévorer le dernier Keigo Higashino en format électronique.

 

Personnages :

Pour vous retrouvez dans l’intrigue, vous trouverez ci-dessous la liste des protagonistes:

  • Kyohei Esaki : enfant 10 ans
  • Yuri : mère de Kyohei
  • Keiichi : père de Kyohei
  • Setsuko Kawahata : mère de Narumi ( 54 ans ) , tante de Kyohei
  • Narumi Kawahata : fille ( 30 ans), cousine de Kyohei, activiste radicale pour l’environnement.
  • Shigeharu Kawahata : père, oncle de Kyohei, s’occupe de l’hôtel Rokuganso à Hari-Plage, corpulent a renoncé à l’alcool.
  • Reiko Ozeki: amie de Narumi au collège à Tokyo
  • Wakana Nagayama : étudiante de Tokyo en vacances à Hari, amie de Narumi
  • Genya Sawamura : journaliste free-lance, aide ses parents à la boutique d’électricité, ami de Narumi.
  • Manabu Yukawa : professeur, faculté de physique, université de Teito. Possède de grands dons d’observation des choses et des personnes. A un vrai talent de détective mais ce talent ne se déploie que lorsqu’il a quelque chose à chercher.
  • Masatsugu Tsukahara :  Ancien policier, 61 ans habite la préfecture de Saitama, a pris  sa retraite il y a un an.
  • Sanaé Tsukahara: femme de Tsukahara, 50 ans
  • Fujinaka brigadier travaillait avec Tsukahara

Police de Tokyo

  • Tatara : contrôleur général de la préfecture de police de Tokyo, avait commenté sa carrière sous les ordres de Tsukahara (son mentor)
  • Mamiya :
  • kaoru Utsumi : assistante de Kunasagi
  • Kusanagi : (subordonné de Mamiya)

DESMEC :

  • Kuwano : S’occupe des relations publiques

Police de Hari:

  • Tsuyoshi Nishiguchi : Inspecteur de police (a été à l’école avec Narumi)
  • Hashigami : Collègue de  Nishiguchi,
  • Motoyama : Chef de la police judiciaire
  • Okamoto : Capitaine de la police, responsable de la direction judiciaire

Police départementale :

  • Hozumi : Supérieur de Isobe, responsable de la sous-direction de la police judiciaire de la préfecture.
  • Isobe : Capitaine de police de la direction de la police judiciaire de la préfecture
  • Nonogaki : Brigadier chef de la police de la préfecture

Autres personnages :

  • Hidetoshi Semba  : habite à Marin Hills, accusé de meurtre il y a 16 ans; a fait 8 ans de prison , victime a tué Miyake (40 ans) entraineuse pour  une histoire d’argent.
  • Etsuko née Hino :  épouse de Semba (malade).
  • Nobuko Miyake : (Rié : prénom de travail ) victime de Semba, il y a 15 ans , morte a 40 ans.
  • Masao Muroi : tient un restaurant
  • Tsugo Ukai : patron du restaurant de nouilles d’algue à Ginza

Citations :

  • un scientifique recherche la vérité, et rien d’autre. (p58, Yukawa)
  • Intriguer, cela peut vouloir dire exciter la curiosité intellectuelle. Ne pas faire cas de sa curiosité est criminel. C’est d’abord elle qui nous pousse à apprendre. (p210, Yukawa)
  • Vous exigez une protection de l’environnement parfaite, or la perfection n’existe pas en ce monde. Exiger de quelqu’un quelque chose qui n’existe pas revient à lui chercher des noises (p73, Yukawa)
  • Il y a nécessairement une réponse à chaque question, continua l’adulte en le regardant droit dans les yeux. Mais elle n’apparaît pas immédiatement. Il en va de même dans la vie. Si l’on est confronté à une question à laquelle on ne peut répondre tout de suite, il faut savoir que la réponse finira par apparaître. Il est toujours utilise d’y réfléchir. Mais il ne faut pas se presser. Souvent, on ne pourra trouver la réponse que lorsqu’on aura soi-même grandi. Voilà pourquoi les hommes doivent en permanence apprendre, faire des efforts, s’améliorer (p364, Yukawa)

Divers:

  • Actes Sud, Mai 2014, 365 pages, 22.80€
  • Titre original ‘Manatsu no hoteishiki’ , 2011, Traduction Sophie Refle
  • Note : ***** (4/5)

Etranges rivages de Arnaldur Indriðason

 Étranges rivages  Étranges rivages de Arnaldur Indridason
Étranges rivages
Étranges rivages de Arnaldur Indridason

Une partie de la saga de l’inspecteur Erlendur. Ce récit se passe pendant ses vacances. Il retourne dans la maison de son enfance. C’est vrai que l’on ne rencontre plus beaucoup d’homicide à Reykjavik en ce moment. Le volume précédent est Hypothermie, et les policiers semblaient être au chômage. Dans les régions sauvages des fjords de l’Est, Erlendur va être hanté par les fantômes de son passé. Son petit frère disparu lors d’une tempête de neige lorsqu’il avait une dizaine d’années, le tourmente. Il ressent une culpabilité dans ce drame.

Dans cette même région, au milieu de la seconde guerre mondiale, une patrouille de soldats britannique s’était perdue  dans la lande pendant une tempête. Une jeune femme Matthildur avait également disparu. Tous les britanniques avaient été retrouvés, mais pas cette jeune femme. La disparition de cette personne lui rappelle son petit frère, il va essayer de mener une enquête sur cette disparue : pour chasser les fantômes du passé, et enterrer les disparus. Erlendur va fouiller le passé, à la limite de la légalité, afin de pouvoir faire le deuil des disparus.

C’est lentement que nous avançons dans cette enquête qui nous mène dans les landes glacées. Les fantômes et les légendes islandaises nous accompagnent. La culpabilité et le deuil impossible vont accompagner tous les protagonistes de ce polar en quête de vérité.

C’est toujours avec plaisir que je suis les pérégrinations d’Erlendur, policier tourmenté avec une vie familiale compliquée.

Personnages :

Famille de Matthildur 'Etranges Rivages'
Famille de Matthildur ‘Etranges Rivages’

 

Citations :

  • Et je me suis mis à réfléchir sur la vengeance, sur ce qui conduit les meilleurs des hommes à commettre les pires atrocités. Sur la manière dont les gens peuvent se rendre coupables de crimes horribles pour se venger.
  • Vous connaissez l’histoire de cette femme qui s’est perdue sur le chemin qui franchit les failles de Hraevarskörd ?
  • Erlendur, les flics ne sont pas là pour sauver les âmes, avait objecté Marion, pour cela nous avons les pasteurs.
  • Son objectif n’était pas de sanctionner. Son but n’était pas de remplir les prisons de désespérés. Ce qu’il voulait, c’était découvrir la vérité dans chacune des enquêtes qu’il menait. La seule chose qui lui avait toujours importé était d’obtenir les réponses aux questions qu’il se posait. De découvrir ce qui s’était perdu, avait été oublié et que personne avant lui n’avait jamais trouvé.
  • toutes sortes d’histoires de revenants liées à la femme de Jakob, disparue quelques années plus tôt. On disait qu’elle était entrée dans le cercueil avec lui. On disait qu’elle le persécutait.
  • Personnellement, je n’ai rien à voir avec tout ça, je voulais simplement atteindre le fond des choses. — Mais… vous travaillez dans la police. Vous n’avez pas le devoir de… ? — Le devoir est une notion complexe, observa Erlendur.

Divers

  • Titre original : Furðustrandir – Étranges rivages (2010) / trad. de l’islandais par Éric Boury
  • Ebook : 7.8 heures de lecture, 23 minutes par session, 598 pages, 1.3 pages/minute
  • Note : ***** (4/5)

Autres Ouvrages

Le Duel  -  Arnaldur INDRIDASON
Le Duel – Arnaldur INDRIDASON

L’homme chauve-souris : Une enquête de l’inspecteur Harry Hole de JO NESBO

 

L'homme chauve-souris de Jo Nesbo
L’homme chauve-souris de Jo Nesbo

Critique :

Désirant découvrir Police et Harry Hole, l’inspecteur de Jo Nesbo. Je me suis tourné vers le premier volume de la saga qui en compte 10, afin de connaître l’homme, découvrir son passé etc…

Pas de chance, la saga démarre en Australie, Harry Hole est appelé suite à la découverte du cadavre d’une touriste norvégienne. Je pense qu’ils ont voulu se débarrasser de lui au poste de police de Gronland, et l’envoyer en vacances.

Une enquête fastidieuse, longue, qui n’avance pas, un Harry qui est à longueur de pages est bourré comme un coin, c’est un grand adepte du Jim Bean. Il aime tellement le whisky qu’il se roule dans son vomis. Sa seconde activité favorite est de baiser : une Suédoise, une prostituée ….

A la moitié du polar, j’avais presque abandonné, je me suis donc décidé à boire un peu de whisky pour accompagner Harry. Mais cela ne m’a pas aidé à la compréhension. Il y a bien les trois-quarts du polar qui sont ennuyeuses à mourir. Mais écrit avec une certaine poésie  très imagé « Torche mon putain de cul poilu avec ta gueule, sale enculeur de porcs… ».

Heureusement, il y a quelques récits, contes et légendes aborigènes qui viennent embellir le récit. Et également un guide touristique des endroits chauds.

Vraiment j’hésite à continuer, avec Harry …. c’est pas beau de boire comme ça !!!

Incompréhension ce polar a reçu deux prix. Il a été écrit en 1997, il a peut-être pas vieilli aussi bien que du bon whisky.

Bref : mauvais karma pour moi car mal construit, style vulgaire, très décousu, lecture pénible.

Palme Alcoolique
Palme Alcoolique

Personnages :

  • Andrew Kensington : Aborigène, travaille pour la criminel, se shoote
  • Harry Hole: inspecteur alcoolique (whisky: jim Beam ), baise à couilles rabattues, hédoniste immoral norvégien, poste de police de Gronland ( Ronny dcd accident ), pété comme un coing toute la journée,
  • Lebie : inspecteur, crâne lisse comme une boule de billard, travaille avec Harry
  • Yong Sue: inspecteur geek d’origine chinoise de la police de Sidney
  • Larry Wadkins: chef de l’équipe d’investigation
  • McCormack : chef de la police de Sidney
  • Birgitta Enquist: serveuse suédoise, copine de Harry a Sidney, vivait en Australie depuis quatre ans et travaillait à l’Albury depuis un an
  • Engelsohn: docteur, médecin légiste alcoolisé
  • Hansson : médecin légiste de garde
  • Inger Holter : la première femme trouvée morte.
  • Kristin : est sortie avec Harry, à une fille
  • Otto Rechtnagel : clown, homosexuel
  • Sandra : Prostituée
  • Teddy Mongabi : Le mac de Sandra
  • Geoff et Ivan : Deux gros bras de Teddy
  • Joe : hotelier Crystal Castle  Springfield Lodge
  • Margaret Dawson : mère d’Evans White
  • Alex Tomaros :  passe la soirée avec Inger, travaille avec Birgitta
  • Speedy : Vendeur de came
  • Joseph : aborigène gris, homme du peuple des corbeaux, clochard ancien parachutiste
  • Evans white : Dealer entre autre
  • Toowoomba : nom aborigène
  • Jim Conolly et sa femme Claudia  (a boxé avec Andrew)
  • Jim Chevers : S’occupe d’une fête foraine
  • Jesus Marguez : Meilleur oreille travail avec la  police
  • Gene Binoche : Tatoueur

 

Citations:

  • Tout est une question de mauvaise conscience. Depuis le tout début du vingtième siècle, les décisions politiques concernant les indigènes ont été conditionnées par la mauvaise conscience des pouvoirs publics en regard des exactions dont avait été victime notre peuple.
  • Dans la littérature policière traditionnelle, tout détective qui se respecte possède un don pour détecter les menteurs. Conneries ! La nature humaine est une grande forêt impénétrable que personne ne peut connaître à fond. Même une mère ignore les secrets les plus profonds de son enfant. »
  • « Ah oui. Bien sûr. Kensington. Sale affaire. J’ai eu l’occasion de lui parler, à plusieurs reprises. Quand il était encore de ce monde, s’entend. Et maintenant, il est muet comme une carpe, dans ce tiroir. »
  • La violence, c’est comme le coca-cola et la Bible : un classique.
  • “Dix policiers ont été condamnés, entre autres pour vente de schnouf – les uns aux autres. On s’est douté de quelque chose parce que certains d’entre eux avaient les idées étonnamment claires, vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Pas de quoi rire, en fait… »
  • – La nature humaine est une grande forêt sombre, Sir.
  • – Vous ne m’avez pas dit que c’était vous qui l’aviez trouvé ? De quoi croyez-vous qu’on meurt, lorsqu’on est accroché au plafond avec un fil enroulé autour du cou ? De la coqueluche ? »
  • La rue des tapettes. La rue des lesbiennes. Ce ne fut qu’à ce moment-là qu’il remarqua quel style de vêtements était exposé dans les vitrines. Du latex. Du cuir. Des hauts moulants et de petites culottes de soie. Des fermetures éclair et des clous. Mais de bonne qualité et stylés, sans ce côté gras et vulgaire qui transpirait des clubs de strip-tease de King’s Cross.
  • « Torche mon putain de cul poilu avec ta gueule, sale enculeur de porcs… »
  • « La chauve-souris est le symbole de la mort, chez les Aborigènes, tu le savais ? »
  • Et ça ne vaut pas seulement pour toi, Harry. Même les Blancs d’Australie ont cette obsession de faire attention à ne rien dire de travers. C’est ça, le plus paradoxal. Ils commencent par nous voler notre fierté, et une fois qu’elle a disparu, ils sont morts de peur de la piétiner. »
  • Le sang sifflait par à-coups à ses oreilles, et Harry était Walla, le jeune guerrier, et Toowoomba était le serpent Bubbur, qui avait tué Moora, la bien-aimée. Et il fallait tuer Bubbur. Par amour.
  • L’âme humaine était une forêt profonde et sombre, et tous les choix se font seul.

Divers

  • 11.2 heures de lecture, 23 minutes par session, 1683 pages tournées, 2.5 pages par minute environ.
  • Ebook Livre lu la dernière fois: 2014-05-07 12:34:18
  • Note : ***** (2,5/5)

ToKyo de Mo Hayder

 

Tokyo de Mo Hayder
Tokyo de Mo Hayder

 

Un des premiers livres de Mo Hayder que j’ai en main, et très bonne surprise. La narration mêle deux espaces-temps simultanément, un récit qui se passe à Nankin au début de l’année 1937 au sein d’une famille chinoise face à l’avancée de l’armée impériale japonaise. De l’autre, l’histoire d’une fille étrange décalée, elle se fait appeler Grey. Elle poursuit inlassablement des recherches suite à la découverte d’un livre à son domicile « L’horreur de Nankin ». Et depuis neuf ans elle étudie tout se rapportant aux massacres de Nankin. Mais ce n’est pas simplement une recherche historique, elle a un mystère en elle qu’elle voudrait exorciser. Ses recherches vont l’amener à rencontrer un mystérieux professeur Shi Chongming qui aurait en sa possession un film des massacres de Nankin. Un marché se met en place entre le professeur et Grey : le secret d’un yakusa contre le film.

Ce deal va entraîner Grey dans des clubs d’hôtesse, la rencontre du Yoyabon du Fuyuki Gumi, du monstre de Saitama. Chapitre par chapitre, le récit de la quête de Grey va être entremêlé des mémoires d’un survivant de Nankin. Ceux-ci sont décrits de façon brut pour montrer que la cruauté des Japonais peut être élevée au rang d’un art. Grey arrivera a dépasser le passé d’une certaine façon…

Polar et recherches historiques sont habilement mêlés, un suspens captivant. Beaucoup de noirceurs également via le récit des massacres de Nankin. Il est également à noter que la culture orientale est très présente  « J’avais oublié que les Occidentaux ignorent l’art d’écouter ».

Un bémol : je ne comprends pas pourquoi le titre Français est « Tokyo », alors que le titre original « The Devil of Nanking », titre qui décrivait mieux ce roman.

Un plus : ce roman donne l’envie d’en savoir plus sur l’époque ou ont lieu les massacres de Nankin.

 Citations :

  • C’est incroyable, la capacité qu’a le temps de se réduire à rien, comme un accordéon
  • J’avais oublié que les Occidentaux ignorent l’art d’écouter. Si vous m’aviez écouté avec attention, si vous m’aviez écouté autrement qu’à l’occidentale, vous sauriez que je ne conteste pas ce que vous dites.
  • On a beau être aussi brave, aussi vaillant qu’on puisse l’être, on a beau se dire qu’on est invulnérable, qu’on sait ce qui nous attend, on s’imagine que ça ne sera jamais trop grave, qu’il y aura un avertissement avant que les choses aillent trop loin, une musique off, peut-être, comme dans les films. Mais il me semble que ce n’est pas comme ça qu’arrivent les désastres. Les désastres sont les grands maîtres de l’embuscade : ils savent nous tomber sur le dos quand on regarde ailleurs.
  • Vous avez été bon, vous avez eu la bonté de toujours me dire que l’ignorance n’était pas la même chose que le mal, mais je vous comprends. 
  • Si tu as appris quelque chose, c’est qu’en ce monde aucun de nous n’en a pour très longtemps.
  • Au moment de disparaître, le bébé lança, d’une voix qui semblait être celle de Shi Chongming : « Que ne ferait pas un homme pour vivre éternellement ? Que ne mangerait-il pas ? »
  • Ils enterrèrent des jeunes gens jusqu’au cou dans le sable et passèrent dessus avec leurs chars. Ils violèrent des femmes âgées, des enfants, des animaux. Ils décapitèrent, démembrèrent et torturèrent ; ils s’exercèrent à la baïonnette sur des nourrissons. On ne pouvait guère s’attendre à ce qu’un survivant de cet holocauste puisse ultérieurement faire confiance aux Japonais.
  • >Les propos d’un historien de l’émigration chinoise en Amérique que j’avais étudié à l’université me revinrent à l’esprit : « La brutalité des Japonais a dépassé l’imagination. Ils ont élevé la cruauté au rang d’un art. S’ils présentaient des excuses officielles, cela suffirait-il à ce que nous leur pardonnions ? »

 

Nankin 1937
Nankin 1937 (Wikipédia)

 

 Les personnages :

  • Shi Chongming : professeur 70 ans ( Biotechnologie et sociologie)
  • Strawberry Nakatani : La patronne du bar d’hotesse
  • Svletlana : jeune fille russe travaillant au club de Nakatami
  • Irina : jeune fille russe travaillant au club de Nakatami
  • Jason Wainwright : jeune qui aide Grey, la branche pour travailler au club de Nakatani
  • Junzo Fuyuki : Yoyabon du Fuyuki Gumi
  • M Bai : Toutou de Fuyuki, ancien chanteur à succès. (Bison)
  • Miss Ogawa, la nurse, le monstre de Saitama.

 

  • Shujin : Femme de maître Shi, enceinte
  • Maître Shi : époux de Shujin
  • Vieux Liu Runde: ami de M Shi
  • Le yanwangye de Nankin : le diable, le gardien de l’enfer.

 

Lexique :

  • Un meishi (名刺, meishi) est une carte de visite japonaise.
  • Les shunga (春画) sont des gravures japonaises érotiques, de style ukiyo-e.
  • Katsukawa Shunshō (勝川春章) (1726-1793) est un artiste japonais d’estampes ukiyo-e.

Divers:

  • Tokyo ou The Devil of Nanking (2004)
  • Publié en français sous le titre Tokyo, Paris, Presses de la Cité, coll. Sang d’encre, 2005
  • 2005 : Prix SNCF du polar européen pour Tokyo
  • 2006 : Grand prix des lectrices de Elle – catégorie Policier pour Tokyo
  • ebook: 10.3 heures de lecture, 25 minutes par session, 1398 pages tournées, 2.3 pages par minutes
  • Note : ***** (4,5/5)

 

 

La chambre rouge de EDOGAWA Ranpo

La chambre rouge de Ranpo Edogawa
La chambre rouge de Ranpo Edogawa

Thème : infirmité, amour, sexe, homme tronc, sadisme, domination,laideur

La chenille : (1929)

Le lieutenant Sunaga, héroïque, bel officier revient de la guerre mutilé ( de ses 4 membres) et défiguré, on peut le considérer comme une victime d’une prouesse médicale unique au monde. Il ne peut communiquer avec sa femme que par écrit un crayon dans le bouche. Sa femme découvre un plaisir à sa souffrance. Plaisir et dégoûts, vulgarité se mêlent. Ses deux seuls plaisirs restant à Sunaga : un appétit et instinct sexuel démesuré .

  • Lieutenant Sunaga : héroïque, bel officier
  • Tokiko : Femme du général
  • Général Washio

La chaise humaine: (1925)

Thème: perversion, laideur

Deux vies cachées : (1924)

  • Saito : Soldat défigurés : « estropié à vie mais connaît le réconfort de la gloire « 
  • Ihara : Le somnambule.
  • Kimura : Ancien camarade de collège.

Deux hommes font connaissance dans uns station thermale. Ils viennent soulager leurs douleurs et se raconter les évènements qui ont bouleversés leur vie.Ihara raconte sa santé fragile, sa vie d’étudiant. Il s’aperçoit qu’il est atteint de somnambulisme. Des crises interviennent de temps en temps, il ramène des objets volés. Un crime est commis, Ihara se présume coupable et se livre à la police. Son état de santé le fait acquitter. Depuis le remord le poursuit.

note :2/5

La chambre rouge (1925)

Sept amis se rencontrent une passion pour les sensations fortes les animent. Un nouveau venu T. raconte les meurtres qui l’ont divertis pendant un temps. Le premier : un chauffard renverse un homme, affolé il demande à T. une aide. Celui-ci l’envoie vers une clinique éloigné dirigé par un médecin incompétent. L’homme décède il sent une responsabilité même éloigné à son décès. Il découvre un espace inviolé ou le crime peut s’épanouir. A partir de ce moment là on comptera pas moins d’une centaine de crimes impunis et gratuits.

Note :3/5

La pièce de deux sen (1923):

Takeshi Matsumura et le narrateur sans le sou sont en admiration devant un vol par un soi disant journaliste dans une entreprise. Le voleur est retrouvé, mais pas l’argent. Une récompense est annoncé pour qui donnerait des informations. Takeshi se met à la recherche du magot.

Avis  :

Petit recueil de nouvelles ayant deux thèmes :la laideur, la perversion que l’on retrouve dans « la chenille », « La chaise humaine », Les autres nouvelles sont des enquêtes policières. Elles sont imprégnés du style de Sherlock Holmes et de Poe, et font intervenir le lecteur, par sa sensibilité, son empathie ?

Pour la perversion : Il faut écouter l’histoire de ce héros de guerre :Le lieutenant Sunaga dans « La chenille » qui me fait penser au soldat blessé du film « Johnny Got His Gun ». Sa femme qui prend soin de son mari jusqu’à la folie, il ne reste à Sunaga que deux plaisirs en ce bas monde: la nourriture et le sexe.

« Deux vies cachés » reprend aussi le thème du soldat défiguré et marqué par la guerre. « Estropié à vie mais connaît le réconfort de la gloire » est ce de l’antimilitarisme ou une abnégation de l’individu ?

Ces petites nouvelles appartiennent aux premières oeuvres de Ranpo Edogawa, un ouvrage « agréable » pour démarrer dans le monde ténébreux de Ranpo Edogwa.

Citations

  • Les mots estropiés ou invalide n’exprimaient pas la réalité de l’état de son mari : on lui avait rendu une masse de chair difforme qui n’avait plus rien d’humain. Elle sentait également que les plaisirs honteux qu’elle irait du monstre étaient liés à une sensualité débordante qui travaillait son corps de femme de trente ans.(La chenille)
  • Elle avait l’impression que son embonpoint la trahissait et que le vieil homme n’était pas insensible à l’odeur de ses formes rebondies.(La chenille, 11)
  • La masse de chair sous elle se tordit de douleur; avec la  force d’un animal à l’agonie, il réussit à la faire basculer en arrière. Elle vit deux traînées de sang dégoulinant sur son visage tuméfié, boursouflé comme un poulpe bouilli (La chenille, 23)
  • A chacune de nos réunions dans cette pièce, j’avais l’impression que nous étions enfermés dans le coeur frémissant d’un animal monstrueux dont les lentes pulsations , à l’échelle de sa taille gigantesque, résonnaient au plus profond de moi-même (Chambre rouge)

Divers:

La chenille a été repris dans un manga par Suehiro Maruo (Goût pour l’érotisme morbide)

Ranpo Edogawa la proie et l ombre La chambre rouge de Ranpo Edogawa le lézard noir de Ranpo Edogawa L'Île Panorama de Ranpo Edogawa Mirage de Ranpo Edogawa