Les embaumeurs de Akiyuki Nosaka

Les embaumeurs de Akiyuki Nosaka

« Vendre aux vivants un enterrement mémorable, organiser des fêtes funéraires, sublimer le culte du Jizo en déclarant que les fœtus méritent des funérailles dignes de ce nom : tels sont les objectifs de Laface et de ses compères pour gagner de l’argent, beaucoup d’argent, dans le commerce de la mort. »

Une lecture assez déconcertante. j’ai dû m’y reprendre à plusieurs fois pour démarrer le roman qui trônait sur ma pile. En effet j’avais apprécié les lectures de  plusieurs romans de Nosaka Akyyuki, pour citer les pornographes, le tombeau des lucioles, La Vigne des morts sur le col des dieux décharnés.

Trois compères qui se lancent dans l’industrie des morts – pompes funèbres etc . Un groupe qui comprend un ex-docteur chirurgien déchu , un ancien commando, un mouleur de masques mortuaires. Donc les pompes funèbres sont leur métier, et ils veulent sublimer leur expérience.

“D’abord, grosso modo y a combien de personnes qui passent l’arme à gauche dans le pays ?

— Une toutes les quarante-cinq secondes.”

Une toutes les quarante-cinq secondes, autrement dit deux par minute et demie, vingt tous les quarts d’heure, quatre-vingts par heure, soit encore mille neuf cent vingt par jour, et bon an mal an sept cent mille. Si ces sept cent mille consacrent autour de cent mille yens pour leur cérémonie, j’obtiens soixante-dix milliards.

“Vingt dieux ! vous avez entendu ça ? Mais c’est le chiffre d’affaires d’une grosse firme, ça.

Chacun des membres de cette équipe a eu des expériences avec les morts. Laface avait un père fossoyeur. Puis Échalote et Un-tantinet qui ont eu des  expériences d’anthropophagie durant la guerre et quelques histoires de nécrophilie, de pillage de tombes.

“Pas du tout, je comprends très bien que la faim pousse à manger de la chair humaine. Mon père, tenez…” Laface hésita un instant. “De la chair, je ne jurerais pas qu’il en ait mangé, mais quand il s’agissait d’une jeune morte, il la déterrait pour la baiser.

Ils montent un spectacle et parcourent le pays en exposant des visages mortuaires volés ou réinventés. Très vite ces alignements de masques fascinent les visiteurs qui, bouleversés, désigneront Laface comme un maître, un gourou : la secte des Saints-Visages des morts. La chute est assez exceptionnelle – à découvrir –

“Teint vermeil à matines, ossements blancs à vêpres”

Un humour décapant …Fresque plutôt satirique et insolente du Japon au sortie de la guerre, qui peut déranger par sa cruauté. On retrouve les thématiques de la mort, et de la guerre – qui sont perpétuellement présentes dans l’oeuvre de Nosaka. Mais il y a néanmoins dans ces fictions une trame autobiographique, du vécu.

Pour découvrir cet auteur, je vous conseille l’émission de France Culture sur  Akiyuki Nosaka que vous trouverez sur ce lien 

Et Puis ….

  • Titre original : Tomuraishi tachi, とむらい師たち, 1967
  • Editeur : Actes Sud
  • Traduit du japonais: Jacques Lalloz

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