La péninsule aux 24 saisons de INABA Mayumi

 

La péninsule aux 24 saisons de Mayumi Inaba

La narratrice quitte Tokyo pour vivre un an sur la presqu’île de Shima, près de Nagoya.  Elle va vivre dans une sorte de sphère symbiotique avec la nature environnante et son chat. Elle apprend la nature, la découvre avec les voisins qui l’entourent , elle tentera même de dompter la nature pendant cette année de vingt-quatre mois. La narratrice parait s’échapper de quelqu’un de quelque chose ….

Je voulais fuir, n’importe où, mais fuir. C’est à ce moment-là que j’ai fait la rencontre des falaises, ces blocs de matière indéfinissable, qui ne portent pas la moindre odeur humaine.
Je regarde autour de moi, tout n’est que falaises. En plus, à force d’être exposées au vent de la mer, elles sont pour la plupart déchiquetées, comme en lambeaux. Comme elles sont vides de désirs, comme elles sont sans aménité ! C’est cela qui m’a fascinée. Ces falaises que personne ne regardait m’ont apporté le calme.

Vingt-quatre mois, c’est le temps qui est découpé en fonction des saisons et des tâches à effectuer dans ce monde de la nature .On se retrouve dans un  voyage initiatique entouré d’une brume de sensualité. D’ailleurs les sens se déclinent avec des perceptions nouvelles pour la narratrice.

« Vous comprenez, le sol m’appelle. C’est un sol tout nu, mais tellement fort… »

On ne connaîtra pas totalement les raisons qui ont poussés cette narratrice à quitter la capitale. Une personne disparue peut être ou bien une sensation d’asphyxie, un stress, un abrutissement général.

Dans le calme de la péninsule, on s’aperçoit bien vite à quel point la télévision est vulgaire et gênante. Contrairement à la musique que je peux choisir selon mes goûts, j’ai beau changer de chaîne, je ne tombe que sur des émissions abrutissantes.

La narratrice va entretenir une amitié particulière avec Kayoko qui est apicultrice dans l’atelier du miel Ochi. Ou elle mène sa vie en accord avec ses abeilles. Kayoko a elle aussi un rapport étroit avec la nature et ses avettes.

Ce miel épais que j’absorbais contenait apparemment la musique qui imprégnait les murs. Lennon, Fauré, Liszt, l’extrait sonore avait pénétré le miel.

Inaba Mayumi possède une écriture poétique pleine de charme. Elle nous berce autant par les musiques de Coltrane ou Miles Davis ou par exemple le bruissement léger des ailes des abeilles. Mais aussi le frémissement du vent nocturne, le bruissement léger des feuilles.

Il paraît que d’aucuns comparent à un « opéra grandiose » le bruissement des ailes des abeilles qui forment un gigantesque essaim

On pourrait classer ce roman comme une simple ode au retour à la nature, pour  retrouver une vie simple, loin de l’aliénation des villes. Mais c’est beaucoup plus, c’est un voyage dans les 24 saisons de la nature, l’imprégnation du corps par une multitude de nouveaux sens. Une vie en parfaite symbiose avec la nature. L’auteure s’ouvre et nous fait découvrir également de nombreuses références à l’occident : Hesse, Gould, … Lennon.

« La péninsule aux 24 saisons » est un roman vraiment attachant plein de poésie et qui m’a complètement ravi.

Divers:

  • Titre original : Hantô e, 2011
  • Prix Tanizaki en 2011
  • Editions :Philippe Picquier
  • Traduction du japonais par Elisabeth Suetsugu
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3 réflexions sur « La péninsule aux 24 saisons de INABA Mayumi »

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