Epépé de Ferenc Karinthy

Epepe de Ferenc Karinthy
Budaï est un éminent linguiste, il se rend à un congrès à Helsinki en avion. Mais erreur de destination à son arrivée il se retrouve dans une métropole moderne dont il ne comprend ni le langage ni l’écriture. Malgré ses compétences dans le domaine linguistique, il se retrouve désespérément perdu.

Budaï va essayer par tous les moyens de communiquer: paroles, gestes, sourires, cris, mais rien n’y fait, le monde qui l’entoure est incompréhensible.
« À vrai dire il est dans un état total d’asservissement, d’abandon, sans défense, il ne sait même plus depuis quand, de plus en plus seul au milieu des innombrables habitants de cette jungle de pierre, de béton et de briques. »

Tout le monde est indifférent aux problèmes de Budaï, on le regarde, on lui sourit mais on ne le comprend pas, donc on l’ignore. Il arrive avec un regard et des attentions à se lier avec une jeune femme, liftière dans ce gigantesque hôtel. Ils se rencontrent lors des pauses cigarette de la jeune femme. Il apprend quelques mots. Mais au fil des jours qui passe l’argent commence à faire défaut à Budaï. Il va peu à peu péricliter et se retrouver à la rue.

Budaï est touchant dans son désarroi.  Il en vient à douter de ce qu’il lui arrive : S’est il réellement trompé d’avion ou est-il l’objet d’une conspiration d’un enlèvement  ? Il pense à sa femme, sa famille, son pays et ses habitudes. Est-il oublié, le recherche-t-on ?

Il semble que l’on puisse faire un parallèle dans ce récit à une critique des régimes totalitaires (Hongrie sous le joug communiste) ou des grandes métropoles. Il n’existe pas d’individualité. Tout est fondu dans la masse : un flot incessant d’êtres humains, des files d’attente partout, de l’incompréhension, de l’insensibilité.  L’unicité de la personne n’existe pas dans la masse.

J’ai trouvé Epépé assez déstabilisant, il nous emmène dans dans un univers Kafkaïen ou Auster(ien) ‘Le voyage d’Anna Blum’. Une sorte de récit dystopique qui nous projette dans notre rapport au monde et aux autres. Un genre de cauchemar ou l’on souhaite se réveiller mais …

Une lecture qui est en fait l’intersection de plusieurs éléments :

une liste proposée par Book Around the Corner sur des récits courts  ‘Finding time to read thanks to novellas‘  et d’un challenge proposé par le Goran sur des auteurs de l’Europe de l’Est.

Un des titres des propositions de Book Around the Corner m’avait fortement inspiré ‘Je dénonce l’humanité’ d’un auteur hongrois (pour moi complètement inconnu) Férenc Karinthy. Donc bonne pioche avec Epépé.

Divers:

  • Titre original : Epépé
  • Edition Denoel & d’Ailleurs, 1996
  • Traduction du Hongrois par J. et P.Karinthy

 

 

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11 réflexions sur « Epépé de Ferenc Karinthy »

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