Une carte pour l’enfer de Miyuki Miyabe

Une carte pour l’enfer de Miyuki Miyabe

Honma Shunsuke est policier en convalescence, suite à une balle reçue lors d’une arrestation. Pendant son rétablissement, il a la visite de Kazuya un cousin éloigné de son épouse décédée. Celui-ci vient le trouver afin de lui demander de lui venir en aide : sa jolie fiancée Shoko à disparu.

Kazuya est banquier, il proposait à sa fiancée de prendre une carte de crédit, mais refus des banques. Il découvre que Shoko, sa fiancée est en faillite et est interdite de carte bancaire. A l’annonce de l’interdiction bancaire, Shoko disparaît sans laisser de traces.  Shunsuke s’ennuie lors de sa période de convalescence, et pour échapper aux douloureuses séances de Kiné, il va accepter cette enquête.  Cet inspecteur est intrigué par cette disparition, il va mener sa propre enquête de façon officieuse. On découvre dans ce polar l’inspecteur Honma Shunsuke, veuf il s’occupe de son fils de 10 ans aidé par un homme de ménage, majordome.

Il part sur les traces de Shoko, mais celle-ci semble être une ombre, et Honma découvre que la fiancée disparue ne semble pas se nommer Shoko : elle a pris l’identité d’une autre jeune fille.

La recherche de sa véritable identité devient une affaire complexe, les indices apparaissent petits à petit. Le suspense est omniprésent les pressentiments, Shoko : victime ? coupable ?

On se retrouve avec la thématique de la crise économique que traversa le Japon dans les années 1990. Crédits immobiliers et crédits à la consommation, les endettements des consommateurs pris au piège des créanciers, des menaces directes des Yakuzas. On apprend le fonctionnement des faillites personnelles, la vie à crédit.

Ces endettements sont cause de suicides, disparitions, changement d’identité pour permettre à ces ‘victimes’ d’échapper à leur insolvabilité. Un polar captivant, avec de surcroit un inspecteur humain, très persévérant, un tantinet rigide, mais on ressent dans cet homme beaucoup d’empathie et de douceur pour son enquête et pour son jeune fils (qu’il oublie parfois plongé dans son investigation). La fin du roman s’ouvre sur des interprétations laissées au lecteur.

Personnages :

  • Chizuko : femme de Honma, morte 3 ans auparavant
  • Honma Shunsuke : policier
  • Ikari Sadao: service des enquêtes de la police centrale
  • Satoru : fils de 10 ans
  • Isaka Tsuneo : homme de ménage
  • Kurisaka, Kazuya : Oncle de Satoru, 29 ans, banquier
  • Sekine Shoko : fiancée de Kazuya, 28 ans
  • Katsu : camarade de classe de Satoru

Extraits :

  • Lorsque je fais une conférence , j’ai coutume de dire : « Avant de déménager à la sauvette, de vous suicider ou d’assassiner qui que se soit, pensez à la déclaration de faillite personnelle ! » Ca fait toujours rire. Mais ça n’a rien de risible ! L’ignorance de cette possibilité conduit à l’éclatement des familles, à la perte du travail, parfois à une vie de clandestinité pour les enfants. Les gens sont traqués. Ce sont justement ceux-là qui sont embauchés par des compagnies de sous-traitance, pour des travaux dangereux comme ceux des centrales nucléaires. On dit qu’il y a deux cent mille à trois cent mille laissés- pour-compte de ce genre. On n’a pas le droit de ne rien faire.

Divers:

  • Titre original : Kasha,  火車, 1992
  • Prix Yamamoto
  • Editeur Picquier : 2001
  • Traduction du japonais par Tanaka Chiharu et Aude Fieschi
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