Les gens de la rue des rêves de Miyamoto Teru

Les gens de la rue des rêves de Teru Miyamoto

DIx chapitres, dix récits sur les occupants de cette rue des rêves. Des petits commerces plus ou moins florissants, des personnages roublards , sentiments et ressentis du quotidien dans cette rue d’Osaka.

« La rue des rêves n’était faite que de gens chez qui une bizarrerie pouvait toujours en cacher une autre »

Des personnages font le lien entre ces commerçants de la rue des rêves :  Le restaurateur Wan, et Satomi Haruta un poète.

On retrouve des frères bouchers, une petite vendeuse de cigarettes, un horloger, un propriétaire de salle de jeux pachinko, une jeune coiffeuse, Microcosme, de cette rue, ensemble de faits divers , de ressentis, des moments qui se croisent : bonheur, contrariétés …. Et également des préjugés qui entourent certains protagonistes.

Mais ce n’est qu’au premier contact que l’on ressent médiocrité, préjugés, car tous ces gens de la rue des rêves sont chaleureux lorsque l’on commence à les connaître. Cette vision se fait particulièrement sentir avec les deux frères Yakuzas  repentis devenus bouchers.

J’ai particulièrement aimé la nouvelle le fils de l’horloger , dont le père n’a qu’une obsession l’argent et de son fils cleptomane qui lui pille sa boutique. Cleptomanie ou histoire d’amour, l’horloger reste aigri avec sa passion de l’argent au détriment de la recherche du bonheur.

— Je vais te dire une chose… Pour moi, l’argent, c’est le principal. T’auras beau dire : l’amour ! les sentiments ! mais sans argent, tu n’arriveras à rien. Les sentiments, oui ! la santé, bien sûr ! mais avec ce qu’il faut dans le porte-monnaie ! Personne ne me fera jamais démordre de ça !

« Derrière son comptoir, ce soir-là comme tous les autres, lorsque son petit doigt s’engourdit, Eisuke rumine la pensée qui l’occupe quotidiennement depuis six ans à la tombée du jour : « C’est à cause de ces centaines de pendules dont les aiguilles donnent toutes des heures différentes ! » Alors, il parcourt du regard les horloges exposées sur les murs de son magasin, les montres-bracelets dans leur long présentoir de verre et les pendules de bureau qui ornent sa vitrine, près de l’entrée, et songe à se relever en cachette cette nuit même pour venir régler toutes les aiguilles de l’horlogerie Murata sur la même heure. Peu importe que ce soit dix heures et quart, trois heures vingt-cinq ou six heures juste, mais il faut qu’il mette toutes ces pendules qui l’entourent à la même heure ! De cette façon, nul doute qu’il sera libéré de cet étrange malaise qui l’assaille ponctuellement à l’heure où le soir tombe. »

J’ai beaucoup apprécié ce roman de M.T. qui nous plonge dans l’intimité de chacun de ces personnages, de leur transformation progressive. Ces gens simples, parfois à l’approche rugueuse, sont émouvants une fois qu’on les côtoie de plus près dans leur intimité.

Il n’existe que trois romans traduits en français de Miyamoto Teru. Mon préféré de cet auteur reste néanmoins le Brocart que j’ai précédemment chroniqué. Avez vus déjà lu cet auteur, qu’en pensez vous ?

Le brocart de Miyamoto Teru

La rivière aux lucioles, suivi du fleuve de boue  de Miyamoto Teru

Divers:

  • Titre original : Yumemi-dori no hitobito, 1986
  • Éditions Philippe Picquier, 1986, 1993
  • Traduction du japonais par Philippe Deniau
Publicités

5 réflexions sur « Les gens de la rue des rêves de Miyamoto Teru »

Laisser un commentaire, un avis

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s