Tristesse et Beauté de Yasunari Kawabata

tristesse et beaute
tristesse et beauté

la veille du Jour de l’an, Oki Toshio, écrivain quinquagénaire entreprend de se rendre à Kyôto pour écouter les cloches de la nouvelle année. Il souhaite lors de ce voyage retrouver son ancienne maîtresse Otoko qu’il quitta vingt ans auparavant.

L’idée lui en était soudain venue à la fin de cette année, et il s’était mis en route pour Kyôto. Il espérait aussi, dans le secret de son cœur, retrouver, à Kyôto, Ueno Otoko qu’il n’avait pas revue depuis de longues années et écouter les cloches en sa compagnie. Depuis son installation à Kyôto et depuis que sa peinture dans le style traditionnel lui avait valu une certaine notoriété, Oki était pratiquement sans nouvelles d’Otoko. Il ne pensait pas qu’elle s’était mariée.

Cette tentative d’Oki pour ressusciter le passé va déchaîner des passions, des jalousies. Un petit goût de nostalgie inconsciente pour une relation passionnelle et brève.

Otoko Ueno était une toute jeune fille de 17 ans lorsqu’elle devint la maîtresse de Oki. Vingt ans plus tard, installée à Kyôto, Otoko s’est reconstruite progressivement. Elle est devenue une artiste peintre, et malgré la séparation avec Oki, elle lui porte toujours son amour.

Otoko Ueno vit avec sa protégée Keiko Sakami  séduisante et d’une grande beauté. Mais aussi trouble « J’adore me sacrifier ! Me sacrifier pour quelqu’un c’est un peu ma raison de vivre« . Elle joue de la séduction avec Oki ainsi qu’avec son fils, mais son amour le plus fort est celui pour Otoko. Un amour qui la pousse à la jalousie et la vengeance et qui transparait dans ses toiles. Keiko est un caractère ambigüe emprunt de sadisme maladif pour Oki et d’un masochisme envers Otoko qu’elle vénère.  Keiko est également jalouse de l’amour que porte Otoko à Oki malgré

Je me demande si, dans la haine même qu’une femme éprouve, il n’entre pas encore un peu d’amour ?

En plus de ce trio, il y a Fumiko la femme d’Oki qui vit dans son ombre, malheureuse et bafouée par son mari. Trahie par le roman qui a amené Oki à la célébrité, obligé de retranscrire ce roman mot à mot dévoilant l’amour de son mari avec Otoko.

Kawabata, nous dévoile des histoires d’amour, de jalousie et de vengeance. Amours adultères, amours homosexuels, amour maternel également, Des relations dévoilées de façon sensuelle, avec un brin de perversité.

Un roman ‘attachant’, dans le sens qu’il en reste un indicible trouble après cette lecture. Surement un des romans que je préfère de Kawabata.

Extraits :

  • Oki tourna la tête et regarda la jeune fille. Dès l’instant où elle lui avait adressé la parole à l’hôtel, il avait remarqué combien elle était belle. Elle avait un profil ravissant, avec son cou long et fin et la forme gracieuse de ses oreilles. La beauté de ses traits ne pouvait laisser indifférent. En outre, elle s’exprimait posément, mais avec une réserve manifeste à son égard.
  • Keiko reprit d’une voix froide et posée : « Savez-vous que j’aimerais vous venger ? — Me venger ? » Otoko resta confondue devant les paroles inattendues
  • Comme il fallait s’y attendre, c’est dans son propre ménage que les ennuis avaient commencé. Avant son mariage, la femme d’Oki, Fumiko, travaillait comme dactylo dans une agence de presse. Aussi Oki laissait-il à sa jeune épouse le soin de taper ses manuscrits. C’était une sorte de jeu entre jeunes mariés, une manière de divertissement amoureux
  • Sans se soucier le moins du monde d’être aperçue des clients voisins, Keiko mordit férocement le petit doigt d’Otoko. La douleur saisit Otoko au ventre, mais elle ne retira pas son doigt et ne dit rien. La langue de Keiko jouait avec l’extrémité du petit doigt. Puis la jeune fille l’ôta de sa bouche et dit : « Il n’est pas du tout salé. C’est parce que vous avez pris un bain… »
  • Otoko avait promené ses lèvres sur les paupières closes de la jeune fille, mordillé et chatouillé ses oreilles jusqu’à ce qu’elle finît par gémir et par se contracter sous les caresses. La réaction même de Keiko avait incité Otoko à continuer. Otoko se souvenait qu’autrefois Oki avait agi avec elle de la même façon.
  • La jalousie est le lot de toutes les femmes. N’ai-je pas appris à mes dépens, et depuis longtemps, que c’était un remède amer et dangereux, un poison en somme ?

Divers:

美しさと哀しみと
美しさと哀しみと
  • Utsukushisa to kanashimi to (1965)
  • Le livre de poche (1996)
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7 réflexions sur « Tristesse et Beauté de Yasunari Kawabata »

  1. C’est vrai que quand j’ai refermé ce livre il y a eu une légère frustration de ma part, en fait ce n’est pas de la frustration mais une incompréhension. Le style est très beau mais peut-être un peu plat à certains moments ce qui est dommage car il aurait pu aller beaucoup plus loin dans le malsain, les scènes ne reflètent pas ce que l’écrivain a voulu exprimer je trouve.

    Aimé par 1 personne

    1. Le ‘malsain’ pour te citer est suggéré, caché. Je ressens à la lecture le tourment du narrateur comme dans ‘les belles endormies’ : la beauté, la solitude, la mort, les regrets, érotisme. Avec un style dépouillé et plein de poésie.

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