Le talon de fer de Jack London

Le talon de fer de Jack London
Le talon de fer de Jack London

Le talon de fer est un roman dystopique sur les terribles oppressions d’une oligarchie américaine au début du vingtième siècle et les luttes d’un mouvement socialiste révolutionnaire : roman d’anticipation politique, fiction sociale.

« Cependant Ernest racontait comment il s’était élevé dans la société au point d’entrer en contact avec les classes supérieures et de se frotter à des hommes intronisés dans les hautes situations.
Alors était venue pour lui la désillusion, et il la dépeignit en termes peu flatteurs pour cet auditoire. La nature grossière de leur argile l’avait surpris. Ici la vie ne lui apparaissait plus noble et généreuse. Il était épouvanté de l’égoïsme qu’il rencontrait. Ce qui l’avait étonné encore davantage, c’était l’absence de vitalité intellectuelle. Lui, qui venait de quitter ses amis révolutionnaires, il se sentait choqué par la stupidité de la classe dominante.
Puis, en dépit de leurs magnifiques églises et de leurs prédicateurs grassement payés, il avait découvert que ces maîtres, hommes et femmes, étaient des êtres grossièrement matériels. Ils babillaient bien sûr leur cher petit idéal et leur chère petite morale, mais en dépit de ce verbiage, la tonique de leur vie était une note matérialiste… »

J’ai découvert une autre facette de Jack London avec tout d’abord la lecture de « la peste rouge ».  Écrits qui modifient un peu la vision de cet auteur réputé par ces écrits de romans d’aventures pour les jeunes : croc-blanc, l’appel de la forêt…  Le talon de fer est une dystopie ou une uchronie ‘Genre qui repose sur le principe de la réécriture de l’Histoire à partir de la modification d’un événement du passé’

Ces écrits écrits en 1908 sont, on s’en aperçoit sont assez visionnaire, il décrit le socialisme, puis une guerre mondiale démarrée entre l’Allemagne et les USA,  une révolution en octobre 1917 (Pas en Russie mais à Chicago), révolution qui durerait jusqu’en 1932.  Révolution écrasée par une répression brutale du mouvement prolétaire par le « talon de fer » dictature de l’oligarchie. Et cette dictature du Talon de fer ressemble étrangement aux régimes fascistes du début du XXe siècle.

Jack London, met en exergue une critique prémonitoire du capitalisme financier générateur de crises mondiales, dénonçant les lobbies, la ploutocratie. On retrouve dans ce roman son engagement auprès du prolétariat, des luttes ouvrières, et son humanisme. On retrouve sa soif de liberté, son adhésion au socialisme : la lutte des classes.

Mais ce récit, dont les descriptions des conditions de travail ne semblent pas si loin de celles que l’on retrouve dans certains pays qui offrent du travail à bas coût, nous offre une vision crédible de notre société actuelle et de son évolution.

extraits :

  • « J’en reviens à mon accusation. Si le pouvoir de production de l’homme moderne est mille fois supérieur à celui de l’homme des cavernes, pourquoi donc y a-t-il actuellement aux États-Unis quinze millions de gens qui ne sont pas nourris ni logés convenablement, et trois millions d’enfants qui travaillent ? C’est une accusation sérieuse. La classe capitaliste s’est rendue coupable de mauvaise administration. En présence de ce fait, de ce double fait, que l’homme moderne vit plus misérablement que son ancêtre sauvage alors que son pouvoir producteur est mille fois plus grand, aucune autre conclusion n’est possible sinon que la classe capitaliste a mal gouverné, que vous êtes de mauvais administrateurs, de mauvais maîtres, et que votre mauvaise gestion est un crime imputable à votre égoïsme… »(Les Philomathes)
  • Notre civilisation tant vanté est née dans le sang, est imbibée de sang, et ni vous, ni moi, ni personne ne pouvons échapper à cette tache écarlate.
  • Je voudrais vous faire partager une impression qui se forme lentement dans mon esprit. Jamais, dans l’histoire du monde, la société ne s’est trouvée emportée dans un flux aussi terrible qu’à l’heure actuelle. Les rapides modifications de notre système industriel en entraînent de non moins promptes dans toute la structure religieuse, politique et sociale. Une révolution invisible et formidable est en train de s’accomplir dans les fibres intimes de notre société. On ne peut sentir que vaguement ces choses-là : mais elles sont dans l’air, en ce moment même. On pressent l’apparition de quelque chose de vaste et d’effrayant. Mon esprit se refuse à prévoir sous quelle forme cette menace va se cristalliser. Une ombre colossale et menaçante commence dès maintenant à se projeter sur le pays. Appelez cela l’ombre d’une oligarchie, si vous voulez : c’est la définition la plus approximative que j’ose en donner.

The iron Heel
The iron Heel

Divers:

  • Titre original  The Iron Heel 1908
  • Traduction : Louis Postif 
  • Editions Libretto
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15 réflexions sur « Le talon de fer de Jack London »

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