En Beauté de Kim Hoon

En Beauté de Kim Hoon
En Beauté de Kim Hoon

 

Le narrateur est le directeur des services commerciaux d’une société de produits cosmétique, sa femme est hospitalisée en phase terminale et va succomber d’une tumeur au cerveau. Le narrateur se partage entre les funérailles de sa femme et le lancement d’une nouvelle campagne des produits de beauté de sa société.

Kim Hoon, écrivain coréen nous propose un roman très court, cru. Il insiste particulièrement sur la corporéité des corps, dont celui de sa femme. Creusant un abîme important entre son état de décrépitude et de délabrement physique et moral et son amour qu’il lui porte.

Les détails sur son épouse mourante, ou plutôt sur son corps, les odeurs de sa femme sont décrits de façon crue, avec froideur et distance, on peut dire sans pathos. Il décrit ce qu’il voit de façon abrupte : toilette, corps qui se décharne, les effets de la chimiothérapie.

Quand  l’aide-soignante procédait à sa toilette, je pouvais voir la chair desséchée des organes génitaux, la région pubienne entièrement racornie montrer un clitoris coller qu’on aurait dit cautérisé. Je ne parvenais pas à imaginer que par des orifices si arides nous avions pu ma femme et moi avoir une fille.

Il ne se bat pas avec sa femme contre la maladie, mais l’accompagne. On sent malgré tout un amour pour sa femme, des soins qu’il lui apporte malgré la laideur de la maladie. Le narrateur est plongé dans une situation extrême, Recherche du vivant ou de l’espoir, il souhaite voir sa femme être libérée de sa souffrance.

Mais il semble tourner la page (du moins physiquement) après la crémation de sa femme.  Aux liens et aux choses qui les unissaient, il retourne à ses activités commerciales et le lancement de sa campagne publicitaire.

Un petit roman dérangeant, violent et déstabilisant sur la fin de vie, la vision pragmatique de la déchéance des corps, de la vie qui continue malgré tout. La fin, la résignation et la souffrance.

Extraits :

  • La deuxième opération achevée et ma femme conduite en salle de repos, je ne souhaitais qu’une chose, qu’elle fut morte. C’était la plus profonde expression de mon amour et de ma fidélité. Mais ma femme osseuse comme une branche morte continuait de respirer.

Divers

  • KIM Hoon est né en 1948 à Séoul, où il vit et travaille. Il a longtemps tenu pour le grand quotidien Hankuk une rubrique intitulée « Un voyage littéraire » où il partageait sa passion pour la littérature avec un vaste public séduit par sa culture et sa verve. En 2001, son premier roman Le Chant du sabre (Gallimard), couronné par le prix Tong-Hi a aussitôt connu le succès. Il se consacre désormais exclusivement à son œuvre.
    En beauté a reçu le prestigieux prix Yi Sang en 2004.
  • Titre original : Hwajang, 2004
  • Editions : Picquier, 2015
  • Traduction : Han Yumi, Hervé Péjaudier  & fondation Daesan
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