Eclipses Japonaises de Eric Faye

Eclipses Japonaises de Eric Faye
Eclipses Japonaises de Eric Faye

Nouveau roman de l rentrée de Septembre. J’avais adoré ‘Nagasaki‘ du même auteur, paru en 2010. Donc je réitère avec ‘Eclipses Japonaises’. L’action se déroule en Orient, mais dans deux pays diamétralement opposés : le Japon et la Corée du Nord. Et en épigraphe deux citations, dont celle de Dante

« Toi qui entres ici, abandonne toute espérance. »
Dante

Pour résumé : « En 1966, un GI américain s’évapore lors d’une patrouille dans la zone démilitarisée, entre les deux Corées. À la fin des années 1970, sur les côtes japonaises, des hommes et des femmes, de tous âges et de tous milieux, se volatilisent… »

Dès les premières pages, du fait de la des disparitions, le roman m’a immédiatement fait penser aux ‘Evaporés’  de T.B. Reverdy. Mais il s’agit en fait de kidnapping sans rançon et non de fuites en avant de ces personnes. Le mystère s’épaissit alors…

L’auteur dépeint la détresse psychologique des personnages extirpés de leur milieu et plongés dans un monde inconnu, un pays inconnu, surveillé jour et nuit. Ceux-ci doivent apprendre la langue et les coutumes du pays, puis sont promulgués formateurs.

Quelle était donc cette prison où les gardiens se mêlaient aux détenus jusque dans leurs cellules, pour surveiller ce qui se disait ?

On navigue sur des victimes de ce régime, victimes consentantes aveuglées par les vérités assénées par le parti omniprésent, et les victimes kidnappées contraintes de vivre dans ce milieu, sans aucun contact avec l’extérieur.

Roman ? construit sur la vie de vrais protagonistes, richement documenté lié à une vérité historique. Un voile se lève sur les relations japo -coréenne : guerre froide. La postface dévoile la vérité historique de ces sujets captifs pendant plusieurs dizaine d’années puis relâchés contre de l’aide humanitaire ou la reconnaissance de ce pays qui fait froid dans le dos

Parfois, je regarde les photos noir et blanc, peu nettes, des victimes de tous ces enlèvements. Doina Bumbea, mélancolique, Soga Hitomi enfant, et sa mère ; Charles R. Jenkins à son arrivée au Japon après trente-huit ans en Corée du Nord, descendant d’avion en s’aidant d’une canne, avec son épouse, Soga Hitomi, à son côté. Arimoto Keiko. Chimura Yasushi retrouvant son père au pied de l’avion après vingt-quatre ans d’absence. Hasuike Kaoru, Okudo Yukiko, Matsumoto Kyoko… Et Yokota Megumi, enfant aussi, avant son enlèvement. Puis Megumi dans le parc de l’École militaire supérieure où elle n’avait d’autre choix que de donner des cours à de futurs espions.

Un livre qui m’a passionné dans cette rentrée littéraire qui est de plus en plus pléthorique (560 cette année, dont 363 romans français et 66 premiers romans), et pourtant j’essaie de me tenir éloigné de ce tsunami littéraire de l’automne.

 

Extraits :

  • Les histoires comme celle-ci sont pareilles au Nil, elles n’ont pas un commencement. Elles en ont une myriade. Et toutes ces sources engendrent des rus qui se jettent, l’un après l’autre, dans le cours principal du récit – le grand fleuve.
  • La volatilisation pure et simple de l’être pour elle le plus cher sur Terre dépassait cependant tout ce qu’elle avait pu envisager. C’était au-delà de tout. Elle se mettait à intercéder auprès du dieu qui la lui avait confisquée sans crier gare. Naoko était kamikakushi, pensait-elle. Cachée par les dieux. Au secret quelque part, mais où !?
  • Quelle était donc cette prison où les gardiens se mêlaient aux détenus jusque dans leurs cellules, pour surveiller ce qui se disait ?
  • « Les idées du Juche constituent une théorie révolutionnaire axée sur le fait qu’il faut tenir compte a priori de l’existence des masses laborieuses ; elles constituent une stratégie et une tactique révolutionnaires basées sur le rôle que jouent ces masses. » Etc. Des salades comme ça, mon cerveau en est farci.
  • Je ne m’habituerai jamais au fait de paraître insignifiant, invisible. Nul ne vous remarque. Nul n’entend vraiment ce que vous dites.

Divers:

  • Éditions: Seuil, 2016
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12 réflexions sur “ Eclipses Japonaises de Eric Faye ”

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