Kaé ou les deux rivales de Sawako Ariyoshi

Kaé ou les deux rivales de Sawako Arioshi
Kaé ou les deux rivales de Sawako Arioshi

Kaé est une toute jeune fille d’une riche famille de samouraï. Toute jeune elle est impressionnée par la beauté et l’intelligence de Otsugi. Kaé la trouve mal assortie avec son époux, le médecin Naomichi, brillant, mais alcoolique et imbu de sa personne.

« Kaé avait huit ans lorsqu’elle vit Otsugi pour la première fois. Elle avait supplié Tami, sa nourrice, de l’emmener à Hirayama, village voisin, dès que celle-ci lui avait raconté l’histoire. C’était en été. Le jardin devant la maison était envahie par les mauvaises herbes, et les fleurs blanches de l’aubergine-qui-rend-fou se détachaient avec une clarté singulière sur le fond vert de l’herbe alourdie de chaleur. Elles ressemblaient merveilleusement au profil blanc d’Otsugi, tel qu’il surgit soudain sous l’auvent de la vieille maison. »

Bien des années plus tard, Otsugi vient demander à Sajibe le père de Kaé une demande de mariage par procuration pour son fils Umpei Shin. Mariage contraire aux traditions entre un médecin pauvre et une riche famille.

Malgré les oppositions de Sajibe, le mariage a quand même lieu et Kaé intègre la famille comme bru. Kaé ne connaît pas encore son mari, absent pour plusieurs années qui poursuit ses études de médecine à Kyoto. Elle apprend à connaître sa belle famille et semble en faire partie. Et cela jusqu’au jour où son mari rentre de Kyoto et ou sa belle mère la traite alors en paria. Une haine latente s’entretient entre les deux femmes. Seishû, le mari, quand a lui, ne pense qu’a ses recherches médicales : la création d’un anesthésique puissant pour opérer et ses recherches sur le cancer du sein.

On recherche les motivations de chacune des protagonistes. Pour Kaé son admiration envers la beauté et l’élégance d’Otsugi la rapproche de cette famille, mais l’amour immodéré d’Otsugi envers son fils en fera devenir un objet de jalousie entre ses deux femmes.

Roman historique qui se déroule à la fin du shogunat Tokugawa entre 1603 à 1867, mais également fresque sociale. L’objet de ce livre a en toile de fond les progrès de la chirurgie au 18e siècle, les découvertes scientifiques. Le mélange des médecines chinoises et des découvertes hollandaises faisant progresser les recherches médicales. La rivalité de ces deux femmes servant à Otsugi à faire avancer ses connaissances médicales.

Ariyoshi Sawako nous dévoile la condition de la femme dans la période fin 18ème, début du 19e.  Inspirée d’une histoire vraie, récit émouvant et une très belle écriture ou la psychologie des personnages est finement décrite.

Extraits :

  • Une ombre pénétra dans la chambre et s’étendit sur la couche voisine de celle de Kaé. Celle-ci, comprenant, à la façon dont Otsugi retenait son souffle, qu’elle l’écoutait, ouvrit grands les yeux dans l’obscurité. Les deux femmes, nerveusement conscientes de la présence l’une de l’autre, ne s’endormaient pas. La mère, qui espérait voir son fils dormir seul, éternellement, et l’épouse, qui découvrait en sa belle-mère un obstacle entre elle et son mari avaient toutes les deux les nerfs à vif, et chacune surveillait sa respiration pour ne pas laisser à l’autre le loisir de deviner les sentiments qui l’agitaient.
  • Les malades révèrent le médecin comme un dieu tant qu’ils ont besoin de lui, mais une fois la guérison obtenue, ils l’attribuent à la protection divine, est comptent pour rien l’efficacité des médicaments. Ils oublient complètement qu’un médecin les a soignés
  • Une mère qui défend sa fille ne craint personne, pas même son mari.
  • Il comprenait parfaitement qu’il n’était pas en position de jouer les arbitres. L’antagonisme qui dressait la femme qui l’avait mis au monde contre celle qui mettait au monde ses enfants avaient des racines trop profonde, devant lesquels la chirurgie kasparienne restait impuissante. Le mari qui ne pouvait pas le supporter n’avait plus qu’à hurler, et c’était ce que Seishû avait fait.

Divers :

ARIYOSHI Sawako (1931-1984) a très tôt connu un immense succès avec des romans, des nouvelles et des pièces de théâtre qui traitent souvent de la condition féminine. On l’a beaucoup comparée, au Japon, à Simone de Beauvoir qu’elle admirait sans réserve. Elle s’est suicidée (ou est morte dans son sommeil selon les sources) en 1984.

Né à Wakayama et diplômée du Tokyo Christian College, Sawako Ariyoshi a passé une partie de son enfance à Java. Une romancière prolifique, elle dramatise des problèmes importants dans ses romans tels que les souffrances des personnes âgées, les effets de la pollution sur l’environnement, et les effets du changement social et politique sur la vie et les valeurs domestique japonais, en particulier sur la vie des femmes.

  • Titre original : ‘華岡青洲の妻’, Hanaoka seishu no tsuma,(la femme de Hanaoka Seishû)1967
  • Titre Anglais : The Doctor’s Wife
  • Editions : Mercure de France 2015 rééditon Stock 1981
  • Traduction :Yoko Sim et Patricia Beaujin
  • Note : 
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