Le secret et autres textes de Junichirô Tanizaki

Le secret et autres textes de Junichirô Tanizaki
Le secret et autres textes de Junichirô Tanizaki

Recueil de nouvelles parues entre 1910 et 1914. Plus exactement cinq nouvelles. Un petit bijou de perversité dans les mains de Tanizaki.

Ces nouvelles tournent autour de plusieurs pôles chers à cet auteur, on retrouvera entre autres le Désir, la Haine, la Peur, mais aussi des perversités : sado-masochisme, et homosexualité. Ces nouvelles font partie de ces premières oeuvres, on ne retrouve pas malheureusement : « le tatouage », écrit en 1911.

«Il y a un sentiment que j’adore, c’est la haine. Aucun autre n’est aussi radical, entier, agréable. Haïr quelqu’un, le haïr de tout son coeur, quelle jouissance ! » 

La première nouvelle : »Les jeunes garçons », récit d’un jeune adolescent qui découvre par le biais de jeux « bizarres » avec ses amis, mais qui pourraient paraitre innocent , une approche de la sexualité. Dévoilé sur un Rythme crescendo, poétique  et sensuel il nous amène progressivement à une violence et une cruauté.  ces jeux nous mènent à découvrir les « plaisirs » sadiques et également masochistes. Violence et cruauté sont mis en scène importé dans le monde innocent des jeux d’enfants.

Car telle une attraction magnétique le jeune narrateur ne peut plus résister à la tentation ensorcelante de résister à ces jeux. Cette exploration des plaisirs sexuels mis en scène par de jeunes adolescents Innocence des jeux « gendarmes et voleurs », « jeu du renard » nous font tomber invariablement dans des jeux pervers pour leur plus grand plaisir.

J’ai plus détaillé la première nouvelle, mais les autres récits abordent d’autres facettes de Tanizaki : »La terreur » d’un homme éprouvée lors des voyages en chemin de fer.  « La haine » qui est un concentré des sentiments disséqué.

« Je crois que tout comme l’amour, la haine n’est pas déterminée par des raisons morales ou des considérations d’intérêts : elle jaillit d’une source bien plus profonde. J’ignorais, jusqu’aux premières manifestations de ma libido, ce qu’était réellement haïr »

« Une mort dorée » ou une compétition se créé entre deux amis pour la recherche de l’esthétisme parfait.

Beauté, sensualité dominent ce récit qui pique notre curiosité, car Tanizaki à cet étrange pouvoir de fixer notre attention, de nous exciter par l’exubérance, et nous transporter dans un autre monde à mi chemin entre le rêve et la réalité. J’ai aimé.

Des nouvelles qui investissent des thèmes chers à Tanizaki, une impression de sensualité mélangée à du malaise domine !  Une exploration de la sexualité, de la beauté des sentiments qui nous animent poussé à un paroxysme sous un voile d’onirisme et de poésie.

Citations :

  • «J’allais donc y passer aussi… Ces lèvres humides, cette langue lisse qui me léchait et me pourléchait sans relâcher sa pression, me procuraient des sensations étranges et avaient le don de faire disparaître ma frayeur pour la remplacer par une fascination qui, s’emparant de moi, finissait par me faire éprouver du plaisir. Subitement mon visage, de la tempe gauche à la joue droite, fut violemment écrasé par ses pieds, mon nez et ma bouche supportant directement les semelles pleines de boue de ses zôri, mais je trouvais cela aussi suprêmement plaisant… pour ma part, je suçotais de mon mieux les membranes entre les orteils, tout à ma découverte de leur goût salé et acide ; je constatai aussi que, les gens beaux sont beaux de la tête jusqu’au bout de leurs ongles de doigts de pied… »
  • «Il y a un sentiment que j’adore, c’est la haine. Aucun autre n’est aussi radical, entier, agréable. Haïr quelqu’un, le haïr de tout son coeur, quelle jouissance ! »
  • Je crois que tout comme l’amour, la haine n’est pas déterminée par des raisons morales ou des considérations d’intérêts : elle jaillit d’une source bien plus profonde. J’ignorais, jusqu’aux premières manifestations de ma libido, ce qu’était réellement haïr

Divers:

  • Titre original : Shônen, Himitsu, Kyôfu, Zônen, Konjiri no shi, 1913 à 1917
  • Editeur : Gallimard , 1997
  • Traduit du Japonais par Anne Bayard-Sakai, Marc Méréant et Cécile Sakai
  • Note : ●●●●●
Publicités

3 réflexions sur « Le secret et autres textes de Junichirô Tanizaki »

Laisser un commentaire, un avis

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.