Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre

Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre
Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre

Une pièce en trois actes :  fin décembre 1999, 2011 et 2015. Décembre 1999 , le jeune Rémi Desmedt , 6 ans est porté disparu. Accident, meurtre ?

Les hommes roulaient des épaules en s’installant au volant et donnaient l’impression de partir à la chasse. Le maire lui-même était monté dans la voiture municipale pour participer aux recherches. Même si tous agissaient pour une bonne cause, il y avait dans l’air quelque chose de conquérant et vindicatif, l’énergie vertueuse que l’on trouve souvent à l’origine des lynchages et des ratonnades.

Antoine, douze ans, fils unique, élevé par sa mère divorcée  l’a frappé avec un gourdin, puis caché le corps. Sa destinée va changer à tout jamais. Nous sommes dans l’intimité de ce jeune garçon assassin, depuis son geste une journée de Décembre 1999,  il va vivre partagé par l’envie de fuir, de tout raconter, se rendre. Il va vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de sa tête.

Ce roman se passe dans une zone rurale, « une ville étriquée où chacun est observé par celui qu’il observe, dans laquelle l’opinion d’autrui est un poids écrasant. », on sent le poids des rancoeurs qui pèsent sur certains. Des personnages souvent bourru, à la limite de la caricature : le curé, le charcutier, le maire, le médecin de campagne ….  qui ont un parfum de terroir.

Pierre Lemaitre analyse Antoine, il ne se positionne pas au niveau de la dualité du bien ou du mal, ni de rendre la justice.  Mais uniquement de se mettre dans la peau d’un jeune assassin  peut-être au détriment de la victime, des parents de la victime. On sent par ce travers la complexité des relations dans ce village : microcosme sociétal ou des concessions pourront être faites à la vérité. Taire des secrets et faire des compromis afin de conserver un équilibre précaire ?

Je connaissais Pierre Lemaitre, jusqu’à ce jour uniquement pour son roman ‘Au revoir la haut‘ , prix Goncourt . Ici une autre facette de cet auteur : le polar. Roman-polar que j’ai moins apprécié mais, qui a le mérite d’être aisé et rapide à lire.

J’aurais du mal à dire si j’ai aimé ou pas, l’écriture est agréable. La thématique et la conclusion dérangeante.

Extraits :

  • Elle fréquentait l’église quand elle avait besoin de secours. Dieu était un voisin un peu distant qu’on avait plaisir à croiser et à qui on ne rechignait pas de demander un petit service de temps à autre. Elle allait à la messe de Noël  comme on visite une vieille tante. Il entrait aussi dans cet usage utilitaire de la religion une large part de conformisme.
  • Tous ses efforts, toute son attention étaient tournés vers lui-même, vers son aspiration à la sécurité, à l’impunité.
  • Émilie approuva gravement. L’humanitaire, c’est bien. On lisait sur son visage que c’était un concept vide de sens, juste un mot, mais dont la connotation morale méritait le respect.

Divers:

  • Titre original : Trois jours et une vie
  • Editeur :Albin Michel, 2016
  • Note : ●●●○○

 

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3 réflexions sur “ Trois jours et une vie de Pierre Lemaitre ”

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