Le dernier témoin de Kim Songjong

Le dernier témoin de Kim Songjong
Le dernier témoin de Kim Songjong

 

1972, des assassinats , celui d’un avocat, puis celui d’un riche homme d’affaire propriétaire de la plus grande brasserie de la région. Un homme qui sort de prison après vingt ans de prison. Des faits qui semblent n’avoir au prime abord aucune corrélation. Un  inspecteur O Pyǒngho, homme désabusé à la dérive depuis le décès accidentel de sa femme, est chargé d’enquêter sur un des meurtres.

— Vous avez beaucoup souffert, au revoir, lui dit le vieux gardien en le regardant comme avec compassion.

Hwang Pa’u le salua en s’inclinant profondément. À cause de la neige qui tombait, ses cheveux étaient inhabituellement blancs.

Serrant contre sa poitrine un baluchon, les épaules voûtées, il se dirigea lentement vers une rue. Derrière lui, il entendit le bruit de la porte d’acier qui se refermait. À cet instant, soudain, il ressentit une solitude effrayante. Il était véritablement seul, et il lui sembla qu’il devait désormais traîner son vieux corps dans ce monde.

Cet inspecteur emprunt d’humanité, se met à la recherche de la vérité, bafoué dans son enquête mais son honneur et sa droiture est en jeu.  L’affaire piétine, il se prend de sévères cuites au soju, mais il est persévérant L’inspecteur est droit, il traque les injustices du passé d’un pays qui panse ses plaies

Il doit remonter à un moment critique de l’histoire de la Corée, à un moment de guerre fratricide a coupé le pays en deux. Ou une partie de la population souffrait alors que d’autres en tiraient profit. Des histoires que l’on ne veut pas faire remonter à la surface et que l’on préférerait taire.

le hérosO Pyǒngho doit rétablir une chronologie des faits, l’ordre logique depuis le conflit Nord, Sud, de la présence de maquisard infiltré. Un portrait de la guerre fratricide que se livrèrent le Nord et le Sud de 1950 à 1953.

Un polar émouvant, profondément triste. Je l’ai lu et interprété dans le contexte historique, ressentant parfois des longueurs. Pratiquement un « cold case » car les faits remontent à une vingtaine d’année.

Kim Songjong est considéré comme un des maîtres du polar coréen, dommage qu’il n’y en est si peu.

Personnages :

  • Hwang Pa’u : 20 ans de prison (travaux forcé pour être communiste meurtrier), marié
  • Hang Tongju : guérilla
  • Kim Chunghyǒp : avocat de Seoul assassiné
  • Yonhui : Maîtresse de l’avocat 26 ans
  • Mme Ch’oe : femme de l’avocat (nom de jeune fille, coutume)
  • Yang Talsu : assassiné, brasseur, ancien chef de section
  • Yi Poksun ( sa femme) trois fils : Chongt’ae Chongshik, Chonghoune fille Moyoryon :
  • Pak Chint’ae : premier suspect
  •  O Pyǒngho : inspecteur 36 ans, veuf, déprimé
  • Hwang T’aeyǒng : fils de Hwang Pa’u
  • Kim Ushik  : vagabond charpentier
  • Son Chihye 38 ans : maîtresse et la compagne de Yang Talsu.
  • Han Tongju : maquisard

Extraits :

  • La guerre civile coréenne a duré de 1950 à 1953. Après un mouvement de balancier du Nord vers le Sud, puis du Sud (avec les Américains), puis du Nord (avec les Chinois), le front s’est stabilisé presque à son point de départ pendant deux années. Dès lors les opérations de guérilla dans le dos de l’ennemi ont pris une grande importance. Le principal maquis du Nord se trouvait dans les monts Chirisan.
  • Un homme sincère ne peut survivre que quand revient l’humanité.
  • Le mépris des autres semblait le même chez les chiens et chez les hommes. Un chien aux poils jaunes fixa Hwang Pa’u d’un air dédaigneux et aboya sourdement. Du coup, les autres chiens se mirent à aboyer bruyamment
  • Pourquoi ignoraient-ils que l’idéologie n’a pas de valeur à côté de la vie humaine ? Pourquoi ignoraient-ils que sacrifier sa vie à l’idéologie est une chose stupide ?
  • — Alors, espèce de pourri, tu faisais semblant de dormir allongé sur le dos et tu as tout entendu. Les rumeurs filent vite. Comment sais-tu… Casse-toi. Je veux plus te voir. La mère qui a fait un enfant pareil doit être rudement pourrie de l’intérieur.
  • Est-ce que le fait de tuer fait de moi un homme mauvais ? Avant de tuer quelqu’un, tue-toi d’abord.
  • Le temps altère les passions humaines, à la fin même la mémoire s’altère.

 

Divers:

  • Titre original : Ch’oehuǔi chǔng’in, 1979
  • Editeur : Actes Noir, Actes Sud , 2014
  • Traduit par Patrick Maurus 
  • Note : ●●●●●
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7 réflexions sur « Le dernier témoin de Kim Songjong »

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