Une disparition inquiétante de Dror Mishani

Une disparition inquiétante de Dror Mishani

Le commandant Avraham Avraham, donne le ton du roman dès les premières pages.

« Savez-vous pourquoi il n’y a pas de littérature policière écrite en Israël ?» demande-t-il un poil désabusé, assis dans le fauteuil d’un bureau sans fenêtre. « Parce que chez nous, il n’y a pas de tueurs en série, pas d’enlèvements et quasiment pas de violeurs qui agressent les femmes dans la rue ».

Et, ce commandant essaye d’appliquer cette règle, lorsque la mère d’un adolescent vient lui signaler la disparition de son fils de seize ans Ofer Sharabi. Avraham la renvoie chez elle prétextant qu’il s’agit surement d’une fugue et qu’elle ne s’inquiète pas.

Deux jours plus tard, l’adolescent n’est toujours pas reparu, Avraham sent bien qu’il aurait du en faire un peu plus face à cette mère en pleur.  Tout le monde se dévoue pour le rechercher, même le voisin professeur d’Anglais Zeev, un écrivain en herbe qui donnait des cours à Ofer.

 

Une ambiance particulière pour ce polar, car le commandant Avraham Avraham semble bien en dessous dans son enquête, en proie à des problèmes existentiels. Le bien et le mal, coupable ou innocent. Il y a du désespoir et du mal être le long de ces pages même si l’on se trouve dans  une banlieue modeste de Tel-Aviv

Mais Avraham, rongé par ses problèmes existentiels, est loin d’aborder l’enquête avec sérénité et lucidité. Il n’a même pas remarqué le comportement étrange de Zeev, le voisin prof d’anglais qui donnait des cours particuliers à Ofer. Il faut dire que dans cette banlieue modeste de Tel-Aviv, rares sont les gens qui n’ont rien à cacher…

Avraham fan de série dont « New York, police judiciaire » est un personnage attachant, plein de sensibilité avec ses doutes et faiblesses! Peut être un peu trop pour un commandant en charge des enquêtes. Il n’est pas particulièrement brillant, il recherche des traces d’innocence plutôt que des éléments à charge avec ses suspects.

Envoutant, mais qui laisse un sentiment de malaise et cela même après avoir tourné la dernière page, une enquête résolu,  une résolution inattendue, une vérité amer.

Mais j’ai grandement apprécié ce polar même si j’y ai trouvé une solution plutôt dérangeante.

 

Extraits

  • « Savez-vous pourquoi il n’y a pas de littérature policière écrite en Israël ?» demande-t-il un poil désabusé, assis dans le fauteuil d’un bureau sans fenêtre. « Parce que chez nous, il n’y a pas de tueurs en série, pas d’enlèvements et quasiment pas de violeurs qui agressent les femmes dans la rue ».
  • Souvenez-vous du passage de la lettre de Kafka que je vous ai lu à notre première rencontre (il ferma les yeux et cita de mémoire 🙂 « Si le livre que nous lisons ne nous réveille pas d’un coup de poing sur le crâne, à quoi bon le lire ?
  • Il cherchait encore un moyen de parler des lettres mais sans que cela ait l’air d’une confession, car son acte lui paraissait toujours aussi innocent. Il se sentait comme quelqu’un qui, dans une synagogue, s’enveloppe de son châle de prières et sort ses phylactères alors qu’il a perdu la foi.
  • Cette question, il se la posait lui aussi, et n’avait pas trouvé de réponse. Peut-être était-ce la proximité géographique, peut-être la sensation de n’avoir pas réussi à contrôler les événements. – Si tu veux mon avis, c’est parce que tu étais miné par la culpabilité, dit-elle. Dès le début de l’enquête, tu t’es senti coupable envers Ofer et ses parents, et c’est cette culpabilité qui t’a empêché de voir ce qui s’était vraiment passé dans cette famille, jusqu’à ce que… finalement, bon, tu sais très bien comment tout ça s’est terminé.
  • Tu ne peux pas craquer à cause d’une enquête, aussi pénible soit-elle, et je comprends qu’elle a été pénible. De plus, elle n’est pas terminée. Tu te souviens de ce que tu m’as raconté ? Que tu arrivais toujours à démontrer que l’enquêteur se trompait ? Que la vraie solution était différente de ce qui était révélé ? Eh bien voilà, il t’arrive peut-être la même chose. – Non, moi, je te parlais des romans policiers, pas de la vraie vie, lâcha-t-il, espérant qu’il se trompait.

Divers :

  • Titre original : Tik Ne’edar (2011)
  • Editeur : Seuil
  • Traduction :Laurence Sendrowicz
  • Note : ●●●●○
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4 réflexions sur « Une disparition inquiétante de Dror Mishani »

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