Les dieux chiens de Masako Bando

Les dieux chiens de Masako Bando
Les dieux chiens de Masako Bando

 

Miki la quarantaine célibataire, est la fille aînée d’une branche de la famille Bonomiya établie sur Shikoku. Nous sommes au printemps, tout est clair et lumineux, la nature se réveille. A la veille de la rentrée scolaire arrive Akira Nutahara, vingt-cinq ans, professeur venu s’installer au village. Miki, une des rares à fabriquer encore du papier à la manière traditionnelle, va tomber sous le charme du jeune homme. Mais, dans cette atmosphère printanière, les habitants du village font tous des cauchemars.

Dans la bourgade d’Ominé sur l’île de Shikoku, village de pleine montagne il semble faire bon vivre. Malgré que cette île du Japon soit réputée pour ses femmes chamanes et ses légendes.

Est ce des indices ? les villageois font des  rêves désagréables , des cauchemars récurrents, des nuits sans lune plus sombres cerne le village. Un malaise s’installe progressivement dans les comportements, les descriptions, une rumeur monte.

Ses doigts étaient encore agités de spasmes, comme des vers de terre au bout d’un hameçon.

Une atmosphère singulière emprunt de mystère, s’insinue dans ce village qui semble éloigné de la civilisation. Village qui semble être également hors du temps, et qui conserve ses anciennes coutumes : la fête des ancêtres. Les rites particuliers que la mère de Miki pratique avec une urne qui orne les tombes familiales; traditions du bouddhisme et de croyances locales plus anciennes. Croyances et légendes bercent la vie de ces villageois

L’homme peut bien marcher sur la lune, la peur ancestrale qui sommeille en chacun de nous ne disparaîtra pas.

Et ces légendes ont la vie dure, on retrouve un exorcisme pratiqué par un prêtre, des clans, des malédictions, des haines ancestrales qui refont surface.

Je me suis laissé entraîner dans ce roman, au début perplexe par la visite du temple Zenkoji que visite Koji Tokita. Puis après bercé par la vie simple de ce village. Le mystère est distillé goutte à goutte jusqu’à atteindre un paroxysme dans les flammes. Un roman qui m’a rappelé La Vigne des morts sur le col des dieux décharnés en beaucoup moins trash pour son atmosphère.

 

(鵺) est une créature fantastique de la mythologie japonaise. Elle a la tête d'un singe, le corps d'un chien viverrin, les pattes d'un tigre et un serpent à la place de la queue. Un nue peut aussi se transformer en nuage noir et voler. À cause de son apparence, il est souvent appelé chimère japonaise.
(鵺) est une créature fantastique de la mythologie japonaise. Elle a la tête d’un singe, le corps d’un chien viverrin, les pattes d’un tigre et un serpent à la place de la queue. Un nue peut aussi se transformer en nuage noir et voler. À cause de son apparence, il est souvent appelé chimère japonaise.

Extraits :

  • Ses doigts étaient encore agités de spasmes, comme des vers de terre au bout d’un hameçon.
  • Le papier légèrement beige que Miki fabriquait, c’était un peu comme la renaissance de son cœur. Elle lavait, rinçait, écrasait ses désirs et son aspiration à un autre destin, réduisait le tout en un élément de base, qu’elle recomposait.
  • “… Les chiens sont des sales bêtes qui couchent entre frères et sœurs, ou avec leurs enfants. C’est ce sang qui coule dans tes veines.”
  • Le vent se mit à souffler, ébouriffant ses cheveux. Elle passa la main dedans. Les cheveux noirs et drus s’emmêlaient entre ses doigts. Et sa main glissa jusqu’à sa joue. Puis de sa joue couleur de fleur de cerisier à son cou, sa clavicule, pour s’arrêter sur son sein. Un sein qui n’avait rien perdu de sa fermeté alors qu’elle le soupesait dans la paume de sa main. Indépendamment de sa conscience, sa chair réclamait.
  • Depuis toujours à Tosa, il y avait cette hantise des dieux chiens. On parlait de morsure quand on était possédé par eux et, dans ce cas, on tombait malade, ou on se mettait à tenir des propos étranges. Mais ce n’était qu’une légende.
  • Les stèles noires ressemblaient à des doigts humains sortant de la terre. Comme une main aux doigts raidis cherchant à attraper le ciel bleu…
  • Elle enleva le tamis et, avec une spatule en bois, mélangea le jus dans le seau. Le liquide rouge forma un tourbillon. Elle crut y voir deux corps enlacés. La spatule lui échappa des mains et tomba dans le liquide
  • L’homme peut bien marcher sur la lune, la peur ancestrale qui sommeille en chacun de nous ne disparaîtra pas.

Biographie :

Masako Rancio est née à Kochi, dans l’île de Shikoku, elle a commencé par écrire des livres pour enfants avant de publier, en 1993, son premier roman, Shikoku. Depuis, elle ne cesse d’écrire en se basant sur des légendes de sa région. Les Dieux Chiens (lnugami) sont devenus un film, réalisé par Masato Harada en 2001.

En 1996, elle obtient le prix Naoki pour son roman Yamahaha (山妣?, lit. Mountain Mother). elle est connue comme une auteure de roman d’horreur, « Inugami » et « Shikoku. » ont été porté à l’écran.

Du bizarre : En Août 2006, dans deux nouvelles parues dans le Nihon Keizai Shinbun, elle  révèle qu’elle avait tué des chatons en les jetant d’une falaise lorsqu’elle vivait à Tahiti. Fiction ou réalité mais des remous dans les médias.

Elle décède le 27 Janvier 2014 d’un cancer de la langue

Divers :

  • Titre original : Inugami, 1996
  • Editeur : Actes Sud, 2008
  • Traduction : Yutaka Makino
  • Note : ●●● ○○
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