La vie secrète du seigneur Musashi de Junichiro Tanizaki

La vie secrète du seigneur Musashi de Junichiro Tanizaki
La vie secrète du seigneur Musashi de Junichiro Tanizaki

Le jeune prince  Musashi rencontre ses premiers émois lors du siège de la forteresse ou il est gardé en otage d’honneur. Lors du siège il surprend des femmes en train de nettoyer et maquiller  des têtes des samouraïs ennemis tombés, une tête particulière appelé « tête de femme » l’attire. La belle jeune femme qui s’en occupe lui apprend que ce nom provient d’une tête dont le nez à été arraché pendant le combat. Cette scène va provoquer chez le jeune prince un intense moment d’extase / fantasme. Il n’aura de cesse de retrouver ce moment.

Masochisme et  Sadisme va peu à peu voir le jour et grandir dans l’esprit de Musashi. Il tentera tout afin de reproduire cette scène de la « tête de femme », trahissant et se mettant au service de Dame Kikyô, puis pervertissant sa jeune épouse en la faisant participer à une mise en scène. Mais la beauté de la première scène vécu ne pourra être reproduite dans sa perfection. Fétichisme ?

Tanizaki décrit sous la forme d’une biographie romancé la vie du seigneur Musashi ( qui vécut au XVI ème siècle). Le récit fait appel  à des références historiques et littéraires par le biais  d’ouvrages de l’époque ‘Le dit du Genji’, ‘Rêves d’une nuit’ et  ‘Chroniques guerrières des Tsukuma’ . Nombreuses références un peu pointues qui décrivent les faits dans cette période de guerre civile incessante (1550/1600).

Mais l’apport de Tanizaki sur le portrait psychologique de Musashi ainsi que la fascination pour la  description de perversions et d’érotisme sublime cette partie. Le rôle des femmes n’est pas en reste: initiatrice, vengeresse et participative.

Extraits :

  • Il est facile de vaincre des bandits tapis dans les montagnes, mais il est difficile d’écraser l’ennemi caché dans notre coeur » Wang Shou Sen
  • Mais l’émotion qu’il éprouva alors était plus forte que jamais : disons que le visage de la femme tout illuminé par la joie et l’orgueil des vivants devant la tête mutilée du mort incarnait la perfection de la beauté face à l’imperfection même.
  • Le fait que Shôsetsu-in eût trouvé plaisante quoique de façon passagère cette torture infligée à Dôami et qu’elle se fût abaissée à passer son temps à pratiquer des jeux cruels fondamentalement contraires à ses goûts, cela me semble confirmer la thèse selon laquelle toutes les femmes, avec les conseils appropriés, peuvent être amenées à trouver du plaisir dans les actes de cruauté; les femmes recèlent des qualités de bêtes sauvages au fond de leur coeur…

Divers :

  • Titre original : Bushûkô hiwa, Yosino Kuzu, 1931
  • Gallimard, 1987
  • Traduction par René de Ceccatty et Ryôji Nakamura
  • Note : *****
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