Petit Piment de Alain Mabanckou

Petit Piment de Alain Mabanckou
Petit Piment de Alain Mabanckou

 

Petit Piment est un orphelin qui apprendra la vie ou a survivre dans un orphelinat, mené par des directeurs corrompus, sous climat de révolution, dans une atmosphère de conflit ethnique Nord/Sud, Vili (considéré comme une tribu de barbares de la forêt du Mayombe) de l’ethnie des Bembés, puis l’ethnie des Lari. Mais les ethnies ne sont  qu’une des pièce de ce puzzle pimenté.

Petit Piment trouve pratiquement un père en Papa Moupelo et une mère avec Agnes, Mais également en Maman Fiat 500.  Révolution, prise de pouvoir et guerre ethnique provoquent une nouvelle donne sous une politique fragile.Papa Moupelo mis en retraite et remplacé par des gens proche du pouvoir., disparition, mutation …  Petit Piment s’enfuit donc un soir avec les deux caïds , abandonnant l’orphelinat pour une contrée plus accueillante.

Aventure, que l’on pourrait appeler initiatique pour ‘petit piment’, dans son apprentissage de la vie de l’orphelinat à l’âge adulte. Apprentissage auprès de personnes charitables au grand coeur ou de caïds. Le tout imprégné de l’histoire du Kongo, l’on retrouve les conflits fratricides des ethnies Nord/Sud propre à tout pays Africain. Quelques bribes historiques sur le commerce des blancs, l’arrivée des Cubains peignent un tableau de cette région.

Un récit haut en couleur qui nous plonge au coeur de l’Afrique, lucide, poétique, magique. Un voyage qui vaut le détour et mérite une escale à Pointe Noire. A découvrir,  A lire !!!

masque africain congo

Extraits :

  • le destin d’un être humain était caché dans son nom.
  • Moupelo, habité par la transe, imitait maintenant le saut de la grenouille afin de nous démontrer la fameuse danse des Pygmées du Zaïre, son pays d’origine ! Une danse bien différente et beaucoup plus technique que celle des nordistes de chez nous car elle exigeait une souplesse de félin, une rapidité d’écureuil pourchassé par un boa et surtout ce déhanché remarquable au terme duquel le prêtre s’accroupissait, puis d’un petit bond de kangourou, se retrouvait sur ses pattes un mètre plus loin. Il se redressait sans cesser de bouger des reins, levait très haut les bras, poussait un cri du fond de sa gorge et s’immobilisait enfin, ses gros yeux rouges bien écarquillés sur nous.
  • Lorsque les Blancs sont venus en Afrique, nous avions les terres et ils avaient la Bible. Ils nous ont appris à prier les yeux fermés : lorsque nous les avons ouverts, les Blancs avaient la terre et nous la Bible.
  • M. Doukou Daka se retournait, baissait la voix et regardait vers la fenêtre comme s’il craignait que quelqu’un d’autre que nous l’entende, et il nous confiait alors, d’un air dépité, que beaucoup de riches commerçants de Loango avaient participé à ce trafic et envoyaient leurs fils dans une région de France, en Bretagne, où ils étudiaient les secrets de ce négoce.
  • Aujourd’hui où l’on mélange politique et éducation des enfants et où l’on considère que les orphelinats sont des laboratoires de la Révolution, et vous autres les cobayes sur lesquels ils font leurs expériences ! Oui, à l’époque il n’y avait pas cette Révolution, et on se portait mieux ! J’étais jeune, j’étais belle, mais étais-je heureuse, hein ? Qui peut dire ce qu’est le bonheur ? Tu le peux, toi ?
  • Sérieusement, Moïse, les Cubains avaient débarqué en Angola pour aider leurs « frères communistes » du Mouvement populaire de libération de l’Angola (le MPLA) dirigé par Agostinho Neto qui était en guerre contre l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (l’UNITA) de Jonas Savimbi, soutenue par les États-Unis, le régime raciste de l’Afrique du Sud, et même nos voisins zaïrois ! Les Cubains étaient alors nos héros puisque notre pays soutenait ouvertement le MPLA d’Agostinho Neto. Pendant leurs jours de repos, ces soldats quittaient l’Angola et sillonnaient la ville de Pointe-Noire. Pouvait-on leur reprocher de tirer profit de leur prestige et de satisfaire ces jeunes filles qui tombaient à leurs pieds quand bien même elles étaient conscientes que c’étaient des rencontres sans avenir ? Chaque fois que je regarde l’île de Cuba sur une carte je me dis que mon père est né quelque part, à La Havane, à Santiago de Cuba

Divers:

  • Éditions du Seuil, août 2015
  • Note : ***** (4,5/5)
  • Challenge : Rentrée littéraire 2015
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3 réflexions sur “ Petit Piment de Alain Mabanckou ”

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