Péchés capitaux de Jim Harrison

Péchés capitaux de Jim Harrison
Péchés capitaux de Jim Harrison

Pêcher est une des passions de Sunderson, flic à la retraite âgé d’une soixante d’années dans le Michigan… inspecteur bourru alcoolique. Du sexe et de la violence, des péchés oui l’homme est faible on semble se trouver plongé dans l’Amérique profonde, entouré d’une bande de dégénérés avec un grand D, toujours prêts à dégainer, bestial. Et cela en opposition de l’image que l’on se fait des grandes villes américaines, des métropoles à la pointe de la culture, du modernisme et de la technologie. 

Sunderson a des états d’âme lors de ses sessions de pêche à la truite, il rêve de religion et de théologie, mais il ne refuse ni un verre d’alcool, ni un bon plat, ou une séance de baise. Un bon vivant donc qui a ses péchés et qui abhorre un huitième péché qui serait selon lui « la violence », témoin de la violence qui est faite aux enfants et aux femmes par des proches  alcoolisés. Les tentations et le péché de luxure présent à chaque endroit. De nombreuses réflexions sur la violence « « La violence est une tradition ancestrale en Amérique, dit Lemuel. À l’école, les livres d’histoire ne parlent pas des milliers de lynchages ni de cette habitude de tirer vers le sol dans les tipis pour tuer les femmes et les enfants indiens pendant leur sommeil. Beaucoup de journaux ont proclamé qu’il fallait exterminer tous les Indiens, comme la presse nazie dans les années trente avec les Juifs. », dénonciation de cette violence, mal vivre et haine ambiante mais également une obligation de violence pour maintenir liberté et justice.

Et notre flic, Sunderson va se trouver au milieu de voisins qui incarnent tout le mal qu’il abhorre, violence, alcool, crimes, il va être témoin et mettre son grain de sel. Mais juste ce qu’il faut pour rétablir un peu de calme dans son oasis de pêche. 

J’ai aimé, mais en dents de scie, car un mélange de genre est effectué polar, amour, réflexion sociétale. On mélange les passages sur la famille de psychopathe, les baises, les envolées théologiques et la passion de la pêche qui s’estompent progressivement pour retrouver son ex-femme, et écrire son essai sur la violence fait rebondir l’histoire qui je trouve s’essouffle parfois. Mais tout cela avec beaucoup d’humour.

Citations / Extraits :

  • Victime du décalage horaire, Sunderson s’endormit et à son réveil elle avait sorti son pénis et le suçait. Quand il essaya de s’éloigner, elle se planta brusquement dessus. Il était piégé, pensa-t-il. « Je veux quelqu’un qui me désire vraiment, pas un gamin de douze ans, putain ! » s’écria-t-elle en moulinant des hanches. Il avait les mains sur les fesses de Mona, mais son dos était trop faible pour la soulever. La honte faillit le submerger. Il finit par jouir en poussant un puissant grognement, mais elle continua. Ensuite, ils dormirent un peu et elle l’emmena manger un morceau au Café de Flore. Il reconnut en son for intérieur que son sentiment de culpabilité intensifiait le plaisir.
  • Pour dire la vérité, il ne se faisait pas confiance sur un sujet aussi capricieux que le sexe. À un moment on se réduisait à un vieux bout de bidoche morte, et l’instant suivant on se retrouvait avec une érection d’adolescent dont la logique arbitraire n’avait pas plus de sens que le chaos des Ames.
  • Lorsqu’on pêche la truite toute la journée, de l’aube au crépuscule, et qu’on oublie d’emporter un sandwich, on se retrouve affamé à la tombée de la nuit. On rentre enfin chez soi et on s’enfile le premier truc qu’on trouve dans le réfrigérateur, même si c’est un vieux bout de pain rassis. La faim vous file la tremblote, vous met la tête à l’envers. Pareil avec le sexe. Votre corps est soudain incontrôlable et votre cerveau aux abonnés absents. Vous êtes à nouveau un jeune crétin, votre corps a seulement envie de baiser. T’es rien qu’un animal ! clament les gonades.
  • Sur la longue feuille jaune d’un bloc-notes, il rédigea soigneusement la liste des Sept Péchés Capitaux : l’Orgueil, l’Avarice, l’Envie, la Luxure, la Gourmandise, la Colère, la Paresse. Il résolut de se montrer sincère et aussi concis que possible dans son auto-évaluation.
  • Une fois, au début de notre mariage, Diane suggéra que j’étais un obsédé sexuel et que je devrais absolument consulter un psychiatre. J’avais envie de l’enfiler par le cul, ce qu’elle m’interdisait en me traitant de pervers. Me sentant blessé, je lui ai fait lire un certain nombre de textes littéraires pour lui montrer qu’il s’agissait là d’une pratique tout à fait commune. Ces lectures n’eurent aucune influence sur Diane, qui n’en démordait pas. Je ne suis pas allé jusqu’à lui montrer un article assez osé dans un magazine pour hommes, où l’auteur affirmait que c’était très répandu chez les jeunes Brésiliennes souhaitant conserver leur virginité pour le mariage. Incroyable. À cette époque, j’étais un trentenaire très porté sur la chose.

Divers

  • Titre original : The Big seven, 2015
  • Traduction :
  • Note : ***** (3,8/5)
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6 réflexions sur “ Péchés capitaux de Jim Harrison ”

  1. So many books to read! I will take the time to follow your advice this year since my Latin American and Scandinavian sources are almost exhausted! Will see Jenny tonight with a pile of English language books!

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      1. Avec plaisir!

        En premier : Dalva (et la suite: La route du retour) On peut lire Dalva sans nécessairement lire la suite.
        Ensuite : Légendes d’automne (nouvelles)
        Puis le magnifique De Marquette à Vera Cruz
        J’ai également aimé Sorcier, Faux Soleil et L’été où il faillit mourir.

        Bonne lecture!

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