Le grand chambard de Mo Yan

Mo Yan le grand chambard
Mo Yan le grand chambard

L’incipit de ce court roman démarre étrangement « Logiquement, je devrais commencer par écrire sur ce qui s’est passé après 1979, mais voilà, mes pensées toujours remontent bien au-delà de cette date, à cet après-midi d’un jour radieux de l’automne 1969, alors que les chrysanthèmes avaient pris leur teinte dorée et que les oies sauvages s’envolaient vers le sud. »  Mo, fils de paysan moyen pauvre. Un enfant solitaire renvoyé de l’école, malchanceux. Mais il persévère et entouré de droitier « professeurs remisés à la campagne » pour travailler des les écoles et les champs .

Puis embauché dans une usine, puis engagé dans l’armée. Mo décrit le changement, il se fait petit à petit dans le monde chinois du Grand bond en avant à la révolution culturelle. Les codes en usage s’accompagnent d’une poignée de yuans.Le récit est ponctué de fait historique, le Gaz-51 avec la guerre de Corée, 1979 le conflit avec le Vietnam voisin.  On suit la révolution culturelle, Il va rendre visite au mausolée de Mao et se rend compte que la fin de l’idole est un nouveau départ pour le pays. Il passera également par la place Tian’anmen en visitant Pékin 

Un superbe récit, autobiographique. mais avec plein de tendresse, d’amour. Mo nous conte son parcours de villageois, pour gravir pas à pas les échelons afin de pouvoir écrire. L’usine et l’armée furent un tremplin pour une autre vie. Il reste malgré très pudique et nous conte les destins de ses amis proches He Zhiwu voyou ou héros ?, la belle Lu Wenli qu’il lie étroitement à sa vie et leur donnant une place prépondérante. Une écriture délicate, plein de clin d’oeil et de métaphores la balle de ping-pong dans la bouche de Liu le crapaud, des maximes parfois hermétiques pour nous autres occidentaux  « la pousse de soja tombée dans les latrines et qui essaie de se faire passer pour un asticot à longue queue »  ….

Un livre plein de charme, de mélancolies, du passé mais raconté avec un grand art. Mo le reconnait « Passé la cinquantaine, on ne se souvient pas des choses que l’on a sous les yeux, tandis que le passé, lui, se fait de plus en plus distinct. ». Et c’est avec bonheur que l’on lit ce grand désordre.

Personnages :

  • Liu Tianguang : maître de calcul,  a pour sobriquet hippopotame à cause de sa grande bouche, surnommé aussi « Liu le crapaud »
  • Lu Wenli : beauté dont le père était chauffeur de ferme d’état, championne de ping pong
  • He Zhiwu : grand et costaud de la classe, voyou téméraire ou héros.
  • Zhang : instituteur

Citations :

  • Flèche qui a quitté l’arc jamais n’y retourne
  • Passé la cinquantaine, on ne se souvient pas des choses que l’on a sous les yeux, tandis que le passé, lui, se fait de plus en plus distinct.
  • la pousse de soja tombée dans les latrines et qui essaie de se faire passer pour un asticot à longue queue
  • Si le canard monte sur un support, c’est qu’il y est contraint

Divers:

  • Titre original : Change, 2010
  • Traduction Chantal Chen-Andro
  • Edition Points 3225
  • Note : ***** (4/5)
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