Mademoiselle S, Lettres d’amour 1928-1930

Mademoiselle S, lettres d'amour
Mademoiselle S, lettres d’amour

Nouvelle interface de WordPress, fausse manipulation et zut catastrophe ….. Ou peut être troublé par ma lecture, je remet tout dans l’ordre et voici la dernière bouture.

Mademoiselle S, est un recueil de correspondance amoureuse. Mais ici, uniquement le recueil des lettres féminines que son amant a conserver précieusement. Donc une correspondance à une seule voix.

Ces lettres sont touchantes car elles ont tout d’abord un  gout d’intemporalité.  Elles sont datés de 1928, mais on pourrait s’imaginer qu’elles ont été écrites aujourd’hui.

La correspondance est pratiquement anonyme S pour Simone et Charles l’amant chéri, quelques lieux mais plutôt un huis clos, S aurait bien pu être A, B ou C et Charles un amant adoré. Mais amant fantomatique, on le prie ou l’exhorte mais il ne peux jamais répondre.

Je n’ai rencontré que peu de correspondances aussi teinté de sexualité et d’érotisme dans les romans, peut-être celles-ci sont exceptionnelles car leur finalité n’étaient pas d’être publiées. Le lecteur arrive comme un voyeur dans cette relation ici asymétrique par le contenu. Les lettres m’ont fait penser à la correspondance que l’on retrouve dans la correspondance de James Joyce à Nora la belle irlandaise, mais ici le pendant féminin. Ils auraient même pu se rencontrer !!!! car ils sont contemporains.

S, une jeune femme plus âgée que son amant. Elle semble découvrir l’amour,  s’attache et recherche petit à petit la transgression pour capter son amant, le garder près d’elle. S a une soif inextinguible de plaisir, de le recevoir et de le donner. Elle écarte les autres femmes, elle propose, dirige, mène les jeux tout en gardant le masque d’esclave soumise, puis de dominatrice ou d’instigatrice.

De soumise consentante, elle passe progressivement à initiatrice des jeux. Il apparait une gradation progressive dans les jeux. Mais sa jalousie transparait de plus en plus, plus elle s’adonne à son amant régnant comme une maîtresse plus elle sent son pouvoir se fragiliser.

Son amant, alors que dominateur au début, se laisse prendre au piège de cette maîtresse dont la perversité doit le subjuguer. Elle lui permet de s’essayer à des jouissances qu’il n’aurait pas imaginer, mais il semble se noyer peu à peu. On suppose qu’il  essaye de reprendre la main et de proposer des jeux à trois proposant l’initiation ou l’ajout d’une femme, mais la jalousie de S rejette ces fantasmes l’entrainant dans l’homosexualité pour son plaisir à elle, ou pour combler ‘manipuler’ l’extase de son amant.

Sa jalousie, et la peur de perdre son amant devient de plus en plus un leitmotiv. « Je suis seule désespérément seule sous un ciel de pluie qui glace mon pauvre coeur », sa correspondance prend parfois des aspects théâtral.

Un bel ouvrage que je ne saurais classer entre érotique et pornographique. Mais une correspondance passionnée, charnelle sulfureuse et torride. J’ai malgré tout, trouvé quelque fois longueurs et exaspération dans la récurrence de S de montrer son abnégation au profit du plaisir de son amant afin de le conserver éternellement.

Mais, il est de plus probable que selon la sensibilité de chacun, on pourrait avoir des lectures différentes, ressentir Charles comme terne, égoïste, profiteur …. n’ayant qu’une vision partielle de la correspondance, et voir S comme une pauvre victime amoureuse. Il y aurait là un débat à lancer, mais pas d’amant pour se défendre ….. A conseiller aux amateurs de littérature charnelle.

Une belle découverte, j’avais quelques jour avant de recevoir la proposition de Babelio remarqué un email listant les nouveautés de  l’éditeur Gallimard, et ce titre avait happé ma curiosité. Je l’avais alors noté en haut de ma PAL, merci à Babelio.

 

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2 réflexions sur « Mademoiselle S, Lettres d’amour 1928-1930 »

  1. J’ai très envie de découvrir cet ouvrage..d’autant que j’aime bien ce genre de correspondance érotique…Ce livre est-il à la hauteur au niveau qualité d’ écriture et sensualité..?

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    1. La forme en est belle, le contenant quand à lui n’est pas de la simple sensualité, mais se rapproche plus de la sexualité crue (qui pourrait déplaire ou choquer). Une sorte de poésie « trash » pour attirer, captiver , attiser son amant, l’apprivoiser : arrêter le temps avec le sexe ?
      Une mise en garde s’impose quand au contenu…

      J'aime

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