Le neveu d’amérique de Luis Sepulveda

 

Le neveu d'amérique de Luis Sepulveda
Le neveu d’amérique de Luis Sepulveda

 

Le grand père, vieil anarchiste anticlérical exilé est une véritable icône : Il éduque son petit fils dans cet esprit libertaire et laïque. Nous retrouverons plusieurs fois le clergé malmené, de curés alcooliques avec plein d’humour tout au long de l’histoire de Luis.

« Le gag consistant à me remplir de limonade pour ensuite me faire pisser à la porte des églises, nous l’avions maintes fois répété depuis que j’avais commencé à marcher et le vieux avait fait de moi son compagnon d’aventures, le petit complice de ses mauvais coups d’anarchiste à la retraite. Que de portes d’églises j’avais arrosées ! »

Mais à un moment il va donner sa parole et faire deux promesses à son grand père

« Je le vis ressortir avec un livre de format plus petit que les autres. Il m’appela et tandis qu’il me parlait je lus sur la couverture : Et l’acier fut trempé. Nicolaï Ostrovski.
— Bon, petit, ce livre tu le liras tout seul. Mais avant de te le donner, je veux que tu me fasses deux promesses.
— Toutes celles que tu voudras, Pépé.
— Ce livre est une invitation à un grand voyage. Promets-moi que tu le feras.
— Promis. Mais j’irai où, Pépé ?
— Probablement nulle part, mais je t’assure que ça vaut la peine.
— Et la deuxième promesse ?
— Un jour, tu iras à Martos.
— Martos ? C’est où Martos ?
— Ici, dit-il en se frappant la poitrine. »

 Le neveu d’Amérique de Luis Sepulveda est écrit sous le signe du voyage d’apprentissage de la vie, du soleil, du vin et des dictatures d’Amérique latine. Il est attachant avec sa naïveté, son naturel, chaque rencontre qu’il nous fait partager est un moment de franchise extraordinaire. On s’attache à ces personnages qui vont croiser la route du narrateur, sur les traces de la promesse qu’il fit  à son Pépé,

De nombreux moments croustillants dans ce roman, celui des curés fustigés. Mais aussi la tentative de mariage avec Aparicia « Son odeur de femelle en chaleur me remuait le sang et je pensais qu’après une ou deux bouteilles, je me risquerais à entrer dans le lit de la brodeuse ». . Un attachement particulier aux petits carnets de note Moleskine « si appréciés par des écrivains comme Céline ou Hemingway, », des geôles de Pinochet, des passages de frontière, des dauphins, de la façon d’émasculer les agneaux …. En quelques mots un voyage haut en couleur dans l’Amérique latine : réalité ou fiction, n’importe l’histoire est un moment de « happiness ». 

Pour écrire ces petites notes, un vin chilien évidemment. J’aurais aimé trouver le « Urmeneta del Valle del Maipo » qui est considéré comme un des meilleurs vins de la planète dixit Sepulveda. Mais impossible à trouver j’ai du me contenter d’un .merveilleux Cono Sur (pinot noir de la vallée Colchagua) ,  vin plein de douceur, épicé. Un vin chaleureux à déguster avec une bonne lecture. Pour l’anecdote, longtemps interdit d’exportation au cours de la dictature de Pinochet, aujourd’hui le Chili est le 2ème producteur de vin de l’Amérique Latine et s’exporte beaucoup à l’étranger, les vignes sont au pied de la cordillère des Andes (pour faire rêver en dégustant un verre).

coro sur Chilie

Citations :

  • Nul ne doit avoir honte d’être heureux. p115
  • – Comment on va à Trapananda ?
    – Avec patience, mon vieux. Avec beaucoup de patience, me répond-il en m’observant d’un air complice.
  • L’horloge sert à peser les retards. Il arrive aussi que l’horloge tombe en panne et comme l’auto perd de l’huile, l’horloge perd du temps. » Qui a dit que le surréalisme était mort ?
  • Les descendants de l’encomendero continuèrent la production et de nos jours l’Urmeneta del Valle del Maipo est considéré comme un des meilleurs vins de la planète.
  • — Vino ou vinito ? demande le garçon. Je suis né dans ce pays, un peu plus au nord, certes, mais deux mille kilomètres à peine séparent Chonchi de ma ville natale. Peut-être à cause de ma longue absence j’ai oublié l’importance de certaines précisions. Sans réfléchir, je persiste à demander du vin. Peu après, le garçon revient avec un énorme verre qui contient presque un litre. Dans ce grand sud, il vaut mieux ne pas oublier les diminutifs. Le vin est bon. C’est un pipeño, jeune, légèrement acide, âpre, sauvage comme la nature qui m’attend au-delà de cette porte.
  • il dit : « Je suis heureux comme un chien plein de puces. » Carlos Pas Plus, préfère dire : « Je suis heureux comme un condor plein de puces. »
  • Il avait une faim de loup depuis plusieurs jours et désirait manger, sans toutefois se remplir exagérément la panse. — S’il vous plaît, je voudrais manger quelque chose de léger, demanda-t-il au garçon du restaurant. On lui servit un demi-gigot d’agneau grillé et lorsqu’il répéta qu’il voulait manger quelque chose de léger, il reçut une de ces réponses qui laissent sans voix : — C’était un agneau très maigre. Monsieur, vous n’en trouverez pas de plus léger dans toute l’île.

 Divers :

  • TITRE ORIGINAL : Patagonia Express
  • Editeur : Métailié, 1996 
  • Traduction: François Gaudry
  • Note : ***** (4/5)
  • Lecture dans le cadre du Challenge Amérique du Sud 
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3 réflexions sur « Le neveu d’amérique de Luis Sepulveda »

  1. le challenge continue bien, merci pour les liens, je prépare une nouvelle page demain, si tu peux ensuite ajouter sur tes articles le lien vers cette page, ce serait super, histoire de motiver peut-être d’autres lecteurs!

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