Les chaussures italiennes de Henning Mankell

Les chaiussures Italiennes de Henning-Mankell
Les chaiussures Italiennes de Henning-Mankell

Fredrik Welin a soixante-sept ans, depuis 12 ans, il vit sur une île de la Baltique seul, presque seul car il a pour compagnie un chat et un chien et une fourmilière dans sa chambre. Il entretient juste le strict minimum de relations avec Jansson, le facteur hypocondriaque qui passe sur son île de temps en temps. Mais un jour, il se trouve envahit par plusieurs femmes. La première, Harriet débarque comme dans une vision surréaliste sur son île aidée de son déambulateur marchant et glissant sur la glace. Harriet Hörnfeldt est la femme qu’il a abandonné trente-sept ans plus tôt. A partir de ce moment la vie d’ermite de Fredrik va être bouleversé, son mur va se fendiller comme les glaces au printemps. Il va devoir renouer des contacts, réapprendre à se socialiser, faire face à ses fuites, répondre de ses actes.

Nous sommes avec quatre personnes qui portent des blessures, elles vont essayer de cicatriser.  Malgré tous les défauts de Fredrik, sa lâcheté et ses mensonges, on se prend à suivre le parcours de sa vie avec passion.  

Cet homme qui abandonne son métier de chirurgien orthopédique suite à une tragique erreur médicale. Fredrik s’isole des hommes, mais Harriet la femme qu’il avait abandonné lui fait reprendre le goût de la vie. Tel un antihéros, on se prend à espérer une happy end, mais il chute de nouveau avec Agnès (la patiente de chirurgie) par des actions inexpliquées, inexplicables plutôt, puis désole sa fille par ses décisions. 

J’ai été pris à contre pied lors de ma lecture de ce roman. Je m’attendais à un polar, et je découvre un magnifique roman plutôt noir.  Mais j’ai été pris au jeu rapidement, pas de meurtre, d’assassins, mais l’histoire d’un homme avec toutes ses faiblesses, ses trahisons. Pour un premier roman de cet auteur, j’ai beaucoup apprécié l’écriture sobre de Mankell, le rythme qui ponctue le récit.

 

Extraits :

  • Quand la chaussure va, on ne pense pas au pied. TCHOUANG-TSEU
  • Le contraire d’une vérité banale, c’est une erreur stupide. Le contraire d’une vérité profonde, c’est une autre vérité profonde. NIELS BOHR
  • L’amour est une main douce qui écarte lentement le destin. SIGFRID SIWERTZ
  • Tu as peur de toi, c’est tout. Comme tout le monde. Moi aussi, Harriet aussi, la merveilleuse petite Andréa, le Caravage… Nous avons peur de nous-mêmes et de ce que nous apercevons de nous chez les autres.
  • Elle a suffisamment attendu le jour où tu viendrais à sa rencontre à travers la forêt. Peut-être pendant toutes ces années étais-tu en route sans le savoir ? Il est aussi facile de se perdre à l’intérieur de soi que sur les chemins des bois ou dans les rues des villes.
  • — Il y a des gens qui ressemblent aux oiseaux migrateurs, a-t-elle dit. Les grands départs ont lieu la nuit, et ils reprennent leur route sans que nous nous en apercevions.
  • Le grand saut était si infiniment petit… Une unité de temps à peine quantifiable, et la personne vivante passait chez les morts.
  • Tout en écoutant le bruit, j’ai pensé que la vie avait défilé très vite. Je suis ici maintenant. Un homme de soixante-six ans, solvable, porteur d’un souvenir qui le taraude en permanence.
  •  J’étais occupé à arranger un coussin sous sa nuque quand elle a ouvert les yeux. — Tu pues de la bouche. Tu as mauvaise haleine. Voilà quels ont été ses premiers mots, après toutes ces années. Je l’avais découverte sur la glace, j’avais lutté comme un fou pour la ramener chez moi et voilà ce qu’elle trouvait à me dire. Sur le coup, j’ai été tenté de la fiche dehors. Je ne lui avais pas demandé de venir, je ne savais pas ce qu’elle me voulait et ma mauvaise conscience reprenait, par sa faute, des proportions insupportables. Était-elle venue me demander des comptes ? Je n’en savais rien.
  • La haine peut servir de moteur pendant un certain temps — pas davantage. Elle peut te donner une force un peu illusoire, mais elle reste toujours en premier lieu un parasite qui te dévore.
  • À huit heures et demie nous avons repris la route de l’hôpital. Il avait commencé à neiger, des flocons légers. En apercevant mon visage dans le rétroviseur, j’ai eu une morsure au cœur — un sentiment de mort, d’inexorable.
  • Là, tout à coup, sur la jetée, j’ai fondu en larmes. Chacune de mes portes intérieures battait au vent, et ce vent, me semblait-il, ne cessait de gagner en puissance.
  • — La plupart des voyages dont on rêve n’ont jamais lieu. Ou alors on les accomplit intérieurement. L’avantage, quand on emprunte ces vols intérieurs, c’est qu’on a de la place pour les jambes.

 

Divers :

  • Titre original :Italienska skor, 2006
  • Edition Seuil, 2009
  • Traduit du suédois par Anna Gibson
  • Ebook : 8,7 heures de lecture, 26 minutes par session, 606 pages tournées 
  • Note : ***** (4/5)

 

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2 réflexions sur « Les chaussures italiennes de Henning Mankell »

  1. je n’ai pas lu ces « chaussures italiennes » mais j’aime beaucoup cet auteur. Certains de ses livres se déroulent en Afrique, par exemple, l’oeil du léopard, la lionne blanche…mais j’ai aussi apprécié « l’homme inquiet » parmi d’autres…A suivre…

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