La dame de Musashino de Shôhei Ôoka

La dame de Musashino de Ooka Shohei
La dame de Musashino de Ooka Shohei

 

La dame de Musashino, nous raconte l’histoire d’un amour malheureux après la capitulation du Japon. Une période charnière du japon sert de base à ce drame : des mentalités qui évoluent, les lois sur l’héritage, la dépénalisation de l’adultère, le marasme économique. Dans l’exergue  de ce roman, une citation de Raymond Radiguet : »Les mouvements d’un coeur comme celui de la comtesse d’Orgel sont-ils surannés ? ».

Ce roman est sous le style de Stendhal et de Radiguet, il met en scène Tsutomu, un soldat démobilisé amoureux de sa cousine Michiko, héritière d’un domaine élevée dans les traditions. Michiko reste fidèle à son mari malgré le désamour qui les unit.

Mais ce n’est pas le seul chassé croisé amoureux, nous avons des relations adultères entre Akiyama le mari de Michiko avec Tomiko, Akiyama est dépeint comme un spécialiste de littérature française, il va calquer ses comportements aux héros de Stendhal.

L’auteur nous fait une analyse psychologique très fine de chacun des protagonistes de ce drame avec un regard pénétrant sur la nature humaine et des conventions sociales et culturel du Japon d’après guerre.. 

Mizoguchi a réalisé une adaptation cinématographique ‘Lady Musashino’ (武蔵野夫人,Musashino fujin) en 1951.

 « La dame de Musashino » reflète de la société de l’après guerre à travers ces relations extra conjugales, mais malgré le caractère humoristique de certains personnages, a un petit goût de vaudeville, J’ai eu une peu de mal avec les noms des protagonistes qui ne sont pas nombreux pourtant. J’ai moins apprécié ce roman que L’ombre des fleurs ou les feux. Mais ce roman est peut-être à mettre en correspondance avec l’actualité de l’époque (Dépénalisation de l’adultère, 1949 ?) dont il est fait référence dans ce roman.

Personnages :

 Myiaji
Le père de Michiko : Miyaji, descendant d’une famille de noble et de samouraïs respectable et gardiens des traditions. Il possède un grand domaine à Musashino. Les enfants sont décédés, il ne reste que leur seule fille Tamiko. Il était opposé au mariage de sa fille.
michiko  
Michiko : fille de Miyaji, marié à Akiyama malgré le désaccord de sa famille, elle s’est opposée à sa famille pour se marier, mais se retrouve avec un homme qu’elle n’aime plus. et qui la maltraite. Elle est amoureuse de son cousin Tsutomu. Elle est seule héritière de l’immense propriété à la mort de son père.
 akiyama
Akiyama Masao: mari de Michiko, professeur de littérature spécialisée en littérature Française. Il calque sa vie sur les romans de son maître à penser : Stendhal. Il a publié et fait des traductions. Personnage plutôt mesquin,  qui prône l’adultère à tout va, mais arrive difficilement à supporter celui de sa femme. Il se sent mal aimé et porte grief à la famille de sa femme qui l’a repoussé
 ono
  • Ono Eiji : Industriel il subit le marasme économique de l’après guerre et fait faillite. Au temps de sa prospérité, il fait des fêtes et dépense sans compter.
 tomiko
  • Tomiko: épouse de Ono, femme moderne coquette, assez libre. Pense à se divertir, et à user de ses charmes, dédaigne les conventions. A une fille Yukiko, 
 Tsutomu
Tsutomu a servi comme militaire en Birmanie en 1943, prisonnier, Il revient à Musashino après sa libération. Il porte les séquelles de la guerre, et se réfère aux méthodes de survie et à la façon de penser militaire pour se réadapter à la vie civile. Son père s’est fait hara-kiri. A repris les cours universitaires et donne des cours d’Anglais à Yukiko (fille de Tomiko). il est hébergé chez Michiko. Il est plus intéressé par la nature que par les hommes et se désespère de la nature humaine. Il a des sentiments pour sa cousine Tomiko.

 

Citations :

  • Il en voulait surtout à Tsutomu. recevoir un vaurien pareil chez soi, voilà l’erreur, se répétait-il. L’indignation lui rendit le sentiment de sa propre supériorité. Cette colère était sans doute la première passion authentique de ce faux stendhalien eût éprouvé de sa vie. p72
  • Il ne croyait pas aimer Michiko. Tout le problème était de savoir, si après avoir affirmé devant la femme d’un autre que l’adultère était légitime. Il devait ou non en octroyer le droit à la sienne. du moins lui faudrait-il feindre de le faire en présence de Tomiko p73
  • Le regard de Michiko contenait un message, sur le sens duquel il revenait à plaisir. A coup sûr, ces yeux avaient dit : »Je t’aime. » EN même temps ils suppliaient : »Ne me rends pas malheureuse. » Autrement dit :’Ne viens pas m’arracher à ma tranquillité. » Pour un jeune amoureux, ces deux messages avaient quelque chose de contradictoire, mais s’il s’agissait du bonheur de Michiko, Tsutomo était prêt à avoir toute la patience nécessaire. p81

Références :

  • Stendhal : toute l’oeuvre, la chartreuse de Parme,
  • Radiguet
  • Engels : l’origine de la famille, de la propriété privée et de l’état
  • Alice aux pays des merveilles

Divers :

  • Publié en 1950
  • Edition Picquier poche, 2002
  • Traduction : Thierry Maré 
  • Note : ***** (3,5/5)
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