L’annulaire de Yoko Ogawa

 

L'annulaire de Yoko Ogawa
L’annulaire de Yoko Ogawa

L’héroïne de ce roman (La narratrice dont on ne connaîtra pas le nom) travaillait dans une usine d’embouteillage de limonade lorsque un accident arrive : Elle perd un bout de son annulaire. Elle quitte son emploi et part à la recherche d’un autre travail. Elle trouve un poste de secrétaire, réceptionniste dans un immeuble vétuste et abandonné anciennement une ancienne pension de jeune fille (les abeilles ??) .. emploi chez un certain Deshimaru, qui s’occupe de fabriquer et conserver les « spécimens » confiés par des clients.

Un mystère entoure ces spécimens : champignons, musique, cicatrices …. Deshimaru est une sorte de taxidermiste des souvenirs, des obsessions des clients. Une relation étrange se met en place entre la narratrice et Deshimaru.

Une étrange fascination se met en place, l’étrangeté des spécimens, les étranges escarpins offerts par Deshimaru …

Sensualité, soumission, fétichisme, une opposition constante avec  la froideur apparente des lieux, de la voix de Deshimaru et de la chaleur du corps de la narratrice et de la moiteur extérieur. On ressent une soumission acceptée de la narratrice « J’avais toujours le coeur battant quand je me mettais à ranger. Car c’était à ce moment-là qu’il  décidait si oui ou non il m’emmenait dans la salle de bains. Soit il me disait bonsoir et partait, soit il posait sa grande main sur mon dos pour me pousser vers le couloir » p70

Il semble que l’on retrouve une thématique pesante de mystère que l’on retrouve dans  « les abeilles » (1991) le malaise sur la disparition des anciennes employées, une salle auquel elle ne peut accéder, une cliente dont elle ne retrouve pas le spécimen. Et l’atmosphère emprunt d’érotisme, ou l’on retrouve la séduction, le fétichisme et la soumission. L’annulaire est écrit en 1994, pourrait être un prémisse à l’univers érotique que nous retrouvons dans « Hôtel iris » (1996). Depuis que j’ai découvert cette auteur, c’est à chaque fois un plaisir immense de se replonger dans l’univers troublant de Yôko Ogawa.

Bref, un véritable plaisir à lire, une nouvelle facette de Yôko Ogawa qui se dévoile à chaque lecture d’un de ses livres. Peut-être un brin en-dessous de Hôtel Iris.

 

Citations :

  • Mes pieds nus étaient dans sa main. Il tenait mes jambes tellement fermement que je ne pouvais bouger. Je n’avais rien d’autre à faire que de fixer mes vieilles chaussures tombées au sol, le bout des pieds effleurant la jointure des carreaux. L’une était tombée à l’envers, l’autre sur le côté, et elles ressemblaient aux cadavres plumés de deux petits oiseaux (p35)
  • En me chaussant le matin, la pression de ses doigts sur mes jambes me revenait. C’était une drôle de sensation, pas vraiment douloureuse, mais qui m’entravait. (p43)
  • Il a pris ma main, m’a fait descendre dans la baignoire, m’a déshabillée. Il a défait un à un les boutons de mon chemisier à partir du haut, avant d’ouvrir la fermeture Éclair de ma jupe évasée. Tout s’est détaché de mon corps comme des pétales qui se fanent. (p45)
  • – Alors ton annulaire ne sera jamais plus comme avant, c’est ça?
    J’ai acquiescé en appuyant ma joue contre sa blouse blanche au niveau de sa poitrine.
    Il n’a rien dit de plus. Nous étions restés tellement longtemps sans bouger que j’avais l’impression d’avoir été transformée en un spécimen incorporé à lui. p.50
  • « J’avais toujours le cœur battant quand je me mettais à ranger. Car c’était à ce moment-là qu’il  décidait si oui ou non il m’emmenait dans la salle de bains. Soit il me disait bonsoir et partait, soit il posait sa grande main sur mon dos pour me pousser vers le couloir » 70
  • Je donnais l’impression de donner un baiser sur ses chaussures (p74)

Capture d’écran 2014-06-25 à 08.53.27

 

 Divers:

  • Titre original :薬指の標本 Kusuriyubi no hyōhon, 10/1994;
  • Edition Actes Sud, Babel 442
  • Traduction : Rose-Marie Makino-Fayolle
  • Parution en 2005
  • Note ***** (4.6/5)

Film :

L'annulaire
L’annulaire

Sortie en 2005, réalisé par Diane Bertrand (Elle a réalisé de nombreux documentaires et court-métrages, puis des films : Baby blues 2008, un samedi sur la terre 1996 ….).

L’annulaire est une coproduction franco britannique allemande,  interprété par Olga Kurylenko, Marc Barbé, Stipe Erceg, ….

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3 réflexions sur “ L’annulaire de Yoko Ogawa ”

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