Le Dernier souper et autres nouvelles de Shûsaku ENDÔ

Le Dernier souper et autres nouvelles de Shûsaku ENDÔ
Le Dernier souper et autres nouvelles de Shûsaku ENDÔ

 

Shūsaku Endō (遠藤 周作 Endō Shūsaku, né le 27 mars 1923 à Tokyo (Japon) et y décédé le 29 septembre 1996, était un écrivain japonais, connu pour avoir écrit avec le point de vue de sa foi catholique. Endō est catégorisé comme un « écrivain de la troisième génération », le troisième groupe d’écrivains majeur apparu après la Seconde Guerre mondiale.Après une enfance passée à Dalian en Mandchourie, il reçoit le baptême à 11 ans, avec sa mère qui se convertit au catholicisme à son retour à Kōbe en 1934 et lui donne une éducation catholique. Il étudie la littérature française à l’université Keio de Tōkyō puis à l’université de Lyon de 1950 à 1953, où il se passionne pour la littérature catholique, avant de revenir au Japon et tenter sa chance comme écrivain. En 1955, il est lauréat du prix Akutagawa, le prix littéraire le plus prestigieux du Japon, pour son roman Shiroi Hito (L’Homme blanc). La plupart de ses livres sont traduits en français, et beaucoup ont été adaptés au cinéma. Ses livres sont inspirés de ses expériences d’enfance: le stigmate d’être un étranger, la vie d’un patient hospitalisé, et la lutte contre la tuberculose. Ils reflètent beaucoup de ses questionnements spirituels touchant les relations entre sa foi catholique , qui apparaît dans tous ses livres et en est souvent un élément central, et les traditions culturelles et religieuses japonaises. La plupart de ses personnages sont en proie à de complexes dilemmes moraux, et de leurs choix résultent souvent des résultats mitigés, voire tragiques. En cela, ses travaux sont souvent comparés à ceux de Graham Greene . En fait, Greene lui-même a désigné Endō comme étant l’un des meilleurs écrivains du XXème siècle. (cf. Wikipedia)

 

Commentaires :

Ce recueil de trois nouvelles traite d’un sujet peu commun dans la littérature et la culture japonaise, en effet ces nouvelles parlent de religion et de catholicisme. La première nouvelle « les ombres » semble beaucoup plus intimiste. Elle narre la rencontre fortuite de l’écrivain ( roman autobiographique), avec un prêtre. Elle traite du sentiment de trahison qu’éprouve un fidèle lorsque ce prêtre qui à toujours suivi sa famille rompt ses vœux. La nouvelle est rédigée sous la forme d’une lettre de ce fidèle au prêtre. Elle se veut sans colère, malgré la trahison qui est subit. Nous sommes un peu en face de l’idole déchue.

« Le dernier souper » est la dernière nouvelle, dans un restaurant, Tsukada un  alcoolique invétéré, interpelle le narrateur, un médecin psychiatre, pour lui demander les raisons de ses douleurs. Le médecin décèle une cirrhose du foie et l’invite à venir à l’hôpital pour consulter. Le médecin essaiera de percer le lourd secret de Tskukada : « C’est comme s’il voulait s’enivrer pour oublier quelque chose de douloureux en lui ». L’histoire de cet homme est bouleversante. Un bénévole de l’hôpital ayant une part de sacré en lui viendra l’aider à partager sa douleur.

Nous retrouvons dans chacune de ces nouvelles des questions relative à la religion catholique. La première traite du sentiment de trahison : ‘La vie’ , la seconde du deuil ‘La Mort’  puis la dernière de la recherche du pardon, de la rédemption ‘La survie’.

J’ai préféré cette dernière nouvelle, dont le thème pourrait être comment survivre à la culpabilité. Le titre est assez cocasse somme toute.

thème ‘le dernier souper’: remords, guerre, survie, anthropophage , oubli , rédemption

 

Citations:

  • Quel drôle de type ! pourquoi veut-il absolument être bénévole dans un hôpital japonais ? Pensez-vous qu’il s’agisse de la graine de prêtre en quête de bonne action ? (le souper, 85)  
  • Le plancher, constellé de traces de sang, ressemblait à une mappemonde usagée. (Le Souper, 101)
  • Vous m’accusiez de faiblesse, même quand j’agissais sans penser à mal. Vous vouliez me forger et me modeler pour ta mère  sans penser que le marteau pourrait m’écraser. (les ombres, 26)
  • Vous avez dit à ma mère et à ma tante que les enfants en Occident étaient davantage punis et que la discipline était nécessaire pour les enflants paresseux. (les ombres,24)
  • Un homme doit être fort et essayer de se dépasser toujours davantage. Il maîtrise sa vie et ce en quoi il croit. (les ombres,25)
  • Il est vrai que je n’avais pas les capacités physiques pour appliquer les principes idéaux que vous vous étiez donnés. Je ne cherche pas d’excuse. Mais votre stoïcisme, qui réussissait avec des sujets forts, était cruel envers les faibles, et au lieu de donner de bons résultats leur infligeait des blessures inutiles. (les ombres,29)
  • Tous ces souvenirs, déposés un par un comme les sédiments fondamentaux dans le fleuve de mon existence, sont les empreintes qu’un être laisse sur un autre. Nous ne savons pas quelle marque nous laissons sur autrui, ni quelle direction nous lui faisons prendre. (…) Vous et ma mère, plus que tout autre, vous m’avez aiguillé vers la voie dans laquelle je me suis engagé. Et puis vous avez disparu (les ombres,50)
  • Vous ne vous êtes pas rendu compte que votre compassion de prêtre et votre amour d’homme se sont mélangés petit à petit. (les ombres,51)

Divers :

  • Lecture 8.04.14 , prêt bibliothèque du KB
  • Note:  ***** (3/5)
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