La grossesse de Yoko Ogawa

La grossesse de Yoko Ogawa
La grossesse de Yoko Ogawa

Une jeune femme observe sa sœur enceinte ; celle-ci commence par avoir des nausées telles qu’elle ne peut plus rien avaler, tout la dégoute. Nous avons le comportement de la mère, emprunt de fatalisme. »Dès qu’il sortira de mon ventre, il sera mon enfant, que je le veuille ou non » (p64, 32 semaines + 3 jours). Le comportement et les réactions de la mère sont disséqués par sa sœur, elle doit supporter cette grossesse, et ce sont des images de larves, de chromosomes qui lui vienne en mémoire lorsqu’elle pense au fétus. La future tante a des actes prémédités afin de remédier à cet état.

Un roman assez sombre, qui nous conte la métamorphose des corps, la peur de la rencontre avec le bébé. Nous n’en saurons pas plus, le lecteur est laissé à des spéculations, une des particularités des romans de Yoko Ogawa.

Elle se remémore une réunion « Réfléchir à la pollution des hommes et à celle du globe » , ou était mentionné la toxicité du pamplemousse américain : « Produit d’importation dangereux ». Dès lors, elle vérifie toujours auprès du responsable du rayon des fruits et légumes que ce sont bien des pamplemousses de production américaine qu’elle achète afin de détruire les chromosomes du bébé.

On retrouve un champ lexical commun aux ouvrages de Ogawa : liquides, neige, odeurs, descriptions cliniques.

Thèmes : Obsession, Grossesse, Maternité, Fatalité

Citations

:

  • J’ai du mal à comprendre ce qu’est un couple. Cela m’apparait un peu comme une étrange entité gazeuse. Un corps éphémère, sans contours ni forme, qu’on à du mal à distinguer dans la transparence de son flacon triangulaire, au laboratoire.(16)
  • Elle s’est endormie d’un seul coup, comme si on avait actionné un interrupteur. Elle dort beaucoup ces derniers temps. Elle dort paisiblement, comme si elle s’enfonçait dans un marais froid et profond. (18)
  • Et tu as vu comme les macaronis ont une forme bizarre ? Quand ces cylindres se coupent à l’intérieur de ma bouche, j’ai l’impression là, tout de suite, de manger des tubes digestifs. Des tubes visqueux, comme ceux qui laissent passer la bile ou le liquide pancréatique (p20, 7 semaines )
  • « Entre nous deux, l’ombre fragile d’un bébé hante les ténèbres » p25
  • Chaque odeur s’étale comme un ectoplasme, une autre vient l’envelopper et la phagocyte, une autre encore vient les rejoindre et ainsi de suite, à l’infini… (P29, 11 semaines + 4 jours)
  • Est ce que tu sais à quel point les odeurs sont terrifiantes ? On ne peut pas leur échapper. Elles m’attaquent sans aucune pitié. Je voudrais aller dans un endroit où les odeurs n’existent pas. Un endroit comme une chambre d’hôpital aseptisée. Là, je déviderais mes intestins et je les laverais à l’eau pure jusqu’à ce qu’ils deviennent tout brillant. (P30, 11 semaines + 4 jours)
  • J’ai déjà vu une photographie de chromosomes quelque part dans une revue scientifique. On aurait dit un alignement de couples de larves de papillon jumeaux. Les larves avaient une forme ovale, longue et étroite, juste assez ronde pour pouvoir les prendre entre le pouce et l’index, et leur petit rétrécissement et leur enveloppe humide  ressortaient avec beaucoup de fraîcheur. Chaque couple avait sa personnalité propre et il y en avait pour tous les goûts : ceux dont l’extrémité  était retournée comme la poignée d’une canne, ceux qui étaient absolument parallèles l’un par rapport à l’autre, et ceux qui étaient collés dos à dos comme des frères siamois. Quand je pense au bébé de ma soeur, c’est toujours de ces larves jumelles qui me viennent à l’esprit. Je déchiffre à l’intérieur de ma tête la forme chromosomique du bébé. (p35, 14 semaines + 6 jours)
  • L’odeur acide du jus de fruits mêlée à celle de la pluie flotte entre nous deux (p60, 27 semaines + 3 jours)
  • Tu n’as aucune raison d’avoir peur. Un bébé c’est un bébé. C’est moelleux et fondant, ça serre toujours ses petits poings et ça pleure d’une voix insupportable, lui ai-je dit. (p64)
  • Dans cette bouteille de verre incolore tremblait le produit capable de détruire les chromosomes du fétus (P64)
  • L’université est en vacances pour l’été. Est ce que je vais devoir supporter la grossesse de ma soeur pendant tout ce temps ? (p65, 35 semaines + 2 jours)
  • Je me suis mise à marcher vers la salle des nouveaux-nés, à la rencontre du bébé détruit de ma soeur. (p70, 38 semaines + 1 jour)

Divers:>

  • La Grossesse (妊娠カレンダー Ninshin karendā, 2/1991,
  • Prix Akutagawa 1990;
  • Actes Sud 1997
  • Emprunt Bibliothèque du KB, 22/03/2014
  • Note : ***** (4/5)
Mes livres sur Babelio.com
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