Le marin rejeté par la mère de Mishima

Le marin rejeté par la mer de Mishima
Le marin rejeté par la mer de Mishima

Quatrième de couverture :

Noboru Kuroda, 13 ans vit seul avec sa mère dans la banlieue de Yokohama. Il découvre un soir que sa mère a une aventure avec un officier de la marine marchande, Tsukazaki Ryûji. Pour le jeune garçon, qui subit l’influence du chef de sa bande d’amis, le marin représente l’aventure et plus largement les valeurs masculines traditionnelles. Alors qu’il l’idéalise et projette sur lui l’image d’un surhomme, le marin se révèle un brave homme, aspirant à la tranquillité et à la sédentarité. Déçu, Noboru décide, avec ses amis de le punir.

Thème : adolescence, amour, mort, torture,

Critique :

Noburo, un garçon de 13 ans, surprend avec délectation les relations amoureuses de sa mère veuve avec un marin. Il fait de ce marin son héros car il symbolise pour lui un vrai homme qui affronte et combat quotidiennement les éléments sur son navire.  Pour Noburo c’est un être exceptionnel sans faiblesse, dur, viril. Il se vante à sa bande de copains d’avoir trouver un héros. Un cas d’étude pour les autres enfants de la bande et du chef qui n’ont que des pères lâches, serviles. Mais l’image du héros de Noburo va vaciller, il se rend compte que son héros n’est pas aussi exceptionnel qu’il aurait pu se l’imaginer. Noburo le met à l’épreuve, mais le marin est amoureux, doux, respectueux, il n’est pas à sa place dans le rôle d’un père. Il se fait ridiculiser par le chef de la bande et de ses copains.  Le chef leur fait partager sa haine du système : « Les pères !… Parlons-en. Des êtres à vomir! Ils sont le mal en personne. Ils sont chargés de tout ce qu’il y a de laid dans l’humanité. Il n’existe pas de père correct. C’est parce que le rôle de père est mauvais. Les pères stricts, les pères doux, les pères modérés, sont tous aussi mauvais les uns que les autres. Ils nous barrent la route dans l’existence en se déchargeant sur nous de leur complexe d’infériorité… ». La douceur leur fait honte et n’est pour la bande qu’un synonyme de lâcheté, et va les entraîner à  des actes d’une violence inouïe.  Le chef va canaliser cette haine sur le groupe d’adolescent psychopathe. Noburo va offrir une offrande au chef pour expier sa faute : l’idole déchu du marin.   Et c’est sous la forme d’un rituel préparé et testé sur un chaton que ce rite initiatique va être testé sur le marin pour leur permettre de passer au monde adulte.

Un récit sobre, des images poétiques. Une lecture qui ne laisse pas indifférent et qui dérange mais indiscutablement à lire.

Synoptique :

Première Partie : L’été

Chapitre 1 : Il découvre un trou dans le mur qui donne sur la chambre de sa mère, et il l’épie les jours ou celle-ci est en colère. Rencontre avec Tsukazaki.

Chapitre 2 : On découvre Tsukazaki, qui rêve de gloire, a peu de lien avec ses camarades, taciturne ?

Chapitre 3 : La mère dirige un magasin ‘Rex’.  On revient sur la première rencontre avec Ryûji : lors d’une visite du cargo Noboru s’extasie devant le bateau, pose de nombreuses questions.

Chapitre 4: Ryûji a un degré de fierté, de vanité d’image de lui-même qui l’éloigne un peu de la réalité Il frémit devant la douceur infinie de Fusako,

Chapitre 5: Ryûji rencontre Noboru en se rendant chez sa maîtresse, cela met Noburo mal à l’aise ( Il n’est pas allé aux bains comme promis à sa mère, il a traîné avec sa bande copains). Il est sous l’autorité du N°1, raconte la nuit de sa mère avec son amant.  On voit en lui la passion de la mer, ou il rentre en confrontation avec N°1, Chez le chef, le chef ordonne à Noburo de tuer un chaton : »il se sentait un géant », puis le chef découpe le chat au scalpel.

Chapitre 6: Noboru est gêné de la présence de Ryûju, (peur d’être couvert de sang, de ne pouvoir présenter Ryûju comme un héros car il ne porte pas son uniforme), il le trouve ridicule. Puis Noboru une fois chez lui le harcèle de questions, le rêve réapparait dans ses yeux, il redevient un enfant.

Chapitre 7:Fusako recherche avant tout la stabilité, d’une garantie de sécurité, tendresse, paix physique. Un amour XXX. Noboru apprend qua sa mère ne rentrera pas dormir. Il enrage d’échapper à leur ébats. La gouvernante l’enferme également dans sa chambre. Liste des charges relevés contre  Ryûji consigné sur son cahier.

Chapitre 8 :Le cargo part pour le Brésil

Deuxième partie : L’hiver

Chapitre 1 : 30 décembre, Fusako attend sur la jetée, er retrouve Ryûji. Elle l’amène à la maison. Noboru lui rend un accueil des plus mitigés, il est fiévreux. il essaye de combattre ses sentiments, le cadeau ramené par Ryûji. Il lui demande la date de son départ.

Chapitre 2: Ryûku et Noboru font les préparatifs du jour de l’an. Le lendemain matin à l’aube Ryûji et Fusako sortent voir le levé du jour. Il lui demande sa main.

Chapitre 3: Le Rakuyo lève l’ancre le 5 Janvier sans Ryûji à son bord. Fusako reprend le travail chez Rex. Elle rencontre Yoriko et déjeune avec elle. Elle lui confie ses projets avec Ryûji. Yoriko est convaincu mais lui propose de faire une enquête sur Ryûji. Yoriko raconte quelques uns de ses déboires et la met en garde. Fusako commande une enquête qui s’avère être sans tâche pour Ryûji. Ryûji démarre son apprentissage aux magasins Rex

Chapitre 4:Le collège ouvre ses portes le 11 janvier, la bande se reconstitue. Ils ne s’étaient pas vu pendant toutes les vacances. Le chef le relance sur le héros revenu. Il est le seul sans père, sa position est envié par les autres.

Chapitre 5: Sa mère annonce à Noboru qu’elle va se marier le mois prochain, et qu’il devra appeler Ryûji papa. Noboru cherche à devenir dur. Il se remet dans le placard pour observer les ébats du couple. Mais cette fois ci, dans l’obscurité Fusako se rend compte que son fils le regarde. Elle rentre dans une colère folle. Ryûji arrive, Fusako lui demande de lui donner une leçon, mais Ryûji mal à l’aise dans le rôle de père ne lui donne qu’une leçon de moralité. Pour l’adolescent,  douceur signifie faiblesse écœurante.

Chapitre 6: Noboru raconte à la bande les chefs d’accusation evers Ryûji, Le chef prévoit de le sacrifier, afin d’obéir au commandement suprême de la liberté humaine pour remplir le vide du monde.  Ils ne sont pas légalement coupables, ils ont tous moins de 14 ans, l’exécution est prévue pour le lendemain.

 

Les personnages :

  • Noboru Kuroda : 13 ans, le N° 3 de la bande
  • Fusako Kuroda : La mère 33 ans
  • Tsukazaki Ryûji : l’officier en second de marine marchande navire Rakuyo
  • Shibuya : Directeur du magasin rex
  • Kasuga Yoriko : Actrice de cinéma, cliente chez Rex
  • M Honda : Le réalisateur de film

Citations

  • La vulgarité du monde apparaissait dans les endroits éclairés et dans ceux où régnait une ombre douce (16)
  • Il ne pleurait jamais, même en rêve, car la dureté du coeur était chez lui un point d’orgueil. (17)
  • Les doigts de Ryûji touchèrent les bouts des sens sur la robe de coton bleu. Elle tourna légèrement la tête, ses cheveux lui chatouillèrent le nez. Comme toujours, il eut la sensation d’être venu de très loin, de l’autre bout de la terre pour arriver à un point délicatement sensible, un frisson au bout de ses doigts près d’une fenêtre un matin d’été. (29)
  • Tu as bien travaillé. Je crois que tu peux dire que ceci a fait de toi un homme véritable. Quoi qu’il en soit, de voir ce sang doit te donner la sensation d’être brave. (67 le chaton)
  • La douceur de ses lèvres, sa bouche si rouge qu’il pouvait la voir dans l’obscurité avec les yeux fermés, infiniment humide, une tiède mer de corail, sa langue s’agitait sans repos comme une algue: dans toute cette extase il y avait quelque chose qui se rattachait directement à la mort.(83)
  • Cette fois je vais vous parler de moi. dans ce voyage de Janvier, du matin au soir je ne pouvais faire un pas sans me heurter à mon vieux, ou à ma vieille. Les pères !… Parlons-en. Des êtres à vomir! Ils sont le mal en personne. Ils sont chargés de tout ce qu’il y a de laid dans l’humanité. Il n’existe pas de père correct. C’est parce que le rôle de père est mauvais. Les pères stricts, les pères doux, les pères modérés, sont tous aussi mauvais les uns que les autres. Ils nous barrent la route dans l’existence en se déchargeant sur nous de leur complexe d’infériorité, de leurs aspirations bons réalisés, de leurs ressentiments, de leurs idéaux, de leurs faiblesses qu’ils n’ont jamais avouées à personne, de leurs fautes, de leurs rêves suaves et des maximes auxquelles ils n’ont jamais eu le courage de se conformer; ceux qui sont le plus indifférents, comme mon père, ne font pas exception à la règle.
  • Toujours plongé dans son rêve il but d’un trait le thé tiède. Après l’avoir bu, il lui trouva un goût terriblement amer. Comme chacun sait, la gloire est amère.

Divers:

  • Commandé en occasion sur Amazon, publié en 1963, édité en 1979. Sent le vieux bouquin 🙂 qui a bourlingué. Recommandé par Andman.
  • Note : ***** (4,5/5)
Mes livres sur Babelio.com
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